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existe encore m'a dit quil croyoit l'avoir envoyé à M. Delaniotte le père et en avoit fait par à M. de Troy. Je Tay prié de vouloir chercher cet état parmi ses papiers. Sil trouve cette notte je Tenvoyeray mais je suis surpris de M. Gillet croye que le Suisse quand même celuy de ce temps seroit encore à Taccademie put donner des eclaircissemens pour pareille chose. Ce fait est étranger aux domestiques qui n'entrent jamais dans les comtes de la maison que pour ce qui concerne leurs gages. Du reste si ce vuide ne pouvoit pas se remplir exactement, on ne doit pas m'imputer la faute ni même pencer quille soit nécessaire d'avoir un secrétaire en chef pour dirriger cette partie. Nos morceaux sont limités dans la direction de l'accadeniie et on ne sçauroit créer des nouveles places sans ea augmenter la depence d'autant plus qu'elle me paroitroit fort inutile attendu que l'on sest toujour contenté d'avoir un homme qui vient tous les trois mois pour renger le compte ; celuy que nous avons sert dans cet employ depuis plus de 30 ans et a toujour été regardé comme très capable de cette opération c'est une roue qui ne varie que par quelques articles d'ouvriers ; elle va toujours également dans les principales dépenses faites à ce sujet. Mes civi- Htés sil vous plait à M. de G(illet) en terminant cet article.
Je suis bien sencible au bon souvenir de ma future, Mad®"® Maubois. Mes sentiments pour elle ne finiront
qu'avec moy. Nous avons ces jours passés un poin de vue propre à dessiner pas fort loin de celle de la villa Mathei donl vous connoisses le nom et M. votre fils. Une grande partie de cette vieille masure écroula et dans le moment de cette chute, il y avoit de nos pensionnaires amateur et avide de la nouveauté qui sont trouvés presques sur le point d'être écrasés. Cela fait bien voir la fouria francese de la jeunesse qui s'exposent un peu trop sans reflexions. Je serois bien fâché que votre plan de jardinage cessât il est bon qu'un philosophe comme vous ne se prive pas d'un plaisir aussi nécessaire à ce caractère je vous enbrasse mille fois ma sœur participe à toutes mes expressions d'amitiés à laquelle je seray toujour mon cher amy.
Votre 1res humble et obéissant serviteur
Nàtoire.
Rome, ce 6 février 1760.
A Rome, ce 18 février 1761.
Je viens cher amy de m'entretenir de vous avec le Courier que M. le marquis a envoyé à Rome pour le Cordon Bleu de notre Embassadeur. Je ne vcus pas quil parle sans vous donner ces deux lignes de ma part pour vous rafraîchir tous les sentimens d'estime que j'ay toujours eu pour vous. Il m'a dit mille joli
chose de M. votre fils. Vous rdlcveré trop bien tous les pères seront jaloux et vous porteront envie. Vous ne voudres plus le faire voyager crainte de le perdre de veue et devenant jaloux à votre tour de votre ouvrage je ne le verny point dans ce pais cy continues donc à perfectionner cette plante dans la culture penseres un peu à nous comme nous pensons à vous et croyez que personne n'ait avec plus d'amitiés que nous le sommes ma sœur et moy et je vous embrasse carissimo amico
Natoire.
Le Courier part dans Tinstant.
Cette lettre est la dernière que Natoire adressa à son ami. Le directeur de Fôcole de Rome, qui avait commencé par écrire tous les mois à Antoine Duchesnc, n'écrivit bicnlôl plus qu'une fois par an, et cessa môme toute correspondance avec lui. L'éloignement est un dissolvant auquel toutes les amitiés ne résistent pas.
Naloire vieillissait d'ailleurs, et loui changeait en lui. Rien de plus curieux, sous ce rapport, que le tableau (ÏAtigéiique et Médor qu'il peignit en 1767, elqui eslaujourdliui conservé dans le cabinet de M. Duclos Le coloris en est sombre, jauni, et presque sale; ce n'est plus le Natoire à qui Lafonl de Saiul-Yenue reprochait si cruellement rétcruelle fadeur de ses tons roses.
Bientôt son esprit s'attrista comme son talent. Devenu dévot, un peu plus qu'il ne convient, le bonhomme, s'il en faut croire Bachaumont, se lia étroitement avec les jésuites. Il « admeltoit dans son cercle tous les boule-feux de la société. » Sous l'influence d'un zèle trop ardent, il imagina, le 19 août 1767, de chasser de l'école un jeune architecte. Mouton, qui avait négligé d'accomplir à Pâques ses devoirs religieux. Le siècle était plus que jamais libertin : Mou-
ton osa se défendre, et il eut pour lui, les rieurs d^abord, et ensuite le Cbàtelet, qui, au printemps de 1770, finit par condamner Natoire à payer à rarchitecle exclu une indemnité de 30,000 fr.
Bien que, grâce à la méchanceté du temps, celte affaire Teût couvert de ridicule, Natoire conserva, jusqu^en 1774, le titre et les fonctions de directeur de TÉcole de Rome. Après un intérim, qui fut confié à Halle, Vien fut chargé de fadministration de Técole.
Natoire, mécontent et oublié, se retira à Castel-Gandolfo, où il mourut, le 29 aotkt 1777.
« On n*a su que depuis peu, — écrit le 13 décembre de la même année, Fauteur des Mémoires secrets^ — la mort de H. Natoire, ancien directeur de l*École de Rome, élève de Lemoine et rival de Boucher On lui a reproché d'ôtre plus correct sur le papier que sur
la toile. Ses défenseurs citent, au contraire, un Saint-Sébastien au moment qu'un ange relire une flèche de son corps, et ils assurent que ce maîlre a quelquefois peint, dessiné et colorié comme le Guide. Il étoit dévôi, fort attaché aux jésuites, et s'étoit attiré un procès peu honorable de la part d'un élève nommé Mouton, qui lui donna beaucoup de chagrin. »
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