‹ Acadie (volume 4)Chapitre 11 sur 82 · C 'est Dous qui soulignons cette belle sentence · texte numérisé non relu

C 'est Dous qui soulignons cette belle sentence

ne reçut de son général des ordres peu favorables aux missionnaires, qu'il seroit obligé d'exécuter contre moy-même, et puisqu'on lui commandoit d'embarquer les habitans que le seul parti qui me restoit étoit de me retirer, que je resterai encore au pais sous son bon plaisir s'il recevoit un contre-ordre pour les habitans.

« A une autre lettre où il me pressoit encore de bannir toute défiance et de me rendre au fort, je lui répondis que je me souvenois que monsieur Maillard avoit été embarqué malgré une assurance positive d'un gouverneur anglois, et que j'estimois mieux me retirer que de m 'exposer en aucune manière. »

Murray, à Pigiguit, s'acquitta de sa tâche avec un succès à peu près égal à celui qu 'avait remporté Winslow à Grand- Pré. Les habitants ne s'y soumirent pas à la proclamation avec autant d'unanimité, dès la première heure; mais tous finirent par se rendre aux ordres donnés sans opposer de résistance. Le soir même de la convocation, il en rendait compte à son chef dans les termes que voici :

« Fort Edouard, 5 septembre 1755.

« Cher Monsieur,

«J'ai enfin réussi, et j'ai appréhendé 183 hommes. Je pense que bien peu ont échappé, si ce n'est les malades. Et j'espère que vous avez été aussi chanceux. Je serais heureux que vous dépêchiez ici des transports aussi tôt que possible, car vous savez que notre fort n'est pas grand. Je vous serais également obligé si vous pouviez m 'envoyer un officier et trente hommes de plus, car j 'aurai à faire opérer

fies reelierches le long de quelques rivières assez distantes d'ici, d'où tout le monde n'est pas encore venu. . . »

A. MUEBAY •'. «

Le lendemain de leur arrestation, les détenus de Grand- Pré supplièrent Winslow de permettre à un certain nombre d'entre eux de visiter leurs familles, pour les avertir de ce qui venait de se passer et les consoler. Après consultation avec ses officiers, "Winslow leur accorda cette demande. Mais reproduisons l'entrée de son journal à ce propos ^":

« Je me rendis ensuite, (après lecture de la proclamation, le 5 septembre,) à mes quartiers. Les habitants français, par l'intermédiaire des plus anciens, exprimèrent leurs regrets d'avoir encouru le mécontentement de Sa Majesté et leurs craintes que la nouvelle de leur emprisonnement allait porter un coup terrible à leurs familles. De plus, se trouvant dans l'impossibilité d'apprendre à leurs parents la triste situation dans laquelle ils se trouvaient, ils me demandèrent de garder un certain nombre d'entre eux comme otages, et de permettre à la plupart de retourner chez eux. Ces derniers s'engageaient à ramener ceux des habitants qui étaient absents lorsque furent lancés les ordres de rassemblement, je leur répondis que je considérerais leur demande et leur communiquerais ma décision.

« J 'ai réuni immédiatement mes officiers afin de leur soumettre la demande des prisonniers, et nous décidâmes de leur faire choisir vingt d'entre eux dont ils seraient res-

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