LÉON
Cantine.
Jeunes beautés , charmantes ilemoiselles,
Vous qui devet avoir de si doux yeux ,
Soyes , hélas ! aussi bonnes nue belles,
Prenc» pitié d'un pauvre malheureux I Le aorl qui vient l’attrijidre Le laisse sans espoir.
Juges s'il est 1 plaindre ,
11 ne peut plus vous voir.
Jeunes beautés , charmantes demoiselles ,
Vous qui devra avoir de si doux yeux ,
Soyez, hélas! aussi bonnes que belles,
Prcnex pitié d'un pauvre malheureux!
LUCHEZIA et SU FEMMES.
Que je le plains ! que sa peine est rrurlle !. Prenons pitié d'un pauvre malhrureui!
LÉONI , s’adressant à Aldobrandi .
Jeune beauté , charmantes demoiselles,
Prenez pitié d'un pauvre malheureux !
ALDOBRANDI.
Pour celui-U , je vois bien que scs yeux Sont 4 jamais privés de la clarté des cteua !
LUCHEZIA , lus donssanl une lunrse. Tenez... tenez... c’est en mon nom. .. cl au nom de toutes ces dames... car il n'y a ici que des dames...
LÉONI , pesant la bourse. Je m'eu aperçois bien ! grand merci de vos boutés !
LUCHEZIA. Vous devez être bleu malheureux .
LÉONI. Pas toujours... pas dans ce montent. , . ,
LE UACMtff THEATRAL
ALDOBR ANDI. Quel est (on pays ?
LÉONI. Florence.
lucbezia. Et de quoi vivex-votu ?
lé OKI. De mes chaînons... que je vais vendre dans les campagnes.
aldobrandi. C'est un Ürplicc en plein air...
léoni , à Aldobrandi. Oui , nia lionne vieille .. et si vous voulei des barcaroles , des tarentelles... prenez !.. prenex!.. je ne les vends pas cher.
lucbezia. Sont-elles jolies ?
léoni. II ne tient qu’a vous de les essayer.
locre/.ia. Voyons celle-ci...
ALDOBRANDI. J’écoute!
lucbezia. Ce sera un concert i votre bénéfice.
Can zanctla,
Nina jolie et «âge ,
Et même un peu sauvage ,
Gardait pour elle , hélas !
•Son cœur et ses appas 1 Un jour, sous un ormeau ,
Près d’un clair ruisseau,
5c croyant seuleitc ,
Minette,
S'admirait ,
Et se trouvait Gentille et liieti faite.
Quand soudain , en cachette. .
Ah !... trembles pour la pauvrette !
S'avance un beau seigneur,
Aimable et plein d'ardeur !
Qu'elle eut gramlpeur, U jeune enfant !
Elle veut fuir... mais lui, la retenant...
Avec cct air qu'ils prennent tous, l.ui dit d'un ton si doux... si doux...
» Souvent un amant,
» Ment ,
» En offrant sa fui...
» Moi ,
* » Fidèle en amours ,
* Je serai toujours !
• Viens régner sur moi... viens !
Et Nina...
Nina soupira !
Sun cœur lui disait : oui ! sa raison Disait: nuu !
Mais l'amour parla ,
( Montrant son cirm . )
Là!
Et Nina céda ...
Ah!! !
Al.nOBRAVDt. C'est fort liien!... c'est très-joli, f Contrefaisant Lttrrrzia. ) Des oli ! oh! . et des ali! ah!... mais si tu n’as pas ]xnir vivre d’autre fortune que tes chansons...
léoni. Ah! j’ai encore une autre ressource .'
aldobrandi. Et laquelle?
LÉONI. Ma figure!...
AldosrandI. Ta figure!...
léoni , à AltMnwii. Oui , madame!
aldobrandi. Et comment cela?
léoni. Je la prête parfois à des artistes...
à des peintres. . . Dernièrement , A Rome , j'ai posé pour une tète de Bélisaire...
LUCBEZIA, vivement. Eu vérité...
léoni. Oui , madame.
lucbezia. Ali! la lionne idée!... il me servira de modèle pour Actéon.
aldûbbandi. Y pensex-vous?
lucbezia. C’est le seul moyen de finir mon tableau, et ce sera charmant toutes ces dames groupées devant moi... en nymphes de Diane , costume de rigueur.
At.iioBtiANDi. Mais, madame...
lucbezia. Aucun danger... un aveugle... et nous pourrons devant lui , et sans crainte | rester fidèles à la vérité... ce qui est un grand avantage pour un peintre.
LÉONI , virement. Sans contredit !
lucbezia. Vous , mesdames , allez vous préparer.