‹ Académiciens d'autrefoisChapitre 94 sur 105 · Procès-verbaux de l'Académie.., t. V, p · texte numérisé non relu

Procès-verbaux de l'Académie.., t. V, p

2. Archives de la ville de Toulouse, Registre des délibérations, BB 5o, fol. 85-86.

Cet honorariat ne fit point l'affaire du sculpteur célèbre qui se demanda sans doute en quoi pouvait bien consister la présidence d'une leçon entièrement faite par un autre, à qui revient d'ailleurs « la conduite » de Técole. Il en écrivit donc à Paris et se réclama de l'article II du règlement de 1676. Mais l'Académie, où personne peut-être ne se souvenait plus de lui, trouva sa susceptibilité exagérée, craignit sans doute d'introduire de la sénilité dans l'enseignement, et fit répondre que la présidence des exercices étant accordée à Marc Arcis, « elle juge que, par cette clause, les privilèges de l'Académie royale de peinture et sculpture ne souffrant aucune atteinte, ledit s' Darcis ne doit point faire de difficulté de se conformer à la dite délibération ' » .

Est-ce après cette fin de non-recevoir que Marc Arcis dépité « ouvrit chez lui une école gratuite de dessin » , et, comme le dit Malliot, « la ferma bientôt pour mettre fin aux querelles sanglantes de ses élèves avec ceux de G. Cammas » ? Sans doute, puisque cette tentative eut lieu a peu de temps avant sa mort », et qu'il décéda le 26 octobre 1789, vingt mois environ après avoir été débouté de ses prétentions. Le fait démontre du moins qu'à l'âge de quatre-vingt-trois ans il avait conservé une rare énergie et qu'une partie de la jeunesse lui était restée fidèle.

Mais je crains bien que ce doyen de l'Académie royale, qui avait mis en ses confrères son dernier espoir, ne soit mort ulcéré de ce qu'il considéra sans doute comme un déni de justice. Du moins son titre valut-il à ses fils, en 1743, la faveur d'être « exemptés de contribuer à l'achat des miliciens =■ », et les Toulousains purent se convaincre alors que la protection de l'Académie de Paris n'était pas négligeable.

i. Procès-verbaux de l'Académie.., t. V, p. 225-2^(>-

2 Le procès-verbal de la séance du 23 février 174? rapporte que le directeur de l'Académie Coustou avait présenté au contrôleur général « un mémoire au su,et des fils de M. Darcis, sculpteur et académicien établi à Toulouse, pour que, conformément aux privilèges de l'Académie et à la noblesse de leur art, ils soient exemptes de contribuer à l'achat des miliciens. Le ministre, continue le procès-verbal, a approuvé la représentation et a promis d'en écrire à l'intendant de la province ».

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