‹ Accès Pernicieux PalustreChapitre 2 sur 47 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le paludisme dont quelques cas autochtones ont été étudiés en France, reste en Afrique du Nord et dans la plus grande partie de notre Empire colonial un sujet de brûlante actualité.

Aussi les travaux qu'il a suscités et qu'il suscite encore chaque jour sont-ils innombrables. Parmi ceux-ci on est frappé cependant de voir la faible part consacrée aux accès pernicieux.

Ces derniers sont pourtant le plus souvent les responsables, en période de grosse endémie palustre, de ces hécatombes meurtrières qui viennent décimer les populations indigènes, sans épargner les Européens, comparables en cela aux épidémies de typhus et de peste.

Comme beaucoup de jeunes médecins fraîchement débarqués au Maroc, nous avons été surpris par ces manifestations brutales qui en quelques jours terrassent dans le coma ou l’algidité des sujets parfois impaludés mais souvent aussi au passé pathologique vierge.

Quel jeune médecin non familiarisé avec le paludisme, mis en présence d’un sujet comateux, n’a pas épuisé la recherche de toutes les étiologies classiquement admises avant de penser à la cause la plus fréquente du coma en Afrique du Nord ?

Qui d’entre nous, en face d’un malade apyrétique aux extrémités froides déjà dans le collapsus et dont

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la rate reste bien souvent inaccessible, a songé d’emblée au paludisme en mettant de suite en œuvre le seul traitement capable de sauver le malade ?

Nous avons vu maintes fois ainsi arriver à l'hôpital militaire de Casablanca des malades porteurs des diagnostics les plus variés, certains atteints brutalement, d’autres évoluant déjà depuis plusieurs jours soumis à des traitements divers et chez qui une simple lame de sang faite dès l’arrivée révélait la présence d’in- : nombrables hématozoaires. |

Nous avons eu la satisfaction de voir se transformer rapidement sous l'influence du traitement l’état de certains malades qui était dès l’arrivée des plus alarmant. Mais nous n’avons pas été sans déplorer le décès d’un certain nombre de malades, arrivés bien souvent trop tard ou que l’âge et les tares antérieures rendaient plus fragiles.

Toutes ces raisons nous ont incitée à choisir pour sujet de notre thèse inaugurale : l’accès pernicieux palustre.

Au cours de ce travail, ne faisant qu’effleurer les théories pathogéniques si décevantes et si souvent remaniées, nous nous attacherons au contraire à l’étude clinique, au polymorphisme sous lequel se cache bien souvent l’accès pernicieux et à la mise en œuvre d’un traitement précoce.

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