‹ Aconits et Aconitines: ToxicologieChapitre 21 sur 35 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

G. Bird. The Lancet, Londres 1848. Traduction. Thèse de Bassot.

Il s'agit d’un homme occupant une haute position sociale et qui pour des motifs secrets avait absorbé de l’aconitine que lui avait délivrée sur sa propre prescription, un des plus honorables-droguistes de Londres. Il avait en effet étudié la médecine et la chimie, pour compléter sa vaste érudition. Quand le D' Bird le vit, huit heures après l’empoisonnement, le imnalade était en plein collapsus, la peau couverte d’une sueur froide; il était pâle, les mouvements du cœur à peine perceptibles, la pupille réagissant à la lumière, aucune paralysie motrice ou sensitive. Le parquet était inondé de matières vomies. Malgré un épuisement complet, l’intelligence est intacte. Le symptôme le plus important consistait en un vomissement incessant d’un liquide brunâtre, se répétant toutes les minutes.

En essayant de lui faire avaler quelques liquides, le D: Bird produisit un terrible spasme au gosier, analogue à ceux que l’on observe chez les hydrophobes. Il fut placé dans

“un bain chaud puis au lit, un large cataplasme de moutarde est appliqué sur la région précordiale, puis un lavement térébenthiné. Il reste à peu près jusqu'au soir dans le même état, les effets du poison s'affaiblissent graduellement, le

pouls quoique très faible était facilement perceptible. Les spasmes pseudo-rabiques se reproduisaient chaque fois qu'il essayait d'avaler. de sorte qu'on ne put utiliser aucune des potions qui avaient été prescrites. On lui donna seulement des lavements de bouillon de bœuf additionnés d’un jaune d'œuf et dix gouttes de laudanum pour amener du repos et du soulagement. La nuit fut partagée entre l’épuisement et les spasmes. L'intelligence restait d’une lucidité parfaite. Il pouvait même quond il sortait un peu de son collapsus entretenir en fra çais une conversation avec un ecclésiastique qui le soignait avec le chirurgien. Après celte terrible lutte avec la mort, il finit par triompher ds effets du poison, et le lendemain, trente six heures après lempoisonnement, il était convalescent.

Le D: G. Bird insiste sur cette circonstance que la plus grande partie du poison, dont deux grain: et demi environ (le grain anglais équivaut à 0 g. 064) avaient été absorbés, avait été rejetée par les vomissements. Il insiste surtout sur les vomissements convulsifs et la pseudo-hydrophobie comme étant peut-être pathognomoniques de l’empoisonnement de l'aconitine.

Quand aux suicides par l’aconitine allemande, nous avons trouvé le cas suivant relaté dans The British Medical Journal.

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