I. Relation.., p
M. Bosse du corps de la Compagnie ' ». Et j'en conclus que les adversaires de Bosse semblaient prendre ensemble leurs précautions, même lorsqu'ils étaient brouillés comme Errard, Ratabon et Le Brun^ Errard d'ailleurs n'avait-il pas un vieux compte à régler avec lui depuis cette lettre de Poussin où ses gaufes paysages du Traité de la Peinture avaient été si sévèrement jugés ?
Mais enfin Bosse avait pris les devants en attaquant Le Bicheur. Voyons au moins la lettre de Bosse'.
a Messieurs, Bosse ici présent et soussigné vous supplie d'eutendre et considérer les procédés envers lui de M. Le Bicheur dans son traité de perspective dédié à M. Le Brun et affiché depuis quelques jours aux portes de cette Académie, Auquel, supposant que la manière en soit de son invention, elle n'est néanmoins qu'un pur copiement en plagiaire des écrits de M. Desargues et de moi sur cette matière (que, de votre affection, j'ai, durant des années, enseignée et expliquée aux étudiants de cette Académie), à la réserve ou exception de mauvais déguisements que le sieur Bicheur y rapporte, qui ne font qu'en multiplier l'embarras et tromper le public au déshonneur de l'Académie, de M. Le Brun et de notre nation. Et comme cela consiste en fait, ledit Bosse vous supplie aussi, Messieurs, de vouloir trouver bon que dans quelques jours il vo us présente à chacun par écrit et figures la preuve de ce qu'il avance * pour ensuite procéder selon vos lumières et justice, considérer même que les savants étrangers et autres du temps et de la postérité en jugeront sans passion et porteront au désavantage de votre assemblée qu'elle était favorable aux brigues de l'ignorance et de l'envie, chose qu'il prétend être impossible par la connaissance qu'il a de votre intégrité
1. Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l'Académie royale, t. I, p. 78.