CONCLUSION
— Tu dis done qu’il avait, sous le sein gauche, une peinture noire et rouge représentant quatre poissons regardant les quatre points cardinaux, avec un cœur...
— Min Gieu, oui, maitre Jacques! Je l’ai si bien vue cette marque que j'en ai perdu la tramontane. Sans cela.
— Mais alors cet homme serait.
— Ge serait et c’est le frère de Constance!
— Pourtant...
— Terr i ben! Excusez, maitre Jacques. Je jure devant vous...
— Va toujours.
— Eh bien, c’est mon avis. Là ! sur ma conscience, ce prétendu Philippe, c'était d’abord Georges de Maisonneuve, le capitaine des Tondeux; c'était aussi cet Olivier Dubreuil que nous avons tant et tant cherché, depuis 1520, ensuite...
mauche, une tre poissons un cœur...
1 si bien vue ntane. Sans
es, Je jure
nscience, ce de Maisonsi cet Olivier rché, depuis
— Le fils de l’homme qui fut assassiné par les sauvages de Terreneuve... Je n’y puis croire...
— Puisque je vous affirme qu’il a encore le mêmesigne que Constance au bas de l'oreille... min Gieu, oui!
— La sœur aurait été enamourée de son frère !.. juste ciel !... Quel horrible mystère!
— Elle n’a point péché, croyez-le, maitre, reprit gravement Jen Morbihan. Le Seigneur n'aurait pas permis un crime aussi odieux !
— J'aime à le penser. Mais répète-moi ce que tu m'as dit.
— Min Gieu ! c’est bien simple. J'avais découvert ce qui se passuit entre la pauvre Constance st ce... Que le bon Gieu lui pardonne, maître Jacques! C’est pourquoi je vous priai de l’embarquer avec nous. Je comptais qu'une fois là-bas, l’enfant l’oublierait..… Il n’en a pas été ainsi... Ah ! j'ai été un imbécile... J'aurais dû vous déclarer tout... Le malheur ne nous serait pas arrivé...
— Tu as fait pour le mieux; je ne puis t'en vouloir.
— Enfin, quand nous fûmes au havre de Sainte- Croix, j'appris que ce Philippe conspirait... Le polisson de Lucas.
— Il est mort ; pardonne-lui aussi!
— Min Gieu.., oui ! je lui pardonne. Mais.
— Laissons ce sujet. Prévenu que Philippe conspirait contre nous avec les sauvages, tu l'as suivi et tu as découvert la conjuration.
— Oui, maitre Jacques. Les sauvages ont pris la fuite, en m'apercevant. Philippe s’est jeté sur moi. Nous nous
sommes battus sur le bord de la chute. Sa jaquette a été
déchirée, et dessous j'ai vu cette marque que Constance.
— Es-tu bien sûr que celte marque soit semblable à l’autre?
—— (Quatre poissons et un cœur. Pouvais-je m’y méprendre, moi qui ai été la première nourrice de la petite? Puis, ce signe à l'oreille gauche! Avec cela, quoiqu'il soit roussàtre et elle noire, il y a, voyez-vous, entre eux un air de famille qui m'avait toujours frappé. Al! si la surprise ne m’eût paralysé, je serais venu à bout de lui et j'aurais vu.
— Heureusement que tu n’es pas tombé dans l’abime !
— Min Gieu ! j'en dois reconnaissance éternelle à mon vénéré patron, car, en dévalant, je suis arrivé tout au bord de la fosse. J'étais toutefois moulu, sans force. Un buisson n'a retenu. Là j'aurais péri comme un chien, ayant une cuisse cassée et un bras démis, Mais des sauvages, qui chassaient aux environs, m'ont apereu ie lendemain matin.
—- Quel malheur que c’étaient des ennemis de nos Canadians !
— Ils m'ont emmené à la rivière de Saguenay, pansé, guéri, et gardé comme prisonnier. J’avais grand’peur d’être brûlé; car c’est leur coutume à ces gens de faire rôtir les captifs. Mais, enfin, une de leurs femmes ayant eu pitié de moi, ils m'ont donné à elle. Une chance que je n’étais pas marié, maître, car je n’aurais pu accepter d’avoir deux épouses... Drôle, tout de même, qu’elle ait voulu de moi, celle-là ! je ne suis ni beau, ni jeune ! min Gieu, non! De fait, elle n’était pas, non plus, de
e Cons iblable à
n'y mée de la vec cela, CZ=VOUS, s frappé.
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l’abime !
Ile à mon tout au force. Un un chien, les sauvau ie len-
is de nos
y, pansé, and’peur s de faire nes ayant 1ance que
accepter e, qu'elle ni jeune !
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première hsauté ou jeunesse. Ce n’était cependant point une méchante créature. Si elle n'avait trépassé l'année dernière, je ne l’aurais peut-être jamais quittée. Terriben! elle m'avait sauvé la vie ! et le vieux Morbihan n’est pas un ingrat. D'ailleurs, j’espérais que, tôt ou tard, vous reviendriez...
—- Oh! c'était et c’est encore mon projet de visiter le pays de Saguenay, quoique tu penses qu’il n’y ait point de mines d’or.
— Ma Nou-ma-la décédée je (l’appelais ainsi, ma dé. funte), je songeai à démarrer, reprit Jean Morbihan. Une certaine nuit, je chargeai de provisions mon casnouy d’écorce de bouleau et filai vers la baie de Gaspé, où je comptais bien trouver quelque navire pêcheur pour retourner tôt ou tard en Bretagne. Et, le bon Dieu aidant, me voici sain et sauf, maitre Jacques! Mais quaud je songe que moi, Jean Morbihan, qui avais juré de vivre célibataire, je me suis marié à la septantième année de mon àge, et avec une sauvagesse..…. Terri ben! fant plus douter de rien !
— Revenons à nos jeunes gens, reprit rêveusement Cartier, Il paraît, d’après toutes ces présomptious, que ce Philippe ou Georges n’est autre qu'Olivier Dubreuil, fils du Français que nous n’avons pu arracher à la fureur des sauvages de Terreneuve. Plus j’y réfléchis, en effet, plus je trouve que tu dois avoir raison. Quand, pour me conformer à la promesse faite à son père mourant, je fis des recherches à Dieppe, on me dit que ses grands-parents étaient décédés et que le jeune Olivier avait été emmené en Ésosse par un ami de la famille,
Seulement, personne ne put me dire le nom de cet ami. Mais je me souviens que ce Georges de Maisonneuve, que nous avons vu faire tant d’éclat à Saint-Malo, prétendait être Écossais d’origine. Il semblait avoir vingtcinq ou vingt-six ans, n'est-ce pas ?
— Min Gieu, oui, maitre.
— C'est cela. Son père quitta Dieppe vers 1510, et Olivier n’était âgé que de quelques mois... Mais, qu’est-il devenu? On ne l’a point revu depuis le jour où il faillit t’assassiner, mon vieux Jean...
— Oh ! je l'absous de tout mon cœur!
— Et sa sœur ! Où est-elle à cette heure? Étrange destinée qui les a ramenés tous deux sur cette terre lointaine de leurs aïeux maternels! Que profondes et inexplicables sont les voies de la Providence divine! Pourvu, Ô mon Dieu... Mais non, vous ne souffririez pas!
— Ainsi, maître Jacques, vous n'avez plus entendu parler de lui ? interrompit Jean Morbihan.
— Non. Aurait-il roulé avec toi dans le gouffre?
— Ça n'est pas probable, Mais pourtant... j'étais si étourdi par ce que je venais de voir... Je ne me rappelle rien!
— Prenons une détermination. Tu as sagement agi en ne révélant pas tes soupçons à ma femme. Il faut lui cacher avec soin ce que nous conjecturons de l’étroite parenté entre Constance et.
— Soyez tranquille, maitre; j'ai appris à connaitre les dames, pendant mes trois années de mariage, min Gieu, oui !
— Je n’ai pas besoin de te recommander le silence
de cet ami.
isonneuve,
Malo, préoir vingt-
s 1510, et 0 Mais, le jour où
trange desterre loinles et inexe! Pourvu, , pas!
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… j'étais si ne me rap-
>ement agi . Il faut lui
de l’étroite
à connaitre riage, min
le silence
vis à vis des étrangers. On m'a promis une Commission nouvelle ; par ma Catherine! je vais en presser la délivrance. Nous remettrons à la mer aussitôt le printemps venu, et il faudra bien que nous retrouvions cette enfant, car une voix intérieure m'’assure qu'elle n’a pas péri dans le naufrage du Saint-Vincent.
— Min Gieu, oui, nous la retrouverons! appuya Morbihan d’un air et d’un accent convaincus.
Cette conversation avait eu lieu peu de temps après que Jacques Cartier était revenu de Compiègne. Fort de la parole du roi, il se flattait de pouvoir reprendre l’œuvre de ses explorations au commencement de l’année suivante. Mais de lourdes déceptions le retardèrent, Toujours en lutte avec Charles-Quint, François I‘ ne: pouvait guère sacrifier ses hommes et son trésor à unc entreprise hasardeuse.
« La voix de Cartier fut, dit M. Garneau, perdue dans le fracas des armes et l'Amérique oubliée.
« [1 fallut attendre un moment plus favorable... Ce ne fut que vers 1540 que Francois [* put s'occuper sérieusement des découvertes du pilote malouin. Tout en France a des ennemis acharnés, mème les choses les plus utiles. Le succès de la dernière expédition avait réveillé le parti opposé aux colonies qui fit sonner bien haut la rigueur du climat des contrées visitées par Cartier, son insalubrité qui avait fait périr d’une maladie cruelle une partie des Français. Enfin, l’absence des mines d’or et d’argent. Ces observations laissèrent d’abord une impression défavorable sur quelques esprits. Mais les amis de la colonisation finirent par détruire
l'effet de ces propos, en faisant valoir surtout les avantages que l’on pourrait retirer du commerce des pelleteries avec les indigènes. D'ailleurs, disait-on, l’intérèt de la France ne permet point que les autres nations partagent seules la vaste dépouille du Nouveau-Monde.
« Le parti du progrèsl’emporta. Dans ce parti se distinguait par-dessus tous les autres Francois de la Roque, seigneur de Roberval, que Francois appelait le petit Roi de Vimeu. »
Une année s'était, toutefois, écoulée entre la dernière entrevue de Cartier avec son souverain, année de fiévreuse anxiété pour le pilote et sa famille. Mais Philippe de Chabot rentrant en grâce (1), maître Jacques recut eniin ses Lettres "atentes, datées de Saint-Priest, le 17 octobre 1540 sous le scel du roi, et du 20 octobre de la même année sous le scel du Dauphin, duc de Bretagne. Ces Lettres nommaient Jacques Cartier capitainegénéral et maitre pilote de cinq vaisseaux destinés à aller au Canada, pour y tenter des découvertes nouvelles et y jeter les fondements d’une colonie. Peu après, Sa Majesté élevait le seigneur de Roberval au rang de son lieutenant et gouverneur dans les pays de Canada, Saguenay et Hochelaga, etc.
Cartier avait pouvoir de démolir l’Émerillon, « jà viel et caduc, pour appliquer à l’adoub des navires qui en auraient besoing. » Il était autorisé de plus à prendre dans les prisons de France et Bretagne les « accusez
(4) L'arrêt de sa réhabilitation est daté du 29 mars 1541, — Mais depuis plusieurs mois l'amiral avait déjà repris faveur auprès du roi.
es avanes pellel'intérêt ions paronde.
ti se disà Roque, petit Roi
la derinnée de Mais Phi- Jacques t-Priest, ) octobre de Brepitainestinés à ouvelles
après, rang de
anada,
a ià viel
qui en prendre accusez
1541. — eur au-
ou prévenus d’aucuns crimes quels qu'ils estaient, fors des crimes d’hérésie et de lèse-majesté divine et humaine... et de faulx monnayeurs... jusqu’au nombre de cinquante personnes. »
Enfin, il lui était expressément recommandé de convertir les sauvages à la foi catholique, pour «faire chose agréable à Dieu, notre créateur et rédempteur. »
Cette Commission avait un caractère très-ahsoln. Elle n’en rendit que plus vive la jalousie des ennemis de maitre Jacques; ils redoublèrent d'activité et de malices contre lui, cherchant à débaucher les équipages qu'il engageait et à les détourner de leur noble but. Ge fut à ce point que Cartier sollicita ct obtint, le 12 décembre, un Mandement du roi contre ceux qui pernicicusement divertissaent ses mariniers.
Roberval reçut sa Commission le 15 janvier suivant ; il vint au printemps à Saint-Malo pour surveiller les préparatifs de l’embarquement. Mais diverses causes le rappelèrent en Picardie. Après avoir mis à une cuisante épreuve la patience de Cartier, il finit par lui annoncer que, ne pouvant quitter la France à cette époque, il le rejoindrait plus tard à Terreneuve.
Outre le désir qui le poignait, Jacques Cartier avait instruction expresse du roi d'accélérer le départ. Aussi, ayant arboré son pavillon sur la Grande-Hermine, il quitta le port de Saint-Malo le 23 mai 1541, avec une flottille de cinq navires, «bien pourvus de victuailles pour deux ans.»
La traversée jusqu’à Terreneuve fut longue. On manqua d’eau. Il fallut abreuver avec du cidre les bestiaux
qu'on menait à la Nouvelle-France pour en propager l'espèce. Tout le monde souffrit beaucoup de la soif. Une fois arrivé à l’ile, Cartier, Étienne Noël et Jean Morbihan firent les plus minutieuses perquisitions pour retrouver Constance. Ils pouvaient s’y livrer à loisir, en attendant le seigneur de Roberval.
Bravement montés dans une barque, Etienne Noël et Jean Morbihan entreprirent le tour de l'ile. Dans la baie des Châteaux, ils rencontrèrent des Peaux-Rouges (1), qui leur donnèrent d’excellentes informations. Constance n'était pas morte. Elle avait échappé au naufrage du Saint-Vincent. Une tribu de Boethics, habitant Les bords d’un lac intérieur, l’avait adoptée et elle vivait avec eux. Nos aventuriers ne craignirent pas de se rendre au village du lac. Le bouillant Etienne croyait déjà recouvrer la jeune fille. On la lui avait si bien dépeinte. Ce ne pouvait être que Constance. Mais son attente fut trompée. Constance, en supposant que ce fût elle, n’était pas dans la bourgade. La jeune fille blanche recueillie quelques hivers auparavant par les Boethics jtait allée avec eux faire la guerre aux Esquimaux du Labrador. Elie ne reviendrait pas avant la saison des neiges. Heureusement pour nos Européens que la plupart des guerriers peaux-rouges étaient absents, sans quoi ils auraient pu payer cher leur vaillante témérité.
[ls revinrent au mouillage général faire part à Cartier de ces renseignements. Si bons qu'ils fussent, si impatient que se montràt le pauvre Etienne de revoir son
(1) Voir lu Fille des Indiens Rouges.
propager > la soif.
| et Jean quisitions rer à loi-
e Noël et . Dans la ux-Roumations.
appé au hics, haée et elle pas de se e croyait bien déis son atue ce fût blanche Boethics maux du ison des e la pluts, sans émérité.
tà Cart, si imvoir son
aimée Constance, on ne poufÿait demeurer plus longtemps à Terreneuve. Roberval ne paraissant pas, le capitaine-général jugea à propos de poursuivre sa route. — Sache attendre, dit-il à son neveu. Je t’engage ma parole de te ramener ou de te renvoyer bientôt ici et de ne pas quitter l’ile avant d’avoir trouvé ma pauvre enfant; mais le devoir commande, obéissons.
Le 93 août, l’escadrille reconnut le port de Sainte- Croix. Les Canadians accoururent avec de grandes démonstrations de joie sur le rivage pour recevoir. Cartier. Ils étaient alors gouvernés par cet Agona, dont Taignoagny avait voulu se défaire. Agona fut prodigue de présents et de caresses pour le capitaine. Mais quand les sauvages apprirent que Donnacona était mort, ils changèrent d'humeur, quoique, par manière de consolation, on eût essayé de les leurrer en disant que ses compagnons désiraient rester en France, où ils vivaient comme de grands seigneurs.
Le port de Sainte-Croix n’était pas assez vaste pour loger les cinq navires. Cartier les conduisit à l’embouchure d’une petite rivière, à trois ou quatre lieues plus haut, dans le Saint-Laurent. Il est probable que c’est la rivière qui coule en serpentant sous le cap Rouge, Cartier, après avoir affourché ses vaisseaux, fit construire un fort sur le promontoire. Ce fort fut appelé Charlesbourg-Royal. On y débarqua les futurs colons, des approvisionnements et l’on se mit tout de suite à défricher les environs.
Dès que sa position fut placée à l’abri d’une surprise, Jacques Cartier dépècha en France deux navires avec
Marc Jalobert, son beau-frère, et Etienne Noël, son neveu, afin d'informer le roi de son arrivée au Canada, et, fidèle à sa promesse, il permit à Etienne de relàcher à Terreneuve pour voir si Constance était revenue.
Ces navires levèrent l’ancre, le 2 septembre.
[s parvinrent sans accident à leur destination. Mais, emporté par une tempête, Etienne ne put atterrir à l’île.
Le 7, Cartier appela au commandement de la colonie le vicomte de Beaupré, un des gentilshommes qui l'avaient accompagné, et il partit pour explorer les rapides au-dessus de Hochelaga, dans la croyance erronée que par-là il se rendrait plus rapidement au pays de Saguenay. Après plusieurs jours de voyage, et après avoir trouvé les sauvages empressés à le servir, il franchit le courant Sainte-Marie, mais fut incapable d’aller plus loin, empêché qu'il était par cette série d’écueils qu’on nomme aujourd'hui le Sault-Saint-Louis.
Cartier redescendit le courant et rentra au fort où il avait résolu d’hiverner.
On lui dit que les Canadians s'étaient assemblés en grand nombre à Stadacone et qu'ils paraissaient trèsmal disposés pour les hlanes. Ils ne venaient plus à ce cantonnement faire des échanges. Ils se montraient sou :nt par troupes armées et belliqueuses, surles hautecre ouronnant le fort. Ils allaient même jusqu’à menacer les colons qu’ils rencontraient isolés.
Ces avis ne laissaient pas d’être inquiétants, Cartier se convainquit bientôt qu’ils étaient fondés.
Un matin, l’agouhanna d’Hochelaï, qui n’avait pas cessé de témoigner de l’amitié aux Français, quoiqu'il
, Son nenada, et, lâcher à e.
on. Mais, ir à l’île.
a colonie qui l’ales rapierronée pays de et après , il franle d’aller d'écueils
ort où il
blés en nt trèslus à ce ntraient les haujusqu’à
Cartier
yait pas oiqu'il
les trahit déjà en secret, avertit le capitaine que les Canadians avaient fait prisonnier, chez leurs ennemis, les Trudamans, un homme blanc et qu'ils se proposaient de le brüler, Qui pouvait être cet homme blanc? L’agouhanna n’en savait pas davantage. Cartier décida de le sauver ; mais il n’y avait pas un instant à perdre, Le Visage-Pïe devait monter sur le bûcher ce jour-là. Peut-être son supplice avait-il déjà eommencé. Maitre Jacques choisit sur-le-champ vingt mariniers des plus robustes, Il les arma d’arquebuses, de sabres, de poignards et courut à Stadacone.
Un spectacle hideux les attendait.
De loin ils virent briller une flamme à travers la forêt qui bordait le village,
— Ah! s’écria le capitaine avec douleur, nous arri-
verons trop tard! Làchez vos arquebuses, faites du ta-
page pour chasser cette horde de démons que voici làbas!
Les ordres de Cartier furent exécutés immédiatement, et, tout en précipitant leurs pas, les mariniers firentune décharge qui jeta l’épouvaute parmi Les Canadians.
Au nombre de plusieurs milliers, ces sauvages entouraient un bûcher sur lequel un homme tou sanglant était attaché à un poteau. Quoique criblé de blessures, environné de flammes, le malheureux dévisageait fièrement ses bourreaux. Il semblait défier leur férocité.
— Terr i ben ! mais c’est Philippe! s’écria Jean Morbihan en l’apercevant.
Et, se jetant sur le bûcher, —- des pieds, des mains,
sans crainte de se brüler — il en écarta violemment les tisons embrasés.
Les sauvages avaient pris la fuite.
On détacha le supplicié. On le coucha sur un brancard fabriqué à la hâte. Il fit signe qu'il voulait parler à Jacques Cartier.
Celui-ci examinait attentivement une sorte d’écusson tatoué sous le sein gauche de Philippe et figurant comme « quatre poissons de sable, cantonnéset regardant les quatre angles de l’aire, au monceau de gravier en cœur. »
— Pardonnez-moi, monsieur, le mal que j’ai voulu vous faire, car je vais mourir, lui dit cet homme.
— Non, vous ne mourrez pas, s'écria Cartier, ému jusqu'aux larmes. Vous avez été coupable; — mais Dieu aura pitié de vous. Vous guérirez.….
— Mes blessures sont mortelles, je le sens. Je n’ai que peu de temps à vivre; recevez ma confession, monsieur.
D'un geste, maître Jacques ordonna à ses gens de se relirer. Le blessé reprit :
— Monsieur, je suis né à Dieppe, mais je n’ai connu ni mon père ni ma mère. Mon nom véritable est Olivier Dubreuil.…
— Je le savais, dit Cartier,
— Comment! vous le saviez ?
— Oui, j'ai assisté votre père à ses derniers moments.
— Que dites-vous, monsieur?... Mais non,ne me répondez pas... ne m’interrompez plus... car mes forces faiblissent.. Elevé chez mon grand-père paternel, j’y
ment les
Jrancard
parler à
l’écusson figurant egardant ravier en
"ai voulu le,
ier, ému — mais
n'ai que 1onsieur.
ns de se
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de réponrces fairnel, jy
demeurai jusqu’à l’âge de dix ans... Il mourut... Un ami de la maison m’emmena en Ecosse... Mais lui aussi expira peu d'années après m'avoir recueilli... j'étais seul au monde... Je m'affiliai à une bande de soudards qui ravageait la Bretagne. Mon audace et mon habileté y furent remarquées. . Notre capitaine ayant été tué dans une expédition, je fus unanimement élu à sa place. Alors, monsieur, je vins à Saint-Malo... j’achetai une maison, y perçai un souterrain qui commun'quait avec le port et je pus en sécurité, pour moiet les miens, exercer mes forfaits... J'avais acquis un vieux manoir en Ecosse... mon intention était de m’y retirer après avoir enlevé votre fille, monsieur...
— Constance! votre sur, malheureux! ne put s'empêcher de dire Cartier.
— Ma sœur ! proféra le blessé dans un cri terrible,
Et sa tête, qui s'était soulevée, retomba lourdement sur le sol. Il était mort.
Son corps fut rapporté au cap Rouge, pour y être inhumé.
Jacques Cartier apprit depuis qu’Olivier Dubreuil, attaqué par les Trudamans, à l’instant où il venait d’attenter aux jours de Jean, avait été traîné par eux en captivité. Il sut plaire à ces sauvages, devint un “'e leurs agouhanna et les commanda jusqu’au jour où il tomba entre les mains des Canadians, qui lui firent cruellement expier ses crimes.
L'hiver fut très-rude. Le scorbut décima de nouveau
les équipages de Jacques Cartier. Le brave navigateur n’avait reçu aucune nouvelle de Roberval, Les sauvages harcelaient ses pauvres colons. Ceux-ci se révoltèrent contre leur chef, IL se vit forcé de les rembarquer au commencement du printemps. En abordant dans la baie Saint-Jean à Terreneuve, il y trouva Roberval récemment arrivé avec trois navires et deux cents passagers (1). Maïs il y trouva aussi, et ce fut un rayon de miel pour son cœur ulcéré, Constance sur le point d’aller le rejoindre par les vaisseaux du vice-roi.
L'histoire de la jeune fille était singulière, Arrachée au naufrage du Saint-Vincent par les Boethics, elle avait dû de n’être pas égorgée par ces insulaires à la marque qu’elle portait sur la poitrine et qui était le novake (2) ou blason de la tribu. Du reste, le souvenir de sa mère et de son père était encore présent à leur mémoire. Constance s’instruisit bien vite dans leur langage; ils lui
*conférèrent une part d'autorité sur eux.
Au retour d’une expédition contre les Esquimaux, on avait conté à Constance que des blancs étaient venus la demander. Dès que la saison le permit, elle se trans-
porta sur le rivage de la mer, sous prétexte de chasser et épia l'apparition d’un navire européen,
(1) Cartier lui montra quelques grains d’or et des diamants qu'il avait trouvés aux environs de Sladacone, L'or était de bon aloi, mais les diamants étaient faux. Néanmoins, le lieu où ils furent découverts a pris depuis le nom de cap Diamant. C'est sur ce cap que s'élève la formidable citadelle de Québec, à trois cent
cinquante pieds au-dessus du niveau du Saint-Lanrent.
(2) Voir la Fille des In!iens Rouges.
igateur auvages oltèrent quer au s la baie récems passayon de t d'aller
rrachée Le avait marque vake (2) sa mère ‘e. Con-
ils lui
AUX, ON enus la » trans-
hasser
ts qu'il on aloi, S furent
sur ce 1g cent
La Providence avait exaucé ses vœux en lui faisant découvrir les vaisseaux de Roberval,
Je ne peindrai ni la joie de maître Jacques, ni l’allégresse de Jean Morbihan.
Avec tous les ménagements possibles, Cartier apprit à Constance la parenté qui l’unissait à celui qu’elle avait rèvé pour époux et la triste fin de cet infortuné,.
Déjà, Constance était guérie de son fol amour. Les vicissitudes de la vie avaient müri sa raison. Mais elle pleura sincèrement le sort du frère qu’elle avait perdu.
Roberval souhaitait que Cartier retournät à la Nouvelle-France (1). Celui-ci n’y voulut point consentir. Son œuvre était terminée. Il avait tracé la route. A d’autres le soin de la frayer !
Jacques Cartier partit bientôt de Terreneuve et rentra à Saint-Malo, le mois suivant.
Le bonheur de dame Catherine, la félicité d’'Etienue Noël ne sauraient se décrire. J’abandonne à l’imagination de mon lecteur cette tâche aussi douce que délicate,
Pendant une année Constance porta le deuil de son frère. Elle le quitta pour suivre le bon Etienne au pied des autels.
— Terr i ben! j'avais bien dit que tout ca finirait par une noce, da oui! marmottait gaiement Jean Morbihan en sortant de l’église,
Jacques Cartier avait été parfaitement accueilli par Francois I", mais il avait sacrifié à ses belles découvertes repos, fortune, santé. Il ne reprit plus la mer et
(1) Il était parti de la Rochelle le 16 avril 1542.
mourut, dit M. Ch. Cunat, dans sa soixantiéme année,
N’est-il pas douloureux cependant de penser que, non-seulement on ignore le lieu où git la dépouille de ce grand citoyen, mais que la date exacte de son décès soit une énigme indéchiffrée.
Et n'est-ce pas simple justice de réclamer, une fois encore, après trois siècles d’oubli, un monument public, une statue pour