OBSERVATION N° I
(Forme comateuse et troubles mentaux)
Il y a quelques années déjà entrait dans le service tard dans la soirée, un soldat indigène. Sa démarche ébrieuse, ses propos et ses gestes incohérents incitèrent le sous-officier de garde à le faire conduire aux locaux d'isolement. Dès le lendemain matin, le malade était ramené dans le service, dans un état d’hébétude accentué. Une lame de sang faite aussitôt montra la présence d’innombrables schizontes de pl. prœcoæx. Le traitement de l’accès pernicieux fut immédiatement institué ef poursuivi pendant toute la journée et toute la nuit.
Au matin, le malade sorti du coma, se mit à raconter sa triste odyssée : au cours d’une longue marche (il devait parcourir 180 km. par étape), il se sentit fiévreux et frissonnant dès la première étape. Allégé d’abord de son sac, puis autorisé à monter dans une voiture de l'unité, son état ne fit qu'empirer et le 6° jour à l’avant-dernière étape le médecin de la localité la plus proche fut appelé et le fit hospitaliser d'urgence. De son arrivée dans notre hôpital et de son séjour aux locaux d'isolement, il ne garde aucun souvenir. À l’examen, l’état nous paraît d’emblée très grave, quoique le malade, sous l'influence du traitement intensif, soit sorti de son état subcomateux ; la température est à 39° 5, les bruits du cœur sont bien frappés, la tension est à 14 1/2-8 au Vaquez-Laubry. La langue est rôtie. Il n’y a pas de vomissements, l’abdomen est normal, mais