HISTORIQUE ET DÉFINITION
Le paludisme intermittent s'était imposé depuis Hippocrate à toutes les écoles comme une affection bénigne ; lorsque cette conception se trouvait infirmée par les faits, les praticiens des régions tropicales et subtropicales invoquaient une action mystérieuse, le génie épidémique et parlaient de perniciosité : la fièvre pernicieuse devait fatalement se terminer par la mort.
Nous devons à MErRcATUS au xv° siècle d’avoir re-. connu qu'à côté du paludisme intermittent existent des manifestations brutales et graves qu'il appelle « pernicieuses », pour les différencier de celles où la gravité apparaît graduellement.
Cette conception fut étendue à tort par TorrTi et l’école italienne qui, faisant entrer dans le cadre du paludisme les fièvres continues, considéraient les déterminations ultimes de ces dernières comme des fièvres pernicieuses : on trouve en effet dans les vieux ouvrages la description de nombreuses formes d’accès pernicieux, formes bilieuse, cholérique, anémique, diaphorétique et dyspnéique.
Actuellement les auteurs sont d'accord pour dégager des différentes variétés d’accès pernicieux deux types qui se présentent le plus fréquemment : l’accès cérébral et l’accès algide.
Le premier est caractérisé par un état de somnolence,
NDS
d’hébétude qui plus ou moins rapidement aboutit au coma ; à ce tableau peuvent s’ajouter divers syndromes nerveux : crises convulsives, troubles méningés qui peuvent au début en imposer pour une méningite aiguë, un hémiplégie flasque, etc...
L'accès algide est caractérisé par l'apparition au cours d’un épisode fébrile de phénomènes de collapsus cardiovasculaire survenant le plus souvent au décours de l’accès et qui peut entraîner rapidement le malade vers la mort.
Nous croyons devoir classer dans le cadre de l'accès pernicieux les formes que les auteurs ont décrites sous la dénomination de « pseudo-péritonéales » (5) qui, par leur début brutal, dramatique de « pseudo-péritonites », par le problème diagnostique qu'elles posent, par leur évolution vers le coma si le traitement est trop tardif, trouvent leur place dans cette étude.
Mais lorsqu'il s’agit de définir l'accès pernicieux, on s'aperçoit rapidement de la discordance qui existe dans l’opinion des auteurs.
A. DeLizce, ABRAMI, PAISSEAU, LEMAIRE, disent « La perniciosité à laquelle on à voulu donner un caractère mystérieux relève simplement de l’association de deux facteurs : l’infestation massive par le parasite et la diminution de résistance de l’organisme. »
C’est en effet l’infestation massive initiale ou de réinfection qui provoque presque toujours les cas de paludisme grave et les accès pernicieux. (Certains auteurs auraient observé cependant des formes pernicieuses avec un parasitisme peu élevé. Ce sont là, croyons-nous, des cas rares et beaucoup d’entre eux