V. Nos poires, Van Houtte, P1. K
Poire de première qualité, mürissant en novembre et décembre, chair blanc-verdâtre, des plus fines, fondante, contenant quelques filaments,
d’une eau excessivement abondante, sucrée, acidulée, possédant un arôme exquis.
Arbre de moyenne vigueur, se greffant sur franc et sur cognassier, très recommandable pour haut-vent, formant des pyramides des plus remarquables et bien garnies, venant bien aussi en espalier, d’une fertilité régulière. — Précieuse variété. Fruit volumineux.
M. Palacky. — L'’Autriche est un pays d'exportation de fruits plutôt que de légumes. Goritz (?) seule (Gürtz allem.) est si favorisée qu’elle produit toute l’année. Son principal produit est le choux-fleur d’hiver qui remplit presque tous les marchés pendant cette-saison.
Pour les fruits il n’y a que deux pays d'exportation, ce sont le Tyrol méridional et la Bohème. Cette partie du Tyrol exporte surtout des .
pommes en Autriche et en Allemagne. Parmi ces pommes, la plus chère et la plus connue est la Xosmarinapfel, qui a l'odeur du romarin. (Rosmarinus officinalis.)
J'ai assisté aux débats relatifs à l'impôt foncier à la commission autrichienne dont j'étais membre. Là, il a été établi d’une manière générale, que le rendement moyen de chacun de ces arbres est de quarante fr. par an. C'est sur cette base que l’impôt est fixé. Cet arbre ne vient que sur le versant méridional du Tyrol et dans des prés qui sont bien arrosés,
Comme ses branches sont très larges il faut au moins, dans la plantation, laisser quinze mètres d'intervalle entre les arbres.
Il ya une grande maison d'exportation, la Société anonyme, auparavant Rigler, qui exporte ces pommes en les emballant très bien et qui Jes vend très cher.
La culture des arbres fruitiers en Bohème est en décadence par suite des conditions climatériques. Nous souffrons d’une grande sécheresse l'été. On mange en Bohème, en certaines quantités, même des poires de Californie. On exporte des cerises, des pommes, des poires (si l’année est bonne). Les variétés du Nord sont ordinaires, je ne veux pas les recommander. Il y a aussi l'exportation des prunes qui se pratique chez nous, spécialement dans la vallée de l’Elbe.
Il y a dans un village (Dolan), une excellente variété de prune, mais ce n’est pas une variété constante. Elle dégénère et c’est la localité qui lui donne ses qualités. Cet arbre croît sur un terrain d'exposition méridionale très fertile et bien arrosé.
Je ne parlerai pas des pruniers de la Bosnie. Ce n’est pas un arbre fruitier, c’est un arbre forestier, qui ne demande aucun soin. Je ne le mentionne que pour mémoire.
Les États-Unis exportent des poires jusqu’en Autriche. Le Vaccinium macrocarpum est une variété de Myrtille qui rapporte beaucoup et qui donne lieu à des affaires comportant des chiffres énormes. Il croit dans les marais et dans les tourbières du nord des États-Unis. Comme il y a des
tourbes en Belgique il serait peut-être possible d’y faire cette culture. C'est un fruit très sec qui contient beaucoup de tannin. Il est très bon pour la digestion et ne coûte pas grand’chose. Les personnes qui pourraient s'intéresser à cette culture trouveront des renseignements dans les rapports annuels du Ministère de l'Agriculture des États-Unis. Je me mets au service des membres du Congrès qui désireraient avoir ces renseignements.
M. Hansen. — Il y aurait beaucoup à dire encore sur cette question, La variété de pomme, le Graastener danois, dont j'ai parlé, qui se porte très bien chez nous et qui produit les meilleurs fruits du Danemark, ne réussit pas partout comme, par exemple, à Angers, où M. André Leroy ne la considérait que comme une bonne pomme à cuire. Vous savez que le duché d’Oldenbourg a des possessions dans le Holstein, cette pomme s’y développe très bien, d’après ce que M. l’Inspecteur des jardins de la cour grand-ducale d’Oldenbourg m'en a dit, tandis que dans l’Oldenbourg lui-même, elle est de qualité inférieure. Cela prouve que les renseignements que l’on récolte de tous côtés ont une très grande importance. Il faudrait dresser des listes dans tous les pays et les dresser par contrées. Nous avons eu, à Copenhague, un Congrès et une Exposition scandinave de fruits; il a fallu diviser le petit Danemark en plusieurs régions. On a décerné des prix pour le nord et pour le midi du Jutland, * pour les îles, puis pour la Suède, la Norwège, etc.
Le plus grand malheur pour l’arboriculture, c’est le grand nombre de variétés que l’on possède. On s’est trop longtemps trompé en croyant que les variétés qui réussissent dans un pays, réussiront également dans les autres. Après les Allemands, ce sont les jardiniers danois qui ont voyagé le plus; de là cette multitude de variétés cultivées au Danemark et rapportées un peu de partout.
De bonne heure, je me suis livré à l'étude spéciale des fruits, de sorte qu’il m'a été possible, avant l’âge de vingt-cinq ans, de recueillir, de dessiner et de décrire mille variétés de fruits, principalement des pommes et des poires cultivées en Danemark.
Le travail le plus important à effectuer aujourd'hui dans les jardins fruitiers, est celui qui consiste à choisir avec discernement dans la masse des variétés qui nous envahissent continuellement. Dans ce but, il faudra prendre des notes minutieuses sur les arbres et leurs fruits; s'attacher surtout à observer la rusticité des arbres et même de leurs fleurs, et s’assurer comment ces dernières résistent à la gelée blanche, etc. Il y a bien des choses à étudier, entre autres les propriétés des fruits, surtout par rapport à l’époque de la maturité, la durée de leur conservation, leur prédisposition à se gâter, etc.
Il est, de nos jours, très facile, d'échanger non seulement des idées et des observations, mais aussi les fruits et de faciliter de cette façon, l'étude
d'une matière aussi importante pour tous les pays où l'on cultive et apprécie les fruits.
M. Palacky. — M. le secrétaire me communique un projet de résolution qui me paraît très sage. On propose que le Comité exécutif du Congrès se mette en rapport avec les spécialistes étrangers, pour se communiquer les fruits les plus recommandables de leurs localités respectives ; pour demander des renseignements sur les variétés cultivées dans les différents pays, sur les conditions qui leur sont nécessaires pour se développer et surtout sur les terrains qui leur conviennent.
Si cette proposition est acceptée, il y aurait lieu, pour chaque membre du Congrès, de donner des renseignements et d'en demander à ce Comité.
M. Delrue-Schrevens. — Je désire ajouter quelques mots aux observations très judicieuses qui ont été présentées. Nous avons constaté, bien souvent, que des fruits très méritants, très recommandables à tous les points de vue, restaient localisés pendant de nombreuses années, dans les régions où ils avaient été obtenus. Cet état de choses, éminemment déplorable, tient à la difficulté extrême de faire parvenir aux sociétés étrangères, des spécimens de ces fruits afin de les faire connaître et apprécier. Et cela, uniquement à cause des ennuis et des tracasseries que l’on éprouve à la frontière, où les colis sont ouverts, visités, déballés et toujours détériorés!
Tous les gouvernements de l’Europe étant réprésentés à ce Congrès international de Botanique et d'Horticullure, je demande si nous ne pourrions pas profiter de cette circonstance heureuse, pour tâcher d'obtenir de toutes les nations européennes, l'autorisation d’expédier directement, en FRANCHISE DE DouANES, des spécimens de fruits, aux Sociétés régulièrement constituées et reconnues ?
Pour éviter tout soupcon de fraude, les colis dont le poids et la dimension pourraient être déterminés, seraient préalablement visés, soit par le Consul, soit par d’autres agents expressément désignés; ce qui donneraît tous les apaisements et toutes les garanties désirables, Ce serait en un mot, le Zibre échange pomologique ! Si cette proposition que j'ai l'honneur de vous soumettre est adoptée, Messieurs les délégués des gouvernements pourraient s'entendre avec le Comité exécutif, pour la négociation.
M. Tyman. — J'appuie la proposition de M. Delrue. Seulement il ferait bien de ne pas la développer comme il l’a fait. Si elle était conçue dans des termes plus simples, plus élémentaires, elle aurait plus de chances de succès.
Je me contenterai de formuler un vœu pour que ces relations s’établissent entre les différentes catégories des membres du Congrès et je
m’arréterais là. Je laisserais les membres du Comité exécutif seuls juges de la manière d'opérer, c’est-à-dire, de la manière dont ils doivent s’y prendre. C’est l’unique moyen d'arriver à un bon résultat.
M. le Présidènt. — La question XXI a été traitée hier. La note de M. Delrue sera communiquée au Comité exécutif.
Je vous propose de voter la résolution de M. Millet :
« Le Comité exécutif du Congrès pourrait se mettre en rapport avec les spécialistes étrangers pour se communiquer les fruits les plus recommandables de leurs localités respectives. »
M. Millet. — Je vous prie d'ajouter un mot à la demande de M. Delrue. On parle de l’échange de fruits, je propose d’y ajouter: «et des greffons. »
M. le Président. — Personne ne s'oppose à l'adoption de cette première résolution? — Adopté.
Voici la seconde partie. Il s’agit de demander des renseignements sur les variétés cultivées dans les différents pays, sur les conditions qui leur sont nécessaires pour se développer le plus et surtout sur les terrains qui leurs conviennent. — A doplé.
Nous transmettrons la résolution au Comité exécutif qui arrangera la chose comme cela lui conviendra au point de vue de la rédaction.
Je crois que M. Delrue n’insistera pas sur sa proposition. Il lui est donné satisfaction par celle qui vient d'être adoptée.
Il s’agit maintenant de décider si la section émet le vœu qu’on facilite les transports de fruits et qu’on leur donne la franchise de douane.
Je suppose que vous accepterez l'amendement de M. Millet qui propose d'ajouter aux fruits les greffons. — Marques d'adhésion.
Un membre. — Le visa du Consul serait peut-être une formalité difficile à remplir. On n’a pas toujours le Consul sous la main.
M. Millet. — Dites alors: « légalisé par le bourgmestre ou le maire de la commune. »
M, le Président. — Je propose de dire: « légalisé par les autorités. » — Adopté.
Est-ce que la section accepte l'amendement de M. Delrue ? — À dhésion.
Le Bureau sera chargé avec MM. Delrue et Millet de s'entendre sur la rédaction. L'heure étant avancée je vous prierai de monter à l'étage où les deux sections doivent se réunir.
M. Fauvel. — Un mot seulement. Parmi les fruits recommandables on n'a pas recommandé la Zransparente de Croncels que nous devons à M. Baltet et qui a le mieux résisté pendant l'hiver de 1880. La modestie de M. Baltet l’a empêché d’en parler.
La séance est levée à 11 1/2 heures.
Assemblée générale du 5 août 1885.
Présidence de M. le D'H. Van HEURCK, directeur du Jardin botanique d'Anvers.
M. E. MarcHar, secrétaire du Congrès, remplit les fonctions de secrétaire.
Sommaire : Les vœux exprimés au Congrès, par MM. Ch." DE BOSSCHERE et PLANCHON. — Lettre à adresser à M. le D' TRreuB, à Buitenzorg. — Discours de clôture, par MM. BERNARD, CH. DE BOSSCHERE, VAN HEURCK, BAILLON.
La séance est ouverte à midi.
M. le Président. — Messieurs les présidents des sections sont invités à prendre place au bureau, ainsi que M. BERNARD, délégué du gouvernement belge. J’ai l'honneur d'ouvrir l’assemblée générale.
J’accorde la parole à M. Ca. De BosscHere pour les communications qu’il a à faire.
M. Ch. De Bosschere. — Ces communications se réduisent à fort peu de chose.
Dans une séance antérieure, je crois avoir dit que tous les membres du Congrès qui, à un titre quelconque, ont pris part à nos travaux, recevront la copie de la siténographie de leurs communications. Chaque membre sera appelé à corriger lui-même son travail.
Nous aurons soin de mentionner dans les Actes du Congrès que nous avons adopté ce mode de contrôle. De cette manière, chacune des personnes citées sera responsable des opinions qu’elle a émises.
M, Planchon. — C'est parfait.
M. Ch. De Bosschere. — Je demande la parole pour vous donner connaissance de la lettre que nous nous proposons d'envoyer à M, le D' Treus, directeur du Jardin botanique de « Buitenzorg ».
Nous devons la rédaction de cette lettre à l'obligeance de M. Baillon,