‹ Acques [i.e. Jacques] Cartier [microforme]Chapitre 15 sur 55 · DU TU RER · texte numérisé non relu

DU TU RER

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homos nn Der tn tetes de

C'est à la rive septentrionale de la Grande-Conchée |

qu'avait atterri le sauveur de Constance. Quatre hommes, vêtus comme des matelots, se tenaient là, lui prêtant leur aide, car il avait autour du corps une corde

sans le secours de laquelle il ne serait jamais parvenu à À

regagner l’ilot.

— Mort de ma vie! je ne croyais pas la mer aussi dure! proféra-t-il en remeitant le pied sur la grève, — Nous avions toutes les peines du monde à résister

au vent qui nous poussait d’un côté, tandis que la corde | à laquelle vous étiez attaché nous entraînait de l’autre,

dit l’un des hommes.

— Oh! ç'a été pour vous une rude corvée! reprit-il ironiquement.

— Non pas rude; cependant...

— Bon, bon; mais ia seconde corde, celle que j'avais emportée à la main?

— Cassée ! elle vient de casser!

— Comment! elle a cassé?

— Oui, marquis, elle s’est rompue au moment même où elle se tendait et où nous pensions ramener ceux qui devaient s’y être amarrés. #

— Mort de ma vie ! voici un vilain incident Alors la femme du pilote est perdue, car il fait noir comme dans le trou du Diable, et la mer est si méchante que pas plus maintenant que tout à l’heure nous ne pourrions mettre une embarcation à flots. |

Comme pour confirmer ces paroles, une vague gigantesque vint, en meuglant, fondre sur eux. Pour n'être pas emportés par cette vague, ils n’eurent que le temps

trange

de se bras € colon!

Le poitril — ( rée, t:

réchat Et, escalac met de par ur la lum . Guid la crev qui av:

aussitÔ che de —M — M naître ; ne vo erre,

Et lc

hait à — Mc mpérie

chée de se réunir en un groupe serré, en entrelaçant leurs 10mM- bras et leurs jambes, et formant ainsi une inébranlable , lui colonne de muscles et d’os.

orde

Le libérateur de Constance tenait, pressée contre sa

QUE M poitrine, la jeune fille à demi évanouie.

a — (à, mes gars, dit-il, quand la lame se fut retis rée, tant pis pour ceux qui sont làchés; allons nous réchauffer.

sister

corde | Et, passant devant les hommes avec sa protégée, il vutre, MR cscalada quelques roches qui le conduisirent au som-

met de la Conchée, dont le plateau fort étroit était coupé prit-il par une crevasse, au fond de laquelle on apercevait de la lumière.

. Guidés par cette lumière, nos gens descendirent dans avais la crevasse, où les quatre matelots quittèrent l'individu

qui avait arraché Constance à l’abime ; et celui-ci entra aussitôt dans une espèce de grotte, éclairée par une torche de résine.

même

— Maharite ! Maharite ! appela-t:il d’un ton dur. X qui

— Maharite y est pour le maître, rien que pour son naitre; la joie soit avec lui! répondit, en bas-breton, ne voix qui semblait monter des entrailles de la erre.

lors la > dans 1e pas

rrions Et l'on vit surgir d’un coin de la grotte un corps

transe, si courbé vers le sol qu’on eût dit qu’il marigan- hait à quatre pattes.

n'être — Mort de ma vie! que faisais-tu donc? fut-il repris temps Mnpérieusement.

nu

— Maharite préparait le louzou {{1) pour la pen.

A en € nèrès (2).

; x . . sèche — Toujours tes magies, hein? tu finiras sur un bi. « Sa cher ! . fl . A , ‘ , ŒUICR — Et toi, mon maitre, repartit railleusement Maha- … He à le se rite, toi tu finiras au bout d’un écheveau de chanvre! r | à der — Tais ta langue! tais ta langue, femme ! et fais du di : . chose feu pour cette jeune fille ! Dar Le monstre tourna à demi sa tête, dont les cheveux “) | | e b tombants balayaient la terre, et wii sourd grognement Ft sortit de sa bouche : ; | . aussit — Encore une victime | ( Ce n’est pas sans raison que nous l’appelons monstre, des re, car il est impossible d'imaginer quelque chose de plus \ hideux que cette pauvre créature. Non-seulement une dre affreuse difformité l'obligeait de marcher à la manière, de des bêtes, maïs son visage n'avait plus rien d’humai. Il n’était que cicatrices d’un rouge sombre, violacé, où 7 ? de cett

le nez apparaissait seulement comme les deux cavité ul qui trouent celui d’une tète de mort, où les yeux saillis- Et se saient entre des bourrelets de chair sanglants comme... dt des phlegmons, où, pour en finir tout de suite avek, Qué ces horreurs, la bouche, dépouillée de ses lèvres mn V montrait une double rangée de dents magnifiques, mème j mais dont la blancheur mème augmentait encore l'® dieux de cet épouvantable masque.

Avisée e (0 len. .

— Dépêche ! et fais du feu, te dis-je, répéta l'homme 5, ; raiche d (1) Plante douée de vertus magiques, que l’on va cueillir, le & F medi, à minuit. n à ce (2) Jeune fille à marier. Mais,

pee en étendant Constance sur un lit de plantes marines a: sèches. à in bte Sans àvoir tout à fait perdu connaissance, la jeune e fille n'avait plus, depuis l’engloutissement de la barque, Maha- le sentiment exact de son être. Elle voyait et entendait anvre | à demi, mais ne pouvait apprécier les objets ou les fais du D choses.

Dans une petite niche de la caverne, son sauveur prit FE REV D 0 bouteille d’eau-de-vie, dont il versa quelques gout- F5. ACMEN ES be sur les lèvres et sur les tempes de Constance, qui ; aussitôt s’agita, frissonnante, sur sa couche. 7 — Où suis-je? demanda-t-elle, en promenant çà et là 00 D des regards étonnés.

de plus — Vous le saurez dans un instant, répondit-il d'un ent bi ton courtois. Mais soyez assurée toutefois que vous êtes MAC ER en sûreté. | | SE: — Ah! c’est vous ! s’écria-t-elle en frémissant au son lacé, Ce cette voix. Fa care — Je vous effraie? fit-il tristement. Mon costume... : | sal Et ses yeux tombèrent sur ses jambes nues, sa che- hi) 4 COM EEmise et ses braies, d'où l’eau coulait comme d’un ruis- th ite ave on, 1 | VS Vous oubliez, messire Georges, dit-elle, que, quand 4 f LUE nie je ne vous devrais pas ma vie, je serais bien mal f L

core l'®

visée en ayant attention à votre accoutrement, car le pie mien...

Et, à son tour, elle jetait les yeux sur sa toilette, si raiche deux heures auparavant, en si pitoyahle condiion à cet instant.

Mais, s'interrompant :

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UE h | h À b # ! 4 1h Fa ER.

— Et ma mère, et nos bateliers ? interrogea-t-elle avi. dement.

— Oh! j'espère qu’ils sont sauvés aussi! répondit Georges d’un air embarrassé,

— Pensez-vous ?

— Oui, du reste, j'ai envoyé une barque à leur re. cherche... Maïs je vais me retirer pour vous laisser changer de vêtements...

— Qui m’en donnera ?

— Cette femme que vous voyez accroupie et qui chante

devant l’âtre.

— Quoi! la sorcière !

— Vous la connaissez, Constance ? s’écria-t-il, avec un émoi qu'il s'efforça ensuite de dissimuler.

— Eh ! qui ne connaît la sorcière de la Conchée ! Nou sommes donc sur l’ile ?

— Oui... commandez à Maharite et elle vous obéira.. Je sors; me permettez-vous de revenir ?

— Oh! oui! Ne me laissez pas longtemps ici, suppliat-elle en tendant sa main à Georges, qui y imprima uw baiser.

Puis il quitta la caverne ; et Constance demenra seule avec la sorcière, laquelle chantait d’une voix étrange ce chant plus étrange encore :

«— Merlin, Merlin, où allez-vous si matin ave votre chien noir?

« — Je reviens de chercher le moyen de trouverit l'œuf rouge.

« Je l'herbe « Et taine, (— gui au « Et d'or.

« Cor dans le

«Mer vin que

— Le rouche, d'autre «

Et M:

flamme Îlamboy

À cet fond du

— Ah rée, pou railleuse.

décidéme belle con horrible, puis ver

jante

« Je vais chercher dans la prairie le cresson vert et l'herbe d'or.

« Et le gui de chène, dans le bois, au bord de la fontaine,

«— Merlin ! Merlin ! revenez sur vos pas, laissez le gui au chêne.

gs,

« Et le cresson dans la prairie, comme aussi l'herbe d'or.

« Comme aussi l'œuf du serpent marin parmi l’'écume dans le creux du rocher...

«Merlin! Merlin! revenez sur vos pas; il n’y a de devin que... »

— Le Diable ! acheva-t-elle avec un ricanement farouche. N’est-ce pas, ma mignonne, qu'il n'y à | a d'autre devin que le Diable?

Et Maharite tourna vers Constance sa face, dont la flamme jaillissante du foyer faisait, pour ainsi- dire, flamboyer les abominables laideurs.

À cet aspect, la jeune fille se serra, en tremblant, au fond du lit.

— Ah! jete fais peur! je te fais peur, petite mijaurée, poursuivit la sorcière, avec des inflexions tour àtour railleuses et sinistres ; je suis donc bien horrible ! bien décidément horrible ! Moi aussi j'ai été belle, pourtant, belle comme toi, plus que toi. Et toi aussi tu deviendras horrible, plus horrible que moi! Ah! je te vois pàlir, puis verdir comme la mousse qui tapisse ces rochers !

Ab! sur ton corps si frais, si parfumé, je vois grouiller des millions et des millions de vers gluants..…

— Tais-toi! maudite! oh! tais-toi! ordonna Constance, sautant à terre. |

— Pouah ! continua la sorcière, avec un geste de dégoût, je sens l'odeur, l'odeur exécrable de tes chairs qui tombent en pourriture... | .

— Misérable! proféra la jeune fille, faisant un bond pour s'enfuir de la caverne.

Mais Maharite la retint par le pan de sa jupe.

— Arrête! mignonne! arrète! Entends-tu comme la mer gronde, comme le vent se lamente au dehors ?...Où irais-tu ? Non, reste, reste ici. Je veux te faire belle, moi ; plus belle que tu n’as jamais été, que tu ne seras jamais !

En prononçant ces paroles Maharite trainait la pau-

vre enfant effarée dans un couloir, dont elle éclaira les profondeurs avec une torche de résine.

Elle ouvrit un coffre en bois peint, et, pièce à pièce,

en tira un coquet habillement de jeune mariée. Depuis À

le voile virginal jusqu’à l'anneau d’or, rien n’y mar: quait.

— Voyons, mignonne, mets bas cette cutte mouillée, disait-elle, en rangeant les objets sur le coffre.

Et comme, malgré son audace habituelle, Constance ne bougeait pas, Maharite, se hissant sur un banc, se prit à la dévêtir avec autaut d'adresse que d’agilité Mais, en la débarrassant de ses effets, elle s’extasiai sur les charmes’ de la jeune fille, et mêlait de prédic tions lugubres, révoltantes, ses marques d’admiration.

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Constance, éperdue, n’osait lui résister. Quelle que fût la fermeté, nous pourrions dire l’impudence qui lui était propre, tant d’impressions violentes ct diverses avaient fondu sur elle, depuis le départ de Jacques Cartier, que sa volonté s'était amollie comme la corde d’un are trop longtemps tendu. |

Elle laissait faire et parler cette bizarre créature, qui, tout en lui passant la robe nuptiale, extraite du coffre, disait sur un ton rhythmé, mystérieux :

« Il y aura six ans, six ans vienne la Saint-Jean, la Saint-Jean prochaine,

« Dans le village, le joli village de Pordic, tout près, tout près de Tréguier,

« Vivait heureuse, vivait bien heureuse Maharite, Maharite, la femme du pècheur Jugon.

«Mais Maharite était coquette, elle était trop coquette; et mal lui en prit, grand mal lui en prit.

«Son mari n’était pas pieux, pas pieux du tout, et mal lui en prit aussi, très-grand mal lui en prit.

«Le jour de la fête, de la fête de monsieur saint Jean,

le mari de Maharite était allé à la pêche, dans son bateau, dans son grand bateau.

«Maharite la frivole, Maharite rencontra hors du lg. un chevalier, un chevalier tout de vert habillé.

«Maharite la folle, Maharite écoutà les paroles, les trop ‘'ouces paroles du galant cavalier.

« C'était le démon, le beau démon, sorti des enfers pour la séduire, la séduire et la tromper.

«— Où vas-tu, Maharite? Maharite, où vas-tu ? » de-

à ava manda le prince, le prince damné des Enfers.

oui « — Cavalier, gentil cavalier, je vais, dit-elle, au feu , | ° « «que l’on allume sur le rocher, pour monsieur, le très- Le e : : e ci « vénéré monsieur saint Jean. | LA ,° 4 . « «a — Non, tu n'iras pas, tu n’iras pas à ce feu; mais chât « viens avec moi, nous en allumerons ensemble un plus | : | eniv « brûlant, bien plus brûlant.

La La LA LU LU Li « « — Laissez-moi, aimable cavalier ; aimable cavalier, | j Le ue . : qua « laissez-moi ; je veux aller à la fête, à la fète sacrée. : Ù eL «a — Cette fête, douce Maharite, Maharite très-douce, | à 1 «nous la ferons dans mon château, dans mon riche chà- . mai «teau. | dit, « — Monseigneur, je ne saurais, je ne saurais conser- | Q Q Q Q 0 . Q Q ( À «tir; que dirait-on au village si je vous suivais dans , | ; naise « votre château, votre riche château ? , faire « — Viens, il y aura pour toi des coiffes en dentelle, 1 dù ‘ « « en fine dentelle; et une robe, une jolie robe violette, ” et to

«— Y aura-t-il tout cela? Messire, y aura-t-il tout dévo: « cela? » dit, en s’arrêtant, Maharite, l’imprudent® Ma-

« harite. re « — Il y aura aussi, ma belle, de l'or, de l'or pour

« payer les redevances que vous devez à votre seigneur, slobl

« votre très-redouté seigneur. »

enfers

? » de-

au feu le très-

; mais un plus

avalier,

crée,

-douce, he chà-

consenhis dans

lentelle, olette,

-1l tout nts Mo-

or pour bigneur,

a Notre seigneur, notre redouté seigneur était cruel, très-cruel pour ses vassaux.

«Son intendant, son intendant, aussi dur que lui, avait menacé Jugon de l’enfermer dans la tour, dans la tour épaisse du manoir.

« Maharite, la crédule Maharite, suivit, en hésitant, le cavalier, le perfide cavalier.

« Il la mena dans son château, dans son merveilleux château, où il lui fit boire des liqueurs, des liqueurs enivrantes.

« Maharite, ah! plaignez Maharite! s’endormit, et quand elle s’éveilla, elle était couchée, couchée à côté de LUI!

« Et le château était en feu, en feu flambant, et formait ce bûcher, ce magnifique bûcher que Satan avait dit.

« Sans mal, sans mal aucun Lucifer sortit de la fournaise, et Maharite, la désolée Maharite aurait voulu faire comme lui.

« Mais le plancher s’écroula, s’écroula sous ses pieds, et tomba Maharite dans les flammes, dans les flamn.es dévorantes,

« Où Maharite, la malheureuse Maharite, se rompit les reins et se brûla le visage, se brûla le visage au vif.

« Et, le lendemain, on apprit que Jugon, Jugon le pècheur, avait péri dans la mer, la mer sans fond” b,

Le. 2

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D ny og rm — TI lle midi “mighe

« Et ainsi furent punis par monsieur saint Jean, le sevère monsieur saint Jean, Maharite, la très-coupable Maharite, et son mari.

«Et voilà l’histoire, la triste histoire de Maharite, Maharite la magicienne du roc Quince. »

Comme la sorcière terminait son goerz, d’une voix douce, qui n’était pas sans charme musical, elle achevait aussi la toilette de Constance. Peu à peu, la jeune fille s'était remise de sa stupeur. Elle prêtait une oreille attentive, presque complaisante, au chant de Mabarite.

— Allons, mignonne, dit celle-ci en reprenant son ton sarcastique, après avoir fini; allons, à ton tour

d’être l’amante et la dupe du roi des ténèbres! Re-

garde-moi, petite, regarde-moi et n’aie frayeur, car mon visage et mon corps t’annoncent ce qui t'attend! Bien plutôt tâche de t’y accoutumer. Allons! tu es parée pour les noces, parée des effets de celle qui t’a précédée dans les bonnes grâces de Satan, cours te jeter entreses b:as! Je ne suis pas jalouse, moi;tiens, le voici! ajouta-t-elle avec uu rire infernal, eu s'enfuyant sur les pieds et sur les mains.

De nouveau, Constance se sentait troublée. La vue de cette femme, à demi folle, dont on disceruait encore la grande jeunesse, à travers un honteux fouillis de plaies ‘et de repoussantes infirmités, le récit nuageux qu'elle venait de faire de ses infortunes, le prestige indicible qui environnait alors les personnes soupçonnées de sorcellerie, mais surtout les dernières et cyniques paroles de Maharite, avaient ramené l'agitation,

l'eff prin rent trou peat et sc sur tion met!

terre jeun sour sant vous l'ém donc chér désoi staic jai doul de nd

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l’effroi dans l’âme de Constance. Aussi ne put-elle réprimer un mouvement et un cri de terreur, lorsque, rentrant dans la première partie de la caverne, elle se trouva tout à coup devant Georges qui, avec son chapeau de feutre, ombragé d’un panache noir, son beau et sombre visage, tout son habillement en velours noir, sur lequel brillait une ceinture d’or, semblait l’incarnation mème de cette divinité malfaisante à qui Dieu permettait, suivant les légendes du temps, de parcourir la terre pour y tenter les jeunes femmes et y corrompre les jeunes hommes.

— Déjà prête et toujours ravissante! fit-il avec un sourire vainqueur, mettant un genou en terre et lui baïsant galamment la main. Que ce costume de fiancée vous sied bien! continua-t-il, sans paraitre remarquer l'émoi de la jeune fille. Enfin, ma plus aimée, je vais donc toucher au comble de mes vœux! Je pourrai te chérir, t’adorer le jour et la nuit, et nul ne s’opposera désormais à notre bonheur. Ah! si tu savais, ma Consance, tout ce que j'ai souffert depuis hier, tout ce que j'ai souffert tout à l’heure... Mais ne parlons plus de douleurs. Soyons, n'est-ce pas, tout entier à la félicité de nous voir, de nous aimer.

Et, comme elle ne répondait point :

— Serais-tu malade? continua-t-il d’un ton vibrant de passion. Non, cela ne se peut; dis-moi, ma douce, dismoi que tu n’es pas malade, que tu es heureuse de notre réunion, de ce hasard inespéré qui va nous permettre de nous abandonner, sans contrainte, légitimement, aux impulsions de nos cœurs”?

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Se relevant, il l’entoura amoureusement de ses bras, en appuyant ses lèvres brèlantes contre les lèvres de la jeune fille.

— Mais que voulez-vous de moi? que vous proposezvous, Georges? balbutia celle-ci frissonnante et rejetant son buste en arrière, pour se dérober aux caresses énervantes de son amant.

En ce moment, à l'entrée de la grotte, apparut le masque horriblement moqueur de la sorcière.

— Le Diable! c’est le Diable! Prends garde, jeune innocente! Je te le dis : songe au sort de Maharite et à l'enfer !

— Va-t'en, chienne! monstre! exécration de la terre! lui cria Georges, en frappant du pied avec autant de dcpit que de fureur.

— Vois comme il metraite maintenant! C’est ainsi qu'il te traitera bientôt! et ce sera tant mieux! menaca encore Maharite, qui se sauva, en poussant un grand éclat de rire, |

— Cette pauvre misérable a perdu la raison, reprit Georges, d’une voix qui voulait être badine. Mais, ajouta-t-il avec empressement, viens, viens, ma fiancée, l'autel nous attend.

— L'autel? Que voulez-vous dire?

— Quoi: vous n'avez pas compris? Cette robe, cet anneau, ce voile, ne vous ont-ils pas prévenue...?

— Mais, en vérité, je ne sais.

Le jeune homme fit un geste d'humeur.

— N’était-il donc point convenu que nous nous marittions aussitôt que votre tuteuf serait parti? dit-il avec

ame jour de C avez tenu par fianc et c'e que mais!

procl l'exc.

dispu si m:

de ce que C fianc:

Oh! ; épier Const moi?

ici, À glacé tu? C ne te contr

Ged insinu pénèt allum

bras, de la

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erre!

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ainsi

amertume. Né m’aviez-vous pas promis que, le soir de ce jour, vous vous échapperiez pour venir, avec moi, à l’ile de Césembre, où un bon cordelier nous unirait? Vous avez la mémoire bien courte, Constance! Pourtant, j'ai tenu ma parole, moi. Après vous avoir fait enlever, hier, par mes gens, suivant votre désir, afin de n'être pas fiancée à un homme que vous détestez, j'ai eu le courage, et c'en a été un bien grand, croyez-le, de ne point, parce que vous l'avez voulu, troubler votre solitude dans cette maison abandonnée, où... Mais je m'en veux de ces reproches; pardonnez-les, pardonnez-moi, am'e... C'est l'excès de mon attachement pour toi qui me rend jaloux, disputeur..… tu m'excuses, n'est-ce pas? Je me sentais si malheureux, si désespéré, tandis que tu étais à bord de ce navire. près de mon rival... J’appréhendais tant que Cartier n’eût encore la fantaisie de faire célébrer vos fiançailles par quelque chapelain.… Il n’en a rien été. Oh! je le sais... Je m'étais transporté sur cette ile pour épier..… Ah! tu es bonne! et tu m'aimes, n'est-ce pas, Constance ?... Mais parle donc! Serais-tu fâchée contre moi ? Quel motif! Si la Providence ne m'avait conduit ici, tu périssais... Oh! rien qu’à cette idée, je me sens glacé. Dis un mot... un seul qui me rassure... Qu’astu? Cette toilette, que j'avais fait disposer, à l’avance, ne te plairait-elle pas?... Est-ce que tu es indisposée contre moi ?.…

Georges avait prononcé ces mots de ce ton mouillé, insinuant, qui caractérise les ardeurs de la passion et pénètre, bon gré mal gré, le cœur de ceux qui l’ont allumée, Aussi, comme à un divin nectar, Constance

MU UT meta

D RU ee VOS ENS SSSR

s’enivrait-elle aux paroles du séduisant jeune homme, aux magnétiques cffluves de son amour. Les doutes, les craintes qui s'étaient élevés dans son esprit, se fondaient ainsi que les brumes du matin sous un rayon de soleil, et, palpitante, ravie, elle dit, en enveloppant Georges dans un regard voluptueux : |

— Quoi, doux ami, ce vêtement.

— C'est ton vêtement nuptial, que j'avais fait faire et apporter ici où tu l'aurais mis, avant de nous rendre à Césembre, s’écria-t-il, en enlevant la jeune fille de terre et la pressant avec frénésie contre sa poitrine.

— Laissez-moi ! oh! laisse-moi ! disait-elle éperdue, abandonnant sa tête alanguie sur l’épaule de son amant,

Et lui :

— La tempête s’apaise ; le vent a cessé de gronder; les flots rentrent daus leurs abîmes. Viens, viens, mon ange, mon idole, viens, sautons dans ma barque; rendons-nous à Césembre et soyons unis, heureux pour toujours! |

Georges se précipitait, avec son précieux fardeau, hors de la grotte, lorsque le crépitement d’une vive arquebusade se fit entendre, à quelques pieds au-dessus d'eux, sur le plateau de la Conchée. us.

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