And hâve incendiary French Prient amorig them
o. And tho ' I would be very far from attempting such a step without your Lordship's approbation, yet I cannot help being of opinion that it would be very much better, if they refuse the oaths, that they were away.
6. Voici une réflexion qui a sa place toute marquée ici: "...dans la vie en société qui est presque toute dominée et mue par la parole, les hommes ont commencé de rendre possible un événement, fût-ce un crime, dès la minute où ils en ont énoncé l 'idée. ' '
M. Henri Vaugeois, dans ce chef-d'œuvre Enquête sur la Monarchie, de M. Charles Maurras. P. 175. (Paris, Nouv. Libr. Nation. — 1916.)
7. Cf. Can, Ardu (1894)Aug. 6. 1754. Whitehall. Lords of Trade to the King. ' ' Transmit proposed commission to Lawrence, to be Lieut.-Governor of Nova
Scotia." B. T. N. S, vol. 36. P. 53 "Commission follows." P. 54. "The order
Pour préparer les Lords du Commerce ù ses perfides desseins, il lui fallait bien leur montrer la conduite des Acadiens sous les plus sombres couleurs : la lettre que nous venons de lire est le résultat de ses efforts en ce sens. Comme,
paased the sanie day." H. 248. B. T. N. S. vol. 15 — lbid. October 14. Halifax. Lawrence to Lords of Trade. "His commission as Lieut.-Governor received. " H. 263. B. T. N. S. vol. 15. — A cet endroit, le MS. original— fol. 438— porte la n'o.to suivante, au bas do la page:
"Philip H. Smith, qui dans son ouvrage — " Acadia — A loat Chapier in American History" — fait preuve de tant d'impartialité et de pénétration, dit d« cette lettre (de Lawrence) et des suivantes: "The reader cannot fail to not« the change in the tonc of the letter sent to the Home Government relative to the French Naîtrais. Lawrence proved himself the sort of ruler that was needed to carry out the harsh measure of the déportation." {Prcliminary to Expulsion. P. 175.) Et ici, une réflexion s'impose: Si vraimeut la déportation n'avait pas été voulue, ou du moins volontairement et sciemment consentie par les autorités de la métropole, et par le Roi lui-même, comment expliquer que l'on eût confié le poste de lieutenant gouverneur, c'est-à-dire en fait le commandement suprême à ce Lawrence, dont les lettres faisaient sssez voir pourtant que c'était là l'idée fixe, — déporter les Acadiens? Pourquoi, si l'on ne partageait pas ses vues, ne pas briser dans la main de cet homme un pouvoir dotot on prévoyait qu'il allait abuser? Ou du moins, pourquoi ne lui a-t-on pas signifié carrément que sa nomination n 'impliquait pas approbation de sa politique sur ce point essentiel, mais qu'au contraire on ne lui accordait une plus grande autorité que pour qu'il procédât avec plus de prudence et de justice? — Or, les documents officiels ne contiennent rien de pareil. Bien loin de là. Car, au fur et à mesure que Lawrence développe et mûrit son plan fatal, il monte en grade, et c'est-à-dire qu'on l'élève dans la hiérarchie, et qu'on le met mieux en mesure d'exécuter ce qu'il a conçu. Et quand le crime aura été perpétré, et la race acadienne semée aux quatre vents de l 'exil, l'auteur de ce forfait sera nommé Gouverneur de la Province.
Je le demande à tout homme de sens: s'il n y a pas eu complicité entre Lawrence et le gouvernement de la Métropole, la ' ' carrière ' ' de cet homme demeure une énigme. Est-ce de la sotte que procèdent les grands pouvoirs à l'égard des instruments qui les compromettent ou les déshonorent, ou qui outrepassent leur mandat? A-t-on jamais eu l'habitude, en aucun pays du monde, de combler d'honneur l'ambassadeur ou le représentant qui est infidèle à sa mission, ou s'arroge des droits qui vont à l 'encontre de l'autorité qui l'a délégué? Surtout quand ces abus de pouvoir auront «u pour effet de fouler aux pieds les lois de l'humanité?
dans ces derniers quatre ans, la correspondance des Gouverneurs et les actes officiels ne portaient pas trace de la plus légère infraction aux ordres de l'autorité, dans toute l'étendue de la péninsule, il lui fallait donc changer de ton. Les accusations générales contenues dans la lettre susdite n'ont pas d'autre motif que la nécessité où se trouvait Lawrence, pour arriver à ses fins honteuses, de les justifier à tout prix. Or, ces accusations sont fausses ou grandement exagérées. Nous examinerons plus tard, un à un, les divers griefs que formulera ce personnage. Pour l'instant, nous répondrons à ceux qu'il vient d'exprimer. Il accuse les Acadiens d'avoir entretenu des relations avec les Français, et de les avoir assistés en leur vendant leurs produits. Pareille chose avait dû se produire, en effet, au temps de Mascarène, alors qu'il n'y avait qu'un fort, situé à l'extrémité de la province, et que, pratiquement, il n'y avait rien qui pût gêner les allées et venues hors de la frontière. Un gouvernement n'a aucun droit de se plaindre d'infractions semblables, s'il ne prend les mesures requises pour les empêcher. L'expérience démontre que ces infractions se répéteront, à proportion des occasions qui en seront offertes et de la diminution des risques qu'elles entraîneront, et cela sans préjudice de la loyauté et des vertus ordinaires d'un peuple. Si loyal et si soumis qu'on le suppose, l'appât du gain sera bien fort sur lui, et, à moins de rencontrer des entraves, il y cédera. Les Acadiens eussent été d'une perfection transcendante à la nature humaine, s'ils n'avaient quelquefois profité d'une situation qui favorisait leurs affaires. D 'ailleurs, Mascarène ne se plaignit pas de ces relations commerciales qui avaient lieu en temps de paix ; au contraire, dans une de ses lettres, il disait avec beaucoup de sagesse qu'il fallait fermer les yeux sur ce trafic, parce que la garnison d'Annapolis ne
pouvait consommer tous les produits des habitants, et que, si l'on restreignait le commerce, on paralyserait inévitablement les travaux agricoles ; que, d'ailleurs, ce commerce était profitable à tout le monde, puisqu'il amenait dans le pays l'argent des Français, lequel sans cela s'en irait au Canada ou ailleurs 8. Lorsque survînt la guerre, en 1744, les Aca- ( liens, comme nous l'avons vu, soit à la suggestion du gouverneur, ou peut-être spontanément, formèrent une association ayant pour but d'empêcher toutes relations de cette nature. Ils se chargèrent eux-mêmes, et contre leurs compatriotes, de la police du gouvernement; la guerre finie, ceux qui étaient soupçonnés d'avoir enfreint cette prohibition furent arrêtés sur plainte portée par les membres de la dite association. C'était autant, sinon plus, qu'on eût pu raisonnablement attendre des plus loyaux sujets.
Depuis qu'Halifax était fondé, que des forts avaient été érigés à Grand-Pré, à Piziquid et à Beaubassin, les autorités anglaises se trouvaient en mesure d'empêcher les échanges commerciaux ou autres entre les Français et les Acadiens; et il faut que les infractions qui ont échappé à la vigilance du pouvoir, depuis ce moment, n'aient pas été bien nombreuses, puisque le volume des Archives n'en mentionne pas une seule de déférée à la justice. Lawrence, croyons-le bien, n'eût pas été lent à ordonner une enquête et à sévir contre les coupables. Et quand il y aurait eu des infractions sur ce point, l'on ne pouvait guère les considérer que comme des vétilles ordinaires à tous les temps, à tous les lieux et à tous les peuples, relevant tout au plus des tribunaux, et, en tout
8. Cf. N. S. D. Akïns. P. 114, et les divers chapitres de notre tome premier qui traitent d« l'administration de Mascarène. •
cas, indignes de figurer comme argument dans un drame comme celui de la déportation.
«Depuis longtemps, ils n'ont rien apporté à nos marchés,» écrivait perfidement Lawrence. Nous disons « perfidement », car c'était à la date du 1er août qu'il écrivait ceci aux Lords du Commerce. Or, à cette saison, les produits de la récolte précédente devaient en effet, et depuis longtemps, être écoulés ou consommés, et ceux de la récolte courante étaient encore sur pied. Cette accusation n 'avait probablement pas d'autre fondement que celui-là; mais pour l'homme en quête d'arguments en vue d'atteindre son but à tout prix, elle pouvait figurer avec avantage. Les Lords du Commerce seraient bien habiles s'ils saisissaient tous ses points d'invraisemblance, car elle en avait plusieurs. On ne doit pas supposer, en effet, que les Acadiens allaient, un à un, vendre leurs produits à Halifax, dont ils étaient séparés par de longues distances, et auquel les reliait un chemin à peine passable pour les piétons. Les échanges devaient nécessairement se faire par l'intermédiaire des commerçants, et par eau. Or, à cette époque, tous ceux qui avaient des établissements de commerce dans les centres acadiens étaient des anglais: Blin, Winnieth, jr., à Annapolis ; Rogers, à Cobequid ; Arbuckle, à Fort Lawrence; Wyson et Mauger à Pigiguit et à Grand- Pré. Mauger avait un autre établissement à Halifax, et nous croyons que Blin, Donnell et Winniett en avaient également soit à Grand-Pré, soit à Fort Lawrence 9 Ce devait donc être à eux que les Acadiens vendaient leurs produits, et par eux que ce commerce se faisait. Et, comme, avec
9. "Alain, Nicolas Gauthier, Joseph LeBla c avaient fermé leurs établissements pendant la guerre : et nous ne croyons pas qu 'à cette époque il restât un seul marchand acadien dan» toute la péninsule. " — Note du MS. original — ■ fol.
Lawrence, les plus petites choses prenaient facilement la proportion «les grandes, et les remplaçaient même, an besoin, il a consigné dans les documents des faits comme le suivant: « Leur désir (les Acadiens) de vendre leur grain à M. Dyson, et leur refus de le céder à M. Mauger, au même prix, semble hien extraordinaire l0. »
En réalité, alors que les documents publics ne contiennent pas, qne nous sachions, un seul cas spécifié, imputé nommément, à un ou à plusieurs d'entre les Acadiens, de rapports commerciaux avec les Français, en revanche, ils en mentionnent un bon nombre qui se rapportent à des marchands anglais, notamment à Arbuckle, et à Mauger, que Lawrence paraît avoir pris sous sa protection ". Et, quant à des accusations générales, s 'appliquant à des anglais, l'on en trouvera aux pages 630, 638, 646 du volume des Archives. De celles-ci, nous ne citerons qu'une seule. Ecrivant aux Lords du Commerce, le 27 novembre 1750, Cornwallis disait : « . . . J 'ai la certitude que les colons de la Nouvelle Angleterre ont cette année porté quantité de dollars à Louisbourg. . .ils fournissent à Louisbourg tout ce qui lui est nécessaire, et ils trouvent tant de profits à exercer ce trafic qu 'ils préfèrent de beaucoup se rendre là que de venir dans ce port 12. . . »
^10. ' ' Their desiring to sell their grain to Mr. Dysoii and refusing it to Mr. Mauger for the same money appears very extraordinary. "
Explanaticns of the Corn Aet so far as relates to the Frcneh Ivhdbitants. — Commission and order Book of 1754. P. 53. Sec. part. Cf. Akins. N. S. D. P. 220.
11. "Mauger devint membre de la chambre des Communes en 1763. Murdoch mentionne comme faisant affaires à Louisourg avec les Français: W. Blin, Barber, S. Butler, Jenkins, Breed, Lord, Turner, Clarke, Aubin, Green, Dyke, tous de la Nouvelle Angleterre. ' ' Note du MS. original, — fol. 445. — Sur Mauger, cf. note au bas de la page 646 de Akins. — Mvrdoch. vol. Il ch. XV.