‹ Acadie (volume 4)Chapitre 56 sur 82 · N. s. D. p. 323 et seq · texte numérisé non relu

N. s. D. p. 323 et seq

27. N. S. D. P. 330. Cette lettre d 'Amheist est du 30 août 1762. Ij'édit. ungl. (II, 300) a ici la uote suivante à quoi rien ne correspond dans le MS. orig.: "Sir .leffrey Aniherst has won great distinction for his intelligence and wisdom in the conduet of affairs in America during the war, and it may

Boston cinq navires chargés d'Acadiens. Pour un motif ou pour un autre, la Législature du Massachusetts refusa positivement de recevoir ces exilés. Instances, supplications de la part du capitaine Brooks -^ et même du gouverneur Bernard, ne purent vaincre les résistances de l'Assemblée. On refusa même d'attendre le retour d'un courrier qu'on offrait d'envoyer au Général Amherst. Hancock, qui repré-

be well deserved. But at the same time his moral worth, judging fiom some of his correspondenee with colonel Bouquet, could iiot very well be of a very higli order. lu 1763, while the Poutiac conspiiacy was iu progress, he wrote to the latter: "Might we not try to spread smallpox among the rebel Indian tribes? We must in this occasion make use of every device to reduce them. "I will try, answered Bouquet, to introduee smallpox by means of blankets which we will cause to fall iuto their hands. " That suggestion was adopted by Amherst. " You will do well, he again wrote him, to try to spread smallpox by means of blankets and by every other means whieb might help to extermiuate that abominable race. ' '

28. Le MS. orig. — fol. 848 — porte la note suivante: — C'est ce même capitaine Brooks AVatson qui, en 1791, fit au Eev. Dr Brown une peinture si flatteuse des mœurs acadiennes, laquelle nous avons reproduit. Ailleurs il parle en ces termes de leur conduite en exil et de leur retour:

"Their orderly conduct (in Georgia), their integrity, sobriety and fruga- "lity, secured to them the good will of the people and gained them comfor- ' ' table support. But, still longing for their Native Country, ail their industry "was stimulated, ail their hopes supported, by that landmark of their former "felicity; many of them built boats, and taking their families, coasted the "whole American shore, from Georgia to Nova Scotia... But alas! what did "they find? AU was desolated; for, the more efifeetually to drive them out of ' ' the Country, ail their houses had been bujnt, ail their cattle killed by order "of Government; hence they found no shelter; still they persevered with "uever-failing fortitude, with unremitting industry, and established them- "selves in différent remote parts of the Province, where they had been suf- ' ' f ered to remain, but without any légal property ; at least, I hâve not heard ' ' of ajiy land having been granted to them ..."

"Their numbers, I am told, hâve increased about two thousand, and I am "informed they still continue, what I know them to be in their prospérons "state, an honest, sober, industrious and virtuous people." Kon. Brook Watson to Mev. Dr Brown July Ist 1791.

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sentait à Boston le Gouvernement de la Nouvelle-Ecosse, refusa même de procurer des vivres. Après avoir attendu deux ou trois semaines en rade de Boston, le capitaine Brooks qui commandait l'expédition se vit forcé de retourner à Halifax avec son chargement.

Leur retour produisit dans le camp de Belclier une explosion de colère contre la Législature du Massachusetts, (pli n'avait pas voulu se plier une seconde fois à leurs odieuses persécutions. La situation était critique pour lui; il fallait s'expliquer auprès des Lords du Commerce et du ÎSecrétaire d'Etat. Cette équipée avait été entreprise sans leur assentiment, et sans celui de Amherst. Conjoncture délicate à un haut degré. Heureusement pour Belcher qu 'Amherst avait, après coup, donné un semblant d'approbation à son acte; aussi, c'est sur ce point, qu'il insiste le plus fortement dans sa défense, et pour lui donner plus de valeur, il en parle, vaguement il est vrai, comme si cette autorisation avait été antérieure à l'exécution de sa mesure. Mais, chose incroyable après tant de rebuffades, Belcher persistait encore à demander l'autorisation de déporter les Acadiens.

Nous ne voj^ons pas, par le volume des Archives, quelle fut la réponse du Secrétaire d'Etat, mais celle des Lords du Commerce, qui n'y est pas non plus, peut s'inférer des minutes de leurs procédés.

3 décembre 1762.

« Leurs Excellences, ayant considéré la partie de la lettre de M. Belcher relative à la déportation des Acadiens, n'ont pu ne pas être d'avis que, si expédient qu'il ait pu

être de déporter les Acadiens en un temps où les entreprises de l'ennemi constituaient une menace pour la Province, cependant ce danger étant maintenant disparu, et les hostilités entre les deux nations ayant cessé, il ne fût ni nécessaire ni politique de les déporter à nouveau, vu qu'ils pouvaient, moyennant certaines dispositions, promouvoir les intérêts de la colonie, et devenir membres utiles de la société, conformément à ce qui semble être le sentiment du général Amherst dans sa lettre au lieutenant-gouverneur -^ »

La leçon était verte et appliquée vigoureusement. De plus, on lui faisait comprendre qu'il faussait le sens de la lettre du général Amherst sur laquelle il prétendait s'appuyer. Ce n'était pas l'occasion pour les Lords du Commerce d'exprimer une oijinion sur la première déportation, celle de 1755; mais il nous semble que les termes dont ils se servent ici en impliquent la condamnation.

Le lecteur aurait tort de s'imaginer que le compilateur du volume des Archives place les faits que nous racontons dans un ordre aussi lumineux. Loin de là. Il nous a fallu, au contraire, nous imposer un travail dont personne ne semble avoir eu la patience, pour démêler la confusion dans laquelle se trouve cette partie du volume des Archives. Depuis la fin de 1759 jusqu'à 1763, les documents y sont pêle-mêle, sans ordre de dates ou même d'années, et ce n'est que par un travail patient que l'on peut rétablir l'enchaînement des faits qu'ils contiennent. A moins que ce désordre n'ait été intentionnel, il reste inexplicable.

29. N. S. D. V. 337-8. Richard va dire que cette lettre implique condamn.^tion de la première déportation. Ce n'est pas là son sens obvie, il s'en faut.

Si l'on tient compte des circonstances et des fausses représentations dont le Gouvernement de la Métropole fut l 'incessant objet, de la part de Lawrence, Belcher et autres, on peut dire que son honneur sort à peu près intact de toutes ces persécutions. En examinant de près tous les incidents de cette triste épopée, nous pourrions peut-être faire remonter une certaine portion de blâme sur ceux qui avaient en mains les destinées de l'Angleterre, mais en même temps, nous ne devons pas oublier les temps, et la situation difficile dans laquelle se trouvait le Gouvernement de la Métropole ; nous ne devons pas oublier que ces gouvernants ont été l'objet d'une longue série de fausses représentations, et cela, au milieu des préoccupations d'une guerre longue et acharnée, et lorsqu'il leur était très-probablement impossible de soupçonner la conspiration qui faisait la base de ces persécutions.

Si faible que soit cette consolation pour ceux qui ont tant souffert, si pénibles que soient ces souvenirs pour leurs lils, néanmoins, nous nous raccrochons à cette pensée avec des sentiments qui en adoucissent l'amertume.

Si l'audace réussit souvent, — elle avait réussi à Lawrence,— rien, on le sait, ne réussit comme le succès. Belcher avait raté le sien; son utilité, pour nous servir d'une locution parlementaire, avait cessé (his usefulness was gone). Il fut remplacé, peu de temps après sa déconfiture, par Wilmot, celui-là même que le Rev. Hugh Graliam qualifiait de poor tool, et qui fit un jour payer le prix de vingt-cinq chevelures enlevées à des Acadiens, en disant <• que la loi doit être renforcée et que ces choses s'imposaient ». C'était tomber de Charybde en Scylla. Les révolutions amènent à la surface des êtres moralement hideux; il n'en est pas autre-

ment, lorsque une grande curée vient aiguiser les appétits des chacals guettant une proie.

Mais, avant de nous éloigner définitivement de Belcher, nous rapporterons deux incidents de son administration; l'un est une nouvelle iniquité, et l'autre un acte de justice élémentaire qui nous le montre sous un jour plus favorable, et dont nous voulons lui donner crédit.

Pai*mi les puissantes raisons qu'il faisait valoir auprès des Lords du Commerce, pour obtenir de déporter les Acadiens, il en était une sur laquelle il appuyait tout particulièrement, comme étant sans réplique, à savoir leurs mauvaises dispositions '" :

«Je me permets de faire remarquer en outre qu'aucun des Acadiens ne s'est jamais volontairement soumis; mais au contraire, c'est le besoin et la crainte qui les y ont réduits; il y a de ceci une preuve dans ceux d'entre eux qui demeurent dans le village de Ste-Anne sur la rivière St- Jean; ils sont là quarante qui n'ont pas encore proposé de se rendre. »

En effet, ces quelques familles n'étaient pas venues faire leur soumission. Elles avaient préféré, chose liorrible! leur liberté et l'existence cliétive et précaire qu'elle leur donnait, à une soumission qui entraînait l'emprisonnement et la déportation; c'était leur crime. Leur éloignement les protégea assez longtemps dans leur distante retraite pour leur permettre d'attendre les ordres pacifiques des Lords du Commerce, mais, dans l'intervalle, les terres qu'elles occupaient avaient été englobées dans les octrois nombreux

30. N. s. D. p. 327.— La lettre d'où eet extrait est tiré est du 15 avril 17fil, et adressée non aux Lords du Commerce mais au général Amherst.

qui étaient concéflés de toutes parts; leurs défrichements avaient aiguisé les convoitises, et la moisson était à la veille d'être cueillie. On vint signifier à ces Acadiens de la part de Belcher, qu'ils eussent à évacuer à l'instant les terres qu'ils occupaient. Voici leur réponse. Par elle on pourra apprécier le fait et les dispositions de ces gens. Le ton n'est certainement pas celui d'êtres dangereux, ni même celui de l'insoumission, si injuste et si cruel que fût l'ordre qui les expulsait :

« Nous avons reçu avec respect les ordres que M. le commandant du Fort Frédéric nous a publiés de votre part pour évacuer la rivière Saint-Jean. Nous les aurions exécutés incontinent si nous n'avions espéré que par compassion de nos misères passées vous voudriez bien nous en épargner de nouvelles. En effet, Monsieur, nous commencions à sortir de l'affreuse calamité oii la guerre nous avait réduits, les apparences d'une abondante moisson nous promettaient des provisions pour l'année suivante. Si vous nous ordonnez absolument de partir avant la récoJie, la plupart de nous sans argent, sans provisions, nous serons obligés de vivre à la façon des Sauvages errant d'un côté et de l'autre; au contraire, si vous nous permettez de passer l'hiver pour faire sécher nos grains, nous serons en état de cultiver de uov/velles terres dans l'endroit où vous nous ordonnerez de nous retirer. Le pénétration de vos esprits vous fait connaître, qu'un cultivateur qui établit une nouvelle terre, sans avoir des provisions pour un an, ne peut devenir qu'un pauvre être inutile au gouvernement dont il dépend. Nous espérons Monsieur, que vous voudrez bien nous accorder un prêtre de notre religion, c'est ce qui nous fera essuyer avec patience les peines qui sont inséparables

d'une pareille transmigration. Nous attendons vos derniers ordres à ce sujet, et nous avons l'honneur d'être avec tout le respect et la soumission possible

Monsieur, Vos très humbles et très obéissants serviteurs, Les habitants de la rivière Saint-Jean.

(■Reçue le 2 août 1763) '\

Cette requête n'est pas au volume des Archives. Brown, qui ne se laissait jamais dominer par de mesquines considérations, la trouva assez importante pour lui accorder une petite place dans son manuscrit. Ces pauvres gens étaient, nous le voulons bien, très-ignorants, tout de même cette requête n'avait pas été apparemment rédigée par un prêtre, puisque, d'après sa teneur môme, ils en demandaient un. Leur principale demande n'était pas très exigeante, puisqu'ils ne réclamaient, pour toute faveur, que le privilège de moissonner ce qu'ils avaient semé, et on était à la veille de la moisson.

Nous savons qu'ils eurent à déguerpir, mais nous ignorons s'ils purent jouir de leur récolte; nous aimons à le croire ''-. Nous aimons à croire que Lawrence, Belcher et leur entourage, n'étaient pas tous foncièrement méchants;

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