‹ ACHIVES DE L'ART FRANCAISChapitre 40 sur 61 · P. PUGET · texte numérisé non relu

P. PUGET

Sculpteur du Roy, A Marselle ce 21 auril 1692.

La bio^aphîe du Puget, par le P. Bougerel, abonde en extraits de lettres et mémoires du grand sculpteur marseillais. Depuis, on en a publié ci et là, ou cru publier quelques autres encore. Je dis publié ou cru publier, parce que peu avant la belle lettre, fac-similée par Ylconographie française de M™« Delpech, et dont l'original provenait de la collection de M. Chambry, Visographie des hommes célèbres (Paris, 1828-1830) donnait comme fac-similé d'un autographe de Pierre Puget, le fac-similé d'une lettre de François Puget son fils, celui dont nous avons parlé, tome P' des Archives^ p. 331-2; elle est écrite de Paris, le 3 décembre 1687, à M. de Gantis, son cousin, et il y parle de dessins de marine et du port de Marseille ; Visographie avait emprunté l'original à M*^ le v*« F* de Vilieneuve-Bargemont. La première des deux lettres de Pierre Puget que nous publions aujourd'hui^ et qui est Tune des dettes les plus graves que nous puissions contracter envers la collection de M. J. Boilly, est aussi, à coup sûr, Tune des plus intéressantes pièces qu'ait écrites de sa belle plume le plus illustre des sculpteurs français. Il y fait allusion aux trois chefs-d'œuvre que pos-

«Me le Louvre, le Milon, FAndroaiède (1) et le Biogëne. Cette lettre a évidemment précédé de quelques mois le placet au roi que cite le père Bougerel, et est comme la dernière sommation aux commis de la surintendance avant ce recours à Louis XIV lui-môme. Rien n'est plus triste que de voir le grand Pnget passer toutes les dernières années de sa vie, années ou. il a produit, peut-on dire, ses œuvres les plus étonnantes, à réclamer inutilement contre le mauvais vouloir des subalternes de la cour, qui lui rendent illusoires Tadmiration de Louis XIY et de Louvois, cotent son génie au tarif de celui de Glérion, et font regretter à ce noble vieillard ulcéré la loyale protection et la générosité intelligente des gentilshommes de Gènes. Ce M. de Yauvré, dont il est ici question à toutes les lignes, était l'intendant de la marine à Toulon. Ce fut lui qui, avec Le Nôtre, donna avis à Colbert de la beauté de Tébauche du Milon et fit ordonner à Puget par le ministre d'avoir à le finir pour le roi. Ce fut à M. de Vauvré que s'adressa Louvois pour avoir quelques informations sur Puget, sur son âge et ses projets de travaux, à quoi répondit Puget par le célèbre Mémoire où se trouve la phrase tant de fois citée, et toujours d'une fierté sublime : « Je me suis nourri aux grands ouvrages, je nage quand j'y travaille, et le marbre tremble devant moi, pour grosse que soit la pièce. )>

La seconde lettre publiée ici, provient, comme celle fac-similée dans V Iconographie y de la collection, si justement renommée, de M. Chambry, et nous a été gracieusement communiquée par cet amateur. Elle est antérieure de plus de deux mois à celle de l'/conographie, et la nôtre est pour bien dire l'avant-garde de celle-là, qui en est la meilleure annotation.

Mesieur Les Roy en prenant congé de Sa Maiesté me co-

(1) Voici la signature du Milou : P. Puget sculp. mamîiencis fa* anno Z). 1682. — Voici celle de l'Andromède : P. Puget Massil, sculp. Arch, et Pic, sculpebat et dicabat ex,„, Ludovico magno À, Dom, MDCLXXXIY.

manda de conlinver de travailer pour lui — sepandent que jattandis mes grosses piesses — Je me suis ocupé a un bas relief d*un sainct Charle qui asiste à une peste qui ests une des meileur chose que jaye faict je vous suplie de me scavoir dire sy je le dois destiner pour le Roy. Il a 4 pieds de largeur pour 5 pieds 4 pousse d'hauteur Mous. Copel vous poura dire ce quil est il a esté che nous le voir.

Vostre très unble et très obeisant serviteur,

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