GG
le foie est dur, augmenté de deux travers de doigt, son bord est scléreux.
L'examen des urines révèle de l’albumine, des pigments biliaires et de l’urobiline.
Le taux de l’hémoglobine dans le sang est à 80 %, les globules rouges au nombre de 4.080.000 et les leucocytes de 13.600 avec une monocytose nette.
Dans l'après-midi l’état s'aggrave : brusquement Île malade retombe dans un état comateux : apparition de hoquet, signes de défaillance cardiaque, irrégularités respiratoires. On fait une ponction lombaire : le liquide est clair, légèrement hypertendu ; la cytologie et l’albuminorachie sont normales.
Malgré des injections de ouabaïne intraveineuses et intra cardiaques de Pressyl, d’adrénaline, le malade meurt le soir dans le collapsus cardio-vasculaire.
L’autopsie est faite.
Dans le foie on constate qu’il n’y a pas de sclérose, mais les cellules hépatiques présentent des lésions dégénératives. On observe une infiltration généralisée de l’organe, en particulier des cellules de Kupffer, par des pigments.
La rate présente une image de dégénérescence mélanique. La préparation est criblée d’amas de pigments.
Le cas met en évidence la gravité des formes comateuses où le pronostic reste sévère après la sortie du coma.
En résumé : Forme comateuse avec agitation psychomotrice au début. Evolution fatale malgré une régression transitoire du coma.
OBSERVATION N° II (Forme algide)
Le 14 juillet 1941, dans la nuit, entrait à l’hôpital le soldat N..., avec le diagnostic « hyperthermie depuis le matin, entérite dysentériforme, gros râles disséminés dans les deux champs pulmonaires ».
À l'entrée la température, apparue le matin avec des frissons, est à 40°. L'état général est mauvais. On note de gros râles disséminés dans les deux champs pulmonaires : la langue est saburrale, le ventre souple non ballonné, le foie normal mais la rate est perceptible.
Pi
Le médecin de garde fait faire immédiatement une lame et pratique une injection intramusculaire de 0 gr. 80 de quinine.
Le matin à 5 heures, la défervescence se produit mais anormalement : les phénomènes sudoraux se prolongent, la température est de 36° à 7 h. 30. Les extrémités se refroidissent ; la peau est cyanosée avec de longues travées violettes ayant l'aspect des lividités cadavériques, surtout nombreuses sur les fesses et sur les cuisses. Le pouls est petit et filant, la tension est à 7x3 au Vaquez-Laubry. Nous nous trouvons en présence d’un cas d’accès pernicieux de type algide. Ce diagnostic est confirmé par le laboratoire : l’examen du frottis, pratiqué dans la nuit à révélé la présence d'innombrables schizontes de pl. præcox. Un autre examen pratiqué le 15 à 8 h. 30, décèle encore la présence de très nombreux schizontes avec rares corps en croissant. On fait aussitôt une injection de Pressyl intraveineuse et 0 gr. 80 de quinine uréthane dans 250 cc. de sérum glucosé puis un goutte à goutte rectal de sérum glucosé.
À 14 heures, la tension est légèrement augmentée, 10 x 5. Le malade reprend des couleurs, mais sur la lame de sang le nombre des schizontes est encore incomptable. Nouvelle injection intraveineuse de 0 gr. 40 de quinine dans le sérum glucosé. Le soir, la tension artérielle est encore à 8 x 5.
Le lendemain 16, le malade reçoit encore 0 gr. 80 de quinine intraveineuse et per os 0 gr. 80, une ampoule d'huile camphrée, des boissons abondantes. L’état général est amélioré, la tension est à 9x6. L'examen du sang prouve une diminution très nette du nombre des hématozoaires : la présence de corps amiboïdes montre qu'il s’agit d’une association prœcox-vivar.
Le 17, la fièvre est normale, la tension est à 10x6. Le malade reçoit 1 gr. 40 de quinine per os. Les lames de sang ne montrent plus d’hématozoaires.
L'évolution vers la guérison est troublée :
Le 19, apparition d’un accès fébrile dû à une lymphangite de toute la région supéro-externe de la fesse droite et des lombes, correspondant au lieu d’une injection intramusculaire de quinine.
Le malade est évacué sur le service de chirurgie où
LE
après trois injections quotidiennes de 2 cc. de Propidon, des applications chaudes, l’abcès doit être incisé au 6° jour ; il a provoqué un important décollement sous-cutané.
Le traitement palustre est poursuivi. La guérison s’établit ; il persiste une légère anémie, « 3.000.000 de globules rouges » et une lymphocytose à 45 %.
Après une convalescence, le malade peut reprendre son service.
En résumé : accès pernicieux à forme algide grave, dû à une association de pl. prœcox et vivax.
Abcès fessier occasionné par une injection de quinine.