Id., p
La Hyre, de Michel Corneille, de Samuel Bernard, de Mauperché, de Ferdinand, de Platemontagne ', et sans doute de quelques autres qui ne lui furent pas toujours favorables entre i655 et 1664.
Comment Le Brun se brouilla- t-il avec Errard qui l'avait aidé à fonder l'Académie et qui lui avait assuré le concours de Ratabon pour la soustraire au joug de la Maîtrise? « M. Errard, déclare l'auteur de la Relation, agissait dans l'Académie comme dans une régence continuelle, faisant et recevant les honneurs et en disposant à sa discrétion-. » Errard en effet se sentait soutenu par Ratabon, avait derrière lui un glorieux passé, s'enrichissait par la pratique de son art, et avait donc beaucoup de raisons pour ne se croire inférieur à personne. Mais de là à mériter l'appréciation sévère de Testelin, il y a encore loin. Ce que nous savons par les procès-verbaux, c'est que, le 16 juin 1657, Le Brun proposa à l'Académie de témoigner sa reconnaissance au chancelier Séguier en ornant « un petit coin de son logis par quelques petits tableaux », et que les artistes furent aussitôt désignés : ni Le Brun, ni Errard ne semblent avoir alors été employés; mais, le 4 mai i658, en l'absence de Le Brun, qui depuis quelques mois ne signe plus aux procès-verbaux, l'Académie choisit Errard « pour faire les devoirs et avoir la conduite de l'ouvrage », qui va être continué chez le chancelier, où il reste à remplir « quatre places ovales... dans une chambre du logis ».
Est-ce là ce qui amena la rupture ou ce qui la consomma entre les deux artistes ? Je ne sais : toujours est-il qu'on s'étonne de voir chez l'ami et protecteur de Le Brun l'Académie envoyer Errard et non Le Brun lui-même. La rivalité ne pouvait être que très vive entre deux hommes ambitieux, dont l'un, grâce à la faveur et à l'estime du surintendant des Bâtiments, obtenait les commandes les plus enviées. On s'en aperçut lorsqu'il s'agit de décorer le pavillon de la petite galerie du Louvre : Le Brun, dépité de ne pas avoir été chargé de tout le travail,
I. Ces sept artistes prirent au moins une fois le parti de Bosse contre Le Brun, quand le graveur voulut faire approuver par eux les leçons qu'il avait données aux étudiants de l'Académie (cf. infra, ch. III, p. 80).