FRAGMENTS DE MÉMOIRES
« Tremblant encore la fièvre, » Étienne Noël descendit péniblement de son branle. Il avait les joues creuses, le teint livide. Ses genoux le soutenaient à peine. Tout, dans sa physionomie, portait les marques profondes d'une longue et cruelle maladie.
On était à la fin de mars. Malgré le tuyau de poële qui passait, bien chauffé, à travers les cloisons, le froid se faisait sentir. Il sévissait àprement au dehors, étoilant au dedans l'unique petit carreau qui éclairait la cabine.
Des gémissements douloureux se faisaient entendre.
Étienne Noël ouvrit, avec une clef, un coffret placé sous sa couche. Il en tira quelques feuilles de parchemin, réunies soigneusement en liasse par des rubans roses et verts. Puis, il dénoua les rubans et étala les feuillets sur la table.
Au recto du premier, servant d’enveloppe, on lisait :
CE MÉMOIRE EST DÉDIÉ A TRÈS-BELLE, TRÈS-DOUCE, TRÈS-EXCELLENTE ET MOULT AIMÉE DAMOISELLE ET COUSINE