‹ Académiciens d'autrefoisChapitre 33 sur 105 · Traité des pratiques géométrales.., p. Ii · texte numérisé non relu

Traité des pratiques géométrales.., p. Ii

gaufes paysages... y ont été ajoutés par un certain Errard sans qu'îV en ait rien su. Tout ce qu'il y a de bon en ce livre, concluait-il, se peut écrire sur une feuille de papier en grosses lettres, et ceux qui croient que j'approuve tout ce qui y est ne me connaissent pas, moi qui professe de ne jamais donner le lieu de franchise aux choses de ma profession que je connais être mal faites et mal dites ' . » Je ne peux croire que Bosse, qui reçut cette lettre en i653, Tait gardée discrètement dans ses tiroirs, et que les relations avec Le Brun et les amis de Le Brun en soient devenues meilleures.

Néanmoins Tannée 1654 semble s'être passée sans scandale, et ce n'est qu'en i655 que les choses se gâtent tout à fait. Le 2 janvier, Bosse ne demanda pas seulement à continuer ses leçons ; mais, affirme le Récit avec vraisemblance, « il dit (et ici, Testelin de sa main a ajouté le mot verbalement) qu'il désirait y agir autrement que par le passé et qu'au lieu qu'auparavant il proposait ses leçons aux étudiants sans préparation, il avait dessein de le faire avec ordre et de rédiger ses leçons par écrit et les communiquer aux assemblées pour recevoir l'ordre de les proposer aux étudiants comme des résultats de l'Académie ». On voit la tactique de Bosse, qui apparemment avait des partisans dans la Compagnie : puisque ses détracteurs le laissent enseigner sa doctrine à l'Académie, c'est donc qu'ils n'ont aucune objection sérieuse à faire valoir contre elle, et alors pourquoi ne présenterait-il pas cette doctrine comme celle de l'Académie?

Testelin, qui dans le procès-verbal enregistre l'agrément de la Compagnie, ne dit point, dans le Récit, si le 2 janvier il y eut contestation à ce sujet, et ajoute amèrement : « Et ce-

I . Il est regrettable qu'on ne possède pas la lettre de Bosse à Poussin : quant à celle de Poussin, on n'en a jamais retrouvé le manuscrit, mais elle est certainement authentique ; car, dans les discussions qui suivirent, on aurait reproché à Bosse de l'avoir inventée ou dénaturée s'il avait commis une pareille faute. — Notons l'espèce de dédain avec lequel Poussin parle d'un certain Errard qu'il avait pourtant connu à Rome. Bosse d'ailleurs, comme nous le verrons, parlera bientôt, lui aussi, d'à» certain Errard (son confrère à l'Académie!) et d'un nommé M. Félibien. Il serait curieux de savoir si Poussin, en raillant ceux qui croient qu'il approuve tout ce qui est dans le traité de Léonard, faisait volontairement allusion à Le Brun, lequel passe à tort ou à raison (les témoignages siirs font défaut) pour avoir vécu à Rome dans une certaine intimité avec lui.

8o ACADÉMICIENS D'AUTREFOIS.

pendant tirait les signatures des professeurs en mois pour certifier qu''il les enseignait à l'Académie sans toutefois avoir fait voir ses écrits en pas une assemblée. » De fait, Bosse, à la fin de la première leçon publiée dans le Traité des pratiques géométrales, indique que les anciens en mois. Bourdon — Bourdon, qui était alors, nous le verrons, son adversaire irréconciliable — et Vignon signèrent. Quant à Guérin, l'ancien en mois lors de la leçon de clôture, il ne signa point, « étant allé aux champs ».

Qu'est-ce à dire, sinon que les leçons, plus tard publiées, reçurent le visa, par conséquent l'approbation de Vancien ou professeur en mois, de Vancien ou professeur responsable de renseignement général? Mais le professeur en mois avait assisté à la séance du 2 janvier ou tout au moins en avait entendu parler et connaissait les intentions de Bosse. S'il a donné sa signature, n'en doit-on pas conclure qu'il trouvait bon que Bosse publiât son cours au nom même de l'Académie et comme la pure doctrine académique ?

Voilà certainement ce qui embarrasse Testelin, et voilà pourquoi, à la fin de ses leçons'. Bosse publie Vacte daté du i'^ juillet i655 et signé de C. Vignon, ancien Laurent de La Hyre, ancien M. Corneille, ancien en mois S. Bernard, Ch. Mauperché, L. Ferdinand, Montagne, d'après lequel il aurait professé ses leçons « la plupart signées de l'ancien de la Compagnie lors enmois... ce qu'il aurait toujours fait au nom et comme un résultat des soins de l'Académie à rechercher au possible tout ce qui se pourra trouver en quelque manière servir et contribuer au prompt et solide avancement desd its étudians ». Il a donc, d'après ce document, demandé à l'Académie l'autorisation de publier ses leçons au nom de la Compagnie, et « aucuns des anciens et académistes se trouvant assemblés... en fin d'assemblée déclarèrent de parole audit S' Bosse que la Compagnie avait à gré l'honneur qu'il lui voulait faire en mettant de très belles choses en lumière au nom de son corps, mais ne pouvait consentir qu'il y laissât le nom dudit sieur Desargues; à quoi sur le champ ledit sieur

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