‹ Acadie (volume 2)Chapitre 53 sur 89 · Akins, P · texte numérisé non relu

Akins, P

ll.Nous avons déjà dit ce qu'il faut penser de cette affirmation qui semble ne reposer sur rien.

12. Dans le MS. original— fol. 529 — le ne de cette phrase est barré, et un trait au crayon renvoie à la marge où se lit cette note qui est de l'écriture du traducteur: "Ce ne détruit l 'à-propos de cette phrase: car toute la suite montre l'habileté de Lawrence."

Nous ne sommes pas du tout de cet avis; ce ne est ici essentiel à la compréhension du contexte. La pensée de Eichard est que Lawrence doit ses sinistres succès à sa rouerie et au jeu des circonstances au moins autant qu'à son intelligence.

comme ressuscité par le Dr. Andrew Brown 13. Ce document suggère avec force la présomption que, bien avant le siège de Beauséjour, Lawrence avait résolu de déporter les Acadiens ; que, par conséquent, ses griefs, le serment, etc., n'avaient rien eu à faire avec une pareille résolution. Ce document, il est vrai, ne porte pas de date, mais il est facile de voir, en le lisant, qu'il est antérieur aux événements que nous venons de relater. M. Grosart, l'acquéreur de ce Manuscrit, avait mis en tête ce qui suit u : « Cette pièce précieuse avait été rédigée par le juge Morris de bonne heure, « early », en 1755. » Morris, alors arpenteur de la province, avait été chargé par Lawrence de préparer un rapport sur les moyens les plus efficaces d'opérer la déportation des Acadiens. Ce rapport est très long et très circonstancié.

«Il faut le lire attentivement, dit Casgrain, pour avoir une juste idée de l'œuvre et de l'homme, pour être en mesure de les apprécier, je veux dire de les mépriser l'un et l'autre autant qu'ils le méritent.

«Morris commence son travail par une étude géographique des plus minutieuses. Il décrit chaque paroisse, et, dans chaque paroisse, chaque village et même chaque groupe de maisons qu'il compte une à une. Il marque leurs positions, soit au bord de la mer, soit près des rivières, soit dans l'intérieur des terres. Il signale toutes les voies de communication, tant par eau que par terre, que peuvent suivre les Aca-

13. Mr. Morris Remaries concerning the Removal of the French Inhabitants. Summer 1755. British Muséum. Dr A. Brown 's MS. Papers relating to Nova Scotia, 1748-1757. Add. MSS. 19.072. (Petit 4to fol. 30 à f. 38) Can, Fr. Doc. in. sur VAcadie. Pièce XXXII. Tome I. P. 130 à 142.

14. Richard — fol. 529 — dit: "M. Grosart a écrit au bas de ce document." L'éditeur de cette pièce dans le Canada-Français met au contraire: "M. Grosart a écrit en tête du MSS. . , " P. 130.

diens pour s 'évader, et les moyens de les arrêter. Il n 'omet ni une patrouille pour garder une route, ni un vaisseau pour fermer une passe. Tout cela avec une sagacité féline qui rappelle absolument le chat guettant la souris. Mais où le bon juge se surpasse lui-même, c'est dans la variété des pièges et des mensonges qu'il invente pour surprendre et saisir les pauvres Acadiens. Il faudrait, par exemple, tâcher de répandre d'avance parmi eux le bruit qu'on veut les transporter, non pas en exil, mais au Canada. Une fois sous cette fausse impression, ils se rendront plus volontiers. Si on pouvait les persuader de se livrer d 'eux-mêmes ! Mais cela n'est guère praticable. Il y a bien les dimanches pendant lesquels ils se réunissent tous à l'église, où l'on pourrait peut-être les cerner et les arrêter. Il y a aussi la nuit, qui a si bien servi pour les désarmer. Si on le surprenait dans leurs lits! Mais ils sont tellement éparpillés qu'on y réussirait difficilement. Enfin le juge a touché du doigt le vrai moyen, celui qui a été adopté en dernier ressort: c'est d'envoyer aux Mines un fort détachement qui les fasse prisonniers, après les avoir convoqués en assemblée 15. »

Pour faire connaître plus fidèlement ce document, nous en donnerons quelques extraits 16 :

« Quant au nombre d 'hommes nécessaires pour déporter les habitants, et aux endroits où ces hommes devront être placés, cela dépendra beaucoup de l'attitude des Français; une chose qui faciliterait grandement leur disposition à partir serait de tâcher de répandre parmi eux la persuasion

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