ITALIE
En étudiant les terrains quaternaires de TltaUe, il est bon de constater un fait établi par M. Col-
^ Ed. de Vemeuil et Louis Lartet, BuM. de la Soc. géoL, ^ série, t. XX, p. 698. Note sur un silex taillé, trouvé dans le diluTiam aux enrirons de Madrid.
« Histoire des progrès de la géologiey t. II, p. 285.
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lomb avec la plus grande probabilité, d'après ses études comparatives dans les bassins de la Somme, de la Seine, du Rhin et de la vallée de la Suisse. « Il résulte de ma manière de voir, dit ce savant géologue • , que si les faits recueillis à Amiens, à Abbeville et ailleurs, que si les restes de Tindustrie humaine, tels que haches et autres débris en silex, les entailles faites de main d'homme reconnues sur les ossements fossiles, sont bien positivement enfouis dans les couches inférieures du diluvium, sans avoir été dérangées plus tard; il résulte, dis-je, que l'homme existait avant les derniers glaciers des Vosges et avant la dernière extension de ceux des Alpes, en compagnie de YE, primigenius , du Rhinocéros tichorhinus, du Bas priscus, etc. Or, comme il est en même temps postérieur à l'extension des glaces du nord, il faut qu'il y ait eu, à partir du terrain tertiaire, au moins deux époques de grande extension des glaciers, l'une au commencement de la série, qui est représentée par le phénomène du nord, l'autre dans des temps très-rapprochés de nous , dont je trouve des preuves palpables dans les Vosges ; mais rien ne prouve qu'il faille se limiter à ces deux extensions ; peut-être pendant le cycle quaternaire y en a-t-il d'autres qui ne sont pas encore
1 Bulletin de la Société des sciences naturelles de Neufchâtel, t. V, 1861.
étudiés. » Par conséquent, d'après cette manière de voir de Tauteur, et qui résume Topinion générale des géologues, il y aurait donc deux époques distinctes du phénomène glaciaire dansles Alpes, l'un àTorigine de la formation quaternaire, et contemporain ou simultané avec le système des glaciers du nord, puis la déposition des dififérentes couches quaternaires de l'Italie, etc., et ensuite un autre phénomène glaciaire au commencement de Tépoque actuelle, et dont l'action se continuerait encore, quoique avec moins d'intensité, par les glaciers des Alpes. Cette opinion, nous ne craignons pas d'y insister, si elle n'est pas certaine, est, quant à présent du moins, la plus probable et la plus généralement admise.
Le terrain diluvien et les autres terrains quaternaires étant donc postérieurs au grand phénomène glaciaire, nous n'avons pas à nous occuper de celui-ci, et nous indiquons successivement les dépôts quaternaires les plus évidents de chaque contrée de l'Italie ; mais nous devons remarquer que, dans cette contrée, l'étude comparative des terrains quaternaires présente la plus grande difficulté quant à leur raccordement ; les restes fossiles de Mammifères peuvent seuls nous servir à soupçonner l'identité des couches et leur contemporanéité, et même la prudence exige que nous évitions de nous prononcer d'une manière trop absolue.
MM. Charles Martins, Henri Gastaldi et Gabriel de Mortillet ont étudié avec le plus grand soin les terrains de la vallée du Pô aux environs de Turin ; voici le résumé de leurs observations. Le fond de cette vallée est occupé par le Diluvium alpin, qui se compose de cailloux roulés provenant des Alpes, et dont la grosseur diminue à mesure que Ion s'éloigne de la chaîne. Leur stratification peu régulière ressemble à celle des dépôts formés par les torrents actuels, et tout démontre que ces éléments ont été entraînés par des eaux rapides, d'autant plus loin qu^ leur volume était plus faible.
On a trouvé une dent d'Elephas primigenius dans le dépôt de cailloux roulés des bords du Pô, entre Moncalieri et Carignan, des restes de Megaceros hibernicus, de Bos urus à Bargo d'Arena; de plusieurs espèces de Cerfs, de Bœufs et d'Arctomys, à Stigiana, dans un dépôt semblable; de telle sorte que le synchronisme des phénomènes peut être réellement établi. M. Pilla a distingué aussi un dépôt de transport diluvien dans le Piémont, la Lombardie, les Apennins et la PouillC; puis des blocs erratiques qui les surmontent*.
Au-dessus du diluvium alpin, s'élèvent des collines, telles que celles du château de Rivoli; entièrement composées par d'anciennes moraine?
i Pilla, Saggio comparativo, etc. Pise, 1845.
OU par des détritus éparpillés, d'origine glaciaire, de sorte que la plaine, au nord et à l'ouest de Turin, fait voir de la manière la plus positive la postériorité du phénomène glaciaire avec ses anciennes moraines, ses blocs erratiques et ses caaioux striés , au dépôt de transport d'origine alpine qui occupe le fond des vallées * .
« Dans les États romains, dit M. d'Archiac, le long de la Méditerranée, M. Pareto distingue les dépôts de graviers de l'époque tertiaire de ceux de la suivante, dont les éléments proviennent également des Apennins, par l'absence de fragments de roches volcaniques, parce qu'ils recouvrent directement les marnes bleues ou les sables jaunes subapennins et parce qu'ils se trouvent à un niveau plus élevé que le gravier quaternaire. Ce dernier, au contraire, renferme une grande quantité de débris volcaniques , des grains de pyroxène et des ossements de mammifères d'espè" ces voisines de celles de nos jours, et il occupe surtout le fond des vallées. »
Dans la vallée du Tibre, l'étude des terrains quaternaires est assez obscure, et leur âge est très-difflcile à préciser par rapport à ceux qui les ont précédés. La plupart des collines romaines ont pourbase les marnes bleues subapennines, isurmontées par les sables jaunes également de la
* D'Archiac, Faune quaternaire, p. 109.
formation tertiaire supérieure ou pliocène, et elles sont accompagnées de cailloux roulés, et couronnées à leur tour par des tufs volcaniques occupant le sommet de ces divers monticules, et beaucoup plus étendus et beaucoup plus épais sur la rive droite que sur la rive opposée. C'est dans ces diverses couches que la vallée a été creusée, et c'est plus tard que se sont accumulés, sur son fond, les dépôts de transport quaternaires, et sur ses flancs, les tufs et les travertins d'eau douce. Dans ces dépôts de transport de cailloux roulés et de sables, on rencontre fréquemment des ossements de Bœufs, d'Éléphants, de Chevaux, de Mastodontes et d'Hippopotames ; mais M. Ponzi pense que ces ossements proviennent originairement des couches de conglomérat et de sable tertiaire qui recouvrent les tufs volcaniques des environs. Ce savant géologue indique, en effet, dans les collines, six zones ou niveaux différents, caractérisés par des fossiles particuliers et néanmoins reliés entre eux par un certain nombre d'espèces communes. C'est dans la couche de cailloux et de sable qui forme l'horizon le plus élevé ou le sixième niveau, et qui ne renferme plus de coquilles, qu'on trouve fréquemment des ossements roulés d'Elephas primigenius * ; ce n'est, du reste, qu'une opinion personnelle.
1 Bulletin de la Soc. géoL, vol. XV, 1858, p. 555.
M. Gabriel de Mortillet admet dans les dépôts quaternaires des environs de Rome deux faunes bien distinctes. L'une se rapproche beaucoup de celle de Tépoque pliocène, caractérisée selon cet auteur par deux espèces d'Eléphants, Elephasantiquus et E. meridionalis, Hippopotamus major, Rhinocéros megarhinus. Les ossements sont en général très-roulés et disséminés dans les alluvions caillouteuses du centre des vallées. La seconde faune, qui se trouve dans des portions du quaternaire plus éloignées du centre des mêmes vallées, ne contient plus ni Éléphant, ni Hippopotame, ni Rhinocéros. Elle se compose surtout de Cerfs, de Cochons, de Bœufs, de Chevaux et de carnassiers, parmi lesquels on peut citer une espèce de Lynx, THyène et TOurs * . L'Homme, dont les restes ont été trouvés dans le travertin, et dans la couche rouge subordonnée aux travertins blancs de la région Caprine près de Tivoli, avec des ossements d'animaux divers, entre autres d'Hyène et du Bos prlmlgenius, aurait été contemporain de la dernière période de l'époque quaternaire.
Dans le royaume de Naples, il existe plusieurs couches qui appartiennent au terrain quaternaire, mais d'aspect dififérent dans la plupart des cas ;
* Gabriel de Mortillet, Géologie des environs de Rome. Milan, 1864. {Atti soc. Ital. se. nat., vol. VI, p. 530 à 538, séance du 26 juin 1864.)
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ce sont des couches stratifiées régulièrement, les unes d'origine marine, les autres d'eau douce. A Pouzzoles, Ischia, Tarente, dans la Sicile méridionale, on voit aussi des couches marines ; à la montagne de T Ascension, ces couches atteignent jusqu'à 965 mètres d'altitude, d'après M. Pilla. Sur certains points, elles recouvrent la formation tertiaire subapennine, et renferment des coquilles et des végétaux dont les espèces vivent dans le pays ; sur d'autres points, la cause qui les a produites agit encore et en forme de semblables * .