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6. C. F. Doc. in. Pièce LXXIV. Tome II. P. 86-7-8.— Ce passage de Browu est daté SS sept. 1764.
peuple malheurex de rester dans la Province. Le gouverneur de la Nouvelle-Ecosse le persécuta haineusement ; mais sa rage se réfréna enfin; et bien que les instructions portassent qu'ils dussent s'établir par petits groupes dans l'intérieur, cependant ces ordres ne furent plus appliqués avec rigueur ni observés. Quelques-uns des Acadiens sont dispersés le long du rivage et possèdent légalement les terres qu'ils cultivent. L'on insinue même que, dans certains cas, les terres appartiennent à des propriétaires qui ont tacitement approuvé ce qui a été fait, et qui voient avec plaisir que leurs fermes sont bien cultivées, se réservant le droit de les réclamer quelqu'un de ces jours. Un exemple de ceci est déjà arrivé et peut se reproduire. Le gouvernement peut estimer nécessaire de favoriser le plaignant. Les souffrances des Acadiens se perdront dans les bois. Leur voix n'arrivera pas jusqu'au trône.»
Et comme si Brown lui-même avait eu l'intention de rédiger une supplique qu'il désirait faire parvenir au secrétaire d'Etat, nous trouvons cette note à la suite des remarques ci-haut : « Sire, vos sujets Acadiens ont assez longtemps souffert. Donnez donc un ordre au gouvernement à l'effet de les confirmer dans leurs possessions, et de leur assurer pleins droits sur leurs propriétés ; devenez leur protecteur et faites-le savoir publiquement, et des profondeurs de leurs forêts leurs voix mélodieuses prieront pour vous. » Ceci était écrit en 1791, trente-six ans après la première déportation '.
7. Ainsi que nous l'avons noté, ces Observations du Dr, Brown sont du S8 sept. 1764. — L'auteur à'Acadie fait erreur quand il les assigne à l'amiée
Pendant longtemps, on ne permit qu'un seul prêtre dans toute l'étendue de la Nouvelle-Ecosse; mais en 1777, comme les Sauvages de la rivière St-Jean, travaillés par des émissaires du Congrès, menaçaient de se soulever dans les intérêts des Provinces rebelles, le gouverneur Arbuthnot s 'adressa au gouverneur du Canada, le priant d 'envoyer un prêtre parmi ces sauvages dans le but de les garder fidèles au gouvernement anglais. Ce qui fut fait, et l'abbé Bourg, lui-même Acadien, s'appliqua avec succès à cette tâche, de concert avec l 'ex-gouverneur Franklin, devenu Commissaire des Indiens. Ce ne fut cependant que vers 1793,. alors que beaucoup de prêtres fuyaient la France en révolution, que l'on permit l'entrée de la Province à plusieurs de ces fugitifs. A partir de ce moment tout obstacle cessa.
Il restait cependant une autre entrave à la liberté des Acadiens, et cette crise se perpétua jusqu'à 1827. Le serment du Test les excluait de toutes les charges publiques. Haliburton, secondé par M. Uniacke, entreprit de faire tomber cette dernière chaîne. «Le discours qu'il prononça à cette occasion, dit Murdoch, est le plus magnifique morceau d'éloquence qu'il m'ait jamais été donné d'entendre\ » L'assemblée, électrisée par ce discours magistral, vota à l'unanimité la loi qui faisait des Acadiens un peuple libre. Nous passerons par dessus le récit émouvant de leurs mallieurs et l'éloge remarquable qu'il fit de la pureté de leurs mœurs, pour ne citer que la dernière partie de sa péroraison, laquelle peint éloquemment le caractère élevé de coi homme :
8. Vol III, ch. XLT. P. 577. — Ceci, comme tout l'extrait du célèbre discours d 'Haliburton, est emprunté à Casgrain, p .302 et seq.
« Tout homme qui met la main sur le Nouveau-Testament et qui (lit que c'est là le livre de sa foi, qu'il soit catholique ou protestant, anglican ou presbytérien, baptistc ou méthodiste, quelle que soit l'étendue des points de doctrine qui nous séparent, il est mon frère et je l'embrasse. Nous marchons par différents chemins vers le même Dieu. Dans le sentier où je marche, si je rencontre un catholique je le salue, je fais route avec lui, et quand nous arriverons au terme, à ces flaniuicutiia Hmina inundl, quand le temps viendra, ainsi qu'il doit venir, où cette langue, qui maintenant s'exprime, se glacera dans ma bouche, où cette poitrine, qui maintenant respire l'air pur du ciel, me refusera ses services, où ces vêtements terrestres retomberont dans sein de la terre d'où ils viennent, et iront se mêler à la poussière des vallées, alors, avec ce catholique, je tournerai en arrière un long et languissant regard. Je m'agenouillerai avec lui, et au lieu de dire avec le présomptueux pharisien : « Grâce à Dieu, je ne suis pas comme ce papiste, » je prierai, afin que tous deux, étant du même sang ", nous soyons tous deux pardonnes, et, qu'étant frères, nous soyons tous deux reçus là-haut. »
9. Le MS. original — fol. 891 — porte ici le renvoi suivant, au crayon, de la main du traducteur: "A vérifier. Ne serait-ce pas "Etant le prix du même sang" (du Sauveur)? Car Haliburton et les Acadiens n'étaient en aucune autre façon du même sang." — Voici le texte anglais d'Haliljurtou: "I will pray that, as kindred, we may bc equally forgiven: that, as brothers, we may be both received. ' '