‹ Accompagnement du Nouveau manuel de chants liturgiques (de M. l'abbé Bourduas) [microform]Chapitre 3 sur 71 · DOMINIQUE DUCHARME · texte numérisé non relu

DOMINIQUE DUCHARME

MONTRÉAL, 25 juin 1889.

LETTRE DE M. CHARLES PANNETON Professeur de musique.

CHer Monsi&ur, Permettez-moi de vous féliciter d'avoir su conserver, dans l'harmonie de vos accompagnements, le cachet et la noble austérité de la mélopée grégorienne.

Sauf certains procédés que justifie le rythme mélodique que vous avez adopté, votre harmonie renouvelle en moi l'impression que m'a si fréquemment causée, durant mon séjour à Paris, le mode d'accompagnement des organistes français,

Acceptez avec mes vœux pour le succès de votre intéressant ouvrage, l'assurance

de mes meilleurs sentiments. M. PANNE N C. M. PA TT MONTRÉAL, 21 juin 1889. ON,

Un musicologue célèbre a écrit ce qui suit :

“ Le plain-chant est harmonique ar sa propre tonalité. En d'autres termes : la tonalité ecclésiastique possède des énergies telles qu'on en peut faire sortir naturellement une harmonie sui generis, en même temps qu’elle repousse une harmonie procédant d'un système constitué sur des bases différentes ...........ssssssscssesseseesessesoee

“Il est incontestable que la véritable harmonie du plain-chant doit être autre que celle de la musique, puisqu'elle découle d'une tonalité différente, et il en résulte que certaines harmonies, non-seulement justifiées, mais indispensables dans l'accompagnement du plain-chant, devront d'abord nous choquer, et, comme dit très Lien M. de La Fage, paraître offensantes pour notre oreille, parce qu'elles se trouvent en contradiction avec les règles de l'harmonie moderne... .................

“ Concluons en disant que ce que nous avons appelé des duretés dans les cadences mélodiques comme dans les harmonies que ces cadences déterminent vir/usllement, ne sont réellement telles que pour les oreilles dont l'éducation grégorienne n'est pas faite (1). C'est là, au contraire, une source de grandes beautés, et ces harmonies rudes et âpres au premier abord, portent une empreinte singulière de majesté calme, de simplicité mâle, qui se concilie merveilleusement avec une expression d'une auguste placidité et d’une onction séraphique.”

(J. d'Ortigue. Préface du 7raité théorique et pratique de l'accompagnement du plain-chant, par MM. Niedermeyer et d'Ortigues.)

(1) Remarquons toutefois que ces cadences, employées par quelques auteurs modernes, sont très goûtées, même des partisans de la modernisation du plain-chant ; citons, par exemple, la ballade du Roi de Thulé dans “ Faust ”’: la première phrase de cette composition justement admirée pour sa couleur antique et originale, n'est autre qu'une transposition du 2m° mode, / Æypodorien de la tonalité grégorienne.

Au nombre des ‘ Chansons Populaires du Canada,” recueillies et annotées par M, Ernest Gagnon, L'on rencontre plusieurs airs remarquables par l'absence de la sofe sensible : personne ne s'est encorc avisé, que nous sachions, de corriger ces airs par des altérations accidentelles qui leur enlèveraient tout cachet, toute originalité.

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