L« MS. original — fol. 835, — porte "dans cette boue
15. Le MS. original porte ici la note suivante: "Le volume des Archive» contient bon nombre d'Ordres en Conseil, mais aucun se rapportant à ces octrois; ils sont cependant tous aux Archives et Parkman ne les ignorait pas."
extrémités du monde! Mais il aurait fallu n'être pas humain pour ne pas ressentir les humiliations et les tortures morales dont on les abreuvait; pour ne pas exprimer son mécontentement du sort cruel et injuste dont on les frappait! La mesure des mauvais traitements devient comble même pour le chien le plus soumis. Et cependant, malgré cette accumulation d'indignités, peut-on avec tous les documents de leurs oppresseurs, signaler une seule voie de faits de la part des Acadiens, depuis leur soumission en décembre 1759 jusqu'à 1766! Si tel est le cas, qu'on la produise. On voit bien, dans les intrigues combinées par leurs bourreaux pour obtenir la permission de les déporter, que Lawrence et autres exprimaient des craintes pour l'avenir, qu'ils les représentaient constamment comme des êtres dangereux qui saisiraient la première occasion pour se soulever. Mais ces prétextes étaient nécessaires pour obtenir la permision désirée, et s 'ils avaient eu un seul acte de résistance à signaler, on peut être sûr qu'il se trouverait consigné dans ces lettres à Amherst. La seule accusation précise que l'on trouve, de laquelle on tire des conclusions péremptoires, est que certains groupes n'avaient pas encore fait leur soumission, (f qu'ils étaient errants dans les bois '^ ». En faut-il davantage pour faire voir l'absence de griefs? Quoi! ces gens devaient-ils se charger eux-mêmes de chaînes pour être déportés ensuite? L'étonnant, c'est que ceux qu'on traînait en captivité ne se soient pas rués sur leurs oppresseurs pour les déchirer avec leurs ongles, avant de
16. "By letters from Brigr. General Whitmore, I find the few Indians and others that were still lurking on the Island of St. John 's, are ail corne in ... " Amherst to Lawrence. New York, 5th February 1760. — N. S .D. P. 467.
recevoir le coup fatal qui aurait mis fin à une existence empoisonnée et sans issue. Ah! mais c'est qu'ils avaient des familles affligées par la misère, les séparations et la mort, qu'il ne fallait pas jeter dans une agonie plus grande, et laisser sans soutiens, sans consolations, dans la vallée de larmes que l'on creusait sous leurs pas! C'est qu'ils puisaient dans cette religion dont on se moquait la force et le courage d'endurer et peut-être de pardonner.
Dépouillons la correspondance de ces gouverneurs pour démêler, s'il est possible, leurs secrètes pensées dans ces documents tissés de ruses, afin de voir si, à leur insu, ils n'auraient pas laissé échapper quelques expressions permettant de découvrir ce qu'ils avaient tant intérêt à cacher. On comprendra sans peine qu'en laissant les Acadiens dans la Province, leurs spoliateurs s'exposaient à des revendications dangereuses pour leur tranquillité. Si l'on admettait ceux-ci, il faudrait également admettre tous les autres qui avaient été déportés. Accepteraient-ils sans murmurer de devenir simples locataires des Conseillers de Lawrence, sur des terres qui leur appartenaient et qui avaient été défrichées par leurs ancêtres? Et s'ils consentaient à s'enfoncer dans la forêt pour se reconstituer un nouveau patrimoine, le reproche involontaire et quotidien que leur présence et leur misère évoqueraient, ne serait-il pas pour leurs spoliateurs une torture de tous les instants ? Le criminel aime-t-il à être confronté toute sa vie avec sa victime 1 L'escroc public se choisit-il une demeure somptueuse à côté de la hutte de celui qu'il a dépouillé? N'était-il pas à craindre que ce voisinage intempestif n'ouvrit les yeux du public et des Lords du commerce, ne plongeât les spoliateurs dans l'humiliation et le discrédit,
et n'amenât l'annulation des titres qu'ils s'étaient donnés ou allaient se donner? Ce risque n'était-il pas considérable, puisque, même avec toutes leurs sages précautions, ces octrois furent plus tard réduits de 20,000 à 5,000 par les Lords du commerce ? Il fallait, pour assurer l'avenir, que ce peuple Acadien disparût, qu'il fût dispersé aux quatre coins de la terre, qu'il oubliât sa patrie, sa nationalité, sa langue, sa religion et le souvenir de ce qu'il avait été.
Lawrence et ses conseillers ne furent pas lents à saisir ces dangers, et aussitôt qu'ils eurent vent que 200 Acadiens étaient venus avec des permis pour s'établir dans la Province, il fut résolu qu'ils seraient proscrits de nouveau. Et dès la première communication de Frye, annonçant que ceux du littoral allaient faire leur soumission, Lawrence avisa son conseil de les déporter. « Son Excellence désirerait savoir si le conseil ne serait pas d'avis que l'on nolisât des vaisseaux pour déporter tout ce monde à la fois. »
Et que décide le conseil?
« Le Conseil, après avoir considéré cette proposition, en est venu à la conclusion qu'une telle mesure était de toute convenance et semblait absolument nécessaire, pour faciliter le repeuplement des terres évacuées, par des personnes venant du continent à cette fin : autrement, ces nouveaux colons courraient le risque d'être empêchés dans leurs progrès par les incursions de ces habitants français; tandis que, si ceux-ci sont déportés hors de la province, la colonie demeurera en parfaite sécurité ". »
Le motif est assez clair. On ne pouvait s'attendre que, dans une résolution de cette nature, il serait question de ces terres au point de vue de la sécurité des octrois que les conseillers se faisaient; il leur fallait couvrir leur pensée du voile de l'intérêt public, mais au fond c'était bien leurs propres intérêts qu 'ils avaient en vue de sauvegarder. C 'est ainsi que procèdent les grands coquins.
Cependant, pour déporter toute cette population, il fallait le consentement des autorités, c'est-à-dire qu'il pouvait être dangereux d'agir sans cette autorisation. L'Angleterre avait déjà reçu sa part de proscrits; les Provinces de la Nouvelle-Angleterre croyaient avoir reçu plus que la leur. Qu'allait-on faire?
Le 20 février 1761, Belcher, qui remplaçait Lawrence décédé, soumettait à son Conseil une lettre du Général Amlierst, dans laquelle celui-ci recommandait « que les Acadiens continuassent de demeurer dans la Province ». « Mais le Conseil ayant délibéré là-dessus, a été unanimement d'opinion que les dits Acadiens Français ne peuvent, ni en vertu de l'ordre Eoyal sus-mentionné, ni en vertu de la loi provinciale également invoquée, avoir la permission de rester dans la Province ; et le Conseil émet le vœu que son avis sur la question soit soumis en tout respect à la considération de son Excellence le général Amherst ^*. »•
Amlierst répondit dans les termes suivants à cette Résolution du Conseil:
« Monsieur,
« Votre dépêche du 25 février m 'est parvenue hier soir ; je n'ai rien de plus à cœur que l'avantage et la sécurité de la Province de la Nouvelle-Ecosse; si la déportation de ceux des Acadiens qui résident encore dans ses limites pouvait être utile à cet égard, je serais le premier à conseiller leur expulsion; mais comme dans les circonstances nouvelles où se trouve cette riche et florissante province, je ne vois pas qu'elle ait rien à redouter de la part des Acadiens, et qu'au contraire il me semble qu'elle peut bénéficier beaucoup de leur travail, alors j'incline à penser qu'il vaut mieux les garder dans la Province, en leur imposant des règlements et restrictions appropriés ". »
Non satisfait d'avoir envoyé à Amherst la résolution de son Conseil, Belcher lui avait adressé deux nouvelles lettres sur le même sujet, avant d'avoir reçu la réponse que nous venons de citer. L'une est du 11 mars et l'autre du 19. Ces deux lettres ne sont pas au volume des Archives, mais la réponse nous fait voir qu'il s'agissait encore de la permission de déporter les Acadiens. Amherst y répond ainsi le 15 avril '° . . . « Je me permets de différer d 'opinion avec vous au sujet de l'insuffisance des troupes dans votre Province. Celles qui sont destinées à y demeurer sont en nombre plus que suffisant dans les circonstances présentes, car
19. N. s. D. p. 326. A la suite de cette citation, l'édit. anglaise (II, 294,) a cinq lignes de réflexions qui ne sont pas dans le MS. original.
20. Dans le N. S. D. il n'y a pas de lettre d 'Amherst au 15 avril. Il y en a une du 28 (P. 328). Murdoch (II, 402) mentionne cette lettre du 15 avril.
le danger que feu le gouverneur pouvait avoir quelque raison d'appréhender l'année dernière, est maintenant complètement écarté. Les quelques Acadiens de Ristigouche, que l'on dit ne s'être pas encore soumis conformément aux termes de la capitulation, ne sont pas un obstacle, même s'ils persistaient dans leur erreur; mais, croyez-m'en, ils se reconnaîtront bientôt et ne seront que trop heureux de nous voir accepter leur soumission. »
C'était presque une rebuffade. Après trois réponses aussi formelles, et toutes dans le sens d'un refus, il semblerait que Belcher et son Conseil eussent dû se désister définitivement de leur projet de déportation. Mais ce n'était pas encore assez. Le 15 avril, dans une longue lettre au même, Belcher énumère de nouveau toutes ses raisons de craindre pour la paix et la tranquillité de la Province, mais, cette fois, il en a une nouvelle, qui devra décider Amherst espere-t-il, à accorder la permission tant désirée : « Outre les raisons que je vous ai déjà exposées, monsieur, et qui prouvaient comme quoi des tentatives étaient à redouter de la part de cette population , il y a encore celle-ci, et qui est de quelque poids, à savoir que, parmi les Acadiens de Ristigouche, il y a beaucoup de ceux qui possédaient autrefois des terres dans le district de Chinecto (Beaubassin), et comme ils n'ont pas perdu tout espoir de les recouvrer, grâce à des renseignements qui leur sont venus de missionnaires et de Français, je crois, à tout le moins, probable qu'ils vont troubler les commencements de ces établissements, auquel cas, la perte de deux ou trois vies répandra une telle terreur, que non-seulement la population de ces districts en sera intimidée et s'enfuira, mais encore
cela aura pour effet de nuire considérablement à la colonisation des autres parties ". »
C 'était apparamment cette nouvelle raison qui avait motivée cette nouvelle lettre ; dans son esprit, Belclier la croyait décisive. Il y avait déjà un an qu'il retenait captifs à Halifax environ 1000 Acadiens, et tous ses griefs ne se bornaient encore qu'à des craintes pour l'avenir. Il n'avait pas un fait actuel, pas un meurtre, pas un assaut, pas un vol, pas même un refus d'obéissance à signaler. C'était vraiment désappointant à l'extrême; ses 20,000 acres de terre couraient un danger.
Amherst y répondit le 28 avril, et c'était encore un refus, une fin de non-recevoir, la quatrième.
« Je ne puis dire que j 'aie quelques appréhensions concernant la colonie qui va être établie à Chignecto . . . Les Acadiens ne sont peut-être pas aussi entièrement bien disposés que je le souhaiterais, mais je m'attends de leur part à une conduite différente de celle qui s'est manifestée jusqu'ici, car ils n'ont jamais été dans une situation semblable à celle dans laquelle ils sont maintenant, et il est difficile de croire qu'ils seront assez méchants pour tenter quoi que ce soit à l'heure qu'il est, contre l'établissement de la Province ". »
Belcher semble avoir abandonné, après cela, tout l'espoir d'obtenir de ce côté l'autorisation tant désirée, car on ne trouve plus aucune communication entre Amherst et lui, pendant une longue période, si ce n'est la suivante, par
21. N. S. D. P. 327. Nous ferons remarquer que Belcher, écrivant le 15 avril, n'avait pas reçu la lettre d'Amheist datée du même jour.
laquelle il demande qu'il lui soit permis d'employer les Acadiens à travailler pour les nouveaux colons. C'était en quelque sorte se réfuter lui-même: la demande étant faite à la propre sollicitation des colons, ceux-ci ne voyaient donc pas dans les Acadiens des êtres dangereux; Belcher non plus, du reste, autrement il n'eût pas transmis pareil vœu:
Halifax, 18 juin 1761.
«Monsieur... A la suite de représentations qui m'ont été faites par les nouvelles colonies de la province, il semble urgent que les habitants reçoivent de l'aide de la part des Acadiens pour réparer les aboiteaux qui protègent et préservent les terres basses, d'autant plus que de ce tavail, dans lequel excellent les Acadiens, dépend la subsistance d'un grand nombre des colons. . . »
« Cete grave raison, jointe à la considération des grands services rendus à la colonie par les Acadiens, grâce à l'intervention de feu le gouverneur l'an dernier, me force à revenir à la charge et à insister dans ma demande : Je prévois peu de difficulté à cet égard, vu que le secrétaire des choses militaires m'a assuré, il y a quelque temps déjà, que les Acadiens devaient se tenir prêts à recevoir mes ordres à une demi-heure d 'avis ^^. »
Ainsi donc, c'était sur leurs propres terres qu'on faisait travailler les Acadiens, et cela, pour aider ceux qu 'on avait mis à leur place, ceux qui profitaient du labeur d'un siècle. Et ces Acadiens, ces hommes si dangereux, se soumettaient à cette imposition cruelle qui déchirait leur âme, et cela à
une demi-heure d'avis. Cette imposition, ils l'avaient subie l'année précédente, apparemment sans résistance, et on l'exigeait encore cette année. En faut-il davantage pour démontrer que toutes les appréhensions de Belcher et de son Conseil n'étaient que de honteux prétextes, dont la source était la crainte de mettre en péril les octrois qu'ils s'étaient votés? Et dire que ces Acadiens étaient assez pervers pour ne pas apprécier « the lenity and the sweet of the English rule » !
Le volume des Archives ne produit aucune lettre de Belcher faisant voir qu'après son quadruple insuccès auprès de Amherst, il se soit adressé aux Lords du commerce, mais l'extrait suivant d'une lettre de ces derniers en fournit la preuve :
Whitehall, 23 juin 1761.
« Le nombre d 'Acadiens qui se sont rassemblés en différentes parties de la Province, et leurs dispositions hostiles, nous paraissent d'assez mauvais augure dans l'état présent de la province, mais comme il n'est pas du ressort de notre département de donner des directions en une pareille matière, nous vous référons au Secrétaire d'Etat de Sa Majesté, à qui nous avons transmis copies de vos lettres sur ce sujet, ainsi que les pièces qui les accompagnaient ^*. »
Il nous faut juger de la question par ce court extrait, puisque, de cette lettre importante, c'est tout ce que nous livre le compilateur des archives. Mais, pour le point qui nous occupe, c'est suffisamment clair; les documents et les
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lettres (non produites) de Belclier, par lesquelles il demandait la permission de proscrire les Acadiens étaient référés à Lord Egremont, le Secrétaire d'Etat, à qui il appartenait de formuler la réponse à y faire.
Cette réponse importante du Secrétaire d'Etat n'est pas au volume des Archives, mais sept mois après, le 9 janvier 17G2, nous trouvons une lettre de Belclier au Secrétaire d'Etat. Par les astérisques, on voit qu'elle est tronquée à des points qui paraissent importants tout de même; on peut juger que sa demande avait été refusée, puisque celleci équivaut à une nouvelle demande de déportation : « Je me permets de représenter à Votre Excellence, qu'outre ces personnes, il y en a beaucoup d'autres parmi les Acadiens de la Province qui, bien qu'ayant fait leur soumission, cependant se tiennent prêts et guettent une occasion où, soit par une assistance reçue des Français, soit par un soulèvement provoqué chez les sauvages, ils pourront troubler et ravager les colonies déjà formées et celles qui sont en voie de formation; et je suis profondément convaincu, d'après leur conduite et leurs dispositions générales, qu'ils ne peuvent, sans compromettre la sécurité de la Province, être admis à l'habiter à nouveau'-".»
Nous avons raison de croire que la réponse fut, cette fois encore, défavorable. Le volume des Archives ne nous la donne pas, mais nous pouvons l'inférer en toute certitude, par le fait que près de sept mois s'écoulèrent sans que rien ait été fait par Belcher dans le sens d'une déportation. Si elle eut été favorable, il est évident que Belcher se fût empressé de profiter d'une permission qui lui tenait
tant à cœur. Cela est d'ailleurs rendu plus évident encore par la lettre des Lords du Commerce en date du 3 décembre suivant, dans laquelle ils condamnent expressément la déportation qui venait d'être exécutée.
Le 26 juillet 1762, Belcher et son Conseil se décidèrent pour une proscription en masse. La Résolution qui expose les motifs de leur décision est fort longue; tous les griefs y sont réunis; cependant remarquons-le, pas un seul n'a trait à des hostilités ou à des résistances actuelles ; au contraire, tout se borne à des appréhensions pour l'avenir. On sent qu'ils font un suprême effort pour rédiger un document destiné à être leur justification, car remarquons le encore, cette résolution ne fait nullement mention d'une autorisation quelconque, soit de la part du Secrétaire d'Etat, soit du général Amherst, preuve évidente qu'ils n'en avaient pas. Lawrence avait réussi par l'audace: on voulait essayer de ce qui lui avait si bien servi. En cas de blâme, Belcher se retrancherait derrière son Conseil et la nécessité des circonstances fortuites qui exigeaient impérieusement un tel procédé. Qu 'on en juge :
«Pour toutes ces raisons, le Conseil est d'avis qu'en ce temps de péril, il est urgent de déporter immédiatement les dits Acadiens hors de cette Province, car leur prolongation de séjour eu son sein serait propre à entraîner les pires inconvénients, particulièrement pour les nouveaux établissements que l'on projette, et pour la sécurité générale de la Province. Et en conscience le Conseil recommande de la façon la plus pressante, pour le salut et la sécurité de la Province et de ses nouvelles colonies, que le Lieutenant- Gouverneur ait la bonté de recourir aux moyens les plus expéditifs de rassembler et déporter les dits Acadiens hors
de cette Province; le Conseil est aussi d'avis que la Province la plus voisine de la Nouvelle-Ecosse étant le Massachusetts, le lieutenant-gouverneur fasse transporter en ce dernier endroit, avec toute la promptitude voulue, les dits Acadiens ■''. »^
Tous s'entendaient comme larrons en foire. Belcher rédigeait, nous le supposons, une résolution qu'il plaçait entre les mains de ses complices, et il se faisait forcer la main, il cédait à une nécessité impérieuse, à une pression trop énergique pour qu'il put y résister. On sent dans la rédaction de ce document l'effort pour dégager la responsabilité du Gouverneur.
Encore une fois l'audace allait réussir, mais pas aussi complètement que la première fois, comme nous le verrons plus loin. Amlierst, qui n'était pas en position de juger par lui-même des raisons qui lui étaient données, et des motifs secrets qui faisaient agir Belclier et ses Conseillers, approuva à demi le fait accompli. « Encore que je ne puisse me défendre de la pensée que cette population aurait i)u être gardée dans la Province et s'y montrer soumise, aussi longtemps que les troupes demeuraient en Nouvelle-Ecosse, je suis cependant content que vous ayez pris les mesures nécessaires pour les déporter, car ils auraient pu, après le départ des soldats, formenter des troubles -'. »
Nous dirons brièvement qu'immédiatement après la Eésolutiou de son Conseil, Belcher expédia en toute hâte à