‹ Acteon operacomique en un acteChapitre 5 sur 27 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les PaicéDEKS , ALDOBRANDI , l’arrêtant.

ALDOBRANDI. OÙ donc ?

stéphano. Exécuter les ordres de madame...

albobrandi. Lesquels

stéphano. Pardon , monseigneur , un sigisbé doit se taire... c'est le devoir de sa charge... il u'a que cela à faire...

aldobrandi. C'est encore trop !.. et voilà une charge que je supprimerai...

LUCREZIA. I pensez-vous ?

AiDOBRAMDi. Alors qu’il parle, ou, beau sigisbé, mon ami, je vous fais fustiger par inaitre Gourdino , mon majordome.

STÉPHANO , froidement. Comme vous voudrez!

lucrezia. Et moi je parlerai... je l'envoyais lever la consigne que vous avez

donnée.

ALDOBRANDI. Moi...

lucrezia. Au sujet du comte Léoni...

qui nous invitait ce soir , dans son palais , à une fête charmante... Je ne dis pas que que j'aie envie d’y aller... j’en serais dé soléc, et vous avez bien fait de refuser...

aldobrandi. Ab! vous savez tout cela...

( Regardant Stephano. ) Je vois qu’on ne se tait pas toujours...

lucrezia. Oui, mon ami... vous avez deviné que j’étais indisposée, je vous en remercie... mais ce n’est pas une raison pour ne pas recevoir le comte Léoni... au contraire , nous lui devons des remerciemens... des excuse .. et il serait si incon venant pour vourmeme... car, pour nous, cela nous est égal...

ANGELA. Oh! mon Dieu ! oui...

LUCREZIA. Si inconvenant pour vous. .

de le renvoyer ainsi...

aldobrandi. C’est possible. .. vous avez peut-être raison...

lucrezia. N’est-cepas?

aldobrandi. Mais le mal est fait

M. le comte vient de se présenter... ei je l’ai congédié...

lucrezia. Sans le voir...

aldobrandi. Eh ! sans doute. .. puisqui i’ai fait dire que nous étions tous partis... i lucrezia. Mais il saura bientôt le con- ' traire... Il le sait déjà...

aldobrandi. C'est possible... car il parait qu’il a causé une heure avec le concierge... Tant mieux! il verra par là que je ne me soucie pas de ses visites... et il restera chez lui ! Encore un amoureux qui venait pour vous, madame...

lucrezia. Qu’en savez-vous?... peutêtre venait-il pour Angela , votre sœur !...

aldobrandi. Je le sais bien, il me l'a déjà fait dire !

ANGELA, aoec joie. En vérité!

aldobrandi. C’est sous ce prctexte-lâ qu’ils viennent tous... C’était chaque jour nouveaux préteadans qui demandaient i

Action.

m'ctre présentés... à s’établir chez moi... * pour plaire à ma sœur... pour lui faire la cour... et pendant ce tems... serviteur...

j'ai pris un parti décisif... une mesure générale... j'ai déclaré partout... que ma sœur refusait absolument de se marier...

AXGELA. Eh bien! par exemple!

ALDOonANDf. Et qu’elle prononcerait bientôt ses vœux au couvent délia Pietà...

amgela. C'est un indigne mensonge!

ALDOBraxdi. Si tu aimes mieux que ce soit une vérité... tun’as qu’à parler...

amgela. Non, mon Dieu!..

aldobhaxDI. Alors de quoi te plainstu? de quoi vous plaignez-vous?... vous avez ici une retraite délicieuse où vous faites tout ce que vous voulez... une société charmante... une douzaine de jeunes filles... douze bonnes amies!... je vous demande où vous trouveriez cela dans le monde. . . de plus , les beaux-arts tant que vous en voulez... la musique... la peinturfc. .. ( Regardant le tableau. ) Ah ! voilà qui est admirable... et je vous en fais compliment, madame...

lucrezia. Vous êtes bien bon !

aldodrandi. C’est dans la solitude seulement qu'on peut faire de pareils progrès... Quel beau tableau!... rien que des femmes!... voilà les tableaux que j’aime...

LUCREZIA. Par malheur... je prévois qu'il ne sera jamais fini...

aldobramdi. Pourquoi donc ? la

chaste Diane... au milieu de ses nymphes... en costume de bain... c’est charmant!

LUCREZIA. Oui, monseigneur... mais il manque un Actéon... un bel Actéon...

dont on aperçoive la tête à travers le feuillage!...

aldobbandi. Eh bien! faites-la... dessinez-la...

lucrezia. Pour cela , monsieur, il faut un modèle...

ALDOnn a\di. Bah! une belle tête

d’Actéon ! vous ne pouvez pas la faire d'idée...

lucrezia. Non , monsieur, je n'ai pas de ces idées-là... et ne vois pas ici qui pourrait me les donner... aussi , je vous le répète, pour terminer ce tableau... il me faut absolument un modèle... et si vous ne voulez pas... qu’on eu fasse venir...

aldobiiakdi. Jamais ! jamais d’homme chez moi... surtout des Actéons.

lucrezia. Mais encore une fois... pourquoi donc?

ALDOBRANDI. Pourquoi?

Il est des époux CornpUissns et doux ,

Moi , madame , je veux Ne pas être... comme eux!

Non , non , telle est ma loi !

Non, non, jamais , chea moi.

Les courtisans Et les galans

Ne viendront rire à mes dépens !

Il est de» époux Complatsaus et doux ,

Etc. , etc.

Pour sauver la vertu des femmes 9 Des amans pour rompre les trames ,

Je connais uu très-bon moyen ,

Qui , dans tout tems , sera le mien 1 ( Tirant un poignard.)

Voycs-Vous cette bonne lame.

De mon bonneur c'est le gardien!

Sitôt qu’on regarde ma femme ,

Zig, zig.... vous me comprenez bien 1 Pour elle qu’un amant s'enflamme ,

Zig, zag ,zig... vous entendez bien !

Est* ce un rendez-vous qu'on réclame?

Zig , zag , zig , zag !... c'est moins qne rien! Ccst simple et d'un facile usage ,

Pour un époux sicilien,

D’être tranquille en son ménage ,

Voilé , voilà le bon moyen !

Il est des époux Complaisans et doux ,

Que Von montre au doigt ;

Partout l'on en voit.

Par ce moyen , je veux Ne pas être comme eux !

LUCREZIA* Et moi je dis, monsieur, que je ne conçois pas un raisonnement et un système pareils...

ALDOBRANDI. Chaque pays a le sien...

je sais que ce n’est pas la coutume de Paris... c’est celle de Naples... Nous sommes ici quelques vieux gentilshommes qui tenons aux anciens usages et aux bonnes traditions, et quoique bien décidé, dans l’occasion, à me servir de ma recette, ie désire en user le moins possible : voilà pourquoi j’ai résolu de ne recevoir aucun nomme chez moi...

lucrezia. Vous y avez réussi...

ALDOBRANDI. Pas tout-à-fait. . . dans les meilleurs systèmes, il sc glisse toujours des abus. . . et il s’en est glissé un ici que

je veux supprimer c’est votre beau

l*age!...

STÉPII ANO. O ciel !

lucrezia. Lui... rotre cousin... votre proche parent!

ALDOBRANDI. Eu fait de parens , j'aime mieux les parens éloignés... Il tous fallait un sigisbé. .. et je l'ai souffert près de tous tant qu’il a eu dix ou douze ans , et s'il axait pu se maintenir ainsi... je ne dis pas ; mais à présent, c’est différent.., il s’en ira!

btéphano. Vous me chasse*!

thÉatral .

aldow akdi. Du tooti... je »’«i fait re- • ccvoir dans les pages du roi... « tu partiras aujourd'hui.

nr.nr.ziv. Comment... vous voulez...

ALDOBn.xNDî. Dès ce soir.

stépuano , bas à Luc relia. Et vous le souffririez !

LUC.nKZiA. Silence!

AVUELA. Si cela duz« ainsi , j’en mourrai ..

lucrezia. Du courage... etlaissez-moi..

je vais tâcher de parler pour vous... ( A part. ) Et il faudra bien que je l’emporte...

( Angel» et Stéphano sortent par le fond.)

soc . BM8co iaaaaojoe jaaaaaBao a aaBaaaaaeaoaaoa

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