‹ Académiciens d'autrefoisChapitre 20 sur 105 · Relation.., p · texte numérisé non relu

Relation.., p

4. Procès-verbal de la séance du 26 novembre 1661. Le rôle de Testelin dans la lutte contre Ratabon n'est guère à son honneur, même quand on lit le récit de la Relation rédigé d'après ses notes. Il est encore plus déplaisant lorsqu'on trouve dans les Mémoires de Hulst de nouveaux détails : « D'une sagacité et d'une prudence consommées, écrit Hulst (t. II, p. 40), il (Testelin) avait cru devoir se ménager avec l'oppresseur (Errard) et se réserver pour un temps plus opportun, où son zèle se pût assurer d'un succès et plus infaillible et plus complet. Cette conduite ne l'avait point empêché de cultiver ouveitement l'amitié tendre et sincère qui avait été de tout temps entre lui et M. Le Brun. « Cette sorte de duplicité ne légitime-t-elle pas l'ironie de Bosse écrivant (cf. infra, p. io5) ; « J'avais oublié de rendre ce témoignage à M. le Secrétaire que j'avais cru qu'il favorisait extrêmement mes parties (adversaires) ou, pour mieux dire, leur obéissait ; mais il m'a fait dire par M. Bernard que ce qu'il en usait ainsi était pour que ces messieurs ne le tinssent suspect. C'est pourquoi. Messieurs, vous devez juger par là de son équité envers moi et comme je lui dois être obligé, n Malheureusement je ne sais si Hulst avait en main les notes de Testelin d'où fut extraite la Relation, et par conséquent si les détails qu'il ajoute au récit de la Relation sont authentiques et véridiques. Je crains qu'il n'ait tout imaginé, puisque, contrairement à ce qu'il fait dans ses ouvrages postérieurs, il n'indique point ses sources. Aussi a-t-il formulé sur le compte de Le Brun, pour la période qui précède 1664, une opinion toute différente de celle qu'il adopte pour la période postérieure : jusqu'en 1664 il ne

A partir de ce moment, le crédit de Ratabon baissa rapidement : la cour étant rentrée à Paris, la Compagnie voulut saluer son vice-protecteur Colbert. Ratabon se présenta à la tête de la députation sans que Le Brun fût encore arrivé. « Mais le portier, dit Tauteur de la Relation, qui avait ordre ce jour-là de ne laisser entrer personne que M. Le Brun et sa Compagnie, ne le voyant point, laissa l'Académie longtemps en rue encore qu'il connût bien M. de Ratabon, lequel fit inutilement toutes les instances imaginables pour entrer; et aussitôt que M. Le Brun fut arrivé, toute la Compagnie entra. » La Compagnie, paraît-il, se retira fort satisfaite de l'audience, « excepté M. son Directeur qui... s'en retourna un peu mortifié tant pour le rebut du portier qu'à cause que, parmi tout le bon accueil que la Compagnie reçut de M. Colbert, il reconnut quelque froideur un peu fâcheuse à son égard : ce fut pourquoi il n'accompagna point la Compagnie chez M. le Chancelier ' », où Le Brun d'ailleurs obtint un succès personnel tout aussi flatteur.

Testelin et Le Brun continuèrent à traiter les affaires de l'Académie par-dessus la tête de Ratabon, lequel peu de temps après, tomba malade « de se voir déchu, dit une note de la Relation, de la faveur du roi », languit près de huit ans et mourut le i3 mars 1670. Ce fut le triomphe complet de Le Brun : « Depuis l'absence de M. le Directeur, lit-on dans le même récit, M. Le Brun en faisait la fonction et toutes les visites de civilité ou de sollicitation, en conduisant la Compagnie et portant la parole, tant auprès de Messieurs les Protecteurs que des autres personnes de qualité à qui l'Académie avait affaire ^. »

Mais d'aussi longues luttes pour la prééminence n'avaient pas été sans de durs froissements avec bien des confrères, parmi lesquels apparaissent tout d'abord Errard, Bosse, Bourdon et Mignard, sans parler de Claude Vignon, de Laurent de

juge Le Brun que d'après la Relation, c'est-à-dire d'après le témoignage de Testelin; â partir de 1664, il le juge d'après les documents. J'ai essayé d'appliquor la seconde méthode de Hulst à la période de la vie de Le Brun comprise entre 1648 et 1664, et ela en faisant appel au témoignage m£me de la Relation.

Page 1