‹ Acadie (volume 4)Chapitre 10 sur 82 · Fort Cumberland, Octr. je · texte numérisé non relu

Fort Cumberland, Octr. je

' ' Sir,

" . . . After ail that we hâve been able to do, we hâve not eleven hundred persans, (le texte de Richard exagère donc légèrement quand il porte le nombre à environ 1200,) so that I shall send you three transports from hence. Somc nights ago eighty-six french men got away from Fort Lawrence, by making a hole under ground from the barrack through the south curtain above thirty feet. It is the worse as they arc ail people whose wives were not corne in and of Chipoudy, Pitcoudiack and Memcramkook . . . "

' ' Après tous les efforts qui ont été faits nous n 'avons pas onze cents personnes, de sorte que je vais vous envoyer trois transports d'ici. Il y a quelque temps, quatre- vingt six français se sont échappés pendant la nuit en s 'ouvrant une issue sous le mur de la caserne, sur une longueur de trente pieds, dans la direction de la courtine du sud. Ce qui rend l'événement regrettable, c'est que ce sont des déserteurs dont les fenmies ne sont pas encore arrêtées et qui venaient de Chipoudi, de Petcoudiak et de Memeramkook . . . "

Winslnu-'.'^ Jmmial. Tbid. P. 177. Arch. Can. Tbid. P. 87.

ramcook, avec l'ordre de brûler toutes les habitations et d'emmener avec lui les femmes et les enfants, ne pût exécuter que la première partie de ses ordres ^ A son approche, toute la population, qui connaissait le sort fait à ceux qui avaient obéi à la proclamation, s'était réfugiée dans les bois. Après avoir incendié cent quatre-vingts maisons, y compris l'église, à Chipody, il entra dans la rivière Petitcodiac qu'il remonta quelque distance, en brûlant également toutes les maisons qui bordaient ses deux rives. Arrivé près du principal village, il jeta l 'ancre, et ordonna au capitaine Adams de rejoindre avec soixante hommes les détachements des lieutenants Endicott et Billings, qui remontaient la rivière par terre. « Deux cent cinquante-trois maisons, dit Haliburton, étaient en feu à ce moment, dans lesquelles

5. Cf. Rameau. Une colonie féodale ett'., II. XIV, 1'. I(j9. Cf. Winslow's Journal. Ibicl. P. 99: Monckton to Winslow: "Forte Cuniberlaud. Septr. 4, 1755 . . . Major Frye is returned froni the rivers of Shipoudie, Memeramhook (sic) et Pitcoudiak at the latei' of whieb places part of his detaehment was attacked. Lieut, March of ye 2nd Battaliou killed, Ensu. Billings of jour Battalion wounded and about 22 men kild and niissing. . . * '

ROBT. MONCKTQN.

Ihid. P. 100-1, Jedediah Preble io Winslow. Camp Cuniberlaud, Septr. 5. 1755: "It is with greif that I iuform you that ou the 2nd inst. Major Frye being at Shipodia where he was ordered to biun the buildings and bring of the women and childreu the numbers of whieh was only twenty-three which hc had sent on board and burnd 253 buildings and hand (sic) sent 50 jnen ou shore to burn the mass house and some other buildings whieh was the last they had to do, when about .300 french and indians came suddeuly on them kild Doctr. March, shot lieut. Billings throh the body and throh ye arm and kild or took 22 and wounded six more they retreated to ye dikes and majr. Frye landed with what men he could get on shore and made a sand but their number being superior to ours were forst to retreat..."

Ibid. P. 101. Thos. SpeaJcvian to Winslow, Camp Cumberland. Septr. 5, 1755, autre récit détaillé de cet incident.

fut consumée une quantité considérable de blé et de chanvre. Des bois avoisinants, les pauvres habitants contemplaient, avec horreur et découragement, la destruction de leurs bâtiments et de leur ménage ; et ils ne s 'avisèrent pas d'opposer aucune résistance, jusqu'au moment où l'on tenta d'incendier aussi leur chapelle. Cela leur parût une insulte ajoutée à tous les dommages qu'ils avaient déjà soufferts : alors, tombant à l 'improviste sur le détachement trop occupé à exécuter les ordres qu'il avait reçus pour prévenir une surprise, ils tuèrent et blessèrent vingt-neuf officiers et soldats et allèrent se cacher à nouveau dans la forêt ". >'

L'abbé Le Guerne, qui se trouvait dans le voisinage de Beauséjour avant et après la déportation, a raconté au long ces événements dans une lettre adressée à Monsieur Prévost, ordonnateur à l'Isle Royale, et datée de Bélair, vers Cocagne, ce 10 fnars 1756 '. En voici des extraits :

G. Hisî. of N. S. I. IV. P. lSl-2. — Apre? avoir relaté en détail cet incident peu avantageux pour les Piens,dans sa lettre à 'Winslow,(S2ipra cit.), Speakman, que cette dure expérience a rendu craintif, ajoute: "The people hère are much concerned for f ear your party sliould met with the ' same f ate (being in the heart of a numerous devilish crew) which I pray Gtod avert. " — Mais nos lecteurs savent de quel côté se trouvait la 'bande de diables. En toute cette affaire de la déportation, les anglais se sont comportés comme des démons ivres. Et il faut être hypocrite et menteur en vrai diable pour renverser les rôles et ne pas admirer la beauté du geste des pauvres Acadiens, traqués comme des bêtes dans les bois, qui assistent sans murmurer à la ruine de leurs demeures et de leurs biens, et qui ne se portent à des représailles parfaitement légitimes que lorsqu'ils voient leurs ennemis s'en prendre à leur petite chapelle et la réduire en cendres.

7. Nou:-; donnons ce document in-extenso dans nos appendices. Ce que nous en citons ici est textuel, tandis que dans le MS. original — fols. 625-26, Richard, comme d "ordinaire, ne donne que la substance.

« Dès que les affaires commencèrent à se brouiller dans ce pays, je jugeai qu'on n'avoit rien de mieux à faire que de se jetter entre les bras des f rançois ; dès lors, à la vérité, la plupart des habitans (qui) s'étoient rendus aux forts anp^lois y étoiont détenus, et je n'avoin pu m 'opposer à cette démarclie en effet en regardant l'anglois comme son maître on se croyait eu seureté sous la foy de la capitulation, on se croyait obligé à l'obéissance. Messieurs de Vergor et Le Loutre avaient dit en partant qu'il étoit de l'intérest de l'habitant d'être bien soumis, l'Anglois cachoit son dessein, paroissait même travailler à perfectionner les établissemens. L'ordre vint de se rendre au fort pour prendre, disoit-on, des arrangements concernant les terres, dans de telles circonstances je ne pouvois leur conseiller la désobéissance sans me charger de tous les malheurs qui sont arrivés. Si en effet j'eus conseillé alors de refuser l'obéissance, la majeure partie des habitans persuadée qu'elle retrouveroit l'ancienne tranquillité sous le règne de l'anglois, et attentive uniquement à une aveugle intérest pour leur terre, ne m'auroit jamais écouté, et la rébellion des autres auroit fourni à l'Anglois un prétexte spécieux et unique pour enlever tous ceux que les promesses, la violence et quelqu 'autre voye auroit mis sous sa main.

«Je ne pouvois manquer alors d'être regardé comme l'auteur des malheurs de l'Acadie, l'habitant peu capable de démesler les vrais ressorts qui font agir l'anglois n'auroient pu penser autrement et partout il m'auroit rendu responsable de ses, désastres. Ajoutez à toutes ces raisons que restant le seul prestre dans ces quartiers, au point de vue où les choses se montroient la religion, la charité, l'intérest même de la France exigeoient de moy toutes les me-

sures possibles pour m'y maintenir, et que pour cet effet j'avois été obligé de promettre simplement à l'Anglois de ne point toucher aux affaires d'Etat, et que voyant d'ailleurs que l'Accadien, soit pour faire sa cour, soit par imprudence, informoit au fort de tout ce qui se passoit, je ne pouvois ouvrir la bouche contre l'anglois sans m 'exposer à des grosses affaires qui auroient tourné autant au préjudice do l'habitant qu'à ma perte. Ces raisons sont presque suffisantes pour justiffier ma conduitte dans cette conjecture difficile et pour ne point juger rigoureusement les habitans qui se rendirent au fort anglois.

« Je reviens maintenant à ceux qui se trouvèrent en liberté envers lesquels j 'ay agy autrement. Dès que je vis les autres arrêtés au Fort, je vis bien que les ménagemens vis à vis l'anglois étoient déplacés et que je ne pouvois mieux faire que de sauver pour la religion et pour la France le reste de mon troupeau. Le commandant anglois par ses promesses séduisantes, des offres captieuses et par des présens même que je n'osai refuser pour la première fois, avait crû me mettre dans ses interests; se croyant donc assuré de moy, il me manda qu'il souhaitoit me voir incessamment, il me connoissoit mal.

«La première qualité d'un missionnaire, s'il est digne de son nom, c'est d'être honnête homme, et le premier devoir d'un honnête homme c'est une fidélité inviolable à la patrie *.

« Je me gardai donc bien des embûches qu'il me tendoit et je lui répondis poliment et en substance que je ne me défiois point de son Excellence, mais que j 'appréhendois qu'il

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