J.B.-$. CHARDIN
BILLET DE G.-N. GOGHIN ▲ M. BELlE LE FILS»
Communiqué par M. Jules Boilly.
Teinte pour Taccord harmonieux d'un tableau dont M. Chardin faisoit un excellent usage.
De la laeque ;
De la terre de Cologne ;
Des cendres d'outre-mer;
Du stil de grain d'Angleterre.
Quand le tableau est fait, on revient avec ces teintes pour accorder.
Il faut que le stil de grain ne s'apperçoive pas.
J'ay ouï dire à M. Chardin qu'avec ces tons diversement et bien modifiés, il revenoit sur louttes les ombres de quelque couleur qu'elles fussent. Il est certain que ce peintre a été celui de son siècle qui a le mieux entendu l'accord magique du tableau.
Cette précieuse recette me paraît indubitablement écrite après la mort de Chardin, arrivée le 6 décembre 1779; Cochin, qui en livrait le secret au jeune Augustin-Louis Belle, né en 1757, fils du surinspecteur de la manufacture royale des Gobelins, et qui en 1793 allait être nommé directeur de celte manufacture, Cochin mourut lui-même le 29 avril 1790 : voilà pour la date de notre document. Quant au document lui-même, il est le premier de la longue série que M. Jules Boilly, amateur aussi délicat et aussi heureux en trouvailles, qu'habile artiste, nous permet dès aujourd'hui d'emprunter à sa merveilleuse collection.
TOlBtAV DE BLANCHE
Duchesse de Bretagne.
Lellre de I. B. FlLLOH ta direclear des kimm DK L*AIT FlAIÇilS.
Fontenay-Vendée, 10 janTier iSSI.
Monsieur»
Parmi les genres de décorations employés au moyen ftge pour les tombeaux, il en est un dont il ne reste plus que de très-rares exemples, quoiqu^on en ait fait un usage assez fréquenf pendant les xiie, xiir et xive siècles. La liste des dessins qui composent la collection Gaignières, conservée à la bibliolhè |ue Bodleienne d'Oxford, liste publiée dernièrement par M. E. Viollet-Leduc, dans le Bulletin des comités historiques, mentionne, en effet, plusieurs monuments ornés de peintures sur émail, disséminés jadis sur divers points delà France. Mais presque tous ont disparu, depuis Tépoque où -ces croquis furent faits ; soit quMs fussent de nature à tenter davantage la cupidité, soit que le métal dont ils étaient composés ail servi à satisfaire aux exigences trop souvent ami -artistiques de nos guerres civiles.
Telle a été la destinée du tombeau de Blanche de Champagne, femme de Jean 1*% dit le iiotu;, duc de Bretagne, que Ton voyait autrefois dans l'église de Tabbaye de la Joie, dont cette princesse fut fondatrice.
Blanche était fille de Thibauld VI, comte de Champagne et de Brie, roi de Navarre, et d'Agnès de Beaujeu. Mariée très-jeune, en 1235, au duc Jean 1er, elle mourut à la Tour-Helé, près de Tétang de Ploë roi, le 5 août 1283. Son fils, Jean II, chargea des artistes de Limoges de lui élever un mausolée, que Ton doit supposer avoir été de cuivre émaiilé, genre de travail dans lequel les Limousins s'étaient acquis depuis longtemps une réputation d'habileté justement méritée.
En parcottrftnt, il y a quelques mois, les anciennes archives du ch&teau de Nantes, j'ai retrouvé la quittance du prix d'exécution.
La voici, avec les lacunes que le temps et Thumidité ont fait subir à Toriginal, tracé sur une mince bande de parchemin :
« Sachent touz que nous Guillaume le Borgne , « chevallier, avons heu et receu des exequtors de « nostre chier segnour de bone mémoire Johan jadis « duc de Bretaygne, conte de Richemond défunt « quatre cenz et cinquante ^» pour la façon de la « tombe et de la sépulture nostre cbere dame, dont « Deux ayt Tarme, ma dame Blanche» sa mère, jadis « duchesse de Bretaygne, ains que le dit nostre cher i( segnor aveyt quémandé fére à Limoges au temps <( qu'il vivey t ; et ,..•••.. les diz exequtors
« envers ceux qui font la dite tombe.
« à la somme des dites quatre cenz et cinquante ^.
« Â Venes tesmoyng nostre SeauU le
« pour Tan de grâce mil
« treys cenz et seys (1806). »
{Arch. du château de Nantes. Arm. 0. Cass. E.)
Tai vainement cherché la quittance donnée par les émailleurs à Guillaume le Borgne, simple fondé de pouvoirs de Jean U. Elle eût fait connaître les noms de ces artistes, qui furent peut-être les mêmes que les auteurs du tombeau du cardinal Pierre de la Chapelle-Taillefer, exécuté en 1312, dont on ne CQnnatt que les initiales /. et P. Lemovid.
mm mmm.
Lettre da Roi loois XI à TIIiiiTersité de Gaen, en fayear de cet eiiliuuneor*
Communiquée par M. Jules Boilly.
A nos chers et bien amez les Recteur et estudiàns
de V Université de Caen.
De par le Roy
Ghers et bien amés pour ce que nagueres N" cher et bien amé labbé de saint Estienne de Fontenay nous a complu en optemperant a certaines lettres que luy escripvions et par lesquelles le prions en faveur d'aucuns de nos serviteurs a ceste cause nous voulions son bien et de ses parens et vous prions bien et surtout ce que desires nous complaire» que au cas ou vous nauries pourveu a loffice de enlumineur que vous veuUes pourveoir de la personne de Jehan Maubert nepveu dud. abbé. En ce faisant vous nous feres plaisir et aurons vos matières et affaires en recom-* mandation singuUiere. Etny fectes difficulté. — Donné
a Sentis le xxviP® jour de may.