‹ Académiciens d'autrefoisChapitre 90 sur 105 · N™ 863, 857, 860, 861, 862, 854 du catalogue Roschach · texte numérisé non relu

N™ 863, 857, 860, 861, 862, 854 du catalogue Roschach

Jean. « Ces cires et ces terres cuites, m'écrit le savant conservateur M. Cartailhac, gisaient dans un fond de placard quand nous avons organisé le musée Saint-Raymond. » La maquette du monument royal méritait pourtant beaucoup mieux.

Il faut avouer par contre que les portraits en terre cuite du musée des Augustins sont mal dégrossis, peu vivants, peu intéressants en somme pour des yeux habitués aux œuvres analogues du xviii" siècle. Le buste du président de Nupces est d'un travail honnête et sans attrait; le médaillon de Louis XIV a vraiment belle allure; quant aux saints en terre cuite, ils sont conçus dans le grand style et gauchement exécutés; le fragment du mausolée du maréchal d'Ambres peut être qualifié d'insignifiant. Restent enfin au musée le buste colossal de Louis XW, en terre cuite peinte de couleur grise, et une tête de vieillard (peut-être celle de saint Pierre), qui ne manquent pas d'accent'. Mais tout cela ne nous donne pas une idée bien haute ni bien exacte de l'artiste qui passa à Toulouse les quarante dernières années de sa vie, travaillant beaucoup, et n'hésitant jamais à se réclamer de l'Académie de Paris.

De son bel effort artistique, peu de chose en somme a subsisté. Tous les travaux qu'il avait exécutés en lyoS pour la chapelle des Pénitents Blancs, à la suite d'une sorte de concours, et dont il avait eu tant de peine à se faire payer, ont été détruits -. Les bas-reliefs qu'il exécuta à l'église Saint-Jérôme de Toulouse existent toujours : mais par les jours les plus clairs on n'en peut même distinguer le sujet, et il faut se borner à en louer la disposition décorative très simple dans un curieux édifice en rotonde. Le grand bas-relief, d'allure aimable et classique, exécuté pour la salle des concerts, et qui représente dans un bois sacré Apollon entouré des Muses, est aujourd'hui couvert de poussière et entièrement caché par le rideau d'un cinématographe. Quant au monument de Pau, pas le

1 . Dans le récent catalogue du musée de Toulouse, les œuvres de Marc Arcis sont inscrites sous les n»- 879, 880, 881, 882, 883, 884, 885, 886.

2. Cf. à ce sujet dans le Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France, nouvelle série, n" Sg, p. 443, une communication de M. Adher qui a été complétée dans la»éance du i3 avril 19 12 par une autre communication du comte Bégouent.

moindre vestige, pas un dessin, pas un croquis, pas même une estampe de la place Royale avant qu'il fût détruit!

La même malchance poursuivit Arcis dans la commande qui, en 171 5, lui fut faite pour la cathédrale de Montauban. La Biographie toulousaine avance sans hésiter que cet édifice « fut orné par Arcis de dix statues colossales qui subsistent encore » . Sur ce point comme sur tant d'autres la Biographie toulousaine est en défaut. Les archives du département de Tarn-et-Garonne conservent le « devis des ouvrages de sculpture qu'il convient de faire pour l'ornement du dessus de l'entablement du premier ordre d'architecture de la façade de l'église cathédrale de Montauban* ». Or le marché passé entre l'architecte Simon et le sculpteur Marc Arcis, qui n'a garde d'oublier son titre d'académicien, ne porte que sur les statues des quatre Évangélistes représentés debout et que sur celles de quatre pères de l'Église, saint Ambroise, saint Augustin, saint Chrysostome et saint Athanase, représentés assis. Les statues des quatre Évangélistes sont toujours en place, mais affreusement mutilées; celles de saint Ambroise et de saint Augustin, au lieu d'être disposées « sur l'entablement du premier ordre d'architecture de la façade », se trouvent au fond et à l'intérieur du monument, de chaque côté du chœur. Quant à celles de saint Chrysostome et de saint Athanase , personne n'en a jamais entendu parler pour l'excellente raison que probablement elles n'ont jamais été exécutées.

En effet, la cathédrale de Montauban, dont les plans avaient été dressés en i685 par l'architecte François d'Orbay ^ et rappelaient ceux de Saint-Roch de Paris et de toutes les églises de la seconde moitié du xvii^ siècle, ne devait avoir qu'une tour derrière le chœur à la façon de beaucoup de monuments romains. La façade un peu théâtrale, mais, somme toute, harmonieuse, comportait donc comme ornements quatre statues colossales debout, de onze pieds de hauteur, « répondant sur les colonnes du premier ordre d'architecture » qui sont de chaque côté du portail principal, et quatre statues de même

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