L'OBEISSANCE
En ce qui concerne les sujets, l'essentiel en matière d'obéissance est d'agir de bonne foi et avec esprit de foi. Ceux-là manquent à l'un et à l'autre qui usent d'industrie, de politique et autres petits moyens pour circonvenir le Supérieur et lui faire agréer leur propre volonté ; ou qui, ayant réussi à extorquer une permission, ou du moins une décision dans leur sens, exagèrent ensuite cette décision et trouvent le moyen de manquer à l'obéissance vis-à-vis du Supérieur local, parce que le Supérieur majeur leur a dit telle chose. Cela s'appelle manquer de loyauté. Les Supérieurs peuvent tomber dans ces petits pièges que leur tendent l'esprit d'indépendance, l'immortiti cation ou l'égoïsme ; Dieu n'en est pas dupe, et la conscience y est toujours blessée.
Chez nous l'obéissance doit être affectueuse et filiale ; le commandement doit être paternel. Jngum meiim suave est. L'obéissance est un joug; que les sujets s'en souviennent. Mais ce joug doit être doux ; que les Supérieurs s'en souviennent aussi. C'est un joug, ce n'est pas une cangue. Nous l'avons accepté volontairement, dans l'espérance que nous serions conduits par l'esprit de Notre Seigneur. Donmms régit me. Sous le joug de l'obéissance, nous
devons nous sentir sous le régime de la très-douce et très-noble liberté des enfants de Dieu.
De là les rapports simples et fréquents que la Règle nous demande d'avoir avec nos Supérieurs, soit de vive voix par des entretiens de direction spirituelle, soit par correspondance épistolaire. Notre Vénéré Fondateur, dans son instruction pour les missions étrangères, pag. 174, veut que chaque chef de mission écrive une fois par mois à son Supérieur de district, une fois tous les trois mois au Vicaire de Mission, une fois par an au Supérieur Général. On sait que cette dernière partie de notre correspondance religieuse a été prescrite par le Ghap. Gén. de 1867, et que cette prescription vise spécialement nos missionnaires des pays étrangers. Omnes Socletatis sodales, etiam in dissitis regionlbus degentes, serael in anno cum Superiore Generali per lifteras con ferre teneantur. (Cap. Gen. pag. 18.)
Nous rappelons ici un point de discipline religieuse qui est toute en faveur des sujets, jusque dans ses rigueurs apparentes, et qui nous est commune avec toutes les communautés bien réglées. Il s'agit du contrôle à exercer sur la correspondance. Les Supérieurs et Directeurs de résidence sont tenus, avant de remettre les lettres à leurs sujets, de les owNviv privât im et omnim. Si, par exemple, le courrier arrive pendant la récréation, le Supérieur doit le mettre dans sa poche ou se retirer à l'écart pour en prendre connaissance, sans permettre aux religieux présents d'y jeter les yeux. Les lettres écrites par les sujets sont remises au Supérieur qui s'abstient de les cacheter en présence de leurs auteurs, se réservant de les lire s'il le juge à propos. Litterm mittendœ présente scriptore non sunt ohsignandœ, (Gap. Gen. 1873, declar. 1.)
En l'absence du Supérieur, celui qui le remplace reçoit les lettres qui viennent du dehors et les remet à leur destination sans les ouvrir ; les lettres écrites par un religieux lui sont remises non cachetées, et il les cacheté en présence du religieux. (Gap. Gen. 1867. § 4. de relat. cum prox. 1 .)