‹ ACHIVES DE L'ART FRANCAISChapitre 43 sur 61 · T. JI · texte numérisé non relu

T. JI

A Monrieur Monsieur Duchesne Prevot des Bâtiments du Roy, rue de VOrengerie^ à Versaille.

Nous voila enfin arivé carissimo amico dans le sein de la famille, après bien des fatigues du voyage. La mia Sorella cet donné une petite fouleure au pied aux aproches de notre entrepont qui l'empêche d'aller plu^ loin pour quelques jours. En arivant à Avignon» deux de mes frères nous i attandoient nous ne nous sommes point connu ny l'un ny lautre, après les marques de l'amitié fraternelle , l'un m'a donné la lettre que la votre vous a dicté. Je vous assure que la mienne y et bien sensible» puisque je n'ay put la lire sans en aitre bien attandry. Je vous suis bien obligé des reflections que vous me faitte faire, au sujet de l'Académie, ce même courrier aportera une lettre que jay l'honneur de leur écrire, pour tacher de reparer mon omission en leur fesant connoitre ma trop grande sensibilité qui en a été la cause, ma situation aux approche de mon depart m'a empêché de faire toutte les attentions neces-* saires, bisogna perdonarmi.

Je suis bien fâché que malgré tout mon désir je n'aye pas put rencontrer Mon' de Vandiere. Jay resté sinq jour a Lyon dans cette espérance ma sœur ce trouvant incomodée ma forcé d'en partir plutôt que je norois fait; toujours espérant le trouver plus aise-

ment en Avignon, ou japrand qu'il en et party deux jour auparavant ; le petit séjour que jay fait a Lyon a été fort agréable, malgré linquietude de notre sœur. M' Soufflot que je ne sorois trop louer cet donné tout les soins possible pour me procurer toutte sorte d'agrément, il m'a procuré l'honneur de saluer une Emi<nance Mgr le cardinal Tancent, qui a bien voulu que je lalasse voir a sa maison de campane, ou jay eu lavantage dy diner avec très bonne compagnie. Voila un petit bavardage de nos avantures dont le plus flateur a bien de la peine a me dégrossir le cœur de tout ce que je laisse à Paris. Je ne manqueray pas de vous envoyer des que je seray à Nismes les choses qui depandent du Gordon en question. Je suis bien obligé à mon confrère M' Vanloo de nous faire part de tout ce qui peut aitre avantageux. Je vous prie de le remercier beaucoup de ma part et de l'interest que je prent pour sa santé. Sy jay un instant de loisir avant que le courier parte jecriray deux mot à notre amy M' Massé. Mais en cas que je ne le puisse ditte luy je vous prie mille chose pour moy. Je luy suis bien obligé de tout ce quil fera d'avances.

Jay veu en Avignon l'anciene demeure des Papes où sont à présent les vices légat, ou jay eu l'honneur dy aitre présenté à celuy d'apresant. Aujourd'huy je dois aller à la maison de campagne de M^ Larcheveque D'arles. Ainsi Monsieur, vous voyés que l'on me fait plus d'honneur que je ne meritte , mais il me paroit

que je cause trop longtems ; pourquoy suije aussy avec TOUS dans ce moment. Je suis fort aise que M*^ de Tournebem ce porte bien. Vous ne me ditte rien du petit que j'embrasse avec toutte ses dames. Nous voilà donc avec un nouveau prince et vous allés jouir de touttes les feste. Ma famille vous ait fort obligé. Notre pauvre eclopée repette avec moy toute notre sensibilité. Adieu, je vous embrasse, et suis bien sertainement mio caro votre très humble et obéissent

Natoire.

M' de Vandiere doit sans doutte aitre arivé, ce même Courier luy portera une lettre que j'ay Thonneur de luy écrire. Je vous prie encore de bien des sivilité pour Mon' Coypel et mille remersiment de ce quil veut bien faire pour moy. Nous yrons dans quelques (jours) à Nismes ; après quoy nous nous déterminons d'aller à Marseille pour notre embarquement jusqu'à Gène. A Dieu n'oubliés pas les pauvres Pèlerins voyageurs ; bien des complimen à M' Portail.

k Monsieur Monsieur Duchesne, Prévost des Batimens du Roy, rue de VOrengerte^ du coté de la grille à Ver saille.

Marseille, 6 8bre 1751.

Nous sommes depuis deux jour à Marseille, carissimo amico , après avoir dit a Dieu à la chère patrie^

Nismes ne nous a veu quant passant, malgré les grand travaux qui si forment ; un de mes oncle me vint voir sur le champ, en m'aportant mon extrait baptistaire , ou je me suis trouvé plus vieux que je ne croyois. Je vous lenvoy e donc pour en faire l'usage que vous croyés aitre nécessaire. Quand vous irés entendre la messe au Gapussin de la Rue S* Honnoré le Père Marcel vous donnera Monsieur de quoy prouver ma quatolicité; vous luy ferés bien je vous prie mes compliment.

Jaurois voulu aitre avec vous lorsque jay veu la fontaine de Nismes. Cet ouvrages et singulier. On a taché de ne point s'écarter des vestiges des anciens Romains pour la continuation de tout ce que Ion y joint. Les médaille s'y trouve en grand nombre; quelques morceau d'une très belle figure d'Apollon, et quantité de morceau d'architecture. Un compatriotte me promena par toutteses nouvoté, et cette proximité la rendu antiquaire en très peut de tems. Si vous vous souvenés étant à Versaille M' le conte de Bachis (1) nous en donna une espèce d'idée. En vérité cet ouvrage ait trop beau pour la ville de Nismes. La maison quarée ma fait grand plaisir à revoir, ce monument ne seroit pas un des dernier de Rome.

Vous sentes bien quêtant à Marseille notre party et

(i) Le comte de Baschi, fwnoraire associé libre de rAcadémie, le 26 août 1747; amateur en 1750, mort en 1777.

ses

pris de prendre la mer pour continuer notre rouUe. Notre sœur à cet approche a eu quelques serement de cœur; on travaille donc à notre embarquement : la variété et si grande pour le choix de cette navigation que nous nous déterminons par un bon bâtiment d'aller tout droit à Sivitavequie ; cela nous abrégera mille continuité d'embaras, dont nous en avons asses essuyé jusque à présent» si le vent devient favorable nous espérons lund j nous mètre voisin des poissons ; priés pour les pauvres marins. Nous avons été au concert lundy dernier, ou jay rencontré Tillustre et luniversel Dandré Bardon ; il arivoi d'Âix dans Fens^ tant; il y a eu beaucoup d'accolade et bien des paroles de dittes vous ny avés pas été oublié. Un moment après nous avons fai connoissance avec M^ Yernet et la soua signora esposa que veramente gratiosa. Il et aussi à la veille de son départ pour Rome. Je ne peus guaire espérer de vos nouvelles qua la fin de notre cource (?) dans la ville sainte.

Cornent se porte mon petit reverand père; pouroit on vous charger de l'embrasser de notre part, et en même tems bien des respecs et des sivilités pour vos dames. Vous avés donc eu au commencement de vos fesles une insandie à une des Ecuries du Roy. Le détail nous a paru bien surprenant pour que le ravage ait été si pront et dans un lieux ou tout les secours doivent aitre abondant. Il et tant de finir mon bavardage en vous assurant de mon tendre attache-*

ment avec lequel jay l'honneur d'aitre mio signoré, Votre très humble et très obéissant serviteur

Natoire.

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Copie de l'extrait baptistalre.

L'an mil sept cent et le huitième mars a été baptisé €harles-Joseph Natoire né le troisième du courant, fils de s' Florent Natoire sculpteur et de d"* Catherine Mauric mariés. Son parain a été s' Philipes Mauric prêtant la main pour s' Charles Natoire et la maraine Isabeau de Viviers femme dud. s' Mauric illiterée. Lés autres signés avec moi Flor. Natoire, Moric, Novi curé pp** ainsi signés à Foriginal, et au dessous est écrit : Collationné sur Toriginal à Nismes ce 27 7"^ 1751. Signé, Imbert vicaire.

Et au dessous est écrit : Nous Charles Prudent de Becdelièvre, évêque de Nismes et conseiller du roi en tous ses conseils, etc. Attestons et certifions à cettx qu*il appartiendra que le s' Imbert qui a signé Fextrait cy- dessus est vicaire de la paroisse de S* Castor de Nismes, et que foi doit être ajouté à son seing, tant en jugement qu'en dehors. Donné à Nismes vingt sept septembre mit sept cent cinquante un et ensuite écrit, fîerit (?) A. S. et plus bas + C. p. 10 de Nismes et plus bas, par Monseigneur, signé Mallefier,

A Rome ce 9»»« novembre 1751.

Pour le coup, carissimo amico

Nous voila enfin arrivé au lieu de notre destination depuis quelques jour, bien fatigué de notre routte qui a été moitié par mer et motié par terre. M*^ de Troy nous a reçeu fort agréablement bien, nous voila donc deux Directeur; selon les apparences il passera l'hiver a Rome. Ce premier abord de Rome, d'académie, de Directeur, de visitte et denbassadeur que jay été voir; des complimens des enciene connoissances que je ne me remetois plus voila ou jen suis dans ces premiers moment, ou tout me parois comme un songe. Je croyois trouvé en arrivant une de vos lettre. Jay besoin malgré ses prémisse flatteurs de recevoir des nouvelles de mes bon amis pour madoussir la peine de leurs eloignements, vous présides dans le nombre, ainsi ne moublies pas. Jay eu l'honneur d'écrire en arrivant à M' de Tournehem, par ce même courier; je continue : jecris à IVP de Vandiere à M' le compte de Bachy à M** Coypel, etc., sans oublier notre amy M"^ Massé, M' lembassadeur (l)ne commencera à donner sa faite pour la noissance de M*^ de Bourgogne que le 22 du courant. Je ne vous diray pas grand chose ce courier sy parceque je n'ay pas beaucoup de matière

(1) Le duc de Nivernais, ambassadeur à Rome depuis 1748.

à vous faire part. Que ne sommes nous ensemble quand je revois touttes les choses de curiosité. Il y [en] a bien de belles , mais il sen glisse aussy de bien movaises. Jenveray au premier jour les cordes à violon pour M®"® Gillet bien des coniplimens et des respés à toutte la maison j'embrasse le petit en attendant qu'il me vienne voir. Mille et mille sivilités à vos dames tant à Paris qua Versailles. La signora mia Sorella vi reverise et moy je suis avec lamitié la plus parfaitte mon très cher amy, votre très humble et très obéissant serviteur

Natoire.

Bien des compliment à M"" Portail.

A Home ce 21 decem. 1751.

[De lainaln d'Antoine Duclieme.) (Répondu le 10 et envoyé le 16 janvier 1752.)

Vous voules donc très cher amy moublier totalement. Je nay reçu qune soeulle fois de vos nouvelles, à Arles, et sans reproche je vous ait ecri trois lettre depuis ce tems la ce silence minquette ; sériés vous malade? jespere que le premier courier me tirera d'inquiétude. Vous ne deves pas doutter combien je suis sensible de la perte de IVP de Tournehem (1). Je crois

(1) M. Lenormant de Tournehem, surinlendant des bâtiments da roi, était mort le 19 novembre 1751.

que la votre Taura été beaucoup aussy. Voila de quoy fiyre des reflections bien sérieuses; j'espère que M*^ son successeur adoussira notre douleur en emii*nuant son même goût qu'il avdt pour tout les arts. Je nay point eu la satisfaction de receroir aucune de ses lettres ny même encore de M' de Yatidiere. Je nay manqué qun soeul courier à écrire. Je ne doutte pas que cette mort naye causé du retard sur bien des choses ; enfin je nay pas sessé d'écrire depuis mon arrivé à Rome^et les lettres que jay reçu etoient celles que je devois le moins attendre. M*^ Massé a votre imitation ne me donne aucun signe de vie non plus ; on a bien raison de dire que l'eloignement diminue le comerce, et un homme depaisé comme je suis ait toujours bien plus afamé que celuy qui reste dans sa patrie, ou tout l'ocupe. Je vous diray sepandant que M' de Troy ait absolument occupé de son départ; il a pansé laisser partir M*^ lembassadeur sans partir luy même ; helas il et beau à son âge daitre retenu par des beaux yeux, voila un bonne hogure pour les Directeurs de voir que lair leurs est si favorable dans ce pays sy.

Je ne scay si vous aures reçu mon extrai batistaire que je vous ay envoyé de Marsille, à locasion de se cordon dans quel état croyes vous que la chose soye, il me paroit que ceux qui Ion été issy nont pas été dans la nécessité de payer pour les lettres de noblesse, cet à dire pour lenre^trement* Je doiA en conférer

au premier moment arec M' Digde qui et consul de la nation et qui et ebevallier luy meme^ )en parleray ensuitte à M^ notre embassadeur ^ qui pourra ûoub aifre farorable, auprès de M' le compte de S* Florent tin. S'il etoit possible depargner des frais la chose seroit plus agréable. Yoisi les approche du jour de lan par consequant je vous souhaitte la bonne année, et a tout ce qui tous apartient, avec beaucoup de Thonneur, et surtout des nouvelles. Nos opéras vont sou*vrir à la dernière feste de NoueU les confesseurs issy ne s'oppose point à cet amusemen, aini^ la mia So-^ relia les yra voir. Je dis voir quar elle ne lœ antendra pas, je dis les paroles ; a Dieu portes vous bien, em*brasses le petit marmot, vous aites assez bien ^semble; bien des amitiés à M*^ Portail et Gillet (1)^ Je reste donc caro amico votre très humble et obéissant

serviteur

Nàtoire.

M' Gabriel (2) à qui jay Thonneur d'écrire voudra bien vous remettre cette lettre.

Je noublieray pas que cet de Rome le 19 janvier 1752.

Vous m'aves enfin carissimo amico tiré d'inquiétade

(1) Le sculpteur Nicolas-François Gillet, né en I70a, reçu académicien en 1757, et mort en 1791.

(t) Jfteques-Ànge Gabriel, premier aroMteote du roi, né «a 1710« et mort en 1782.

par votre grande et belle lettre et que nous trouverons toujour trop courte ma sœur et moy par le plaisir quelle nous a fait. Des éloignés comme nous sont toujour affamé d'apprendre ce qui les intéresse le détail que vous me faites sur les choses d*apresent minstruity il faut aller selon les tems; jay reçu une lettre fort obligente de notre nouveau Directeur (1). Jespere que tout yra bien et je souhaitte beaucoup que vous allies bien aussy parceque vous le mérités* Ce M*^ Perier appresent l'homme de confiance ait fort connu de M' l'abbé Arteaud prevost de leglise de S' Louis du Louvre, qui vient d'arriver à Rome actuelement, celte voye peut nous donner quelques lieson. M^ notre embassadeur nous a présenté avant hier à Sa Sainteté M' de Troy et moy, en prenent congé délie; M' de Troy doit partir demain pour Sivitaveche pour sembarquer avec cette Excellence quil suivra jusque à Marseille. Notre affaire du cordon peut sarenger sans quil en coutte de si gros frais. M^ lembassadeur parlera en ma faveur a ce quil ma fait la grâce de me dire. Jen ay parlé à M. de Vandiere; tout depant d'avoir les lettres de noblesse sans les frais antérieurs, comme ont eu M' Vleugles et M' Digne actuellement consul françois. Si la chose peut se tourner de cette

(1) Le marquis de Marigny que, par une vieille habitude, Natoire s'obstine à appeler M. de Vandières, avait succédé à M. de Toumehem, avec le titre de directeur général des bâtiments du roi.

manière cela vaudra bien mieux. Jay reçu avec grand plaisir des nouvelles de M' Coypel, et de ce quil veut bien faire en conséquence ; je me confie toujours à vos bons offices» je navois point oublié décrire à M' Molet, mais jay eu tant de choses affaires et à repondre par lettre à une famille qui ne fini point que je ne scay pas quand je quitteray la plume car en vérité elle memba(rra)sse et me coutte plus que mon pinceau , voila comme les choses de ce monde vont»

Dans le tems que je vous ecri, j apprend Taccident qui arrive a M' de Troy, et j*ay encore le tems de le mander a M' de Vandieres, il cet couché hier avec un peut de mal à la gorge ; cela cet augmanté dans la nuit avec fièvre» qui devient plus forte malgré la soignée et actuelement il ce trouve en grand danger; il devoit partir demain avec lembassadeur à qui je viens de luy apprend cet état fâcheux qui m'afflige, vient à la suitte d'une triste nouvelle de ma famille ou mon Père et presque dans le même état. Voila letat de la vie qui donne matière à des lugubre reflection. Âinsy la plus part des choses brillantes ont toujour a coté la masse dombre» frase de peinture.

Je vous fini ma lettre un peu à la batte par cette sirconstance qui me permet seulement de vous assurer de mon sincère attachement avec lequel je sui carissimo amico votre très humble et obéissant serviteur

Natoire.

Je ne peut pas achever la lettre que jecris à M' Mo^ let^ je vous prie de remetre celle pour M' Gillet. Mes complimens à M' Portail*

Je me serviray à la première fois de ladresse de M'Tersin.

A Rome ce i" mars 1752.

Nous avons reçu carissimo amieo» avec bien du plaisir vos dernières lettres hier. Vous nous dedomages bien agréablement par ses arrérages de votre sci^*lence passé, et vous voila dans la bonne règle que doit dicter Tamitié, dotit vous me la feittes senthr tout du Ion, jen suis très sensible comme de tout les soins que vous vous donnés pour ce cordon cordonant; il et vray que monsieur de Vandieres ma fait Thonneur de men parler par sa dernière lettre d'une manière bien flateuse et remplie de bontés. A cette occasion voila le fruit de tout les movais services que vous me rendes auprès de ce protecteur des Arts, sans même en exepter monsieur Coypel. Je ne vous diray rien de nouveau a ce sujet qui puisse vous instruire, sinon que Ion ma dit issy quil ni avoit des frais que lorsquon vouloit faire entériner les lettre de noblesse au-« queles ont ait toujour atant; je vois que mes prede** cesseurs se sont passé de cet anterinement, je dois les imiter. M' le Duc de Nivernois ma fait Thonneur de me dire avant de partir de Rome qu'il semployeroit et

se lieroit avec monsieur de Vandieres, pour que je lusse de cette manière, comme la actuellement M' Hi^ gne. Poi loro sonno Padrone.

Helas votre gasette larmoyente nous apprends avec les sirconstance bien lugubre la perte que nous fesons dun premier Prince du sang et d'une Princesse ; voila ou les grands de se monde nont pas plus d'avantages que le courant des humains» et ou il &ut que tout cède; nous commancons aujourdhuy le deuil, on nous dit issy pour 7 semaines. Voila donc le petit bon-* homme en parfaitte santé ; Père helas ! accoutumés vous a suporter les triste cardhoeur ou nous sommes tout sujet; je souhaitte que sa santé vous les éloignent pour longtems»

J'ay écrit par les courier passés à M' Perrier une lettre de politesse et à M*^ Molet. Âpparament que M. de Vaincy (i) et aussi secrétaire; je leurs suy bien obligé à tout deux des soins quil veules bien ce don-* ner pour nos petittes affaires. Je uay point encore reçu de reponce de M' le Premier architecte, son grand bâtiment (2) doit Toccuper beaucoup. Je suis charmé au reste que ce monument Royal vous employé avec quelques fruit, cela ait bien juste, mais ne

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(1) De Vaincy, ou de Vaines, nom qui va se reproduire plusieurs fois et qui, dans le manuscrit de Natoire, est véritablement illisible.

(i) L*École Militaire, dont Gabriel venait d^entreprendre la eonstruclion.

VOUS fatigués pas trop avec vos (?}; tous ne ferés pas mal quand elles vous donnent qoriqoes vides de les employer a nous venir dire bonjoor en passant, vous sériés de nos parties que nous fesons a aller roder les curiosités et les anticailles qne vons ne hairiés pas. Je suis bien fâché de la mort de mad^ Colombat il et ethonent comme toutte cette maison sevanouit; nous voila toujours retombé dans les morts ; vous aves apris celle de mon respectable predessesseur (1) qui nous a mis dans des situation des plus triste a la veille de son départ et en 7 jour tout ses projet disparus. Je suis nomé son exécuteur testamantaire, cela me cause plus dembaras que je ne voudrois et me prend des momens que je serois charmé de mentretenir avec vous. Je barbouille cette lettre ^ le courier étant prêt de partir; la mia Sorella vous repondra le courier prochin. Je vous embrasse avec toute lamitié

possible carissimo mio signore

Natoire.

Je vous prie de bien des remersiment a M' Coypel quand vous aures occasion de le voir et mêles y quel-

(1) J.»F. de Troy mourut en effet dans la nuit du 24 au 25 janvier 1752. On savait déjà par son testament, imprimé lors du procès auquel il donna lieu que le défunt avait nommé Natoire et Tabbé Delotz ses exécuteurs testamentaires, et quMl avait légué un bijou à chacun d*eux. — Le testament de De Troy se retrouve, comme pièce justificative, à la suite du Mémoire pour inessire Ctaude-Antoine Cappon de Château-Thierry, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, capitaine au régiment de Saint-Maurice, tuteur de la demoiselle sa fille, défendeur; contre Pierre Leroi, maître écrivain, demandeur (1761 ; in-4°).

ques choses de condoleans sur la mort de M^ le Duc Dorleans connoissant son attachement pour ce Prince ; je ne doutte pas de sa sensibilité. Milles respects et amitiés à touttes vos dames M*^ Portail Gillet Char-^ lier (1) etc. Je ne scay quelle sont les veues de M' mon Frère auprès de M^ de Vandieres. Je souhaite que sa cour soit approuvée.

À Rome, ce 28°^^ may 175S.

J'ay reçu mon très cher amy avec bien du plaisir votre dernière lettre vos sentiments toujours bon pour moy, me touche et me flattent infiniment, cette marque du vray amis que vous caractérisé si bien mest nécessaire pour madoussir lespace qui me sépare de vous. Le party que vous prenes de vous tranquiliser et bien le meilleur, les personnes les plus sages souvant ne le prennent pas asses tôt, mais il et toujours bien plus aisé de dire que de faire. J'espère donc que le point ou vous aves mis votre grfinde œuvre ne vous fera dorénavant que goûter le fruit le plus agréable et le plus consolent, et je souhaitte de tout mon cœur que notre digne chef y contribue abondamment.

J'ay reçu par le dernier courier une de ses lettres

(1) Jacques Gharlier, Tun des plus habiles miniaturistes du règne de Louis XV.

OU ses bontés se font toujours connoitre pour ce qui me regarde. Il setant beaucoup sur l'article du Cor- (]on en me disant quil a fait toutte les recherches pour éviter les frais de ces lettres de noblesse^ mais qu'il est totalement impossible, à moins que je ne voulu^^se me contanter d'avoir la permission de le porter seule** ment, comme la M' Digne qui ne cet pas soussies jusque à présent de demander des lettres de noblesse (malgré le cas ou il ce trouve, car il a des enfens, et bien en état de faire cette dépence). Je luy marque pour ma reponce que vous avies bien voulu a mon départ, vous charger d'une petitte somme que je $acrifierois volontier sil ne la faloit pas encore augmenter de 120 ^ ce qui met absolument impossible à présent de faire, attendu les différantes depances que mon établissement ma forcé de faire. Vous voyes bien par la mon très cher qua moins de mille ecus on ne veut point décrasser le vilain. Cette [?] et en vérité trop chère pour moy, auquel cas il faudra que je me contente pour le présent de la manière que la été M^ Digne. L'exemple que je lui donnois aussy de M. Vleug es, de ce quil lavoit eu avec toutte les lettres sans subir tous ses frais fait un cas différant, à ce quil me (mande?) par ce quil avoit un commancement de noblesse par devers luy et quil n'a eu besoin que de deux degré d'estraction de plus pour obtenir le cordon, ce que le Roy luy avoit accordé, il semblefoit que le Roy acordent une grâce il pouroit la faire

toutte entière et alors je serois au même niveau. Je vous [prie] d'en conférer avec lamy M' Ducbesne (1) pour ses fres ; il mavoit parut que ceux de Vanloo et les otres M" de la même promossion navoient guaire plus depancé de deux milles livres, ditles moy je vous prie ce que vous feries si vous eties à ma place et confères en avec mon' Coypel notre digne Direcieur don les avis de lun et de lautre me seront agréable à suivre.

Vous saves que ma famille toujours dificile à con^ tenter et à renger me met encore dans la situation de repondre pour la somme de 6000 ^^ payable au mois de septembre procbin pour boucher des écarts quild auroient bien peu senpecber de faire. Voila ce qui met un obstacle à mes petiltes affaires personnelles. Dieu préserve des familles nombreuses et de fous les desa** gremcnts quelles entrennent en metant à bout la patience la plus constante.

Je vous suis obligé du détail que vous me faites au sujets du s^ Fessard (2) touchant son entreprise des

(1) Inutile de faire remarquer la dislraclion de Natoîre qui écril toujours on courant. Au lieu du nom de Duchesne, il faut sans doute lire ici celui de Massé qui, ain.si que nous Pavons vu, avait reçu 1,800 livres de Naloirc, et était chargé de tofls les frais rela* tifs à l'alfaire du cordon de Sainl-Miclicl.

(i) Éuenne Fessard, né en 1714, agréé en 1753, etm©rten 1777, a gravé en seize pièces 1rs prininres que Naloire avait exécutées en 1750 à la chapelle des EnFanls-Trouvés. Il nous semble que rhoniiéteacailémicieu se montre ici un peu sévère pour le gravteur qui devait éterniser soa œu^re.

enfens trouvé. Cet un garçon don lardeur luy fait trouver tout facile, mais dans l'exécution tout s'évanouit, avec touttes ses paroles. Il ne ma encore rien appris de letat ou il en ait dans cet ouvrage, il fuira toujours ceux qui tendront à luy faire connoitre sa foiblesse.

Javois sçuquele s'^Sally devoit aller en Danemarc(l). Celte occurence et belle et bonne pour luy, j'en suis bien aise car il a du meritte. Voila donc M^ Vachesselete retourné dans cette cour. Cet insy comme il faut se séparer les uns des autres. Bien charmé que mes petits dessains lui aye fait plaisir, je m'acquiteray incessament de ceux que jay promis à M^ de Livry, car en vérité je suis dans une extrême disette.

Personne n'auroit put s'acquitter mieux que vous annoncer la triste nouvelle de la mort de M. de Troy à M^^ Loir (2). Votre prudence en tout vous fait toujours prendre les chemins les plus convenables , quand il s'agira d'annoncer ces choses qui son par elle même ou trop triste ou trop réjouissantes. Il et vray que jay été nomé un des exécuteurs du testament de M. de Troy conjointement avec M"^ Labbé DuLot de chez

(i) Le sculpteur François-Joseph Saly, né en 1717, académicien en 1751, et mort en 1776 : il allait exécuter à Copenhague la statue équestre de Frédéric V. Voir sur les travaux de Saly en Danemarck, L. Dussieux, leSi4r//5^5 français à Vétranger, p. 75, elCAlmanach des artistes de 1777, p. 131.

(2) M"" Marianne Loir, auteur des portraits de M"» Duboccage et de M"** Ducbatelet, figure dans le testament de de Troy comme légataire d'une montre à répétition et d'une tabatière d'or.

M' de Ganillac. L'inventaire nait pas encore finy. Je suis charmé davoir un second dans cette affaire pour mellaguer mille soin que je nay ny la connoissance ny le temps de faire. Mais nous contons dans peut envoyer au père de l'héritière (1) tous les papiers et les effets provenant de cette cussession.

Jay appris aussy que notre amy Bouchardon avoit finy son modelle avec tout le succès que ses ouvrages ont ordinairement. Je luy ay écrit dernièrement et je suis très sensible à tout le souvenir de la mai(son) de madame Godefroy comme à ceux de votre famille, dont je suis aux un et aux autres très reconnoissant en leur faisant mille compliments et autant de remerciements. Ditte quelque chose de moy aussy à la mais(on) de M. et M"*® Pitre; bien entendu que ce sera sans préjudice à celle de M. Falave (?) et ceux de votre sosieté. Je n'oublie pas non plus le paisible Charher. Mon papier diminue et mote le plaisir de bavarder davantage avec vous et ne me permet que de vous renouveller dans ce petit espace mes sentiments les plus vifs avec lequels je seray toujours mon très cher amy. Votre très humble et obéissant serviteur

Natoire.

(1) L'héritière universelle de F. de Troy était M"« Cappon de Château-Thierry, petite-fille de sa ^œur^ M"*' de Coudray.

(En marge de la V^^ page.) Je vous seres obligé ai vous voules bien faire remetre cette lettre à M"»« Godefroy du Cloître. Elle la fera tenir à M' Baillieux.

(En marge de la 2®.) Cette lettre vous parviendra par le paquet de M. de Vandiere. Ainsy quand vous le veres vous pouves luy parler de ce bien heureux cordon.

Rome, 5 juillet 1793.

Hélas! mon cher amy vous mapprenes une bien triste nouvelle qui cet trouvée sur le chanrip multi-* pliée (1). Je ne reviens point delà peine que je ressent et vous deves en aitre plus convincu que personne eonnoissant combien je lemois, et combien je luy etois attaché. Cet une vray perte que nous faison et à laquelle mons*^ de Vandîères doit aitre sensible. Je luy fait connoitre mes regrets. Cecy doit faire remuer nos esprit pitoresque dont les moin sensible croiront y gagner beaucoup» pareeque tout ce qui et changement peut flatter leur embission causée par un fond de jalousie bien peut raisonable, car en vérité il sera bien difficile de trouver tant de bonne qualité rassamblée dans une seule teste. Je vous suis bien obligé de tout

(1) La mort de Charles Coype), que rAcadémie avait perdu, le 14 juin, et qui laissait vaeauie la place de premier peintre du roi.

ce que vous me dîtte d'obligent de touttes les choses qui dépendent de celte place. Si jelois sens emplois et sur les lieux je pourois augmenter le nombre dasplrens. Nous avons affaire à un Directeur écléré qui saura distribuer tout avantageusement pour contenter tous les sujets de mérille. Quoique je regrette ma patrie je dois aifre content de mon sort. On ne peut pas avoir tout dans ce monde. Cette belle place vacante ne convient point à tous; si j'etois sur les lieux et que Ion me fi Plionneur de (me) mètre sur les reng, je ne me sousierois point de succéder à un homme tel que celuy que nous venons de perdre. Je suis bien sensible au souvenir de M' Molet quoique je n*aye pas reçut de ses nouvelles en réponce de la lettre que je luy ay ecritte, ni de M"" Gabriel non plus. Je crois que Tare hitecte ne ce soussierai pas que Ion remplit cette place de premier (peintre.) Je m'imagine entendre tous les discours de Boucher et ceux de Vanloo, les voilà tous deux dans une belle expectative (1). Je n*entendray plus que le moment de desision, pour leur faire mon compliment. Si vous voyez M. Massé, je devrois commancé par M^ et M"® S* Philippe (2), je vous

(i) La place do premier peintre du roi resta dix anR sans tilu«* lairt*. Ct* ne fui qu'en 170:2 qu'elle fut accordc^e à Carie Vanloo. '

(8) M. Coypel de Saini-Pliillppe éiail le frère de Charles Coypel, qui avail exposé hon porirailau Salon de 174i, avec, celui d»î w Madame son épouse » cl de leurs enfanis. L« li|ifiirc allé|(oriqiie de la Jeunesse sous les liabiUemetUs de ladéerépUttde, gravée en 1751 par madame Lépicié, esi le portrait de madame de Saint^Pliilippe.

prie de leur faire part de mes peines que je melle avec les leurs, et à notre ami Lepissier. Cette mort doit entrener bien des regrets.

Je souhaitte que Ion vous donne un aussy bon voisin que celuy que vous perdes. Ma sœur avoue ses tors et participe à tout cecy. Les chaleurs Fabsorbe sur beaucoup de chose et elle soupire quelques fois pour la chère patrie. Je vous prie de présenter nos sivilités en signe de reconnoissance à votre chère famille de Paris et de Versaille. Voilà donc votre petit enfant homme de pied en cap, il me semble de le voir dejea comme un petit géant. Pour dire un mot de cette croi pandue à ce cordon, il et vray que M. de Yandieres ma laissé la desision de Taitre tout de bon ou bien en figure. Je luy ai fait connoilre la dessus que maigre mes forces j'aurois souhaitte que la pelitte somme que j'ay laissé à M. Massé qui et de 1800 livres eu pu sufire pour rempHr tous les frais qu'il faut nécessairement faire, et reelement cela me met à l'étroit sil faut l'augmenter attendu que je me suis engagé pour ma nonbreuse famille pour 600^ (1) que je dois payer incessamment et vous ne sauries croire les depnnces que j'ay été obligé de faire à mon nouvel établissement. Voila une chevalerie bien parlementée et qui donne plus de soin et de peine que tout le chevalier ne vaudra. Continues je vous prie tous vos bons

(1) Natoire a dit, 6,000 dans la letlre précédenle.

services. Si cela peut ce terminer avec ses 1800 * je lais(se à) M' de Vandieres à décider en dernier ressort. Je griffone ma lettre attendu que le courier va partir. Mille remersimens de tous les détail que vous me faitte. J'espère que vous m'apprendres les suittes. Je vous embrasse d'aussy loin que vous m'enbrasses et avec les sentiments les plus vif et les plus remply de reconoissance carissimo amico.

Natoire.

A Rome, ce 5^ juin [juillet] 1752.

J'apprend avec plaisir les succès brillens du s' Sally et tout ce que vous men ditte confirme tout ce que je savois dejea, mais insensiblement nous le perdons. Je nay point eu de nouvelles de Mons'^ Gillet, je vous prie de lui (faire) des complimens. Je ne cay si les cordes de violons seront parvenues jusquea ma® Gillet à qui j'ay l'honneur aussy bien qua M' de leur présenter mon respect. Je n'oublie pas non plus lamy M. Portail. Jouit-il dune bonne sente? Il auroit peutaitre besoin d'un peut de chaleur que nous avons de trop. Il devroit bien en samusent venir nous voir et vous Taccompagnere. Nous venons de rouler autour de Rome ou nous avons veu les plus beaux endrois qui ce puisse imaginer pour le paisage. Je vous attendois pour les dessiner avec M"^ Portail qui trouveroit bien de quoy garnir ses portefeuilles.

A Rome, ce 28™« février 1753.

Il y a longtems cher amy que je nay receu de vos nouvelles, je ne scay lequel de nous deux ait en retard, j'aime mieux croire que cet moy affin de ne pas blesser votre exatiludc, et j*escuseray la miene en vous éloignant mille enribaras qui se suivent et qui dérange les plus beaux projet du monde. Je n*ay jamais tant écrit de ma vie et malgré cela je suis toujours en arrière, c'et la diferante (?) situation ou je me trouve qui m'enpècbe de vacquer a bien des choses, mais ce ne sera jamais à celle de vous renouveHer tous mes scntimens pour vous de la plus sincère amitié, et quoyque nous ayons dejea trop entamé cette nouvelle année, receves je vous prie tous mes souhais pour que vous la con*inuiez des plus heureuses avec tout ce qui vous apartien.

L'ami W Massé a supléé de part et d'autre de nous donner des signes de vies. Je scay combien l'un et l'autre vous aves bien voulut vous donner des soins pour cet éternel cordon; je croyois que tout s.roit fîny à la rentrée du parlement des dernières vacances, comme m'avoit fait l'honneur de me dire Monsieur dé Vandières. Je vois par ce que me dit M^ Massé que M. de Vaincy (?) s'eloit chargé de toutte affaire par l'ordre de notre supérieur et qu'il se joindront avec luy. Je luy ai écrit une lettre de politesse a ce sujet il y a dejea quelque tems, j'espère qu'à la fin je pourray

repondre un jour au personnes qui me demandé soin, vent que S* Michel et enfin arrivé. Nous venons de voir voler eeluy du S* Esprit à Mgr de Caniliac il a de meilleures ailes que M. Michel. Cette nouvelle a intéressé tout Itome par Tamitié que ce seigneur cet attiré dans cette capitale; mais j'appréhende fort que nous le perdions car il s'aprelte pour faire le voyage de France maigre qu'il dise qu'il relournera.

Cornent passes vous votre carnaval ? le notre nous fait courir les théâtres dans differans genres et cet touUe locupation la plus sérieuse de tous les Romains, car le plus misérable veut jouir de ses plaisirs qui dans dautre pais ne sont réservé qua ceux dune $ev^ taine aisence. Imagines vous combien de pelitte fille 9'industrie a trouver de quoy a passer leur carnaval le mieu quil leur ait possible» et le plus souvent sur leur propre fond cet la resourse de tout les pais du monde.

Ma sœur plutôt mal que bien ou bien que mal vat toujour cain-cahas elle vous doit je crois une reponce receves toujours un petit aconte de son souvenir à sa dette accompagné de bien des amitiés. Si vous voyes M. de Gillot malgré son oubli total faite luy bien des complimcns je me serois imaginé d'avoir receu une reponce de M. Gabriel. Coment va son bâtiment de l'école militaire et coment vont les arts en général? Je souhaitte quil vous donnent bien de l'ocupation et encore plus de profit. Mille respects a vos dames et

bien des complimens a M*^ Portail. Et suis très cher

amy avec toutte l'attache la plus sincère. Votre très

humble et très obéissant serviteur

Natoire.

Je vous prie d'embraser ce grand petit bonhomme et que je Tattend de pied ferme.

Antoine Duchesne à Natoire.

Versailles, 13 janvier 1753 [1754].

Vous faites parfaitement bien, Monsieur le Directeur, de tenir rigueur à votre ancien ami, dont vous ne receves point de nouvelle. Vous lui faites donné des attaques. Tune par M. Beaudoin, que j'ai apprise indirectement par Charlier, et l'autre par notre cher M. Massé. Cette dernière a été à bout portant, et cela chès Madame de Pompadour. M. Massé m'a. rendu tout vos reproches et vos soupçons un peu injurieux. Il dit m'avoir escusé auprès de vous et me rend plus de justice, car il est assuré de mes sentimens constants pour vous et ne croit pas que l'eloignement puisse me refroidir. Non, mon cher Directeur, je suis toujours le même du côté du cœur je vous prie d'en être persuadés et de ne point permettre au vôtre de seconds doutes sur mon compte, car alors il seroit tout a fait offensant pour moi. Je crois que nous avons faits l'un et l'autre nos preuves d'amitié et pour moi je me flatte que vous n'aves point changé. Je n'oserois

en dire autant de mademoiselle votre illustrissimme sœur. Sans reproches, je n'ai reçu d'elle aucune letre depuis sa directricité. Je lui renouvelle cependant les vœux que je faits pour sa santé, bone société, plaisir, amusemens, travail, petits soupers frians et haut appétit. Bien entendu. Monsieur, que vous prendres votre bonne part de tout cela. Le petit révérend père se joint à moi et ne désire beaucoup d'apprendre à dessiner que pour se mettre en état d'aller prendre vos sages conseils. Il espère même y aller plutôt que vous ne penses et le père du révérend père n'abandonnera pas son fils et ira de grand cœur embrasser ses anciens ami et amie. Je ne vous dirai rien, mon très cher, de votre bienheureux Cordon, parce que je ne sçai rien, non pas que je ne m'en sois informé plusieurs fois, je n'ai pas cette indiférence, mais on m'a toujours répondu que ce seroit incessament, on m'a oté le plaisir de faire les démarche que je m'etois promis de faire pour vous et peut être m'apprendrés vous que vous l'avés reçu, ce que je vous prie de ne pas me laisser ignorer. Vous pouvés maintenant imaginer les vrais raisons qui m'ont empêché de vous écrire, je n'avois rien d'intéressant à vous mander et j'attendois de jour en jour d'être a porté de le faire. Portés vous bien, mon cher ami, aimés moi toujours, plus de soupçons. Ma famille de Paris et de Versailles vous embrasse.

A Rome, ce 6 février 1754.

Enfin cher amy j'ay reçu de vos nouvelles. [1 n*eû faloit pas moins que celles dun père et du fds pour me calmer; je suis autant charmé que surpris que ce petit reverand père babille dejea sur le papier; avoué, monsieur le maître et le directeur général de l'éducation que voua devez aitre bien aise? et vous avest de quoy vous dedomager bien agréablement par les peines que vous prenes, quand elle sont aussy fructueuse tous les pères ne sont pas en état de faire la même chose et en cela vous ailes très louable. Embrasses donc ce petit marmeau pour reponce à sa jolie lettre, je veux dire ce petit docteur. Mille et mille fois nous vous attendons issy de pied ferme, pour avoir notre tour. Je suis jaloux avec ceux qui participe à vos le-çons, je voudrois en augmenter le nombre en parlissipant comme eux a acquérir de la science; faittes leurs bien mes complimens à touttes cette illustre accademie* Je vous suis bien obligé s*y vous pences à nous quelques fois avec nos amis comuns, je leurs rend mille grâces. En revanche nous en faisons de même [moi] et ma sœur qui n'oublie pas ce petit docteur en lembrassant aussy : vous faittes notre entretien.

Je seray toujours très sensible au souvenir de M*" Gabriel quand il voudra mlionnorer d'une lettre. Jusque a présent je nenay point reçue. Présentes luy,

je vous prie, mes sivilités. Je suis persuadé queFécolle militaire le doit bien occuper et ne le seray pas moins de Thonneur que <!elte auguste fabrique vas luy donner : ce sont de ses morceaux qui inmortalisent celuy qui en ait à la teste.

J'ay envoyé une caisse do tableaux a M^ de Vandièresy cet à dire de plusieurs copies par nos Elèves daprcs les Raphaels et Dominiquin. Ji ay joint un tableau de ma façon destiné pour le marei hal de Noailles àla Chapelle de Notre Dames (1) : il etoit fait bien avant l'exposition du salon. S'il en eu valut la peine j'aurois souhaité quil y fut mais le grand point est [qu'] il netoit point à Paris, vous pourès y donner un coup d'œil lorsque vous allés à Paris ; car je crois quil sera aussitaut arrivé transporté à Thotel de Noailles et j'ay prié M. Lepissié de vouloir bien s'intéresser pour qu'il y soit rendu sans accident* Mais je conte que le Salon prochain j'enveray deux morceaux de la suitte de mon Marc Antoine à quoy je travelle.

L'arrivée de M"^ de Caniliac à Rome nous a mené deux curieux fameux entre autre M^ Boutin fils du receveur gen^ des finences qui nous dévore touttes nos antiquité et curiosité la musique les ocupent beaucoup aussy. Les dispultes ne sont pas moins issy parmy nos

(1) Ce tableau qui reprAgentait V Apparition de Vange aiu saintes femme^i fm en elïel placé à Nolre-Damc dans la chapelle de Noailles, dontUdéooraUoa fui Urmioèe en 1750.

amateurs quelle le sont parmy vos Jan-Jaques et ceux du confrère. Il y a longtems que ses deux musiques se combattent ensemble et fort souvent ceux qui devroit soutenir celle de leur patrie sont les premiers dans ce pais-cy à la déchirer en vérité plus quelle ne le mérite. Pour moy qui aime Titaliene je suis toujour fâché de Tentendreloué au dépens de la notre : voilà le courent du monde et il et partout de même.

M. Massé m*a fait un détail de la réception de son ouvrages à la Cour il parait qu'il aura du aitre flatté. Hellas je souhaite que la ville coresponde au grand soin et les peines quil cet donné pour cette grande entreprise. L'affaire de mon Gordon a l'honneur d'aitre mêlée avec celle du Parlement et me la regette au Calendrié grec; sependant il me sembleroit que des quil y a une nouvelle chambre pour les affaire cella devroit sufire pour l'enregistrement de ses lettres qui et la seulle formalité quil manque. Cette longueur issy on ne scay à quoy l'interpréter. Sy ce netoit ma place je ne m'en resouviendrois pas.

Je suis bien aise que le s' Fessard fasse son chemin. Je le serois encore plus sil ne mestropioit pas quel-ques fois plus quil ne le faudroit. Cet un garçon ardent à ce remuer : il vaudroit mieux quil my une partie de ce tems là a acquérir de quoy ogmenter son talent.

Paris vas donc devenir bien beau par le sircuit de ces belles promenades. Que de bonne partie féminine cela vas procurer ! Alons Monsieur le Directeur esse-

que vous en abandonneres votre part? Cornent gouverne les plaisirs M' Portail? Toujours grandement occupé, je luy renouvelle mille complimens. L*amy Charlier et<il toujours fougueux? Et Boucher et-il bien raisonable?

Je suis fâché que M. le Duc de Livemois (sic) ne retourne plus à Rome. Son successeur ne viendra pas sytot selon toutte apparence.

Nous sommes actuelement à courir les théâtre tant quan musique quen comédie. Nous avons le fameux Gafarelly (1 ) mais Topera ou il chante ne vaut plus rien dés quil a finy de chanter. Nous en attendons un meilleur ces jours issy et nous tachons de remplir les vuides de lannuy. Je voudrois vous donner quelques nouvelles de ce pais-cy qui pussent corespondre a celle que vous m'apprenes ; celle qui ne le cera poipt sertainement cet le plaisir que jay d'en resevoir des vôtres personelles. Ne faites pas les distances sy longues vous aves actuellement un bon secrétaire qui peut vous aider. Ma sœur veut vous écrire une très grande lettre elle et actuelement enrhumée chose qui nai pas nouvelle non plus.

A Dieu donc portes vous bien. Je fini mon grifonage. À propos que je n'oublie pas ma future (2). Ditte

(1) Le soprano Gaétan Majorano, qui avait pris le nom deCafarelli (1703-1783).

(2) On verra bientôt que celle que Natoire appelait c( sa future » était M^"* Maubois, Thabile tourneur.

luy je vous prie mille tendre chose de ma part, que jauray le plaisir de luy écrire incessament ce modi papier boit que je ne vois plus ce que je vous écris, mais malgré tout vous y dechifreré tout les sentimens avec lesquels je seray toute ma vie, il caro mio devotissimo et servitore mio Padrone reverenlissimo.

Nàtoire.

Mille et mille remercimens à vos dames en leur présentant autant de respect.

À Rome, ce 6°^^ mars i75i.

Carissimo amico.

Je vous suis très obligé de Tavis que vous me donné au SDJet de ma petitle pension, et je ne le suis pas tnoin de la part de Mons*" Gillet à cette occasion. Je laissay avant de partir une procuration à un nomé Guerin qui a élé mon elevc dans la peinture (1), pour quil en a toucher mes petittes berloques et le tout en bonne forme. Je laisseray donc entre ses mains cette petitle somme que je joindres a quelques autres articles que M. Massé a entre les mains. Je suivres en cela le même chemin qua eu mon prédécesseur attendu que je peul me passer de faire acquitter cette somme

(t) Sans doute François Guérin, assez triste peintre que TAcadémic accueillit en 1765, et auteur d'un {^rand nombre de tableaux de genre, dont Diderot a pu dire « ce sont de misérables chiffons. »

à Rome. Je vous rend mille grâce à vous et à M' de Gillet de tout vos bons services de Tua et de Tautre. Je previendray le S*" Guerin pour quil voye M"^ Denis ou bien son confrère sil ait dannée dès que les ordon** nences seront expédiés.

Je n'ay put vous repondre plutôt. Les movais chemain ont retardé le courier; je suis fâché de votre indisposition, j'apprend que vous aves un hiver très rudes. Il nous arrive depuis quelques jours un vent de bise qui nous couppe la moustache et qui et très froid. Je conte que vous aures reçu ma précédente ou je repond au Père et au fils. Ce porte til bien ce petit reverand Père? Je réitère mes embrassement à ce docteur. Je suis fâché que M"^ Ason (1) soit devenu veuf en si peut de tems.

Cornent vat votre ecolle militere?

Je dis à M. de Vandieres par ma dernière au sujet de mon Cordon éternel que sy la chambre Royalle suplaye aux affaires ne pouroit-elle pas donner la dernière main à ce quil menque : il auroit semblé même celon ce que l'on me disoit à Paris que la chambre des comptes sufisoit pour passer l'enregistrement des lettres et que même les frais seroit moins grand quau Parlement. Ceux qui me voudroit voir décoré ne scavent que pancer de ce retard, il eu sera ce que Ion jugera à propos M. de Vaincy (?)avoit

(1) HazoD, reçu membre de rAcadémie d'architeclure en t75ll.

promis que tout seroit décidé il y a bien longtems.

Bien des compliment à nos amis. Mille respect à

vos dames, croyes moy toujours un de vos plus zélé

serviteur et bon amy.

Natoire.

A Rome, ce 29»»e avril 1755.

Le scilence devient trop long cher amy pour que je puisse register (sic) davantage et après nous aitre pardonné réciproquement notre paresse, je veut aitre le premier a vous demander cornent vous porté vous et vous donner signe de vie; chaqun a ses torents d'affaires qui les entrainent bien loin. Je ne veut pas que ceux que j'ay diminue rien de ma façon de pancer pour mes bon amis et le retard ny metra jamais aucun obstacle.

Apprenez moy des nouvelles de ce petit grand Duchesne; vous en faites ce que vous voulez sandoutte, et cela étant il sera déjea bien savant? Toutte la famille se portera bien? tant ceux de Paris que de Versaille, je vous prie de leur témoigner mes très humbles sivilités aux uns et aux autres.

Je répons par ce même courier à M"" Coustou le Romin c'et a dire l'architecte (1), qui veut bien se charger de mes petittes affaires, sur une lettre dont il m'en-

(1) Pierre-Charles Coustou, fils de Guillaume Coustou rancien, né en 1721, ei reçu à TAcadémie d'architecture en 1762.

voye une copie de M. le comte S* Florentin en reponce à M. le Directeur Général au sujet de ce cordon perpétuel dont vous connoisses le comencement, ou il et question que ce ministre pour terminer cette affaire demande deux pièces nécessaire, qui sont mon estrait baptistaire et un certificat de catholicité : sy vous vous souvenes vous me fittes l'amitié de m'ecrire a ce sujet lorsque jetois encore en routte et je vous les envoyés le couricr densuitte cet a dire que pour ma foy de catholique je vous prié de passer chez mon confesseur qui etoit un capusin nomé le père Marcel qui rendroit thémoignage sur cet article. Comme on me demande la promptitude sur cela si vous pouviés découvrir ou cela peut aitre resté car je vois bien que depuis si longtems on a perdu ces idées avant que nouvelle que jenvoye (sic) surtout celle du Baptême qui ne poura aitre arrivée quapres celle de cathoUcité puisqu'il faut écrire de Rome à Nimes je vous seroi bien obligé de me rendre ce service. Il et bien étonent que que tant de foi cette affaire a été sur le tapis la personne qu'il la eu en main malgré les affaires du parlement qui ont porté obstacle aye heré [erré?] de façon a lasser la passience la plus passiante ; car en vérité je n'y connois plus rien. Cet notre amy M*^ Massé qui a eu de M"^ Vayncy (?) la lettre de M' le comte de S* Florentin, pour m'en donner conoissance, qui ne pouvant pas m'ecrire luy même par une incomodité de rhumatisme en a chargé M' Coustou*

Je vous felicitte mon très cher de tant de beau batiiiions qui sont en mouvement et surtout le raehevement du Vieux Louvre. Celle occurence ne peut ailre que très avantageuse pour tous les autres arts qui trouveront de quoy briller je souhaitle quil se forme de bons sujet pour cet effet et dans ma partie je fai ce quejepeus.

Je nay point encore de nouvelle si la caisse ai arrivée ou il y a un tableau de ma façon de la suitle de

Marc Antoine. Il y a plus de six mois quelle ait en chemin, je ne scay pas si je n*auray pas encore le même sort que lorsque jenvoyay le tableau du maréchal de Noailles pour Notre Dame avec des copies d'après Raphaël. Celte caisse a resté plus de six mois dans la salle des antiques ignorée cela ne fait pas léloge de ceux qui en ont la direction. Je suis avec lamitié la plus sincère mon très cher amy reverendissimo mio padrone

Votre très humble et 1res obéissent serviteur

Natoire.

Bien des amitiés à M^ Portail*

Antoine Duchesne à M. Macé, en conséquence de la letre de M. Natoire^ du 27 avril 1755, de Rome. »

Versailles 20 mai 175t$.

J'aprens de Rome» Monsieur, que vous avez eu un

Rhumatisme qui vous a empêché décrire à M. Naloîre et que vous avez remis les intérêts de noire ami entre les mains de M. Coustou le Romain. M. Naloire m'a écrit tout cela de Rome, le 29 avril d^ J'ai reçu sa leU*e avant hier 18 du courant : il me rapelle qu'il fut question en 1751 de son extrait baptistaire et d'un témoignage de cathoHcité pour l'histoire du Gordon. Je retrouve dans ses h5tres une qu'il m'écrivit de Marseille le 6 octobre 1751 où il me mande, w Je vous envoie mon extrait baptistaire pour en faire l'usage que vous croyés être nécessaire. Quand vous irez entendre la messe aux Capucins de la rue S'-Honoré le Père Marcel vous donnera. Monsieur, de quoi prouver ma catholicité. » Je retrouve aussi l'extrait baptistaire que j'ai l'honneur de vous envoyer cy-joint.

A l'égard du père Marcel, je ne l'ai pas vu dans le tems ni depuis, je ne sais plus pourquoi. M. Coustou qui est à Paris sur les lieux voudra bien s'informer au couvent s'il est encore vivant et demeurant à Paris.

J'écris aussi auiourd'hui à M. Natoire en conséquence. Je n'irai point à Paris que je n'aille m'informer de vos nouvelles. 3'espère vous y trouver quitte de votre Rhumatisme; je le désire beaucoup et j'ai l'honneur d'être avec le plus sincère attachement, Monsieur, votre, etc.

A Rome, ce 22 février 1757.

J'ay bien de Tobligation, cher amy, au petit révérend père de vous avoir exité a rompre votre silence en me voulant faire part de ses talens il ne me faloit pas moins qu^un tel médiateur pour vous accorder rindulgence. Je suis trop sensible à Toffrende qu'il me fait de ses prémices et des détails de sa jolie lettre pour ne pas vous exprimer ma surprise et ma joye de voir celte petitte machine que vous élevés avec tant de succès. Avoué que vous aites bien recompansé de vos peines! Taché sepandant de ne la pas trop charger, car vous me failtes une grande légende de différens exersice à quoy vous l'occupé. Je ne doutte point que sil a une bonne santé vous ailes élever set enfant a en faire un petit prodige cela sera bien agréable pour celuy qui préside à une éducation aussi distinguée. Vous pouvez encore le conduire quelques tems avec les dessains que vous aves. Cette teste d'aigle n'ait point mal ensemble et faille assé librement. Continues donc cher ami à cultiver cette jolie plante et en la remersiant de ce qu'elle vient de m'envoyer ditte luy que je luy enverrai à la première occasion quelques chose pour augmenter le portefeuille et insensiblement nous ferons des troc de nos ouvrage.

Je suis sensible que vous vous soyes entretenus de moy avec la selebre M^® Basseporte que j'estime infiniment. Je suis charmé que vous continues votre

histoire de l'architecture je vous enveray ce que vous nie demandes de la suitte des directeurs de Tacadémie de Rome. Je suis charmé que M*" Portail se porte bien. Faitte luy mension un peut de moy et des sentimens que j'ay pour luy, je suis fâché de la mort de se pauvre Hélard.

J'enveray incessament à M"^ le Directeur général un morceau de la continuation de l'histoire de Marc Antoine qui attand depuis longtems une occasion pour aller sûrement il represante le débarquement de Gleopatre quand elle va voir Marc Antoine (1) je souhaitterois quel fut aussy bien reçu comme ce général Romain reçut cettq Reine d'Egipte. Cet ouvrage a été précédé d'un grand plaffond que j'ay peint à fresque dans l'église nationalle de S* Louis. J'ay voulu une fois avant mourir tater de cette sorte de peinture que nous négligeons un peut trop en France si j'avais eu la pratique que ses sortes d'ouvrages demende j'aurois mieux réussi j'en ay envoyé un petit dessain coloré à M' le marquis de Marigny et M. le cardinal de la Rochefoucolt a l'esquisse peinte qui a servi de modelle à cet besoge. Je travaille actuelement à deux petits morceaux de la fable que je destine à M. de Rert (2)

(1) Le tableau de l'Arrivée de Cléopâlre à Tarse fui exposé au Salon (101757.

(i) Ce nom, presque illisible dans le manuscrit de Natoirc, est sans Houle celui de Bergeret, receveur général des finances» associé libre de l'Académie de peinture, le 31 août 1754, et mort en 1785.

fermier général et j'ay assez bonne idée de ces deux tableau. Voilà cher amy ou j'en suis pour mon pinceau qui ai bien souvent interompu par les affaires de ma charge. Je n*oublyeray pas de vous envoyer la notte des livres nouveaux d'architectur. Vous poures voir chez M. de Cotte le président les derniers volumes de Piranesi ou il a trailté la manière dont construisoit les anciens Romain avec les represantation des édifice sur lequel il cet arête. Nos jeunes architectes font de bonne étude issy et s'avancent plus aisément que nos peintres : il en et party deux l'un nomé Moireau et Douailly (1 ) desquels je suis fort content il viennent de faire à eu deux qn bel ouvrages qui je crois leurs fera honneur. Il ont levé le plan général des therme de Dioclesien et les élévation et par leur grande recherche ont suplée aux choses auquel l'entique n'existe plus. Il vous sera aisé de voir leurs opérations et une explication qu'ils ont faite. Ma sœur vous remersie et vous renouvelles les assurences de ses sentiments. Faites agréer mes respects en même tems que ma reconnoissance aux souvenirs de mesdames Duchesne Thieri sœur et cousine auquelles je souhaitte le bonheur le plus [par] fait. Embrassé je vous prie mon petit confrère en porte crayon mille fois pour moy. Je vous aurois repondu plutôt si une petite raa-

(1) Picrre-Loois Morcau, né en 1727, et Charles de Wailly, né en 1729, mort en 1798.

ladie que je viens d*avoip ne mu empêché d'avoir ce plaisir. Adiou cher amy portes vous bien je suis trop persuadé de votre amilié pour en douter. Di V. S. il devotissimo estim^ serve.

Natoire.

Voules vous bien vous charger de faire rendre celte lettre à M"" de (?...) chez M"^ le comte S* Florentin.

J*ay reçu mon cher et bon amy votre dernière lettre avec le plaisir sencible attaché a ce litre qui ne s'effacera jamais tant que je respircray. La copie du pelit jardinier [par] Rr votre fils et quil m'envoye me prouve quil continue avec fruit cet étude mêlée avec tant d'autres que vous luy insinueres. Je luy souhaite beaucoup de persévérance et tout ira bien et à notre satisfaction.

J'ay été fort surpris de la mort M"^ Portail et suis bien aise que cette place (1) ayt été remplie par notre bon ami M. Massé qui a toutes les quaUtés nécessaires pour la bien administrer.

Vous êtes bien bon cher amy de pénétrer dans l'avenir quelque chose qui put nous rapprocher l'un de l'autre. Je ressens parfaitement le bon motif de ce

(1) Portail qui, ainsi que nous Tavons dit, mourut le 4 novembre 17âO, avait laissé vacante la place de garde des dessins du cabinet du roi.

songe qui vous le fait enfanter. Â mon âge on ne doit plus pencer à volliger de place en place; tant que Ton sera content de mon petit service dans celle que j*occupe je dois me Iranquiliser l'autre toute brillante quelle soit me paroitroit inférieure. Là ou la chèvre est attachée il faut quelle y broutte, puisque le sort la ainsi décidé.

Je suis charmé que vous vous souvenies de moy quand vous vous rencontres avec M"^ Soulïlot. Cest un homme d'un méritte distingué dont je fais beaucoup de cas qui joignant avec les bonnes qualités celles d'être toujours égal avec ses amis qui le verront toujours avec plaisir dans la faveur. Tous les arts et artistes doivent bien souhaiter que ce tems difficile ou nous sommes finisse bientôt. Tout le monde ressent les peines chacun dans son genre. V^ivons d'espérance cest tout le parti que nous devons prendre.

Je répons à l'article de votre lettre au sujet de M. Gilet qui vous a dit que M' Poiret chef du bureau qu'avait M. Delamotte d'Orsonville ne trouvoit pas dans les papiers des bureau les compte de M"" Leslache lequel a exercé la direction de l'accademie dans le tems de la mort de M. Weugles jusques à l'arrivée de M. de Troye. Les directeurs n'ont jamais trouvé dans l'accademie les registres des comptes de leurs prédécesseurs chacun en terminant son employ il est à présumer quil rendit ses comptes. M'^ Lestaclie qui

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