INTRODUCTION
SOMMAIRE : Les événements politiques. Le Bulletin de la fuite du roi et les manifestations antidynastiques du Conseil général de la Commune. — Pétitions républicaines du 24 juin au 17 juillet: les excitations de l'Assemblée nationale amènent la fusillade du Champ de Mars. Rapport des . commissaires du Corps municipal. — Nombre de séances deâ assemblées municipales. — Organisation des bureaux de la Municipalité. — Finances : pétition contre Tagiotage des petits assignats ; caisses patriotiques et billets-monnaie; indications sur le budget municipal. — Instruction publique : distribution des prix de TUniversité de Paris; détails sur VÉcole des Orphelins militaires de la rue Popincourt. — Fêtes et cérémonies patriotiques : défilé de 20.000 citoyens devant TAssemblée nationale et le serment du peuple; translation des restes de Voltaire, d'abord de Tabbaye de Scellières à l'éf^^lise de Romilly, puis de Téglise de Romilly au Panthéon; commémoration de l'anniversaire du 14 juillet 1780. — Assistance publique : décret du 20 mai 1791, demandant la confection d'un plan de distribution de secours dans les paroisses de Paris et ordonnant la constitution de commissions paroissiales de bienfaisance; dissolution des ateliers de secours et ouverture de nouveaux travaux publics; réclamations des ouvriers des carrières. — Police : institution des tribunaux de police municipale et de police correctionnelle et du Bureau central des juges de paix; décret et arrêtés sur le recensement des habitants de Paris; déclaration obligatoire des étrangère logés. —Garde nationale : Taffaire du bataillon de Popincourt, où un officier coupable de dénonciation calomnieuse est condamné à 50 livres d'amende; nouveaux documents sur le bataillon des Vétérans et le décret qui en confirme Tinstitution. — L'action des sections presque nulle le 21 juin et le 17 juillet. Suite des demandes précédemment présentées pour la convocation générale des sections : afifaire du licenciement des grenadiers soldés de la VI« division ; affaire de l'incorporation des canonniers dans les bataillons de la garde nationale; affaire des félicitations au peuple polonais.
Deux événements importants marquent la période de qua^ ranle jours comprise dans le présent volume, du 21 juin au
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31 juillet 1791 :1a tentative du roi pour s'évader de son royaume et se réfugier à Tétranger, le 21 juin; la répr ssion meurtrière X)rdonnéepar la Municipalité parisienne contre des manifestants inoffensifs qui n'avaient d'autre tort que celui de différer d'opinion avec la majorité de TAssemblée nationale sur les conséquences de l'escapade royale, le 17 juillet.
Mais ces deux événements sont essentiellement d'ordre politique et n'intéressent pour ainsi dire qu'incidemment l'administration municipale. D'autre part, et justement à raison de leur influence sur la politique générale du pays, ils ont été tous deux et depuis longtemps Tobjet de recherches si multipliées qu'il y avait peu de chance de trouver dans nos documents des *ett«eigttWt!etïts biétinouveaux.
Il y à pourtant à signaler, en ce qui concerne le voyage à Varennes, comme pièce inédite, xan Bulletin de la fuite 4a roi^ rédigé, non pas, comme Ta cru Etienne Chaeavay, par une commissidti spéciale composée d'officiers municipaux, mais par des délégiiés extraordinaires envoyés à THôtel-de-Ville par la sectiàà des Gobelins à l'effet de maintenir durant la crise une comtntùtticâtioln permanente entre cette section et le Conseil général âela Commune. C'est seulement dans ce ^^^/«^m qu'on trouve traee de quelques motions d'un caractère nettement antilûonarchiste qui n'ont pas été notées par le procès-verbal officiel dû Conseil général. Ainsi, le 22 juin, on voit le procureur de la Commune (ou son substitut) proposer de voiler le buste du roi, placé dans la salle des séances du Conseil ; c'était, en quelque sorte, cesser de le reconnaître pour roi. Une autre manifestaUon, non moins significative, est celle à laquelle se* livre, le même jour, le colonel de la division de gendarmerie résidtat àï*aris (vieux soldat de l'ancien régime, prévôt général delà maréchaussée de l'Ile-de-France avant 178-)), qui demandait à Supprimer, sur les boutons de ses gendarmes, les trois fleurs die lys, emblème de la royauté. Il est vrai que le Conseij général, effrayé de tant d'audace et feignant de prendre au sérieux l'hypothèse de l'enlèvement du roi par les ennemis de la constitution, hypothèse imaginée contre toute évidence par les modérés de la Constituante pour sauver la monarchie, ajourna toute décision jusqu'à ce qu'il fût avéré que le roi
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n^avait pas été enlevé. Mais cet ajournement même signifiait que, si le rai avait fui de sa propre volonté, il avait manqué à ses devoirs et mérité d'être considéré comme ayant abdiqué (i). Or, c*est précisément cette conséquence que formulait hautement une partie de i'-opinion publique, et les manifestante du 17 juillet au Champ de Murs n'avaient pas d'autre but que de proclamer, une fois de plus, au moyen d'une pétition signée s«r Tautel de la patrie, une opinion que, depuis le 34 ^uin, des groupes de plu^ en plus nombreux avaient pu exprim^^ près* que chaque jour, impunément. Ces démonstrations, à tendances manifestement républicaines, organisées sur l'initiative de la Société des Amis des droits de r homme et du citoyen ou Clièb des Cordelier.i^ forment, du 24 juin au 17 juillet, une suite non interrompue : du 24 juin, c'est la pétition des Trente mille citoyens à l'Assemblée nationale, lue à la séance du 25 ; du 27 juin. Pétition de la Société frater7ielle des patriotes des deux ses>es, défenseurs de la constitution, séante aux Jacobins Saint-Honoré^ à l'Assemblée nationale, concernant le roi et la reine; du 1*"^ juillet, affiche intitulée : Trente millions à gagner. Avis aicx Français^ dénoncée le même jour à l'Assemblée nationale, qui passait à l'ordre du jour; du 8 juillet. Adresse aux Français^ de la Société fraternelle des patriotes des deux sexes, défensew*s de la constitution, séante aux Jacobins Saint-If onoré, sur la déclaration ou protestation des membres du côté droit de V Assemblée nationale^ du 9 juillet. Pétition à V Assemblée nationale, par la Société des Amis des droits de V homme et da citoyen, refusée par le président de l'Assemblée nationale; du I \ juillet, Adresse à la nation, de la même Société; du 13 juillet, Adresse au peuple français, par la Socié'é fraternelle des patriotes des deux sexes, défenseurs de la constitution, séante aux Jacobins Saint-Honoré, relativement àla fuite du roi; du 14 juillet, pétition portant cent signatures, signée : Le peuple, sur laquelle l'Assemblée nationale passait, le 15, à Tordre du jour; enfin, du 15 juillet, soir, déclaration de V Assemblée fédérative des Amis de la vérité et délibération de la Société des Amis de la constitution, séante aux Jacobins, décidant
(1) Séance du 22 juia, d'après le manuscrit intitulé Bulletin de la fuite du roi, (Voir ci-dessous, p. 595-597.)