LE CULTE
'■ Un puissant moyen de légitime considération, c'est la dignité et la convenance dans le culte. Donc éviter, dans la construction ou l'entretien de vos églises, dans l'introduction des objets qui servent aux rites sacrés, tout ce qui avoisine le ridicule, voire même tout ce qui serait d'un goût trop naïf ou d'une exécution par trop primitive.
Vous n'êtes plus en présence des seuls sauvages. Vous êtes en voie de sortir de cette première époque de fondation où, manquant de tout, il était permis d'user de tout. Soyez pauvres, mais pas mesquins et ridicules. Laissez à chaque chose la destination qui lui est propre, et mettez votre application à vous procurer le nécessaire et à suivre les règles reçues dans le monde civilisé.
Nous tenons à ce que la Sainte Réserve puisse être conservée dans chaque mission. Il faut pour cela une chapelle ou oratoire convenable, suffisamment fermé, et protégé contre tout voisinage inconvenant. Faut-il parler des devoirs que crée la présence du T. S. Sacrement ? Jésus Sauveur et Rédempteur est là, vivant, plein de grâces et de vérité ; le missionnaire lui fera une cour assidue. 11 remplacera, par ses fréquentes visites, la lampe trop souvent absente. C'est là qu'il fera ses exercices et qu'il aimera à dire son bréviaire. Quam dilecta tabernacula tua. Domine virtutiom. — ZeUts domiis tum comedit me.
Nous avons remarqué quelques tabernacles restés assez longtemps sans serrure, bien que renfermant le T. S. Sacrement. C'est un désordre qui ne se renouvellera pas. Soyons exacts à renouveler la Sainte Réserve tous les mois.
Ayez soin de vos sacristies, faites-y régner l'ordre et la propreté, n'y laissez pas traîner les ornements, fermez les vases sacrés dans un lieu décent. Ne faites servir à l'autel que des linges sacrés d'une propreté parfaite, nappes, corporaux, purificatoires, manuterges. Il est telles mal-
propretés qui touchent au sacrilège et qui sont la honte d'un prêtre ; nous souhaitons n'avoir jamais à les réprimer.
Il existe aussi parfois dans le mohilier de vos églises certaines lacunes vraiment inexcusables, vu la facilité que vous offrent les œuvres apostoliques d'Europe. Demandez, et autant qu'on le pourra, vous recevrez. Toutes les demandes seront adressées à Monseigneur ou au procureur vicarial, qui agira en cette matière au nom et selon les intentions de Monseigneur. Aucune demande ne sera faite directement en France ou ailleurs, sans une autorisation formelle et écrite de Monseigneur ; excepté le cas où l'on s'adresserait à des parents ou amis pour des dons absolument spontanés et gratuits. Et même en ce cas il serait prudent de demander la permission, si on le peut. On devrait alors être prêt à recevoir un refus, et enfin on ne devrait pas se considérer comme personnellement propriétaire des objets obtenus par cette voie.
Ce serait méconnaitre les principes les plus élémentaires, en matière de pauvreté religieuse et de vie commune, que de contester à l'Administration Vicariale le droit de visiter les envois qui arrivent à S. Albert, pour tel missionnaire, de la part de sa famille ou de ses amis, et de prélever pour d'autres besoins ce qu'elle saurait n'être pas nécessaire à ce missionnaire. Et celui-ci manquerait à toutes les règles de la discipline et de la charité si, dûment informé de ces envois, il se prétendait fondé à n'accuser réception que de ce qu'il reçoit personnellement. Il doit se montrer aussi reconnaissant de ce qui profite à ses Frères, que de ce qui lui profite à lui-même.
Toute demande adressée à Monseigneur ou au procureur vicarial devra être accompagnée d'un extrait de l'inventaire , ayant pour objet de démontrer le besoin qu'on a de la chose demandée ; ou bien si cette chose est unique dans son espèce et fait absolument défaut, par exemple un ostensoir, il suffira d'eu faire la déclaration.
Manifestez le culte pour les morts par la tenue convenable des cimetières. Faites-en arracher les arbustes et
les broussailles. Donnez l'exemple du bon goût pour les croix et autres ornements à mettre sur les tombes. Réservez un endroit convenablement choisi pour la sépulture des nôtres.
Au chapitre du culte se rattache Fobservation des rubriques. C'est un point sur lequel il vous importe plus qu'à d'autres de vous examiner. Placés pour la plupart dans des conditions de ministère extraordinaire, vivant en camp volant , seuls et dans des installations bien incomplètes, il vous est plus facile, si vous n'y prenez garde, de contracter de fâcheuses habitudes en matière de rubriques, ou même de les oublier. Vous comprenez cependant que rien ne saurait vous excuser de déroger d'une manière quelque peu notable à cette direction de l'Eglise. Les rubriques du bréviaire et du missel sont prescriptives et lient la conscience du prêtre. Vous devez les revoir de temps en temps, par exemple durant vos retraites. Il serait désirable qu'il y eut dans chaque mission un cérémonial romain dont l'étude vous permit à tous d'organiser le culte d'une manière conforme aux règles de l'Eglise, et vous préservât de l'arbitraire et de tout mauvais pli.