Cf. Aicms, p. 151 et suiv
30. Au fait dont il est parlé ici, voici des variantes: "A proclamation of gov. Shirley, dated 21 October 1747, was received at Annapolis Eoyal, 12 April 1748. It promised the King 's protection to the loyal inhabitants of Nova Scotia, but it proscribed by name, as guilty of treason and outlaws, Louis Gauthier (suivent les autres noms). £50 sterling is offered for each, if delivered up within six months; also a pardon to such of the guilty as deliver up an outlaw besides the reward of £50. . . It is to be presumed that the twelve persons proscribed had been notorious, in aiding the French and Indians in the subsisting war. " — (B. Murdoch. vol. II, ch. IX, p. 117) : "One of the results of the aid and comfort which De Villiers had received from the Acadians was a proclamation proscribing as guilty of treason twelve of the French inhabitants. The men thus declared outlaws were Louis Gautier, etc. . . a reward of fif ty pounds sterling was offered for the capture of each of thèse persons." (Hannay, ch.
reille occurrence. Supposer le contraire serait ignorer totalement la nature humaine. Les relations françaises font voir qu'il se présentait souvent à leur camp des soldats échappés de la garnison d'Annapolis. Ces déserteurs les renseignaient sur la situation des Anglais. Ces faits sont de tous les temps et de tous les lieux; et nulle conclusion, défavorable aux Acadiens en général, ne saurait en découler.
Inutile par conséquent d'insister sur ce point. Il reste acquis que les habitants français, placés dans une position extrêmement délicate, s'en sont tirés à leur honneur, et ont donné des preuves éclatantes du grand cas qu'ils faisaient de leur serment de fidélité. Comme l'a dit Mascarène dans une lettre plus haut citée : « Aux Français qui les sommaient de prendre les armes, ils répondaient par leur serment de fidélité '\ » D'ailleurs, les faits sur lesquels nous nous basons pour établir leur loyauté ne sont contestés par personne, si ce n'est par Parkman. Cet historien qui, dans son ouvrage Moncalm et Wolfe, ne consacre que trois pages au récit des événements survenus de 1710 à 1749, résume en trois
XIX, p. 352). "...Les officiers anglais annoncèrent l'intention de poursuivre un certain nombre d 'habitants qui étaient réputés avoir pris les armes. Douze furent mis hors la loi, parmi lesquels la famille Gauthier, et le 7 novembre onze autres furent sommés de se présenter à Annapolis devant la cour." Rameau. Une Colonie, etc. Tome II, ch. XIII, p. 128. — A la page 108 de ce même chapitre, Kameau dit : " Mascarène. . . opéra quelques enquêtes sur les relations des Acadiens avec les Français durant le séjour de Du Vivier aux Mines. . . Il pensait bien que plus d'une connivence avait dû se produire entre quelques-uns des habitants et leurs envahisseurs. On arrêta donc aux Mines Armand Bugeaud, fils de l'ancien chirurgien de c« district, Joseph Le Blanc, dit Le Maigre, et quelques autres; ils furent acquittés et relâchés, mais on surveilla les Acadiens avec méfiance. . . "
31. "Their plea with the FrencJi who pressed them ta talce up arms, was their oath." (Letter to Shirley, April 1748.— Akins, p. 159).
lignes les péripéties de la guerre dont nous venons d'esquisser les phases les plus importantes : « Ceci — à savoir le serment de fidélité à Georges II que presque tous les habitants prêtèrent en 1730 — rendit à la province une tranquillité relative jusqu'à la guerre de 1745, alors que quelques-uns d'entre eux demeurèrent neutres, tandis qu'un certain nombre prirent les armes, et que plusieurs autres prêtèrent secours à V ennemi en le renseignant et en lui fournissant des provisions ^^. »
Cette phrase, en apparence simple et candide, est au fond insidieuse et malhonnête: latet anguis in herha^^. Elle ne précise rien, mais, par voie d'insinuation, elle laisse le lecteur sous l'impression qu'environ un tiers des Acadiens garda la neutralité, un tiers s'arma, et les autres aidèrent les français de différentes manières. C'est là un truc assez ordinaire à Parkman ; sans même sortir de notre sujet, nous pourrions en citer bien d'autres exemples. Et ce truc peut être habile chez un avocassier ou un politicien aux abois. Mais ici, il s'agit d'histoire, et l'histoire doit être traitée sérieusement et impartialement. Au lieu de vagues imputations, que ne produit-il un document à l'effet que les Acadiens ont recouru aux armes?
En présence de la fidélité que ceux-ci conservèrent, malgré toutes les séductions et toutes les menaces, que devient l'accusation portée par le même historien contre les prêtres?
32. "This restored comparative quiet till the war of 1745, when some of the Acadiana remained neutral, while some took arms against the English, and many otfiers aided the enemy with information and supplies." — (Vol I, ch. IV. Conflict for Acadia, p. 96).
33. Qui legiiis flores et humi nascentia fraga, Frigidus, a pueri, fugite hinc, latet anguis in Tierha.
Virgile. Buc.-Egl. III, 92-93.
(Un serpent sous l'herbe, ou soua roche, comme nous disons en français.)
« Il ne fait pas de doute que les Acadiens, s'ils eussent été laissés à eux-mêmes, n'eussent prêté le serment requis, (après le traité d'Utreclit). Mais les autorités françaises du Canada et du Cap Breton firent tout en leur pouvoir pour les en empêcher, et employèrent des agents à fin d 'entretenir leur hostilité à l'égard de l'Angleterre. Parmi ceux-ci les plus actifs furent les prêtres français, qui, en dépit du traité, persuadèrent à leurs troupeaux qu'ils étaient encore les sujets du roi Louis ^*. »
Et plus loin : « Tout le clergé acadien, à un degré ou à un autre, semble s 'être servi de son influence pour empêcher les habitants de prêter serment, et pour leur persuader qu'ils étaient toujours sujets français. Quelques-uns de ces prêtres étaient brouillons, turbulents et méfiants ; les autres étaient trop tranquilles pour plaire aux Officiers de la Couronne ". »
Pareille accusation est répétée par cet historien sur tous les tons et dans les termes les plus formels. Or, de deux choses l'une: ou ces missionnaires avaient l'influence que leur prête si généreusement Parkman, ou ils ne l'avaient pas. S'ils l'avaient, comme les Acadiens restèrent tout de même fidèles à leur serment, c'est donc que l'influence des prêtres sur eux du s 'exercer dans ce sens ; et alors l 'accusation de Parkman ne tient pas debout; — ou c'est que les Acadiens, qu'il aime à nous représenter comme de pauvres gens n'ayant aucune volonté personnelle, et se faisant les dociles instruments de l'ingérence cléricale, étaient au contraire capables de résistance, de fermeté et d'indépendance de jugement. L'une et l'autre alternative confondent les