‹ Acadie (volume 3)Chapitre 14 sur 84 · Cf. A. C. pour 1894. Nova Scotia, p · texte numérisé non relu

Cf. A. C. pour 1894. Nova Scotia, p

1750. February 16. WhiteJiall. Lords of Trade to Cornwallis.

' ' His measures for redueing the Indians approved of , but offers of peace should be held at the same time. . . as the French from Canada hâve made a settlement in the Province, with a view to draw the inhabitants, ail forcible measures to induce tJiem to leave tJieir settlements should for the présent be waived. . ." B. T. N. S., vol. 34, p. 189. Cf. Nova Scotia Archives, p. 196, un extrait d'une lettre des mêmes Lords à Cornwallis, en date du 22 mars 1750: * ' if you shall be able to prevent their abandoning their settlements just at this

consentir à leur demande ou à inventer quelque nouveau moyen de tourner la difficulté. Car les prétextes pour s 'opposer à ce projet avaient été à peu près épuisés. Nicholson, Vetcli, Armstrong, Pliilipps, en avaient usé de telle sorte qu'il ne s'en trouvait plus guère. Mais voyons comment Cornwallis répondit à la pétition qui lui fut présentée, le 19 avril 1750, par les députés de la Rivière-aux-Canards, de Grand-Pré et de Pisiquid, et dans laquelle les habitants de ces districts « demandaient à son Excellence l 'autorisation de quitter la Province et d'emporter avec eux leurs effets " » :

« . . .11 est vrai que vous avez refusé de prêter le serment d'allégeance à notre Roi, l'automne dernier, après la Proclamation que je lançai par ordre du Souverain; et je vous informai alors que ni votre situation ni vos devoirs de sujets ne subissaient de changement de par cet acte (le serment). A ce moment, vous auriez dû nous savoir gré de ce que nous ne vous obligions pas à quitter la province, fut-ce durant Vhiver. Maintenant que vous avez passé l'hiver ici, et commencé à préparer les travaux du printemps, il est ridicule de venir me trouver pour me dire que vous n'ensemencerez pas vos terres, étant donné que vous avez résolu

time, when the French are particularly industrious to draw them oflf their allegiance to the crown of Great Britain, and the Province is contending against ail the Disadvantages to which a new and disputed settlement can be exposed, you will be able hereafter by a good correspondence with them and making them feel the advantages of the settlement, to remove their préjudices and firmly unité them to the British interest. ' '

11. Le MS. dit que cette pétition fut présentée en mai. Erreur. Cf. Nova Scotia Archives, p. 185-6-7-8. La pétition fut présentée par Jacques Teriot, de Grand-Pré, François Oranger, de Eivière-aux-Canards, Baptiste Galerne et Jean André, de Pisiquid. La réponse de Cornwallis couvre 2l^ pages de la compilation.

de vous en aller. Mes amis, allez faire vos semailles, de façon que vos terres soient laissées en l'état où elles doiventêtre à pareille saison. Sans cela, vous n'avez aucun droit d'attendre la moindre faveur de la part de ce gouvernement. Lorsque vous aurez rempli votre devoir à cet égard, je répondrai d'une manière plus précise à votre requête. . . »

Ainsi, les Acadiens n'avaient pu s'en aller ni sur des vaisseaux anglais, ni sur des vaisseaux français, ni môme sur des bateaux qu'ils avaient construits à cet effet; ils n'avaient pu partir ni par mer ni par terre ; ils n'avaient pu quitter, selon leurs désirs, au dernier automne : on les avait remis au printemps. Or, le printemps est venu, et voici qu'ils ne le peuvent pas davantage : — c'est la saison des semailles ; qu'ils aillent d'abord ensemencer leurs terres. Ensuite, l'on verra. Cette longue série de subterfuges, laquelle serait incroyable si la preuve n'en était sous nos yeux, consignée par leurs auteurs mêmes dans des documents officiels, ne s'arrête cependant pas ici pour ce qui regarde Cornwallis.

Les Acadiens étaient bien déterminés à avoir le dernier mot.

Puisqu 'il leur fallait, pour obtenir la permission de quitter enfin le pays, ensemencer leurs terres au profit d'étrangers, ils le firent. Et quand, cette tâche achevée, ils se présentèrent à nouveau devant le gouverneur, le vendredi 25 mai 1750, ils avaient lieu d'espérer que, cette fois, aucune autre objection ne serait invoquée à l 'encontre de leurs vœux ^-. Mais un nouveau désappointement les attendait.

12. "At a couneil held at the Governors on friday the 25th of May 1750. His Excellency read a Pétition from the inhabitants of Anuapolis Royal de-

Il y avait encore un prétexte en réserve, lequel n 'était venu à l'esprit ni de Vetch, ni de Nicholson, ni de Philipps, ni, jusqu'à cette heure, de Cornwallis lui-même. Seulement, le Gouverneur craignait que les Acadiens, éclairés sur ses intentions, ne se soumissent pas plus longtemps à sa politique de faux-fuyants. Aussi faut-il voir avec quelles précautions oratoires il aborde la question. Ce soldat de profession et de tempérament, qui auparavant se montrait si dur et si hautain, comprit enfin qu'il fallait changer de physionomie et se composer une autre attitude : il se fit donc insinuant, même flatteur. Parkman, qui n 'a rien vu ou rien voulu voir de la farce qui se jouait contre les Acadiens, en est tout attendri ^^ :

« Mes amis,

« Nous avons promis de donner une réponse précise aux habitants, concernant la permission par eux sollicitée de quitter la province après avoir ensemencé leurs terres; et comme il appert que vous avez obéi à nos ordres sur ce

siring leave to retire. Charles Pregian (Prejean) & Jacques Michel who presented the pétition were called to explain some parts of it that were new and extraordinary, particularly where they say that they never considered themselves as Subjects of the King of Great Biitain. . . His Excelleney read two pétitions from the District of Mines, one desiring leave to retire. . . The Deputies of Annapolis Eoyal, Grand-Pré, Eivière de Canard et Piziquid being called in, His Excelleney made the answer to their Pétitions as agreed to as f ollows. ' ' — Nova Scotia Archives, p. 188.

13. "During thèse proceedings, the English Governor, Cornwallis, seems to hâve justified the character of good temper given him by Horace Walpole. His attitude towards the Acadians remained on the whole patient and eoueiliatory. ' ' Montcalm and WoJfe, vol. I, ch. IV, p. 115.

"Even the caustic Horace Walpole speaks of him as a "brave, sensible "young man, of great temper and good nature." Id., Ibid., p. 97.

point, nous allons vous expliquer notre manière de voir touchant cette très importante question (du départ), avec la même sincérité que nous avons toujours apportée dans nos relations avec vous.

« . . .Mes amis, à l'instant oii vous avez manifesté le désir de vous en aller et de vous soumettre à un autre gouvernement, notre résolution a été prise de n'empêcher personne de suivre ce qu'il pensait être son intérêt. . . Nous vous avouons franchement, cependant, que votre détermination de quitter nous fait de la peine. Nous savons pertinemment que vous êtes industrieux et tempérants, que vous n'êtes adonnés ni au vice ni à la débauche. Cette Province est votre pays; vous et vos pères en avez cultivé le sol; naturellement, il ne serait que juste que vous jouissiez des fruits de votre travail. . . Quand nous arrivâmes ici, nous pensions que rien ne vous serait plus agréable que la détermination qu'avait prise Sa Majesté de coloniser cette province. Certes, rien de plus avantageux pour vous ne pouvait avoir lieu. Vous possédez les seules terres cultivées qu'il y ait dans la province ; ces terres produisent du grain et nourrissent des bestiaux en quantité suffisante pour toute la colonie. . . En un mot, nous nous flattions de faire de vous le peuple le plus heureux du monde. . . Dans vos requêtes, vous demandez un exode en masse. Comme il vous est impossible de vous rencontrer tous à un certain rendez-vous, de façon à vmis en aller tous ensemble avec vos familles, ce mot « congé général ^* » doit être entendu d'une permission générale de quitter quand vous le jugerez bon, par mer ou par terre, ou de

14. En français et entre guillemets dans le texte anglais de Akins: d'où il faut conclure que cette expression était dans la requête des Acadiens.

toute autre façon qu'il vous plaira. Pour vous laisser effectuer ce projet, nous aurions à notifier aux commandants des vaisseaux et des troupes de Sa Majesté d'avoir à laisser toute personne passer et repasser, chose qui amènerait la plus grande confusion. . .

« La seule manière pour vous de quitter la Province est de suivre les règlements qui ont été édictés déjà. L'ordre est que tous ceux qui désireront quitter la Province devront se munir de notre passe-port. Et nous déclarons que rien ne saura nous empêcher de donner de tels sauf-conduits à tous ceux qui en réclameront, à partir du jour où la paix et la tranquillité régneront à nouveau dans la Province ^^

Corwallis dut se croire bien habile : en fait, étant donné qu'il voulait détruire l'impression fâcheuse qu'il avait pro-^ duite, et empêcher à tout prix le départ des Acadiens, son langage ne manquait pas d'habileté. Fatigué d'expédients à courte échéance, lesquels avaient plusieurs fois mis à nu sa mauvaise foi, il allait maintenant tenir la clef de la situation, et il ferait durer les choses aussi longtemps qu'il lui conviendrait. Personne ne pourra partir sans s'adresser à lui; il lui serait toujours loisible de refuser permission, sous prétexte que le pays n'était pas en paix, ou sous tout autre, car cela importait peu; l'essentiel était de mettre fin à ces députations qui l'importunaient.

Ce subterfuge fut, croyons-nous, le dernier que Cornwallis ait employé. Le pays était tranquille, et ne le serait jamais davantage. Les Acadiens parurent comprendre que ces passe-ports ne leur seraient jamais accordés, car à par-

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