‹ AbyssinieChapitre 1 sur 19 · RUE GA RANG 1ÈRE · texte numérisé non relu

RUE GA RANG 1ÈRE

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A MOXSIEVR

MICHEL E UGÈ.VE CHE VBE UL

Grand-croix de l'ordre de la Légion d'honneur,

Grand-croix effet'ivo de V ordre impérial de la Rose du Brésil,

Grand-ojjicier de l'ordre du Soleil et du Lion de Perse ,

Commandeur de l'ordre du Christ,

Officier de l'ordre du Daneurog,

Chevalier de r ordre de la Conception, etc., etc.;

Membre de l'Institut,

Président du Comité des Arts et Manufactures ,

Directeur du Jardin des plantes ,

Membre du Conseil supérieur des Beaux-Arts ,

Membre associé étranger de la Société Royale de Londres ,

De l'Académie de Stockholm,

De l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg ,

De l'Académie royale des sciences d'Italie ,

Président de la Société d'Agriculture de France, etc., etc..

Ce modeste récit de voyage est dédié 'omme un humble témoignage de respectueuse admiration et de profonde reconnaissance.

PREFACE

Tout enfant, je renais déjà d'expéditions lointaines et d'aventures, et le récit des grands voyages ne fit plus tard que développer chez moi l'amour de l'inconnu ; mais ce n'était pas seulement pour voir du pays et des peuples nouveaux que j'aspirais à parcourir le monde ; j'avais un but plus précis, plus déterminé : la passion de l'histoire naturelle.

Après avoir, pendant plusieurs années, fait la chasse aux insectes en Algérie, je résolus d'aller à l'équateur, où la nature a multiplié la variété des formes et la richesse des couleurs.

Un de mes bons amis, AI. Emile Deyrolle, naturaliste à Paris, en me promettant son

PREFACE

appui et ses conseils , acheva de me décider. J'adressai au ministère de l'Instruction publique une demande de mission scientifique gratuite, qui me fut accordée avec beaucoup de bienveillance et corroborée de toutes les recommandations qu'elle comporte et qui m'ont été bien précieuses.

Le pays que j'avais choisi était l'Afrique orientale, le pays des grandes découvertes; c'était bien présomptueux peut-être à moi d'aborder du premier coup cette terre qui a illustré tant de voyageurs ; mais dans toutes les collections , je voyais toujours la place laissée vide pour les produits de l'Afrique orientale, et, à défaut de découvertes géographiques, j'avais l'assurance de recueillir un grand nombre d'insectes et de papillons nouveaux pour la science; cela suflBt pour me déterminer.

Je passai quelques semaines à étudier les pays que je me disposais à parcourir et à faire

PREFACE

mes préparatifs de départ; enfin, tout étant terminé , et après un dernier adieu à la famille et aux amis, je partis pour Toulon. Le ministère de la Alarine avait bien voulu m'accorder le passage gratuit à bord d'un navire de l'Etat, le Tarn, qui se rendait à Saigon et devait me laisser, en passant, à Aden, d'où un navire anglais me conduirait à Zanzibar ; car ce devait être là ma première station, et je dirai bientôt comment une circonstance imprévue m'arrêta sur les côtes d'Abyssinie, et me fit faire le voyage dans lequel je vais m'efforcer d'entraîner le lecteur à ma suite. Je lui demande d'être indulgent, car je suis plus habitué à manier le fusil et le filet à papillons que la plume, et je connais mieux les ruses du chasseur que les délicatesses de la rhétorique.

Je ne fais , dans les pages qui vont suivre , que coordonner et rendre intelligible un journal de voyage, où j'ai transcrit, jour par jour, heure par heure, ce que j'ai vu, ce que j'ai

X PRÉFACE

eiilendu ; c'est plutôt une photographie qu'une peinture; mais, à défaut du pinceau de lartiste, j'aurai la fidélité d'un instrument de précision.

Je crois utile d'ajouter que pour l'orthographe des mots abyssiniens et des noms propres, et en présence de la divergence qui existe entre les différents auteurs qui ont écrit sur ce pays, j'ai adopté exclusivement dans ce livre l'orthographe que j'avais employée dans mon journal de voyage, lorsque, dans le pays et au milieu des Abyssiniens , je pouvais leur faire répéter et articuler le même mot à loisir, me préoccupant seulement d'en rendre aussi exactement que possible les sons à l'aide de nos caractères. L'orthographe que j'ai adoptée n'est donc point basée sur la corrélation qui pourrait exister entre notre écriture et l'écriture éthiopienne, cette dernière m'étant inconnue, mais seulement une reproduction, que je me suis efforcé de rendre fidèle, de la prononciation et des sons. Sans

PREFACE

doute, je suis encore loin d'être arrivé à reproduire aussi exactement que je l'eusse désiré les sons que j'entendais, mais il est bien certain que notre alphabet, aussi torturé qu'on le suppose, étant admise d'ailleurs la valeur que nous donnons aux lettres en français , est insuffisant pour reproduire exactement tous les sons de la langue éthiopienne.

Il me reste encore un devoir que je remplis avec plaisir : c'est de rendre témoignage au vice-consul de France de Alassaouah, AI. le comte E. de Sarzec, pour l'affabilité avec laquelle il m'a reçu et pour les facilités qu'il m'a données d'accomplir ce voyage, qu'il m'eût sans doute été impossible sans cela de mener à bonne fin. M. le comte de Sarzec fut pour moi, pendant ces huit mois de voyage, un charmant et précieux compagnon. Son caractère officiel et sa position vis-à-vis du roi d'Abyssinie lui donnaient bien des privilèges dont il m'a fait jouir avec lui. J'ai pu ainsi voir

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et apprendre beaucoup de choses que /eusse peut-être ignorées, et s'il y a quelque intérêt dans le récit qui va suivre, Thonneur en revient à M. le comte de Sarzec, car c'est grâce à lui que j'ai pu voir de près le roi et les princes d'Abyssinie et vivre, pour ainsi dire, dans leur intimité.

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