‹ Acteon operacomique en un acteChapitre 4 sur 27 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

STÉPHANO , LLCREZIA , ANGELA

8TÉPII ANO , entrant en regardant et en tournant le dot a Lucreua. J 'ai beau regarder... je ne le vois plus... il sera parti...

LUCREZIA. Eh ! qui donc , signor Slépbano ?

stéphano. Ab! c’est vous... madame. .

pardon... (4 demi-ooix.) Mais c’est, je crois... un événement...

' lucrezia. Un événement ici!., quel

bcmheur I en es-tu bien sûr?. . dis-nous-Ie vite...

stéphaxo. Oui, madame...

LUCREZIA , s asseyant ainsi au* Angëta ;

Strphuno reste debout. Mcts-toi là entre

nous deux... nous t’écoutons... un événement !.. c’est Ues-amiable à toi !

STÉMtvo. Dam !.. si je pouvais, il y en aurait tons les jours... j'aurais tous les jours quelque chose à vous dire... mais quand on ne peut pas...

iccttut. On ne t'en faitpas reprocha. . .

niais im» te donne audience... Voyons tou événement.

stépuano. J’étais dans le salon... à regarder cette tapisserie que vous avci commencée hier...

Lt'CknzLA. Belle occupation... pour un homme...

axüela. Si fa l'amuse...

stéphaxo. Notre mari était dans un fauteuil qui donnait...

LUCREZIA. Ab !

stéphaxo. Cela vous donne !

LLCRBZ1A. Du tout!..

stéphaxo. Est entré un beau domestique avec une riche livrée... bleu de ciel et ” $«“>••• Une lettre, a-t-il dit, pour la princesae Aklobrandi , et monseigneur, qui venait de se réveiller, a répondu brusquement s C est moi... et il a ouvert la lettre.

lucrezia. C est sans façons!

STtnttso, H* froncé le sourcil... a réfléchi un instant , puis il a répondu i Vous dire» au comte Léoni . votre maître...

ANGEL. 4 , vivement. Léoni I lucrezia. Qu’est-ce donc ?

AHOZLA. Rien! il adh : Léoni...

Stéphaxo. Certainement je l'ai dit...

ANGELA , cherchant à se remettre de son trouble. Je croyais avoir mal entendu...

htrphano. Dam... je parle de mon mieux : dites au comte Léoni , votre maître , que je suis très-sensible à son invitation... mais ma femme est malade et ne peut aller ce soir X ton bal...

lucrezia. Voyez-vous!., quelle trahison !

axgela. C’est épouvantable!

t ST *PHAXO. IN 'est-ce pas? Le domestique s est incliné et a dit : » Mon maître hési- » tait ce matin à venir présenter scs res- » pectsi ces daines et à monseigneur...

• mais maintenant... il n'aura garde d’y » manquer , ne fût-ce que pour savoir des » nouvelles de leurs seigneuries. »

angela. C’est très-bien !

lccrezia. Très-eonvenabie... je neconnaissais pas encore le comte Léo ai , notre

nouveau voisin... mais voilà qui me donne de lin la meilleure idée, et puiaqu'i! va venir...

srÉriiANo. Du tout... il ne viendra pas*

akgela , se levant. Comment , il ne viendra pas!..

STÉPUANO. Vous ne me laissez pas achever... A peine le domestique était-il parti que monseigneur a sonné. . . — Dites au concierge de ne laisser entrer personne...

n importe qui se présente ce matin... on répondra que je viens de partir pour Naples avec ces dames...

ANGELA. Mais ça n’a pas de nom... il ira a Naples...

lucrezia. Tu crois?..

A.1DLLH.

i* ne nous y trouvera pas... et il croira que je le fuis... que je ne veux pas le voir... et ce serait si mai k moi.

si ingrat...

lucrezia. Tu le connais donc ? axgela. Eli! mon Dieu, oui... c’est pour moi qu’il vient... je vous raconterai cela... [Regardant Strph.rno.) A vous...

stéphaxo. La signora se défie de moi...

lucrezia. Elle aurait tort... Stéphano est de notre parti. . il est des n Aires... ct quoique cousin de mon mari...

^stéphaxo. Mon devoir est de vous

lucrezia. En cavalier désintéressé stéphaxo. Il le faut bien !

LUCREZIA , à Ange/a. El tu peux parler sans crainte.

AXGELA. Eh bien ! à Naples... et depuis votre mariage. . . je l’ai vu plusieurs fois an bai. .. toute la soirée ilélait mon cavalier... il dansait avec moi... il causait avec moi LUCREZIA, vivement. Enfin... il disait qu il t aimait!..

axgela. Non , ma sœur , il ne disait rien.

STÉPHANO. Il y a comme ça des gens qui se taisent... ü

«vw.Hun,, us loni Dteti :

AXGELA. Mais l’autre semaine... au bal de 1 ambassadeur d’Espagne... ali! je n oublierai jamais cette soirée... les danses étaient si vives... si animées... et pourtant il ne dansait pas avec moi... il était bien lom dazis un autre salon.. . tout-à- coup un cri d effroi se fait entendre... la flamme d un lustre avait atteint une draperie avait gagné la boiserie... en un instant ü salon était en feu... Les feiniiics effrayées se précipitaient vers les portes qui étaient encombrées et moi, saisie de ter-

reur, je n’avais pas la force de fuir...

lorsque quelqu’un m'emporte dans ses bras... et i travers les flammes il

LE MSGSSUI UIEATHAL.

ke «errait contre son coeur... en me ditnt: Angela... Angela... ma bien-aimée...

J’étais évanouie... mais je crois que j’enfcndais... et quand j'ouvris les yeux, je vis devant moi dans le jardin le comte ,éoni...

lucrezia. C’était lui...

angela. Pile et blessé, je crois...

stéphano. Ab ! qu'il était heureux !

angela. Et me remettant aux dames qui m'accompagnaient , il me demanda à venir savoir de mes nouvelles... Demain, lui répondis-je , je quitte Naples... demain je pars pour la villa Aldobrandi... chez mon frère et mon tuteur... 11 me salua...

s’éloigna sans me répondre... mais scs yeux ine disaient : j’irai... et vous voyez qu'il a tenu parole.

lucrezia. Et pour récompense on le renverrait...

angela. On lui fermerait la porte...

stéphano. Après un dévouement pareil...

LUCREZIA. Ce n’est pas possible... Stépliano nous servira... stéphano. Toujours...

LUCREZIA. Tu seras là... à la grille, quand il se présentera... et si, fidèle à sa consigne , le concierge lui dit qu'il n’y a personne., tu l'inviteras du moins à visiter nos jardins qui méritent d’être rus.

stéphano. C'estdit!

LUCREZIA. Alors il s’y promènera.

ANGELA , tristement. Seul...

LUCREZIA. Pas pour long-tems... et il y aura bien du malheur si, au détour d'une allée , nous ne le rencontrons point par hasard...

angela. Je comprends...

LUCREZIA. Va vite !

angela . Et si mon frère se fâche... qui sera puni?

stéph ano. C’est moi !..

angela. Si même dans sa colère...

stéphano. Qu’importe !.. si un mot de bonté , si un regard me paient après.

LUCREZIA, lui tendant la main avec bonté. Et si je te paie d'avance...

stéphano. Oh ! alors ie me jetterais dans le feu... et je cours !

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