ARE NE
une quantité n'excédant pas 0 gr. 0003. Si on chauffe ce précipité dans un tube 1l dégage des vapeurs à odeur désagréable en même temps que, contre les parois, se fixent de fines aiguilles.
Le sulfocyanate de potasse donne un précipité qui peu à peu devient cristallin.
L’acide phosphorique ne précipite pas l’aconitine pure.
Si on dissout l’aconitine dans de l’acide acétique un peu étendu, dans une goutte par exemple sur une lame de verre, et si ensuite on y met de très petits grains d’10dure de potassium, on voit se former descristaux qui vus au microscope sont caractéristiques. Cette réaction est d’une extrême sensibilité et a l'avantage de ne pas détruire de substance puisqu'on peut# encore réaliser sur elle la réaction ci-dessus avec le réactif de Mayer.
On peut reconnaître l’aconitine par son action physiologique très nette sur le cobaye avec 0 g. 00005, la souris, la grenouille sont tuées en une demi-heure par 0,00002 avec les symptômes caractéristiques et les traits typiques signalés par Laborde et Duquesnei.
Les réactions colorées indiquées avec l’acide phosphorique, l’acide sulfurique et le sucre, l’acide phosphomolybdique sont dues à des impuretés de l’aconitine qui pure ne les donne pas.
Autres alcoloïdes de l’aconit. — D’après Mandelin, il existerait dans l’aconit une aconitine qui serait différente de la précédente en ce qu’elle serait un éther vératrique de l’aconine et non un éther benzoïque. Elle constituerait la base de l’aconitine anglaise et serait identique avec la pseudo aconitine.
SVT
Pseudo aconiline. — Synonym. Népaline. Sa formule est C*° H# Az0*?, Elle est connu depuis longtemps et on la croyait propre à l’aconit Indien. Elle a été retirée par Wright et Luff de l’A. Napel. Cette base cristallisé et a la saveur spéciale que nous avons signalée pour l’aconitine. Elle est difficilement soluble dans l’eau, facilement soluble dans l'alcool et l’éther, fond à 104° et, si on continue à chauffer, perd de l’eau en se convertissant en anhydride C% H47 AzOf. Elle se dédouble comme . l’aconitine, sous l’influence des alcalis, en une base et un acide, mais l’une et l’autre sont bien distincts des dérivés de l’aconitine : acide est l’acide diméthylprotocatéchique; la base est incristallisable, soluble dans l’eau et l’ether et ses sels sont amorphes, c’est la pendoaconine dont la formule est C7 H#! AzO° et qui à 100° se convertit en anhydride C%7 H%# AzO$
La pseudo aconitine est plus active que l’aconitine de Geiger mais l’est moins que l’aconitine cristallisée bien qu’elle agisse qualitativement de la même façon.
L’aconit ferox selon Madsen ne convient pas à sa préparation ni à celle des autres alcaloïdes car elle y est accompagnée d’impuretés dont il est presque impossible de la séparer.
Les racines de l’aconit du Japon (Kusu-usu) sont très reconnaissables et contiennent un alcaloïde appelé japaconitine qui, selon Paul et Kingzett a pour formule C*H* AzO°et agit presque aussi activement que l’aconitine de Duquesnel.
Préparations à base d’aconit. — Nous ne pouvons sans sortir des limites de ce travail faire autre chose que
en
signaler les principales préparations d’aconit. Nous renverrons aux traités spéciaux pour de plus amples détails en nous contentant d’éclaircir ici quelqnes points omis dans la plupart d’entre eux.
Le Codex prépare d’abord deux alcoolatures, l’une de feuilles l’autre de racines et il prescrit les mêmes dosesde ces deux parties si différemment actives de notre végétal !! Or, jamais le médecin (ils ignorent en général ce fait) ne spécifie quelle alcoolature il entend ordonner et il arrive qu'un malade reçoit l’alcoolature de feuilles, puis s’il change de pharmacien celle de racines... Il y a depuis longtemps des accidents par suite de cette regrettable confusion.
On sait que notre Codex, qui d’ailleurs ne fixe pas les doses à prendre, a eu précisément avec cette alcoolature une aventure qui aurait pu avoir de graves conséquences. L'édition de 1884 était tirée quand on s’aperçut que la dose d’alcoolature pour la préparation du sirop à prendre par cuillerée à bouche était de 100 pour 1000. Il fallut immédiatement prévenir les pharmaciens et ceux-ci durent acheter un nouveau tirage du Codex.
Les pharmacopées étrangères et notre Codex préparent une teinture d’aconit avec les feuilles. (La Ph. german. presvrit 0,5 pro dosi et 2,00 pro die).
Extraits. — Il ne faudrait pas moins de dix pages pour signaler les variations des extraits et parcourir les préparations de pharmacopées d'Europe. On en prépare avec les feuilles, avec les racines, avec l’aconit napel et même d’autres tels que À. neomontanum, A. Tauricum (Ph. Hung., Ph. Aust. et Ph. Rom., etc.; d’après la
Ph. Brit. avec l’aconit cultivé en Angleterre. On emploie l’eau, l'alcool étendu, l'alcool fort et le modus faciendi varie à l'infini.
Notre codex ne fixe pas les doses. Voici celles des divers pays : Ph. Belg. 0,02; Ph. Russ. 0,06: Ph. Néerl, 0,13; Ph:Dan. et Ph. Norw..0,15; Ph. Helvet. 0,20. Les . doses pro die sont : 0,10, Belg.; 0,25, Russ. ; 0,5 pour l'extrait alcoolique et 1,3 pour l'extrait aqueux, Néerlande; 0,6, Helvet.
L’extrait de racines est plus actif que celui des feuilles et ses modes de préparation varient d’une façon extraordinaire, Les doses varient selon les pharmacopées de 0,01 pro dosi à 0,030 pro die, Ph. germ. et Ph. Russ.; 0,12 Ph. Aust. et Hung. ; la Ph. Roum. donne le chiffre extraordinaire de 0,60 par erreur d'impression certainement selon Hirsch.
On trouve en outre des extraits fluides, des extraits secs, etc.
Le sirop d’aconit se prépareen France avec l’alcoolature,
Voici la liste des spécialités à base d’aconit pouvant donner lieu à des empoisonnements.
Pillules de Moussette. — Gouttes odontalgiques de Magitot. — Liniment dialytique de Bonjean. — Mixture de Gueneau de Mussy. — Mixture antiarthritique de Roll. — Mixture antigastralgique de Fleming. — Pilules dialytiques de Bonjean. — Teinture anticholérique de Franceschi, etc., etc.
CHA EUTELERC ES EUET
Physiologie
Variabilité d'action des différentes préparations d'Aconit. Action de l’aconitine sur les différents systèmes de l’économie. Voies d'élimination.
Rien n’est plus variable quant à l'intensité, c’est-à-dire à la toxicité, que les effets physiologiques obtenus avec les différentes préparations d’aconitine. La similitude parfaite et l'identité d'action de la plante et de son dérivé l’aconitine étant admise nous n'emploierons désormais que ce dernier terme. M. Gubler classe de la façon suivante par ordre d’intensité décroissantes les différentes espèces d’aconitine : En première ligne l’aconitine cristallisée de Duquesnel, qui, à la dose de 1/2 milligramme en injection sous-cutanée tue un moineau en une minute. Au second rang l’aconitine amorphe de Hottot et Morson qui met 15 minutes pour tuer un moineau avec la même
dose et par le même procédé que précédemment. Viennent ensuite la napelline de Morson, l’aconitine ordinaire du commerce, puis l’aconitine allemande, et enfin, tout à fait au bas de l’échelle la napelline de Hübschmann et la picraconitine de Graves. D’après ce que nous avons vu au chapitre prècédent, cette classification ne peut plus être admise.
Cette variabilité d’intensité dans l’action physiologique, cause du délaissement dans lequel l’aconit était tombé en thérapeutique, jusqu'à la découverte de l’aconitine cristallisée est encore cause actuellement des accidents qui surviennent dans l'emploi de ce médicament et justifie pleinement l’hésitation que quelques praticiens montrent à le prescrire. « Les médecins, dit M. Debout, auront beau avoir discerné l'indication d’un remède, fait choix du meilleur agent thérapeutique, saisi enfin le moment le plus opportun pour son administration, toute leur science pratique échouera s’ils donnent une préparation mal faite, un médicament altéré, infidèle. Or, c’est ce qui arrive 99 fois sur cent pour l’aconit. » — Et Gubler : « Il n’est pas dans toute la matière médicale un agent plus’ infidèle et si l’on peut dire plus capricieux que l’aconit. Tantôt d’une effroyable énergie, il fait hésiter les moins timides ; tantôt d’une énergie dérisoire, 1l ne peut trouver grâce que devant la médecine expectante. D'où le discrédit, en quelque sorte mérité dans lequel ce médicament est tombé parmi nous. »
Ces différences d'action tiennent vraisemblablement à des causes multiples. Tout d’abord la toxicité peut varier suivant les espèces employées pour l’extraction de l’alcaloïde ; telle espèce renfermant une plus grande quantité
Hi
d’alcaloïde, ou renfermant un alcaloïde plus puissant en quantité égale. D'autre part, une même espèce a une toxicité différente, et par conséquent doit donner des produits différents, suivant qu’elle provient de telle ou telle région ; c’est ainsi que l’aconit Iycoctonum, poison violent dans les pays tempérés, est une plante alimentaire en Laponie. « Ceci, dit Gubler, à cause des modifications que les conditions cosmiques peuvent imprimer aux végétaux jusque dans l’intimité de leur structure et de leur composition chimique. En outre les différentes parties de la plante desquelles l’aconitine est extraite, leur état de conservation ou d’altération, l’époque où elles ont été cueillies, ne sont pas quantités négligeables.
Nous n’insistons pas ayant déjà mentionné toutes ces choses au chapitre précédent.
Enfin, ici comme pour tous les médicaments et plus que pour tout autre, vu l'extrême énergie de l’alcaloïde et la possibilité d'accidents, même avec des doses inférieures à un milligramme, il faut tenir compte de la susceptibilité individuelle, susceptibilité individuelle résultant, non pas tant d’une prédisposition naturelle spéciale, d’une idiosyncrasie, que du bon fonctionnement des organes par lesquels s’élimine le toxique (foie, reins, etc.).
Nous n’étudierons dans ce chapitre que l’action physiologique de l’aconitine cristallisée et nous passerons successivement enrevue ses effets sur les muqueuses, sur la peau, sur le tube digestif, sur le système nerveux, sur l'appareil respiratoire et sur l’appareil circulatoire. Nous terminerons par quelques mots sur le mode d’élimination.
L’aconitine irrite vivement les muqueuses. Introduite entre les paupières, elle détermine de la rougeur et du
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larmoiement. La plus petite parcelle mise en contact avec les voies respiratoires provoque l'éternument et la toux. Sur la langue elle produit une sensation spéciale comparable à la saveur âcre et brûlante du poivre ou de la racine de pyrèthre, sensation s’accompagnant de l’altération ou de la perte du goût dans la partie antérieure de la langue, ce qui fait que les substances sucrées sont mal goûtées alors que l’amertume est parfaitement percue, Sur la peau dénudée par un vésicatoire ou fortement
frictionnée et rougie l’aconitine produit une sensation de picotement, de chaleur ou de cuisson vive. Du reste l’aconitine parait s’absorber assez facilement par la peau, H. Guéneau de Mussy (société de thérapeutique, 1877), signala un cas d’empoisonnement dans les circonstances suivantes : appelé auprès d’une dame qui souffrait depuis longtemps d’une névralgie faciale, il conseilla l’emploi d’une pommade ainsi compasée :
axonge 15
aconitine 0,05
pour frictions sur le sourcil. Cette dame en employa, de la manière qui lui avait été indiquée, gros comme un petit pois. Trois heures après le docteur Guéneau de Mussy, appelé en toute hâte, la trouva sans connaissance.
Les injections sous-cutanées sont douloureuses chez les animaux et chez l'homme. Le chien retire brusquement la patte et souvent pousse quelques cris plaintifs, puis, remis sur ses pieds, il tient en l’air la patte qui a reçu l'injection et porte fréquemment le museau à l'endroit de la piqûre. Chez l’homme cette impression locale se tra-
duit par une sensation de fourmillement d’abord, puis de
ne
vraie brûlure. De plus, on constate une diminution, puis peu à peu une perte complète de la sensibilité dans la région entourant la place de l'injection, comme le montre l'expérience suivante faite sur lui même par A. Cohn (Beitrag zur Wirkung des aconitins. Thèse de Berlin 1888).
« Je m'injectais le 28 mars avant midi, à la face dorsale de la main gauche une demi-seringue de ma solution, c’est-à-dire 0,00005 de nitrate d’aconitine (5100 de mmgr.) Aussitôt après, une forte cuisson se fit sentir dans un territoire de 2 centimètres; cuisson qui, de minute en minute, devenait plus forte. Déjà après 10 minutes la sensibilité s’engourdissait dans la région; après 15 minutes, la sensibilité au contact et à la douleur était diminuée d’une façon notable; le contact d’objets mousses n’était pas senti dans une zone de 3 centimètres; la sensibilité au froid et à la pression avait disparu. Une épingle pouvait être enfoncée profondément sans que je ressente de la douleur là où persistait cette violente cuisson. Après 29 minutes, le territoire anesthésié s'était beaucoup étendu, l’anesthésie était complète, elle fut éprouvée à l’Esthésiomètre par un de mes collègues.
«Ces manifestations durèrent jusqu’au soir, etencore à ce moment, la sensibilité était engourdie et la rougeur persistait. La cuisson était si forte que je ne pouvais porter ma main que suspendue, ce qui adoucissait un peu la douleur. Le jour suivant, la place de la piqûre était très sensible à la pression. Ces expériences furent faites, comme je l’ai dit, sur la face dorsale de la main gauche et en étudiant en même temps Ja sensibilité sur la peau des parties correspondantes de ma main droite ».
L'action sur le tube digestif a été si bien étudiée par M. Gubler que nous ne ferons que reproduire le tableau qu’il en donne dans ses Commentaires du Codex. « Le médicament enveloppé dans une substance inerte et introduit dans l’estomac y détermine une sorte de brûlure, éveillant du côté de la cavité buccale des phénomènes sympathiques, particulièrement de la salivation. En même temps surviennent des envies de vomir de l’obnubilation de la vue, du vertige, des tendances syncopales, des coliques. A ces désordres dès le début ou plus tard se joignent des troubles de la sensibilité, des picotements, des fourmillements ; même sensation à la face. Ces symptômes peuvent être rattachés directement ou indirectement à l’irritation exercée sur le tube digestif. »
Comment agit l’aconitine sur le système nerveux ? Nous résumerons les différentes opinions émises par les auteurs qui se sont occupés de la question, car rien n’a été plus discuté que cette action.
Van Praag en 1854, constate la paralysie des pattes postérieures chez les mammifères et la paralysie des muscles de la tête.
Schroff, la même année trouve une action élective et spéciale sur le trijumeau produisant dans toutes les parties du nerf des sensations le plus souvent douloureuses. Il note des mouvements convulsifs de la tête en arrière suivis de mouvements convulsifs du corps tout entier.
Plus tard, Hottot et Liégeois admettent que l’aconitine agit sur le cerveau et les centres, et que cette action se traduit successivement par l’abolition de la respiration, de la sensibilité générale, de la sensibilité réflexe, des mouvements volontaires.
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Pour eux, les effets du poison sur les nerfs périphériques Succèderaient aux effets du poison sur les centres, l’excitabilité des filaments nerveux moteurs ou sensibles disparaîtrait dans les fibres périphériques avant de disparaître dans les troncs nerveux.
Duckworth (1861) constate tout d’abord, au début de l’empoisonnement, du myosis, puis deux ou trois minutes avant la mort une dilatation énorme qui persiste jusqu’au moment où l’animal expire. Après la mort, on peut voir dans l’une des deux pupilles ou dans toutes les deux des alternatives de resserrement et de dilatation et ces variations peuvent durer 10 à 12 heures après la mort.
Hahn en 1863 note la paralysie des membres postérieurs rarement totale, la sensibilité intacte jusqu’à l'invasion complète de la paralysie, la salivation, pas de diurèse.
Aschscharumow (1866) signale la paralysie des nerfs moteurs des muscles volontaires qui deviennent inexcitables et la conservation des mouvements réflexes. et de la sensihilité. Il admet, en s mme. une action semblable à éellé"dir cttrate Bo: Wuri | con-tatanl comme
es miscles volontaires, oit détrüite par
OI
En 1871 Diquesnel et Gréhant exposent les résultats de leurs expériences faites avec l’aconitine cristallisée que le premier d’entre eux venait de découvrir. Ils concluent que les nerfs moteurs sont atteints dans leurs extrémités périphériques comme par le curare. Cette opinion est généralement admise. Hunter Mackensie assure cependant que les faisceaux moteurs .de Ia moelle sont plutôt
stimulés. Ces deux manières de voir quoique diamètralement opposée sont éxactes toutes deux, il s’agit d’une question de dose; petite, dans l'expérience de Duquesnel et Gréhant, forte dans les cas de Hunter Mackensie,
Gubler, 1874, admet l’action éléctive de l’aconitine sur les nerfs de sentiment.
Harley à la même époque confine l’action de l’aconitine sur la moelle allongée, dans une zone Comprenant les racinés des nerfs vague, hypoglosse, spinal, pour de là atteindre avec une action affaiblie, l’origine de la troisième paire. D’après lui, elle aurait principalement des propriétés anesthésiantes limitées à la tête et au cou. Ces
faits expliqueraient les troubles de la respiration, si profonds dans l’empoisonnent, les troubles de là vue, les effets stimulants du côté de la langue et de la face et La cure des névralgies faciales.
D’autres, Franceskini, Laborde, Sidney, Ringer, Murrel, etc., admettent la paralysie des nerfs sensitifs sans distinction.
Guillaud, dans son excellente thèse de Montpellier 1874 localise essentiellement l’action de l'aconitine sur les centres de la moelle et du bulbe. Elle augmenterait d’abord leurs propriétés excito-motrices comine la strychnine et les sels d'argent et les paralyserait ensuite. Dans l’encéphale, les centres des mouvements volontaires seraient atteints et très affaiblis, les centres nerveux seraient respectés en partie. Après les centres nerveux, les nerfs sensitifs, les nerfs sécréteurs, les nerfs moteurs, le système nerveux lympathique, puis les muscles seraïent successivement atteints par la paralysie. L’élévation «le la dose ne ferait que précipiter et condenser les phénomènes
sans changer la marche des accidents. Mais comment, au fond, l’aconitine agit-elle sur le système nerveux central? On l’ignore. Une action sur les vaso-moteurs de la moelle et une congestion de cet organe ne sont pas soutenables comme cause essentielle d’après le docteur Guillaud; il croirait plutôt à une modification de nutrition des organes centraux par le mélange de l’alcaloïde avec le sang et le plasma nutritif.
L'accord est loin de se faire, si nous passons à l’action de l’aconitine sur le cœur et sur la respiration. En effet, si tous les auteurs se sont plu à constater l’irrégularité, le ralentissement et l’affaiblissement des bruits cardiaques et la dyspnée intense qui suit l'injection d’une dose suffisante d’aconitine, ils se divisent lorsqu'il s’agit de l'interprétation de pareils faits.
Les uns comme Rosenthal, Lewin, Aschscharumow, admettent la paralysie primitive du cœur, d’autres (et c’est l’opinion que nous admettons) comme Harley, Laborde, Franceskini, Duquesnel, soutiennent que le cœur n’est atteint que secondairement. En effet sa contractilité musculaire n'est pas atteinte, elle peut même être réveillée par l'électricité quelques instants après la terminaison fatale. La mort survient par asphyxie. Il suffit en effet, pour faire vivre un animal auquel on a donné une dose double de celle qui est suffisante pour le tuer, de faire la respiration artificielle. C’est donc la fonction respiratoire qui succombe avant la fonction cardiaque, bien que celle-ci soiten même temps profondément atteinte. L'influence du système nerveux peut seule nous donner la clef de ces phénomènes. Le poison agit d’abord et principalement sur les centres buibo-médullaires,
et NE
ES
mais à cette influence directe et centrale, il convient comme l'ont fait remarquer MM. Laborde et Duquesnel, d'en ajouter une autre. Le toxique s’élimine en quantité. très minime, mais enfin en quantité appréciable par la muqueuse bronchique, et il est très rationnel de penser qu’une influence réflexe sur les extrémités du pneumogastrique amène des modifications tant du côté des actes mécaniques que du côté des actes plus intimes de la respiration.
Lés mêmes phénomènes réflexes, ayant aussi pour agent essentiel, le pneumogastrique, doivent se passer du côté du cœur, car ce dernier sans être un organe d’élimination sert de passage continuel au véhicule qui transporte le toxique et en reçoit sans cesse le contact tant que le sang ne s’en est pas complétement débarr'assé.
Comment s’élimine l’aconitine ? Les fonctions de secrétions les plus infliencées par l’alcaloïde, sont tout d’abord la sécrétion salivaire et la sécrétion biliaire, après lesquelles viennent les sécrétions muqueuses gastro-intestinales et bronchiques, puis la sécrétion et l’excrétion urinaires, L’action pertubatrice de l’aconitine sur ces différentes fonctions se traduit par une hypersécrétion marquée. C’est de ce côté qu’il faut chercher la voie d’élémination du toxique. Pour MM. Laborde et Duquesne] l’excrétion biliaire serait la voie d'élimination essentielle. On peut en retrouver des traces dans la salive. Enfin comme l'avait constaté Franceskini une partie de l’aconitine introduite dans l’organisme s’élimine en nature par les urines.
De ce rapide exposé de l’action physiologique de l’aco-
Hip
nitine sur les différents systèmes de l’économie, nous retiendrons surtout ceci : c’est que cet alcaloïde que quelques auteurs avaient cru devoir placer parmi les poisons dits musculaires et cardiaque, est un poison bulbo-spinal amenant la mort par asphyxie, après avoir causé des troubles marqués surtout du côté de Pappareil de la respiration et de la circulation; troubles dus en partie à l’action directe du toxique sur les centres et aussi à une action réflexe prenant naissance au niveau des poumons et du cœur par le contact du poison et transmise aux
centres par les pneumogastriques.