Chignecto, Aug. 14th
" . . .Passing Forte Cumberland Col. Monekton send Mr. Moncreiflf his aid De Camp and peremptorly denmnded the colours by the commanders orders and actually took them from Mr. Gay my Ensign, which I apprehend is the fîrst time that ever a British commandr in chiefe took the Kiugs colours from a marching jiarty that hâve always behaved well. This transaction causd great uneassiness to both officers and soldiers and raisd my temper some. . . "
Forte Lawrence ye Aug. 15th 1755. Sir,
" . . .am extreamly sorrey if I hâve by any means gaind your displeasure not being contions to myself that I hâve merritted it, but must think it is so by my colours being struck yesterday when on a march, which to me is a great supprise as I took it to be a clear case where a Eegiment was on différant dutys the colours always went with the commanding ofificer, and to me it looks od and will appmr so in future Eistory that the French who were conquered should march with their colours flying, and that we who assisted to conquer them where not permitted. . . "
John Winslow.
To Lieut. C'^1. Monkcton etc.
{Journal. N. S. H. S. vol. IV. P. 238).
ou à peu près rien, de ce qui s 'est passé à Piziquid, Annapolis et Beauséjour ; tout de même, il est fort précieux *\ Si Winslow a écrit pour la postérité, ainsi qu'il semble bien, il a dû, on le comprendra, s'y montrer sous le jour le plus favorable; mais il suffit qu'il ait eu conscience du rôle odieux qu 'il remplissait pour que nous soyons autorisé à lui accorder toute l'indulgence que comportait sa situation.
Les ordres qu'il avait reçus étaient péremptoires, et la cruauté était aussi inséparable de leur exécution qu'elle l'est de l'opération d'un chirurgien. Pour mieux réussir, il lui fallait se faire menteur comme un arracheur de dents *■. Nous lui avons mis à l'esprit des réflexions qu'il ne s'est peut-être jamais faites, dans le cœur des impressions qu'il n'a peut-être pas ressenties, mais nous avons préféré errer dans ce sens, pour l'honneur de l'humanité et de la civilisation. A l'exception peut-être de Handfield et de Monckton, au sujet desquels nous ne connaissons que peu de choses, nous ne saurions faire bénéficier Scott, Prebble, et surtout Murray, de la même indulgente appréciation.
Le journal de Winslow renferme une lettre de Handfield, où, à l'honneur de ce dernier, on lit ce qui suit :
« Je m'unis à vous de tout cœur pour souhaiter que nous
41. Ceci n 'est guère exact. Ce journal a été publié en deux parties, la première est relative au siège de Beauséjour, etc., la deuxième est relative à la déportation des Acadiens de Grand-Pré et lieux adjacents. — Dans tout ce journal il y a des informations concernant ce qui s'est passé un peu partout, à l'occasion de la déportation, et beaucoup de pièces officielles. La N. S. H. S. n'a d'ailleurs pas publié ce journal en entier.
42. C'est l'expression du MS. original — fol. 589. — Le traducteur (II, 81) a mis: "To make his success more complète, he had to tell no end of lies."
soyons tous deux délivrés de cette extrêmement désagréable et ennuyeuse fonction *\ . . »
Mais voici ce que Prebble écrivait à Winslow, de Beauséjour, le 24 août 1755 :
Forte Cumberland, 24 août 1755.
« Cher Monsieur,
« C 'est avec plaisir que je saisis cette occasion de Vous écrire. . . Nous nous réjouissons d'apprendre que vous êtes arrivé sain et sauf aux Mines, et aussi de savoir que vous avez d'aussi bons quartiers-généraux pour vous et pour vos soldats, étant donné que vous avez pris possession du presbytère. . J'espère t[ne vous remplirez bien les fonctions de prêtre **. . . »
Et quelques jours plus tard :
Camp Cumberland, 5 septembre 1755.
« Estimable monsieur,
« J 'ai reçu, avec plaisir, par l 'entremise du capitaine Nickols, votre honorée letre du 23 août dernier, et je me suis
Aunapolis Eoyal. September 23rd 1755.
43. "I hartly joyiie with you iu wishing that we were both of us got over this most disagreable and troublesome part of the service. . . "
John Hanfield.
To Col. Winslow. — (Journal N. S. H. S. vol. III. P. 142.)
44. "I embrace this opportunity with pleasure. . . We rejoyce to hear of your safe arrivai at Mines and am well pleased that you are providd with so good quarters for youi'self and soldiers as you hâve taken possession of the Fryars House, Jiope you will exécute ye office of a Priest. . .
Jfûediah Preble, {Journal, vol. III. P. 99.) Quel cynisme révoltant!
réjoui d'apprendre que les lignes que je vous ai adressées vous ont trouvé dans de charmants endroits, et que vous possédez un riche héritage. Je vois que vous êtes entouré des biens de ce monde; et comme vous avez l'avantage d'habiter une maison sanctifiée, cela sans doute vous préparera à bien goûter le bonheur de l'autre vie. . . Votre absence m'a rendu l'endroit où je suis plus triste qu'une prison. Notre seule consolation est de savoir que nous sommes aussi près du ciel ici que vous l'êtes vous-même aux Mines; et puisque les biens de ce monde nous sont refusés, nous n'avons aucun doute d'être heureux dans Vautre *'\ »
Après avoir cité ces lettres, et d 'autres encore, Philip H. Smith, dans son ouvrage — Acadia — A lost chapter in American History, — ajoute : « Nous ne chargerons pas davantage ces pages de cette écœurante littérature de dévotion. De telles professions de piété, sous la plume d'hommes occupés à une telle besogne, sentent le sacrilège ■*''. »
45. . . .rejoyee to hear that the liues are fallen to you iu pleasant places and that you hâve a goodly herritage. I understand you are surrounded with the good things of this world, and by having o sanctified place for your habitation hope you will te well prepared for the enjoyment of another. . . your absence bas renderd this place to me worse than a prison. We hâve only this to comfort us that we are as nigh heaven hère as you are at Mines, and since we are denyed our good things in .this world, doubt not but we shall he happy in the next. . . (Journal. P. 100.)
46. Dans le MS. original — fol. 591, — le chapitre XXIX se termine ici. Mais, une note au crayon porte: Voir l'anglais. Dans l'édit. anglaise (II. P. 83,) il y a un paragraphe supplémentaire que nous traduisons. De qui est-il? Voici ce paragraphe énergique :
"Mr. Smith takes thèse rollicking blaekguards too seriously. Their jocose références to the Holy Scripture were not meant to be "professions of piety" and therefore do not rise even to the dignity of hypoerisy, — which is after ail, an indirect homage to genuine virtue. "
M. Smitli prend trop au sérieux ces farceurs de scélérats. Leurs plaisantes allusions à la Sainte Ecriture n'étaient pas données comme des « professions de piété », et ne s'élèvent même pas, par conséquent, à la dignité de l'hypocrisie,— laquelle est, après tout, un hommage indirect à la vraie vertu *'.
47. C'est la maxime de La Rochefoucauld: ''L'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu. ' '
Les maximes de La liochefoueauld, suivies des Béflexions diverses, avec ime Préface et des notes, par J.-F. Thénard, Maxime CCXVIII. {Paris. Libr. des Bibliophiles, s. d.)