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DE LA MAIRIE DE BORDEAUX

Communiquée par M. Gust-. Brunet.

Le savant secrélaire-archiviste de rAcadémie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, M. Gustave Brunet, Tun des plus honorables collaborateurs qu*aient conquis nos Archives^ a bien voulu penser à nous faire part de la liste des peintres qui, pendant les deux derniers siècles, furent chargés à titre officiel de peindre pour THÔtel-de-Ville de Bordeaux, les portraits de ses maires et de ses jurais. On sait combien la vieille coutume des grandes cités méridionales de conserver, dans leurs capitales, soit par figures isolées, soit par groupes, les portraitures de leurs magistrats, avait élevé et maiuteuu Fart du portrait à Toulouse, Narbonne, Âix, etc., et que ces séries de graves peintures formaient, la veille encore des saccages de 92, Fhistoire municipale la plus populaire, la plus vénérée, la plus complète, dans chaque province. 11 n'en devait pas être autrement à Bordeaux, et moi* même, dans mon second volume des Peintres provinciaux^ j'ai cité Leupol {sic)j a peintre de la ville, » celui dont le nom va clore la liste de M. Brunet, parmi les premiers membres, et les plus actifs, de la nouvelle Académie de peinture, sculpture et architecture de cette ville.

Le premier peintre que la ville prit à gages, comme peintre de l'Hôtel-de- Ville, fut un nommé Jos. Roy, à raison de 60 livres par année; afin, dit la délibéra-

(1) Ces renseignements sont dus aux recherches de M. Arnauld Deicheverry, archiviste de la mairie de Bordeaux.

{Note de M, Gust. Brunet.)

tion, en date du 10 septembre 1611, de commencer à travailler aux tableaux de messieurs les Jurats.

On lui paya, le 3 juillet 1613, vingt livres pour faire les portraits de feu M. de Barrant, maire, MM. de Laburte, de Guérin et Dathias, jurats, pour les placer au lieu où on le jugerait à propos.

Le 24 janvier 1625, Guillaume Cureau, peintre, ayant peint les portraits de MM. Lacroix, Maron, Robert, Bordenabe, jurats, tous placés dans la grande salle de l'audience, demande 60 livres pour chacun.

Les jurats, se fondant sur ce qu'ils ont eux-mêmes fourni les cadres, ne veulent lui donner que 40 livres.

Ce Guillaume Cureau se retrouve en 1637, les jurats lui ayant fait faire les portraits de la Sainte Vierge, avec ceux de MM. Vignoles, de Chimbaud, Dupin, de Tortaty, Constant, Fouques, jurats. Il y eut procès au parlement, les jurats ne voulant le payer que sur le pied ordinaire, tandis qu'il réclamait une augmentation.

Il intervint, le 20 février 1637, un arrêt qui condamna les jurats à payer au sieur Cureau la somme de 65 livres pour le portrait de la Sainte Vierge et 45 livres pour ceux des jurats.

Le portrait de la Vierge était destiné à orner la chapelle de l'Hôtel-de-Ville.

Guillaume Cureau étant mort en 1647, encore peintre de la-ville, c'est à lui qu'il faut attribuer tous les portraits des maires et jurats existant de 1625 9 1647.

Le 29 février 1648, Philippe ào. Hay, peintre de Paris, prêle serment au lieu et place de Guillaume Cureau.

Le 6 juin 1665, Antoine Leblond de Lalour succède à de Hay, décédé.

Le 30 août 1690, Marc-Antoine Leblond de Latour succède à son père.

Le 14 septembre 1742, le sieur Basemont (on trouve aussi son nom écrit Bazamont) est reçu peintre de l'Hôtel-de-Ville. Il est auteur d'une vue de Bordeaux, prise du côté de la rivière; elle a été gravée.

Cet artiste étant devenu infirme, Jean-Jacques Leupold, suisse d'origine, et membre de l'Académie de peinture de Vienne, est élu pour le remplacer, le 17 janvier 1767. II est aussi nommé maître de l'école de dessin. Leupold exerça jusqu'à l'époque de la révolution; la jurade disparut alors pour faire place aux diverses municipalités.

En 1793, la commune fit vendre à vil prix la collection des portraits des Consuls et Juges de la Bourse de Bordeaux qui se trouvaient dans une des salles de cet édifice, salle qu'ornaient des portraits de rois et de princes. La collection des princes était due au pinceau de Bigaud, et elle avait été envoyée par Louis XVI à la Chambre de commerce. Tout fut dispersé et détruit. La collection dos Maires et Jurats éprouva le même sort.

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