‹ Acadie (volume 4)Chapitre 3 sur 82 · Cf. Caegrain. Pèlerinage. . . TV · texte numérisé non relu

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partial envers le gouvernement, et si zélé pour son service, paraissait, ce jour-là, songeur et morose; on l'avait questionné, et il avait laissé échapper des paroles encourageantes: mais sa contenance trahissait le trouble de ses pensées \

4. Le MS. original— fol. 596— porte ici la note suivante: "A l'investissement de Grand-Pré par les sauvages, cinq ans auparavant, le notaire Leblanc, qui s'était opposé au départ des habitants, avait été fait prisonnier par les sauvages et (n'avait été) rendu à la liberté qu'après une captivité de quatre

ans.

Eené Leblanc avait succédé comme notaire à Alexandre Bourg dit Belle- Humeur, en décembre 1744. Le notaire était une sorte d'intermédiaire entre le gouverneur et les habitants. Il était choisi officiellement par le gouverneur en conseil. Bourg ayant mécontenté Mascarène, celui-ci le suspendit de ses fonctions et nomma à sa place René Leblajic. (N. S. D. P. 152.) Il est question de ce dernier dans les N. S. A. II. P. 82-96-142. Il semble avoir joué un rôle plutôt louche à l'égard de ses compatriotes; les anglais ont toujours paru voir en lui un auxiliaire. Winslow dit dans une lettre à Murray, en date du 7 sept. 1755 : ' ' René Leblanc 's son has behaved as well as his f ather, and the f rench say has prevented ye young men from going of and belive he may be trusted." (Jaurnal. N. S. H. S. III. P. 104.) Parkman, s 'étendant avec complaisance sur l'ignorance extrême qui régnait parmi les Acadiens, cite cette phrase tirée du Mémoire de Moïse de Les Derniers : " a contemporary well acquainted with them déclares that he knew but a single Acadian who could read and Write",— et il ajoute: "This was, probably, the notary, Leblanc, whose compositions are crude and illiterate." A Ealf-CenUiry of Conflict. vol. II. P. ]73.) Le délicat Parkman s'afflige de constater que les actes officiels d'un notaire de campagne manquent de charme littéraire! Quant à la parole même de ce Les Derniers, il est permis de croire qu'elle exagèr&v. Ce Bourg, auquel succéda Eené Leblanc, devait lui aussi savoir lire et écrire. D'ailleurs, les requêtes présentées personnellement par les Acadiens, aux assemblées des diverses provinces où ils furent déportés, montrent bien qu'il y en avait un assez bon nombre parmi eux à posséder une certaine instruction. Traiter les Acadiens de peuple grossièrement ignorant n'est pas plus vraisemblable que de les donner comme livrés corps et âme à leurs prêtres. Mais Parkman et consorts ne pouvaient manquer d'exploiter contre eux ce préjugé. Le dernier en date des Historiens anglais qui se sont occupés de la question {Tràcy, Tercentenarxj Eist. of Ca7i. vol. III.) ne donne-t-il pas l'ignorance comme cause pr»-

Trois heures allaient sonner. Les officiers se montraient sur le seuil du presbytère; les groupes d'Acadiens s'étaient ébranlés et mis en marche vers l'église, où ils étaient entrés.

mière des malheurs que les Acadiens se sont attirés? Voilà une belle thèse, n'est-ce pas? et dont la profondeur philosophique doit sauter aux yeux.

Nous avons dit plus haut que Eené Leblanc se montra plutôt favorable aux Anglais, ce qui ne le sauva pourtant pas de la proscription. Dans la requête présentée au Eoi d'Angleterre par les Acadiens déportés à Philadelphie, nous lisons à son propos : ' ' And even those amongst us who had suffered deeply ffom jour Majesty's enemies, on account of their attachment to your Majesty's Government, were equally involved in the common calamity, of which Eené Leblanc, the notary public before mentioned, is a remarkable instance. He was seized, confined, and brought away among the rest of the people, and his family, consisting of twenty children, and about one hundred and fifty grand children, were scattered in différent colonies, so that he was put on shore in New- York, with only his wife and two youngest children, in an infirm State of health, from whence he joined three more of his children at Philadelphia, where he died without any more notice taken of him than any of us, notwithstanding his mauy yeais of labour and deep sufferings for your Majesty's service." (Haliburton. I, ch. IV, p. 194.) — Longfellow, dans son Evangéline, donne un rôle sympathique au même notaire Eené Leblanc. — Dans un post-scriptum d'ime lettre de Murray à Winslow, en date du 5 septembre 1755, et adressée de Fort Edouard, il est aussi question de ce Eené Leblanc: "Je vous ai envoyé le fils de Père (dans le texte il y a Pierre, ce qui est une faute évidente) Leblanc, afin qu'il soit déporté avec son père que vous avez pris sous votre protection." {Journal de Winslow. N. S. H. S. vol. III, p. 97.) Cf. ibid., p. 108, une autre lettre du même au même, où Murray demande à Winslow d'envoyer le fils de Eené Leblanc ou quelque autre français s'emparer d'un cheval noir appartenant à un nommé Amand Gros, de Grand-Pré, et qu 'il s 'agit d 'offrir à Lawrence. Enfin, sous la date du 10 septembre, il y a une longue entrée dans le Journal (Ibid, 108-9-10), de laquelle je détache ceci qui concerne ce Père Landry dont il est question dans notre texte: " after which I sent for father Landrey (sic) their principal speaker who talks english and told him the time was corne for part of the Inhabitants to embark and that the number concluded for this day was 250 .. . he was greatly surprised. ' ' Dans les Archives Canadiennes (1905, vol. II, app. B., p. 78-9,) cette entrée du Journal est donnée à la suite d'une lettre de Murray à Winslow, datée de Fort Edouard, 8 sept. 1755, en sorte que l'on croie que tout ce long paf^sage est de Murray même; en consultant le texte du Jouriwl, il n'y a pas moyen

Winslow les suivit de près, en grand uniforme, et entouré de son état-major. Il prit place à une table posée dans l'allée du milieu ': ses regards se promenèrent sur cette foule silencieuse et agenouillée; car, encore qu'il eût été profané, les Acadiens voyaient toujours dans leur temple un lieu sanctifié, le lieu de la prière; et ils s'y étaient agenouillés, par habitude peut-être, mais aussi pour implorer les faveurs du ciel en cet instant de détresse. L'Eglise était remplie: il y avait là quatre cent dix-huit hommes et enfants au dessus de dix ans ^ L'ordre de convocation avait donc eu un succès complet.

de s'y tromper: c'est bien Winslow qui parle. L'éditeur de ces archives, à ce nom de Père Landry, renvoie au bas de la page (79) où il a inséré la note suivante: "François Landry, né en 1692, fils d'Antoine Landry et de Marie Thibodeau, épousa à la Grand-Prée, le 27 mai 1711, Marie-Joseph Doucet, et eut une famille nombreuse. Ils furent déportés à la baie du Massachusetts en 1755, et revinrent à St- Jacques l'Achigan, à l'automne de 1766, où le père mourût et fut enterré à l'Assomption le 21 avril 1767." — Le nom de François Landry apparaît dans une requête présentée le 1er décembre 1764 par des Acadiens de Boston, au "gouverneur en ehcf commandant de Massachusetts Bav", pour le supplier de "leur accorder un passe port en général pour tous ceux qui veulent passer en Isle St-Dominique". — (Cf. French N entrais, aux Archives de l'Etat du Massachusetts, et Arch. Can. (1905) app. E. P. 148.)

5. "Att three in the aftemoon the french inhabitants appeard agréable to their citation at the church in Grand-Pré. . . upon which I ordered a table to be sett in the centre of the church. . . " (Journal N. S. H. S., vol. III. P. 94. Casgrain dit Pèlerinage. P. 119): "...le commandant, accompagné de quelques officiers, vint se placer debout dans le chœur, devant une table sur laquelle il posa ses instructions et l'adresse qu'il avait à lire." Or, le texte de Winslow porte simplement que cette table fut placée dans le centre de l 'église ; quant à l'adresse, U dit: " dclivered them by Interpretors the King's orders in the following words. "

6. La proclamation ordonnant aux habitants de se rassembler dans l'église portait en effet: "I. . . order and strictly injoyne. . . both old men and young men as well as the lads of ten years of âge to attend. . . " Journal. P. 90.— Mais, dans l'entrée où il est rendu compte de la réunion même, Winslow dit:

Nous renonçons à analyser les sentiments qui se heurtèrent dans les esprits en entendant la lecture du document d'infamie éternelle que nous allons transcrire. Les grandes douleurs sont muettes.

« Messieurs,

« J'ai reçu de son Excellence le Gouverneur Lawrence la commission du roi, que j'ai entre les mains. C'est par ses ordres que vous êtes réunis pour que vous soit manifestée la résolution finale de Sa Majesté envers les habitants français de cette sienne province de la Nouvelle-Ecosse, qui depuis près d'un demi-siècle, se sont vus traiter avec plus d'égard qu'aucun autre de ses sujets en aucune autre partie de ses possessions. Quel cas vous avez fait de ces égards, vous le savez mieux que personne.

« Le devoir que j'ai maintenant à remplir, bien qu'impérieux, est très désagréable à ma nature et à mon tempérament comme il vous le sera à vous-même, qui êtes de la même espèce que moi. Mais il ne m'appartient pas de m 'opposer aux ordres que j'ai reçus; mon affaire est d'y obéir. Par conséquent, je vais, sans hésitation, vous faire connaître les ordres et les instructions de Sa Majesté, à savoir :

« Que vos terres et vos maisons et votre bétail et vos troupeaux de toutes sortes sont confisqués au profit de la Couronne, avec tous vos autres effets, excepté votre argent

"the french inhabitants appeard... at the ehurch... amounting to 418 of their best men . . ." (P. 94)) Ce nombre renfermait-il aussi les enfants de dix ans et au dessus? Il est difficile de le supposer, si l'on s'en tient aux termes mêmes employés par Winslow. "418 de leurs meilleurs hommes" semble exclure les enfants, et peut-être même les vieillards.

et vos objets de ménage, et que vous allez être vous-mêmes transportés hors de cette province.

« Ainsi ce sont les ordres péremptoires de Sa Majesté que tous les habitants français de ces districts soient déportés; en vertu d'une faveur de Sa Majesté, j'ai la permission de vous accorder la liberté de prendre votre argent, et autant de vos eiïets que vous pourrez en emporter sans encombrer les vaisseaux à bord desquels vous allez être mis. Je ferai tout en mon pouvoir pour que ces effets vous soient assurés et pour que vous ne soyez pas molestés en les emportant, et aussi pour que les membres de la même famille soient embarqués sur les mêmes navires, en sorte que cette déportation qui, j'en ai la conscience, va vous causer beaucoup d'ennuis, s'accomplisse aussi facilement que le service de Sa Majesté peut le permettre. Et j 'espère que dans quelque partie du monde où vous tombiez, vous serez des sujets fidèles, un peuple paisible et heureux.

« Je dois aussi vous informer que c'est le plaisir de Sa Majesté que vous soj^ez retenus sous la surveillance et la direction des troupes que j'ai l'honneur de commander.» Et Winslow termina sa harangue en déclarant qu 'ils étaient prisonniers du roi \

7. " . . .and then declared them the King's prisoners, and gave out the following déclaration:

Grand Pré, Sept. 5, 1755,

Ail offic«rs and soldiers and sea men employed in his Majesty 's service as well as ail his subjects of what dénomination soever, are hereby notifyed that ail cattle, vizt: Horses, home eattle, Sheep, goats, hoggs and poultry of every kind, that was thia day soposed to be vested in the French inhabitants of this province are become forfitt«d to His Majesty whose property they now are and every person of what dénomination soever is to take care not to hurt kill

Oui, ils étaient prisonniers, et c'était l'église qui allait leur servir de geôle.

Dans une lettre à Lawrence, en date du 17 septembre 1755, Winslow relatant ce beau coup d'Etat, lui disait, entr 'autres: «Les Acadiens furent grandement étonnés de cette détermination, bien que je croie que l'idée ne leur vint pas alors qu'ils allaient être déportés incessamment, et qu'elle ne leur soit pas venue davantage jusqu'aujourd 'hui ^ » A la date du 5 septembre, nous notons dans son Journal l'entrée suivante: «Les Français n'ayant pas avec eux de provisions, et se plaignant de la faim, ont demandé du pain ; je leur en ai fait distribuer, et j 'ai donné ordre qu'à l'avenir ils soient nourris par leurs familles respectives. Ainsi s'est terminée la journée mémorable du cinq sepembre, — jour de grande fatigue et d'ennuis ".»

or distroy anything of any kinde nor to rob orchards or gardens or to make waste of anything dead or alive in thèse districts without spécial order. Given at my camp the day and place above'sd."

•John Winslow.

Journal. N. S. H. S. vol III, p. 95.

8. "They were greatly struck at this détermination, thoh I believe they did not then nor to this day do imagine that they are actually to be removed. ' '

Jovrnal. N. S. H. S. vol. III, p. 126.

II nous semble bien que Winslow a pris les Acadiens pour plus naïfs qu 'ils n'étaient. Cette affirmation est une sottise. Ces habitants étaient des gens simples, qui trop longtemps s'étaient laissés berner par les Anglais, mais e 'étaient des gens intelligents, et qui, maintenant qu 'ils étaient prisonniers manu militari, et qu'ils voyaient de leurs yeux tous les préparatifs faits en vue de leur proscription, eussent été inexcusables de ne pas croire à son exécution immédiate.

9. ' ' Sept 5th ' '. The French people not having any provissions with them and pleading hunger begd for bread on which I add them and ordered that for the future they be supplyd from their respective familys. Thus ended the memerable fif th of september, a day of great fatigue & troble. ' '

Journal. N. S. H. S. P. 98.

Avant d'aller plus loin, nous nous arrêterons un instant pour considérer un des allégués importants de la Proclamation et de l'Edit d'expulsion. Winslow déclare: «j'ai reçu. . . les instructions du Roi, que j'ai entre les mains. . . La résolution finale de Sa Majesté,. . . Les ordres péremptoires de Sa Majesté sont ...» Rien ne pouvait être plus positif: Winslow tenait les instructions de Sa Majesté. Et cependant rien n'était plus faux, si évidemment faux qu'il serait impossible d'entretenir le plus léger doute à ce sujet. Nous en avons la preuve dans un document officiel authentique et précis, savoir une lettre du secrétaire d'Etat, Sir Thomas Robinson, à Lawrence, laquelle se trouve au volume des Archives.

Nous avons cité plus haut, au chapitre vingt-septième de notre tome deuxième, la dépêche que Lawrence avait adressée aux Lords du Commerce, le 28 juin, peu de temps après la capitulation de Beauséjour. Dans cette dépêche, le gouverneur informait les Lords qu 'à la prise de ce Fort, il s'y trouvait cent cinquante soldats de l'armée régulière et environ trois cents habitants. « Les Acadiens désertés, y ajoutait-il un peu plus loin, sont en train de rendre leurs armes; je lui ai donné (à Monckton) l'ordre de les chasser du pays à tout événement, encore que, au cas où il aurait besoin de leurs services pour mettre les troupes à l'abri, (vu que les baraquements dans le fort français ont été démolis,) il soit libre de leur demander toute l'assistance possible dans ce but ^'^. »

10. " . . .when the Port surrendered, there remained 150 regulars, and about 300 inhabitants, several of which, with their oflficers, weve wounded . . . The

Cette lettre était ambiguë, et cette ambiguité avait été intentionnelle, de la part de son auteur. S'y agissait-il de chasser du pays tous les Acadiens demeurant au nord de la péninsule, ou les Acadiens émigrés, ou seulement les trois cents d'entre eux qui avaient été pris les armes à la main, lors de la reddition du fort! — L'interprétation la plus rationnelle semblait être que le gouverneur avait plutôt en vue tous les Acadiens « désertés », dont le nombre était considérable. Et la réponse du Secrétaire d 'Etat montre que la perspective de ces procédés violents avait jeté les Lords du Commerce dans une grande alarme. Cette dépêche est datée de. Whitehall, 13 août 1755, six semaines seulement après celle de Lawrence, en sorte qu'elle dût être rédigée et expédiée sans aucun retard ^\ Et, pour marquer l'importance que les Lords y attachaient, elle fût, par une exception extrêmement rare, signée du nom du Secrétaire d 'Etat lui-même, et soulignée dans ses parties essentielles.

Nous la reproduisons in exte/nso ^- :

deserted French inhabitants are delivering up their arms, I hâve given him orders to drive them out of the country at ail events, tho'if he wants their assistance, in putting the troops under cover, (as the Barracks in the French Fort were demolished,) he may first make them do ail the service in their power. — N. S. D. (Akins.) P. 243 & P. 408-9. Can. Arch. (1894) H. 300 B. T. N. S. vol. 15.

11. Dans le MS. original — fol. 600 — ^un léger trait au crayon a été passé sur les mots: et expédiée, et en marge le traducteur a écrit : "rien ne prouve qu 'elle fut expédiée sans retard. ' '

12. D'après Akins, N. S. D. Acadian French. P. 278-9-80. Le passage entre crochets, le plus important de tous, a été omis par Eichard. Cf. note 15.

Whitehall, 13 août 1755.

« Monsieur,

« Quel que soit le sens attribué par les Français au mot pardonné, dans le quatrième article de la capitulation accordée au commandant et à la garnison de Beauséjour,— votre lettre du 28 juin porte que vous avez donné au colonel Monckton l'ordre de chasser hors du pays, en tout état de cause, les habitants français désertés. Or, ce que vous voulez dire par là n'apparaît pas clairement. Voulez-vous parler de tous les habitants de la péninsule, dont le nombre se chiffre dans les milliers ? ou bien de ceux qui étaient établis dans les cinq ou six villages avoisinant Beauséjour, et comprenant 800 familles'', ainsi que vous l'avez marqué dans votre état des forts français et anglais, qui nous a été transmis dans une lettre du gouverneur Shirley, en date du 8 décembre dernier"? ou, enfin, voulez-vous parler seulement de ceux des habitants qui se trouvaient dans Beauséjour, lors de l'évacuation de ce Fort par la garnison? Le sens de votre lettre semble être que c'est plutôt de ces derniers qu'il s'agit, puisque vous ajoutez: Si M. Monckton a besoin de l'aide des habitants français désertés pour mettre les troupes à couvert, vu que les baraquements du fort français ont été démolis, il lui est loisible d'en tirer tous les services qu'il leur est possible de rendre.

13. Le document original porte 8000 familles. Akins met justement en note la rectification de 890.

14. Cf. Nova Scotia Doc. (Akins.) P. 384 et seq. Shirley to sir Thomas Eobinson, etc.— A la page 402 et seq. de la même compilation, il y a une pièce intitulée: RemarJcs relative to the return of the Forces in Nova Scotia^ ZOth March 1755, qui semble bien être cet état des forts français et anglais dont il est parlé ici. La pièce couvre 5 pages.

« Quoi qu'il en ait été de votre intention, [vous vous serez sans doute inspiré, dans votre manière d'agir, du strict principe de procurer à votre gouvernement une sécurité immédiate et nécessaire,] et vous n'aurez pas été sans considérer les conséquences néfastes qui pourraient résulter d'une alarme soudaine jetée panui les Français neutres et la rapidité avec laquelle le désespoir peut susciter chez eux une insurrection, ou encore quel nombre additionnel de sujets utiles pourrait être donné, par leur fuite, au roi de France. Il ne saurait donc vous être trop fortement recommandé d'user de la plus grande sagesse et prudence à l'égard de ces neutres, et d'assurer ceux d'entre eux sur lesquels on peut compter, surtout s'ils prêtent serment d'allégeance à Sa Majesté et à son gouvernement, qu'ils peuvent demeurer dans la tranquille possession de leurs terres, sous une législation convenable. La raison pour laquelle notre attention s'est portée tout particulièrement sur ci passage de votre lettre est la proposition suivante, qui nous a été faite pas pins tard qu'au mois de mai dernier par l'ambassadeur de France savoir: « Qu'il soit accordé à tous les habitants français de la péninsule un délai de trois ans pour s'en aller' avec leurs effets, et que tous les moyens de leur faciliter ce déménagement leur soient assurés, — les anglais, ajoutait-il, ne devant pas manquer de regarder ce départ comme très avantageux à eux-mêmes. » A quoi Sa Majesté a daigné faire répondre dans les termes ci-dessous, que je vous envoie pour votre information particulière: « En ce qui regarde la proposition d 'accorder trois ans aux habitants français de la péninsule pour opérer leur transmigration, ce serait priver la Grande Bretagne d'un nombre très-considérable de sujets utiles, si une telle émigration

s'étendait aux Français qui résidaient dans la province au temps du traité d'Utrecht et à leurs descendants. »

Je suis,

Monsieur, Votre très-obéissant et humble serviteur,

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