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Tome H

226 COUPS MUNICIPAL [24 Jaiiv. 1791]

13«. — - Saint-Jacques et les Saints-I.n.nocents, sous la dénomination

de Saint-Jacques-le-Majeur.

L'Arche Marion, ia rue Thibotaudée. celle des Bourdonnais à droite; la rue Saint-Honoré, celle de la Ferronnerie à droite; la rue Saint-Denis à droite, jusqu'à la rue Aubry-le -boucher; cette rue à droite, jusqu'à la rue Saint-Martin; ladite, celle des Arcis à droite, jusqu'à la rue des Écrivains; ia rue Jean-Pain-Mol let à droite; celle Jeaii-de-l'Épineà droite; la place de Grève, jusqu'au quai Pelletier; les quais Pelletier, de Gesvres, de la Mégisserie, jusqu'à l'Arche Marion.

14«, — Saint-Mért.

Les rues Grenier-Saint-Lazare, Michel -le-Comte, Vieilles-Haudrieltes, du Chaume, de l'Homme-armé et des Billettes à droite; rue de la Verrerie, jusqu'à celle du Coq; ladite et celle de la Tixeranderie à droite, jusqu'à celle du Mouton; ladite et la place de Grève à droite, jusqu'à la rue Jeande-l'Ëpine; ladite, celles Jean-Pain-Mollet et Saint-Martin à droite, jusqu'à celle Grenier-Saint-Lazare.

15«. — Saint- G ER VAIS.

La rue des Nonnaindières à gauche: celle Saint-Antoine à gauche, jusqu'à celle des Ballets; ladite, celle du Roi-de-Sicile à gauche, jusqu'à celle Pavée ; ladite à gauche, jusqu'à celle des Francs-Bourgeois; ladite, celles de Paradis, du Chaume, de THomme-armé, des Billettes et de la Verrerie a gauche, jusqu'à celle du Coq; ladite et celle de la Tixeranderie à gauche, jusqu'à celle du Mouton; ladite et la place de Grève à gauche, jusqu'au quai de la Grève; ledit et celui des Ormes, jusqu'à la rue des Nonnaindières.

• 16* Saint-Paul.

La rue des Nonnaindières à droite; rue Saint-Antoine à droite, jusqu'à celle des Ballets; ladite et celle du Hoi de-Sicile à droite, jusqu'à celle Pavée; ladite et celle Payenne à droite, jusqu'à celle du Parc-royal; ladite et celle Neuve-Saint-Gilles à droite; le boulevard et la rue des Fossés-Saint- Antoine à droite, jusqu'à la rivière; les bords de ladite et Tile Louviers, jusqu'à la rue des Nonnaindières.

17«. — Les Capucins-du-marais, sous la dénomination de Saint-Fuançois.

Le boulevard à droite, jusqu'à la rue Neuve-Saint-Gilles ; ladite et celle du Parc-Royal à droite, jusqu'à celle Payenne; ladite à droite, jusqu'à celle des Francs-Bourgeois; ladite, celles de Paradis, du Chaume, deS Vieilles- Haudrillettes et du Temple à droite, jusqu'au boulevard.

18*. — Les Annonciades de Popincoi^rt, sous la dénomination

de Saint-Ambroise.

Les boulevards à gauche, jusqu'à la rue Daval ; ladite, celles de la Roquette, de la Folie-Hegnauit à gauche, jusqu'à la barrière; les murs de ladite et celle du Faubourg du Temple; ladite à gauche, jusqu'au boulevard.

19«. — Salnte-Margurrite.

Les murs de la barrière du Trône, jusqu'à la barrière de la Folie-Regnault; ladite rue, celle des Murs-de-la-Roquelte, celles de la Roquette et Daval à gauche, jusqu'au boulevard; ledit à gauche, jusqu'à la rue du Fauxbourg Saint-Antoine; ladite à gauche, jusqu'à la barrière du Trône.

20" L'église extérieure de I'abbaye de Saint-Antoine, sous la dénomiDation

de Saint-Antoine.

Les murs, de la barrière du Trône jusqu'à celle de la Râpée; les bords de la

[24 Janv. 1794] DE LA COMMtJNE DE PARIS 227

rivière, jusqu'à la rue des Fossés-Saint-Antoine; ladite à droite, jusqu'à celle du Faubourg Saint-Antoine; ladite à droite, jusqu'à la barrière du Trône,

21*. — La Métropole.

Les îles Notre-Dame et Saint-Louis; tous les ponts adjacents; les maisons du pont Saint-Michel à droite, à prendre du Cagnard, et la gauche dudit pont, y compris les njaisons; rue du Hurepoix, c6té de la rivière; rue de la Bùcherie, côté de la rivière, jusqu'aux Petits-Degrés, en partant de la rue du Petit-Pont.

22«. — Saint-Victor.

Les bords de la rivière, de la porte Saint-Bernard jusqu'à la barrière de la Salpêtrière; les murs de ladite, jusqu'à l'avenue du Marché-aux-chevaux ; ladite à droite, jusqu'à la rue du Marché ; ladite et celle du Jardin-du-roi à droite ; rue Copeau à droite; rue Mouffetard à droite, jusqu'à celle Saint- Victor; ladite et celle des Fossés-Saint-Bemard, jusqu'à la rivière.

23". — Saint-Médard.

Les rues Copeau, du Jardin-du-roi et du Marché à droite; la rue des Francs-Bourgeois adroite, jusqu'à la rue Scipion; ladite à droite, jusqiPà celle du Moine; ladite à droite, jusqu'à celle Mouffetard; ladite à droite, jusqu'à celle de l'Arhalète ; ladite à droite, jusqu'à celle du Pot-de-Fer; ladite et celle Mouffetard à droite, jusqu'à celle Copeau.

24«. — Saint-Marckl.

Le chemin du Petit-Genlilly à droite; la rue des Bourguignons et celle de Lourcine à droite; la rue Mouffetard à droite, jusqu'à celle Fer-à-Moulin; ladite à droite; celles de la Muette, du Marché-aux-chevaux, jusqu'aux murs de l'enceinte; lesdits, jusqu'à la barrière du chemin de Gentilly.

25«. — Saint-Jacquks du Haut-Pas.

Les murs, barrière du chemin de Gentilly, de ladite jusqu'à celle de la rue du Montparnasse; ladite à droite;, la rue Notre-Dame-des-Champs à droite, jusqu'au cul-de sac de ladite rue; ledit, jusqu'aux murs des Chartreux; lesdits, jusqu'à la rue d'Enfer; ladite à droite, jusqu'à celle Saint- Thomas; ladite, celles des Fossés-Saint-Jacques, des Postes, de TArbalète, des Charbonniers^ des Bourguignons, à droite, jusqu'à celle de la Santé ; ladite et celle du chemin de Gentilly b droite, jusqu'à la barrière.

26», — Saint.v.Genkviève (nouvelle église), et provisoirement

à Sa iNT-E TIENNE-DU -Mont.

La rue des Mathurins à droite; la rue Saint-Jacques à droite, jusqu'à la rue des Noyers; ladite à droite, celle de la Montagne-Saiute-Geneviève à droite, jusqu'à celle Travers! ère; ladite à droite; la rue d'Arras à droite, jusqu'à celle Saint- Victor; ladite et celle des Fossés-Saint-Victor à droite, jusqu'à celle Mouffetard; ladite à droite, jusqu'à celle du Pot-de-Fer; ladite à droite, jusqu'à celle des Postes; ladite, celles des Fossés-Saint-Jacques, Saint-Thomas, d'Enfer, de la Harpe à droite, jusqu'à celle des Mathurins.

27«. — Saint-Xicolas-du-Guardonnet.

Le bord de la rivière, de la porte Saint-Bernard jusqu'à la rue d'Amboise; ladite à gauche; la place Maubert à gauche ; la rue de la Montagne à gauche, jusqu'à celle Traversière; ladite à gauche; la rue d'Arras à gauche, jusqu'à celle Saint-Victor; ladite et la rue des Fossés-Saint-Bernard à gauche, jusqu'à la rivière.

28°. — Saint-Séverin.

La rue de la Harpe et celle de la Vieille-Boucherie à droite, jusqu'à celle

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de la Huchette; ladite et celle de la Bûcherie, droite et gauche, jusqu'à celle d'Amboise, hors les maisons réservées à la Métropole; la rue d'Amboise à droite; place Maubert et rue des Noyers à droite; rue Saint-Jacques à droite, jusqu'à celle des Mathurins ; ladite à droite, jusqu'à celle de la Happe.

29«. — Saint-André-des-Arcs.

Les quais des Quatre-Nations, de Conti.des Augustins, jusqu'à la place du Pont-Saint-Michel; la rue de la Vieille- Boucherie à droite; la rue de la Harpe à droite, jusqu'à la place Saint-Michel ; la rue des Francs-Bourgeois; les rues des Fossés-Monsieur-le-Prince, des Fossés-Saint-Germain et Mazarine à droite, jusqu'au quai Conti.

30*. — Saint-Sulpice.

La rue du Mont-Parnasse à gauche; la rue Notre-Dame-des-Champs à gauche, jusqu'au cul-de-sac de Notre-Dame-des-Champs; ledit à gauche en suivant le mur mitoyen des Chartreux et du Luxembourg, jusqu'à la rue d'Enfer; ladite à gauche; les rues des Francs-Bo<jrgeois, des Fossés-de- Monsieur-le-Prince, des Fossés-Saint-Germain, de Bussy, du Four, de Grenelle à gauche, jusqu'à la rue de la Chaise ; ladite à gauche, jusqu'à celle de la Planche ; ladite et celle de Varennes à gauche, jusqu'au boulevard ; ledit à gauche, jusqu'à la rue de Sèvres; ladite à gauche, jusqu'à la barrière; les murs, jusqu'à celle du Mont-Parnasse.

31«. — L'A6bayk Saint-Germain, sous la dénomination

de Saint-Germaïn-des-prés.

Le quai Malaquais; les rues Mazarine à droite, de Bussy, du Four, de Grenelle à droite, jusqu'à celle des Saints-Pères; ladite à droite, jusqu'à celle de l'Université; ladite adroite, jusqu'à celle du Bac; ladite à droite, jusqu'au quai.

32«. — Les Jacobins Saint-Dominique, sous la dénomination

de Saint-Thomas.

Rue du Bac à droite, jusqu'à celle de l'Université; ladite à droite, jusqu'à celle des Saints-Pères; ladite à droite, jusqu'à celle de Grenelle; ladite à droite, jusqu'à celle de la Chaise; ladite à droite, jusqu'à celle de la Planche; ladite et celle de Varenne à droite, jusqu'aux boulevards; lesdits, jusqu'à la rivière; les quais de la Grenouillère et d'Orsay, jusqu'à la rue du Bac.

33*. — Saint-Pierre du Gros-Caillou.

Les murs, de la barrière de la rue de Sèvres jusqu'à la rivière; le bord de ladite, jusqu'au quai de la Grenouillère; la place des Invalides; le boulevard à droite, jusqu'à la rue de Sèvres ; ladite à droite, jusqu'à la barrière.

Suit l'arnHé relatif à la circonscription des paroisses de la capitale.

Le Corps municipal;

Ouï le rapport de ses commissaires sur la nouvelle circonscription 4e toutes les paroisses de la capitale;

Ouï et ce requérant le procureur de la Commune;

Considérant Tesprit de son précédent arrêté (l),qui fixait le nombre des paroisses à trente-trois pour (-2) le minimum et, pour, le maxi-

(1) Arr^'lc'; du 17 janvier. (Voir ci dessu.*, p. 177.)

(2) Le mot pour mauque au registre uiauuscrit.

124 Janv. 1791] DE LA COMMUNE DE PARIS 229

mum, à trente-six; que ce nombre est proportionné à la population et à la circonscription des territoires de cette immense cité; que les citoyens trouveront dans cette répartition, combinée avec autant de justesse qu'il a été possible, toute la commodité et utilité qu'ils ont droit d'attendre;

Déclara qu'il approuve le nombre et la division des 33 paroisses ci-devant énoncées;

Que, aux Invalides, les fonctions curiales continueront à être exercées, en raison de la nécessité ;

Ajourne ce qui concerne le vœu présenté pour l'église de Saint- Louis-en-l'ile (j);

Arrête que le plan de ses commissaires ainsi que le présent arrêté seront portés au Comité ecclésiastique de l'Assemblée nationale ; qu'il sera présenté à celte Assemblée, par une députation, une adresse renfermant les bases principales d'une opération si pressante et si nécessaire. (IIl, p. 241.)

Le premier substitut-adjoint du procureur de la Commune a

annoncé qu'à l'instant deux commissaires de la Société appelée des Amis de la constitution vionarchique venaient de lui remettre un écrit, signé d'eux, par lequel ils déclarent qu'il sont dans l'intention de remettre au procureur de la Commune une somme de li,o49 livres, provenant de contributions volontaires faîtes par les membres de la Société, pour la faire distribuer, aux pauvres dont ils donneront la liste, par le moyen des comités de sections. (IV, p. 244.)

Le premier substitut ayant demandé le vœu du Corps municipal sur cet objet;

La question a été ajournée à la première assemblée du Corps municipal (2).

*^^ Lecture faite du procès-verbal (3), la rédaction en a été approuvée/(V, p. 247.)

*-*-- Le Corps municipal s'est ajourné à jeudi (4).

Et M. le Maire a levé la séance.

Signé : Bailly, Maire; Dejoly, secrétaire-greffier.

(1) PétitioD du 19 janvier, pour la couservation à Litre déûniiif de cette paroisse, maintenue seulement a titre provisoire et comme succursale par Tarri'té du J2 janvier, sur laquelle il fut statué le 30 janvier. (Voir ci-dessus, p. 120, 175, et ci-dessous.)

(2) Séance du 27 jaiivier. (Voir ci-dessous.)

(3) On a vu plus haut que la lecture du procès-verbal avait donné lieu à une déci:>ion niodiiiant un arn'li' pris au cours mr-iue de la séance. (Voir ci-dessus p. 223, note 3.)

(i) Jeudi, 27 janvier.

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ÉCLAIRCISSEMENTS

(f, p. 223.) L'événement arrivé le 24 janvier à La Chapelle (canton de Clichy, (|istrict de Saint-Denis) produisit dans Topinion parisienne une très vive agitation. Avant même qu'on pût être renseigné sur les origines et les circonstances du fait, on voulut y voir reffet d'un complot : parmi les journaux et les clubs qui se réclamaient de l'opinion démocratique, comme par reflet d'un mot d'ordre, l'accord se trouva fait dès le premier jour pour accuser, sans preuves, la Société def Amis de la constifution monarchique d'être l'instigatrice des troubles, et les sections fulminèrent à l'envi contre \e? fauteurs de désordres (1).

On voudrait ici raconter, le plus simplement possible, l'événement, dire ce qui s'était réellement passé. Mais cela même n'est pas facile, en présence des versions contradictoires qui se retrouvent jusque dans les documents officiels. On se bornera donc, en laissant de côté pour l'instant le résultat de l'enquête confiée au Comité municipal des recherches (2), à reproduire les récits émanés des intéressés eux-mêmes, municipalité de La Chapelle d'une part, chasseurs de barrières de l'autre, et aussi ceux de quelques journaux de nuances diverses. On négligera, bien entendu, les récils anonymes, œuvres de folliculaires quelconques, faits pour être vendus sur la voie publique par les crieurs ou aboyeurs du temps (3).

Le Moniteur universel (n" du 26 janvier) publie le court récit qui suit :

a Mardi 25 (4), des commis aux barrières ont appris qu'il y avait, entre La Chapelle et la barrière Saint-Laurent, des entrepôts de contrebande; ils ont engagé le matin les chasseurs des barrières à faire une visite dans ces magasins. Les contrebandiers ont soutenu le choc; ils étaient armés, et quelques-uns d'entre eux étaient déguisés en gardes nationaux. Le combat a été vif, et cette circonstance désastreuse a occasionné la mort de quelques-uns des combattants, dont on assure qu'il y a eu un grat^d nombre de blessés. »

(1) Le nombre considérable de documenta qui sont à mettre sous les yeux du lecteur obligo en à diviser Texposé: on trouvera ce qui concerne les clubs (Jans V Éclaircissement IIÏ de la séance du 27 janvier, et ce qui concerne les sections dans V Éclaircissement I de la séance du 31 janvier. (Voir ci-dessous.)

(2) Ce résultat est consigné dans un rapport présenté le 10 février. (Voir cidessous.)

(3) Voici Tindication de quelques-uns de ces récits:

Grand détail du massacre arrivé aujourd'hui à La Chapelle-Saint-Denis par les contrebandiers et les chasseurs, imp. 4 p. in-8a(Bib. nat., Lb 39/96.75);

Récit exact et circonstancié du combat et des malheurs arrivés hier au village de La Chapelle, imp. 8 p. in-8« (Bib. nat., Lb 39/4536);

Détail exact de r horrible massacre des citoijens de La Chapelle et des chasseurs, occasionné par la contrebande^ imp. 8 p. in-8' (Bib. nat., Lb 39/4537).

(4) La date exacte est, sans aucun doute, lundi 24.

mjmy.iim DE LA. COMMUNE DE PARIS 931

Et, malgré tout le bruit qui se fait autour du « massacre », le Moniteur n'en parle plus que pour insérer quelques jours après (n" du 29 janvier) un récit sous" forme de procès -verbal, daté du jour même de Tincident, émané des capitaines des deux compagnies de chasseurs incriminées, ainsi conçu :

Rapport exact de ce qui est relatif aux compagnies de chasseurs de Chàrton (1) et QoBYSSAT (2) dans le fâcheux événement arrivé à La Chapelle,

Cejourd'hui, 24 janvier, à six heures du matin, M. Acrain, sous-brigadier de la barrière des Vertus, est venu requérir les postes des Vertus, Pantin, Saint- Louis et de la Chopinette, pour lui prêter main-forte dans une prise qu'il prévoyait faire dans les environs. Ces pusles réunis se sont portés avec ce sous-brigadier sur la commune de La Chapelle, où ils sontentrés chez un cabaretier, à l'enseigne de Sainte-Geneviève. Capture faite de l'objet des marchandises sujettes aux droits, les chasseurs se sont rais eu devoir d'escorter la saisie. Alors la générale s'est fait entendre, et, de plus, on a sonné le tocsin, qui a rassemblé un peuple considérable, dont partie était armée, et qui, au moment du départ du détache* ment qui escortait la prise, a fait feu et blessé mortellement M. Mohin, chasseur de la compagnie de Queyssat, qui est resté sur la place. Avant cette première décharge, le brigadier, accompagné de M. Bblamoub, chasseur de la compagnie de Charton, s'est transporté chez le maire du lieu pour demander mainforte, et ce chasseur, depuis cet instant, mauque à la compagnie; pp nous assure qu'on l'a trainé en prison, où il a été la victime du peuple qui l'a assassiné à coups de couteau. A cette nouvelle, l'alarme s'est répandue au quartier, et tous les chasseurs des deux compagnies ont pris les armes pour porter secours à leurs camarades, dont la moitié, disait-on, était égorgée. Arrivés à La Chapelle, ils se sont réunis aux compagnies des grenadiers du centre, ainsi qu'& la cavalerie, qui commençait déjà à rétablir le calme. Mais, le peuple s'étant attroupé de nouveau, la maréchaussée a reçu l'ordre de l'expulser; elle a été suivie d'up détachement des deux compagnies, à la tète duquel était M. Dj&luoy, qui, au péril de sa vie, n'a pas été le maître de ses soldats; indignés de ce que leur officier avait essuyé plusieurs coups de feu- à son arrivée, voyant que le peuple refusait de se retirer et animés par le rapport que venait de leur faire un soldat du centre, qui. lui-m^me étant blessé à la main, venait d'être témoin de la mort de son frère qui avait été tué k ses cotés par les contrebandiers, après leur avoir de nouveau affirmé que deux de leurs camarades avalent été égorgés dans les prisons; ils ont fait une seule décharge, et, dans le même moment, les deux compagnies de Charton et Queyssat, aux ordres de leurs capitaines, s'avançaient de la ville à La Chapelle, marchant d'un pas grave et k rangs serrés, pour y rétablir l'ordre. Alors, MM. Goisdet, Sorcilly et autres officiers se sont présentés aux ^dits capitaines et leur ont dit, de la part de la Municipalité, de se retirer, qu'ils étaient en force suffisante pour ramener l'ordre, leur assurant que leur présence ne servirait qu'à aigrir les esprits échautTés. Alors, ces messieurs ont rassemblé les différents détachements de leurs compagnies, les ont reconduites à la caserne, où elles sont consignées jusqu'à nouvel ordre.

Sola. — L'appel des deux compagnies ayant été fait, il manque deux hommes dans celle de Charton et deux dans celle de Queyssat.

.S/<7«é : QuBvssAT, Charton, Fabbrt, Delucy, Mercier.

(1) Charton, capitaine de la compagnie attachéo à la 1" division, casernée rue de l'Épée-de-bois.

(2) dbQueyssac, capitaine de la compagnie attachée k la 3» division, casernée faubourg du Temple.

232 CORPS MUNICIPAL [24 Janv. 1791]

Le Journal de Paris, qui n'avait dit mot pendant deux jours, se borne à insérer (n" du 27 janvier) le même Rapport exact, suivi de la note cidessous :

La compagnie que commande M. Qukyssat, pénétrée de la triste situation où se trouve la veuve Morin, qui avait sou mari chasseur dans ladite compagnie, et qui a été tué dans la malheureuse affaire dont on vient de lire le récit, a arrêté qu'elle donnerait chaque semaine, à cette infortunée qui a deux enfants, 8 livres de pain et 4 livres de viande.

A côté de ces deux journaux, extrêmement réservés, il faut placer le Patriote français, journal de Brissot, qui se montre le plus impartial. D'abord, dès le lendemain de la bataille (n^ du 25 janvier), il inséra ce qui suit : • '

« Cette ville a été témoin d*un combat désastreux, occasionné par la contrebande : des commis aux barrières ont appris qu'il y avait, entre La Chapelle et la barrière Saint-Laurent, des entrepôts de contrebande; ils ont engagé, ce matin, les chasseurs des barrières à faire une visite dans ces magasins. Les contrebandiers ont soutenu le choc; ils étaient armés, et quelques-uns étaient déguisés en gardes nationaux. Le combat a été vif. On ne peut pas affirmer le nombre des morts; il y en aura toujours trop : de quelque parti qu'ils soient, ce sont nos frères. Cet événement apprendra à nos législateurs que les visites domiciliaires sont incompatibles avec, la liberté, qu'il faut chercher un autre mode d'impôt. »

Le jour suivant (n» du 26 janvier), nouvelle note, ainsi rédigée :

tt H y a eu hier (24 janvier) diverses dénonciations au Club des Jacobins, contre le Club monarchique. Ou assure qu'on y fait des distributions de pain, d'habits, d'argent (1). Si ces faits sont vrais, ils doivent rendre très suspectes les intentions de ce club. Toutes les sections ont été invitées à s'occuper de ce club : elles s'assemblent aujourd'hui à cet effet (2j. L'on présume que ce club avait quelque part aux placards affichés pour exciter les habitants du faubourg Saint-Antoine (3), et que le cruel combat qui a eu lieu hier pour la contrebande avait un tout autre motif, mais secret, n

Le jour suivant (u9 du 27 janvier), enfin, après la séance du Corps municipal (4), dernière impression, qui détonne par son calme au milieu de l'affolement général :

tt II y a différences versions sur Torigine de cette malheureuse afifaire, sur le premier agitateur; on ne saura guère la vérité que lorsque la justice aura instruit. La Municipalité a chargé son Comité des recherches de faire toutes les informations. Le nombre des morts et des blessés, fort exagéré dans lés feuilles, se réduit à un petit nombre. »

Telle est aussi à peu près l'attitude du Courrier de Paris dans les 83 départements (n* du 26 janvier), qui conclut ainsi :

(1) La séance du Club des Javohins du 24 janvier est résumée dans VÉclaircissèment III de la séaucc du 27 janvier. (Voir ci-dessous.)

(2) Les délibérations des sections sout groupées dans V Éclaircissement \ de la séance du 31 janvier. (Voir ci-dessous.)

(3) Il sera question de ce placard dans V Éclaircissement I de la séance du 27 janvier. (Voir ci-dessous.) •

(4) St-anoe du 27 janvier. (Voir ci-de^*sous, p. 272.)

[24Janv. 1791] DE LA COMMUNE DE PARIS 233

« Au milieu de tontes les versions que les parties intéressées donnent à raiïaii-e de La Chapelle, il n'est guère possible de découvrir la vérité. »

Déjà, la veille (n* du 25 janvier), Corsas avait rectifié les chiffres :

« Le nombre des morts ne passe pas 9 hommes, et non pas 95, comme le Journal du soir le dit. i»

La Chronique de Paris, qui d'ordinaire garde mieux son sang-froid, se livre dès le premier jour (n" du 26 janvier) aux appréciations les plus hasardées :

« Nous n'avons pas rendu compte hier de l'affaire arrivée dimanche {i) à La Chapelle. Cette affaire est de la plus haute importance et annonce des calamités qu'il est important de prévenir...

a Le Club 7nonarch)que paraît être l'àme de ces divers mouvements. Il a déjà inscrit le nom'Tle plus de 30,000 pauvres, auxquels il promet des secours pour avoir leur appui, et les officiers municipaux s'endorment. Sans doute, on ne peut défendre à aucune Société de s'assembler; mais il faut punir juridiquement les perfides citoyens qui cherchent à fomenter des troubles; il faut dénoncer et poursuivre M. Stanislas Clermont-

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