‹ Actes et paroles de Pie IX, captif au VaticanChapitre 15 sur 23 · V. Audren de Kerdrel, député du Morbihan · texte numérisé non relu

V. Audren de Kerdrel, député du Morbihan

De Tréveneuc, député des Côtes-du-Nord.

De Dampierre, député des Landes.

D^Abbadie de Barrault, député du Gers.

A. de Laborderie, député dMlle-et-Vilaine.

De Salvandy, député de TEure.

Vicomte de Meaux, député de la Loire.

Louis de Saint-Pierre, député de la Manche.

Vicomte Arthur de Cumont, député de Maine-et-Loire.

Marquis de La Roche-Thulon, député de la Vienne.

M. Louis Veuillot, en reproduisant celte lettre dans VUmverSy raccompagnait des réflexions suivantes :

Quelques noms nous étonnent parmi les signatures de cette lettre, d*autres s'y devaient trouver. Aucun des signataires ne pouvait s'attendre à voir le résultat de la séance du 22 mars passer sans protestation, lis protestent à leur tour contre une interprétation qui est celle de toute la France catholique. liélas ! leur protestation est vaine pour eux, comme pour nous.

En dépit de leur protestation, M. Fournier est à Rome, il y a porté le refus de l'Assemblée ; et rinterpréiation du vénérable évéque de Ver* sailles, admise par Tltalie, sera celle de Thistoire.

La protesiaiion elle-même, qui semble partir d'un bon mouvement, puisqu'elle veut attester la tidélité catholique des signataires, ne réparera point ce résultai déplorable. Dieu veuille qa*elle n'y ajoute pas un fer<*<

ment d« division! Gerteti lesmotifii qp^ÉBègaenl lai rtflm ti nsafttt pis de Dittoreà nous réuDlr sar le leirtin oà ils se sont pkeée^al et ittiîl un mtlheor que nous allassions les y rejoindre, peisqne ce larrûi «t périUeax. La verln qa*il émane porle ea eonuMÎl. Il noua eft fnt vas autre.

Malgré rantorité dont ils se couvrent, et les c déelarationa ai neltei, si précises, si formelles, » dont ils parlent avec trop d^éelat, ees meisîeurs ne parviendront pas à s'absoudre d^avoir si vite lâché pied. Les • déclarations» d'un seul membre de PAssemblée, quelque considérable qu'il soit, et quelque parenthèse approbative qu'ait pu marquer le Mani" teuVf n'ont pas la valeur d'une résolution de l'Assemblée. Or, la résohh tion déjà prise et déjà manifeste quand cet orateur parlait, c'est que li question était ennuyeuse, compromettante, inopportune pour un temps indéterminé sinon pour toujours, et qu'il fallait signer le passe-port de M. Fournier. Ainsi fut fait; et personne n'a oublié ni n'oubliera qu'il n'a pas été permis à un antre orateur d'ajouter un seul autre mot, et de contredire ou même de constater et d'affirmer les « déclaraUons a sar lesquelles on veut aujourd'hui appuyer tant d'espérances.

Nous croyons que l'on fait aussi beaucoup trop valoir de trop petites considérations humaines, fort indignes de prendre pareille importance dans une cause d'honneur et de foi. Nos députés nous confessent avec un soin malheureux qu'ils ont craint d'ôtre téméraires. Ils s'en sont gardés, et plus, assurément, qu'ils n'eussent fait s'il se fût agi de leur honneur et de leurs intérêts personnels. Ils pensent qu'on les aurait ac* cusés c d'exposer le pays, par des paroles isaprudentes, à des complications nouvelles ; d'avoir rendu suspect le patriotisme des catholiques et du clergé, et déchaîné contre eux les passions populaires. » Ignorent-ils que tout cela est fait et se continue et s'aggrave tous les jours? Mais qui leur a demandé de tant prendre garde à cela ? Ce ne sont pas les pétitionnaires, ce n'est pas le clergé.

Comme le reste de la société civilisée^ les catholiques et le clergé savent quel sort les attend, à moins que Dieu n'intervienne bientôt par des traits de miséricorde, peu sollicités et peu mérités. En dehors de M. Tbiers et de son entourage, y a-t-il beaucoup de députés des eentres et des ailes qui connaissent un moyen de sauver la France sans un secours direct et inattendu de Dieu? S'ils le connaissent, qn^ils le révèlent, car le moment approche, et c'est maintenant. £n attendant, les catholiques et le clergé se disent : Quid prodest homini..,,^ que servirait à ua homme de gagner tout le monde et de perdre son AmeT

Avec ce beau et tendre soin de nous couvrir |des passions populaires, les refusants du 22 mars ont tout simplement réussi à ne pas nous défendre des calomnies slupides qui nous accusaient d'exposer la France au courroux de ritalie, à constater le fait accompli de la spoliation do Fapè et le consentement officiel de la France, à nous énerter pOor la

toile du eombet, I noas retirer la bénédiction et la grâee qui soitenl fiete de foi. •

C*e8t le moyen de perdre son âme et de ne pas gagner le monde, aboutissement ordinaire des conseils de la pare sagesse humaine.

Les signataires de la lettre à Mgr Tévôque de Versailles sont tro|p gens d*esprit pour espérer longtemps que le Ténéràble prélat se rallie à leur politique. Louis Veuillot.

La lettre des députés à Mgr Tévêque de Versailles était une preuve de la profoDde émotioa produite dans le monde catholique par le vote de la Chambre et par la lettre de réroinent prélat. Cette émotion, comme on peut le croire, ne fut pas diminuée par la lettre suivante, que le P. d'Alzou adressait à \ Univers le 6 avril :

CAS De GONSGIBKGE.

Paris, le6avnH872.

Mon cher ami ,

Je lisais hier sofr encore vos remarques si justes sur la position que font à la France quelques députés en protestant contre Tadmirable lettre de Mgr Tévôque de Versailles.

Me permettrez-vous d'envisager cette protestation d'un autre côté, et de présenter à ces messieurs quelques observations, non de publicisle, mais de confesseur ?

Il est bien entendu qu'à ce titre je ne suis point jage sans appel et que je soumets mon appréciation à NN. SS. les évêques, plus haut encore 8*il est nécessaire.

On n*a pas assez observé que cette protestation renferme tout simplement une grosse hérésie. Ces messieurs se déclarent seuls juges de leur conscience et de leur honneur. Pour Thonneur, je ne m'en môle pas ; mais pour la conscience, c'est autre chose. En protestant ainsi, s'aperçoivent-ils qu'ils se mettent sur les rangs des protestants calvinistes et luthériens? Ils répondront qu'ils n'ont pas voulu commettre une pareille monstruosité. Serait-il donc vrai que, comme catholiques, ils ne savent pas plus ce qu'ils ont dit que, comme députés, ils n'ont su ce qu'ils fai* saienl? Pendant la semaine sain le> l'Eglise nous rappelle ces paroles de Notre-Seîgneur : Mon PèrCy pardonnez-leur^ car ils ne savent ce qu'ils font. Faut-il ajouter, pour les députés protestants : Ni ce qu'ils disent contre la censure de Mgr Habile?

El efTef, mesnearB, on vous avez la foi> on tous ne fsvei pas : s!

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vont ne l'kvei pas, que tous imporie U 1eltr« de Vivtija» de Vemillaî Est-ce que la gauche a pris ti peiie de protester? Faites ca qn'tl von plairade voire conscience ei de TOir« honneur, font antreiqae l'honnear et la con«cience des caiholiqntrs ; ceci ne regarde plus aocun ëvCque. Hait si Toas avez la Toi, et vous l'avei profonde, je le sais, il vous fkat bien avouer que vous n'êtes pas, quoique toos prâleadiei, seuls jugei de voire conscience. Le jiign en premier ressort de voire conscience c'est votre confcssi^ur, et celui qui, à Versailles, si vous y avez fait voi Pflques, a donn-^ i un [Tt^Erc le pouvoir de vous conresscr c[ de vous juger, c'est l'dvfquc du diocèse oii vous avez volé.

Ne dites point que comme d6puli!» vous Êtes les dépositaires du poiH Toir temporel, et dès lors indépendants du pouvoir spirituel; ne sovn plus cathoJiqaes, encore nne fois, on ne s'occupera plus de vous comme ' catholiques. Dais si vous êtes catholiques, cussiez-vous été gallicans, TOUS devez savoir que le concile œcuménique a sanctionné toutes les consliluiions poniiriiales, et que parmi ces constilu lions se trouve celle de Boniface Vlll déchrant que (ouie âme, mfime de souverain, est soamise an pouvoir des clefs, propic percatum. X cause du pécbé, entendcz-te bien, messieurs! ^,i-ce, par hasard, que, comme législateurs, TOUS VOUS croiriez impeccables ?

El, pour chercher un exemple en dehors de vous, voud riez-vous supposer que s'il prenait jamais à H. Gambctta faotaistc de se confesser, il n'aurait pas & accuser quelques peccadilles gouverncnieniales? Vous n'oseriez l'aftirmer. Par conséquent, ceci n'est plus qu'aflaire de plus ou de moins. Si U. Gambeiia a grand besoin de l'absolution du préirc. peut-eire de l'évéque, peul-éire même du Pape, vous en avez besoin aussi, quoique pour une moins grande faute, et dès lors, le juge de votre conscience, ce n'est pas vous.

Uais , diroz-vous, pourquoi nous infliger une censure solennelle? Pourquoi? Parce qu'aulrefuis, pour les |i(^cbiJs publics, il y avait une pénitence publique. L"évéquc de Vtrsailh's, ju(;e au nom de l'Eglise, i estimé que vous aviez ptcbé usinez publiquement ; il vous a publiquement repris : vous regimbez; vous auriz 1% pénitence, moins le niérjto-

Il vous reste une excuse, je le sais : vous avez marché sous la direction d'un évêquc député; mais vous deviez savoir qu'à Versailles ce député n'est plus que Mgr Du]'anio'i|i, sans aucune juridiction, et que Mgr Mdbile y est votre évéque. C'c:.i donc lui qu"cn catholiques vous deviez consulter, et si ses cuuseiU n'eussent pas été bons, Pje IX seul pouvait l'en prévenir. Hélas! une triste expérience devait vous donner k réfléchir! Comment avez-vous pu croire qu'on pourrait bien diriger sur la question ponliiicule une majorité en l'Vance. quand on avait si mal inspiré, sur la même question, une minoriié au Vatican?

Ces messieurs, mon cher ami, s'ils sont caihoUques et s'ils veulent proteiler tégilimemenl contre .l'évëqne de YerMilles, n'ont qu'us parti

à prendre, c'est d'aller le dire à Rome : je ne pense pas qu'ils y aillent. Croyez, mon cher ami, à mon admiration pour vos luîtes et à ma vieille amitié. E. d'Alzon.

En même temps, M. Louis Veuillol, revenant sur la lettre des députés et insistant sur la gravité douloureuse du vote émis par la Chambre, proposait en ces termes une nouvelle Adresse à signer par les catholiques, comme une protestation d'amour à l'égard de Pie IX et un contre-vote de la France catholique témoignant de son dévoûment absolu en face du reniement de la France officielle :

Si nous pouvions publier toutes les lettres qui nous sont adressées à Toccasion du vole ou plutôt de la scène du 22 mars, nos députés mesureraient le coup dont ils ont frappé les cœurs chrétiens ; et ils chercheraient à le réparer autrement que par des protestations, peu convenables en tous sens, cqnlre la courageuse lettre de Mgr Tévôque de Versailles. Le vénérable prélat, première autorité religieuse du diocèse où se tient l'Assemblée, a fait son devoir; les Refusants peuvent alléguer de bonnes intentions, ils ne réussiront pas à persuader qu'ils ne redoivent rien à leur baptême et à la patrie. C'eût été un malheur nouveau, capable d'ajouter à nos désolations, que cette grande voix de Tévéque ne s'élevât pas pour déplorer le redoutable oubli des obligations de la conscience chrétienne et des traditions de la France.

Noâ lecteurs en sont douloureusement émus ; la presse religieuse des départements nous apporte la même expression de profonde tristesse, de découragement et d'indignation. 11 est déjà probable que la plupart de ceux qui ont abandonné la cause du Pape, sous prétexte de • protéger les catholiques et le clergé contre les passions populaires, » n'ont pas autant qu'ils l'ont pu croire servi leur popularité. Livrant, dans cette triste rencontre, la propriété et la liberté de l'Eglise, dernier rempart de toute liberté et de toute propriété, ils ont perdu la confiance qu'ils inspiraient, tué le zèle qui les vouUii servir. On ne protège rien en fuyant, et qui ne protège rien ne se protège pas soi-même. La majorité^ se refusant en masse à la plus grande cause de la civilisation, s'est mise dans la condition d'inutilité et d'incapacité où elle jette la France. La société comme l'individu ne vit que par les causes qu'elle protège. La cause pour laquelle on peut combaitre et mourir est une source inépuisable de vie. Les vaincus retournent au combat ; ceux qui capitulent veulent rentrer dans leurs foyers : mais, parce qu'ils ont capitulé, leurs foyers ne seront pas sûrs.

11 se dit parmi nous aujourd'hui, forcément, contre- l'Assemblée, des paroles qui lui deviendront mortelles. Quels conservateurs sont -ce là ,

^ ae nvcst rien oiiuerTer, qvi n'ooen rïM dilndn, ^n tftnat UvMn pl«s prvdcal de laÎMCr eninr PMMn pwr qi'U a'Mdoaaip pas les muif Mont (omnce lu de cet hoasci n» éaeiriam, mm araour «t mu réulalioa. Nous In >vow mm k Mtn ICIe. ib w giMMl ienièn nou et ne aurcbeot pu. Qu noM iapocte q«% dfewt 00 t'ea ûlleolT Hoas oe pouTOns crooler me pins de eertilnde ]{■'« AO0*Appa;salMrcea£uÛTenMnilii*l

Tel eel le rétamé de dos eoireapoedaneee, et BOtu ponrona dire dt mu la preaM eaiholiqae. L'iuenblée aarah un de mépriser ees sn- IfereneaU de conseteiice qal, povr d'eatres caues plus liées qu'ai la peaM I celles qai noos uiment, tranillent sun l'oiûniOD ceosemtrie*. Opind an étal de choses a'est plus loatraa qne par rîDqDÎéutde d même reffrai de ce qui poarrait le remplacer, il est perdu. CAaït. a dernier lien, la forée de l'Empire. — t Qn'aaront-iUMis ft sa place?» — Et celte coaiidéraiioB fnt asseï paissante ponr procorer le plélûseile; mus le pKbiseiie ne pesa rien contre la lauitade d'éire trahi.

Les sif^ataîrei de la lettre i Hgr l'éréqne de VeraaîUea aenlenl le beaoin de ftire ratifier celle démirche déjt u malheurenie. lia eherdiEat, dil-OD, des adhésions k Hgr DDpanloop.CeslDaeopértiion secrète et qn •Tortera dès qne le moindre jour y viendra laire. Ces adhésions, si l'oa pent les troover, devront être adressées à Veriailles, k H. le dépoté da Loiret. L'évéque d'Orléans ne voudrail pas en receroir l'espression dan ton diocèse ! La député du Loiret a fait de la poliliqae, comme il Fs trouvé bon .et prodent, suiTant son jugement ei ses eonsidérsùini* d'homme poliLique ; l'évêque d'Orléans est nn antre homme et vût as- Irement les choses. A Versailles, le dépQld a pn consentir k raionmemeat des droits imprescriptibles; à Orléans, cet ajonroement est od malbeor public an sujel duquel on ne veut ni adhésions, ni félicitaiions. Ainsi, H. Trochn crut devoir souffrir qu'on arrachât le emeifix des salles d'école; il n'aurait pas permis qu'on vint l'éter du cabinet d'étodeade tea enfautt. Plus libres on croyant l'être, les députés qui ne sont que députés se soumetient 1 provoquer de lamentables complicités an risque des nouTelles divisions qui en résnlteraieni. Ils vont s'entêter k ce sophisme d'avoir habilement sauvé ce qu'ils abandonneni, etkcetle excusa d'avoir suivi un évéque respecté. Quant an sophisme, nous crojou inutile d'en faire davanlage justice; quant à l'excuse, elle vaut encore moins. 11 n'y avait dans l'Assemblée que des députés. L'évéqoe élail dehors, dans sa cathédrale. S'ils vonlaîeul le conseil de leur évéque, c'est k lui, c'esl Ik qu'ils devaient l'aller chercher. C'est l'évêque qui s'esi levé du sanctuaire, comme Isale lorsque Dîen demandait un homme pour porter la parole au peuple tant tnUndemenl, et qui a répondu : Me void, en- Toyet-moi ! C'est lui qui a reçu les instructions opportunes et de qoi les Itirei ont été touchées du charbon de feu.

La prM«l«lios contre l'évéïvie de VenaiUes est nu fattle. ^mqu

plus grave el pins alarmante que le refus de s^ocenper des pétitions. Ce refps a pa pour beaucoup n'èire qu'une erreur ou une faiblesse ; il y a iei nn enlêiement plus périlleux. Nous engageons nos dépntés catholiques à relire les premiers chapitres dMsaTe. ils ne les trouveront pas liors de situation, ils verront qu'lsale est encore aujourd'hui un grand voyant et un grand politique :

« Malheur à la nation pécheresse, au peuple chargé d'iniquité, à la race corrompue; ils ont abandonné le Seigneur; ils ont blasphémé le saint d*Israél ; ils sont retournés en arrière.

Votre terre est déserte, vos villes sont brûlées par le feu ; les étrangers dévorent votre pays devant vous. Siôn demeurera comme une ville livrée an pillage....

Apprenez à faire le bien. Aii$i$te% V opprimé,,, et venei et plaigMS- TOUS de moi, dit le Seigneur. Quand vos péchés seraient comme Técarlate, ils deviendront blancs comme la neige.

Si vous voulez m*écouter, vous serez rassasiés des biens de la terre.

Que si vous ne le voulez pas, et si vous m'irritez contre vous, Tépée vous dévorera.

Tout le peuple sera en tumulte ; l'homme contre l'homme, l'ami contre l'ami ; Tenfont se soulèvera contre le vieillard, la dernière plèbe contre les hommes de rang. »

Isale disait ces choses huit siècles avant Tère chrétienne. 11 fut moqué, et mourut martyr, mais il délivra son âme, redoutant de se taire quand Dieu commande de parler; et ceux qui le tournaient en dérision subi*rent les catastrophes qui leur avaient été annoncées.

Dieu merci, nous sommes assez de chrétiens en France qui ne voulons point souscrire au pacte de Versailles, et refuser seivurs à Vopprimé^ et laisser en doute notre plein assentiment aux choses établies de Dieo. Nous ferons ce que nous pourrons, en demandant à Dieu l'unique po$^ voir de faire davantage. Nous laisserons en arrière ce qui veut retourner en arrière. Par nos vœux au moins et par notre parole nous irons en avant. Advienne qu'advienne, et se prosterne qui voudra : nous ne voulons pas dégénérer des gloires chrétiennes de notre patrie et de notre race et capituler devant les forbans d'Italie, fussent-ils alliés à tOAS \t$ forbans de la terre.

Pie IX, hélas! attendait, il l'a dit, quelque chose de la France. Nom ne voulons pas ajouter à ses douleurs celle qn*il aurait, à croire que nous l'avons nnaoimemeat abandonné ou ajourné, écoutant plus la craintive prudence humaine que la voix de la conscience et le jugement même de la libre raison. Si noos sommes pen nombreux, il n'aura qne notre pietit nombre, mais il l'aura ; et si la confession de notre foi nons dénonce aox t pasnons populaires, » eh bien! nons sobirons les passions popn* lairai; el pusaeirt-^lef, ellet anssi^ n'avoir qoe cétu Smê umguM$

— 4fll —

effusione non fit r&mUiio. Les passions popnUiret ne poorroDl jinù qne dODOerl notre acie de foi la valeur qui nous penneilra de loadxr tans ÎDquiélude du resle.

Nous demandODH à nos amis de coDlinner à signer la pétition poor ha droits im prescriptibles du Saini-Siégc, et, en même leinpt, nona lev proposons l'adresse suivanlc à envoyer au SaiuL-Père.

Louis Vedillot,

Let Catkotiqtiet de France au Pontife-Roi.

Très-Saint Pfcre ,

Il noos est insupportable de penser que la France voas' pnnîsse oablienaa de los donlenrs et de vos droits. Elle n'est pas ai abaissée par tes propres infortunes. En demandant à Dien de lui pardonner ses bniei et de la relever, elle n'ignore pas que sa principale fante consiste précisèment dans les torts qu'elle s'est laissé donner envers tous, et ellt ■spire à lea réparer.

Vos douleurs sont votre gloire. Nous les vénérons. Vos droits sont In nOtres, nous ne les abandonnons pas. Nous savons que tout l'ordre social repose sur la l'ieire oii Dieu vous a assis pour qu'elle reçoive d( TOUS sa solidité. Cet ambassadeur qui est venu de France au prince qui se nomme le roi d'Italie, mais qui ne sera jamais le roi de Rome, e-l envoyé par un accident poliiiqoe et nne sorte de surprise qui ne peut Cire de durée. Noire raison môme en proteste, comme nos CŒurs. Nom raison el nos cmurs sont à vous, et Dieu nous donnera l'aveuir parce qst nous sommes avec vous.

Jadis, un de nos généraux, arrivant sur le champ de bataille, vit not Iroupcs ébranlées. Il dit : i La bataille est perdue, mais il nous reste le temps d'en gagner une autre. » Il recommença le combat et il eut b victoire. Bénissez vos enfants de Frarce, TrÈs-Saini Père ; ils recommenceront la bataille, et ils la gagneront.

A vos pieds, pleins de foi et d'amour.

Celle nouvelle Adresse fui aussiiôt accueillie psr tous les catholiques qui avaient apprécié comme l'Univers la trop fameuse séance du 22 mars. Sous ce rapport, du reste, les lettres adressées à ce journal et publiées après le vole ne laissaicDl aucun doute sur le scnliment général de tristesse causé par l'abandon de la cause du Saiat-Pére à h Chambre. Parmi ces lettres, venues de partout et dont les signataires appartenaient à toutes les classes de la société, on remarquait plusieurs proteatalioQs énergiques

4e Intimistes notoires, qui montraient ainsi que, dans leur esprit^ la cause du Pape était solidaire de la cause de Tordre» et qu*en refusant de prendre courageusement parti pour elle, les députés catholiques, Irop complaisants pour le pouvoir, leur semblaient avoir compromis la cause même de la société. Bref, le mouvement deTopinion était tel, que plusieurs députés sentirent le besoin de se justifier publiquement et d'expliquer un vole qui leur était généralement reproché comme un acte de grande faiblesse. Pour n*en citer qu'un seul, M. d'Abbadie de Barrau voulut publier sa justification dans YUnivers, et l'auteur de ces Bgnes dut répondre aux prétendus arguments de l'honorable député. En général, ces justifications tardives et mal fondées prétendaient mettre en cause l'autorité même du Donce apostolique à Paris, lequel, consulté, leur aurait, disaient-ils, conseillé, voire même prescrit la conduite à tenir et qu'ils avaient tenue. Il suffisait, pour répondre, dlnvoquer les paroles publiques du Saint-Père, que nous avons rappelées plus haut. Mais nous aurions d'autres arguments à produire, si c'était le moment. Un jour viendra où sera faite, utilement pour tous, Thistoire de ces intrigues. Disons seulement qu'en ce moment il s'éleva, en raison des faits exposés ci-dessus, un toile général contre VUnivers. Des démarches officieuses furent faites pour le contraindre à se taire ou à lui faire confesser que les députés avaient eu raison de ne point défendre la cause du Pape. De pareilles tentatives ne pouvaient aboutir, et c'est alors que MM. de Corcelles et de Mérode, agissant de leur propre mouvement ou comme délégués — la chose D*a jamais été bien éclaircie, — ne jugèrent pas indigne d'eux d'aller plaider à Rome contre un journal qui les importunait. On verra plus loin comment ils s'en vantèrent imprudemment.

Sur ces entrefaites, le Pape prononçait, le 13 avril, le £scoun qu'on a pu lire dans le cours de ce volume. Les catholiques libéraux, qui se trouvaient fortement atteints, euratrartden'ypraodfdrieiipaareiixet de faire croire

que YUnivers tout seul y était toaehd. Ces aÉtifle«»M pouvfieat conve&lr à la loyiuté de H. LouU VeuitloL Aprëft «voir reproduit les paroles da Pape, le rtdaeteor en chef de l'Univers écrivùt :

La parole do SaiairPère iuDige un bUme înslttnda b TopiaioB <{■> nous repi^ËseDlQiis, .ei nous ne poavoDS nous dissimuler qae ce blUu ■era considéré comme tombant exulusîTement sor nous. L& même panile blime ansn nos adversaires, mais ce n'est pas ce qn! doit noDio^ euperen cemomenl. Nos adversaires feront ce qu'ils jogaront k prapei> HoLre afTiire, à nous, eet d'obéir cl de chercher par quel moyen dois pourrons, pour noire part, procurer l'accord qui doos est égalemeit recommandé. Nous ferone notre possible. Nous auroos bientôt vu si oou pouvons réussir. Dès * présent, il suffit de dire que bous ne nous prendrons |H>i[)t pour seuls juges de nos eiïorta, et que même nous coniidérerons ponr rien notre propre jugement.

Notis sommes . des enfants d'obéissance ; noire principale et nQtqai affaire est d'obéir. Si donc le JDOfi estime qne notre œuvre ne penlplil recevoir Je nous le caracl^e que réclame l'inlér&l de l'Église, die un tenninée et nous disparaîtrons.

Louis Vbdillot.

Quelques jours plus tard, résumant les observations des Journaux du catholicisme libéral, qu^l avait questionaéi sur leur attitude, H. Veuillot écrivait eocore :

Si l'on pouvait avoir assez de respect de soi-même et de l'huait sans se rattacher étroitement ft la foi cathoUqae, il noua semble qae noa ferions encore de la politique catholique par simple amour de la iwson. La raison nous dit qu'il faulavoir une tête ; elle le praave trto-correâenent et irréfragablement. Hais, par l'eiereice même de Is rvisam, eeW chose simple est devenue d'une pratiqua si conpliqnAe et ti dîfSdlei qu'il n':r a plus que la foi qui fournisse le pocédé. La raiian s'est mÎM hors d'état de produire un roi, il y » longtemps qu'elle e décr4li l'iapossibilité de garder un Pape, et récemment on l'enlendait déraisonner nr ce cbepitre jusque psrml les sommités quasi divines du genre bunain. Le loDg ipeciacle du mal et la terrible gravité da péril ti> font rien : Vacéphalisme ravage la société ; la raison qai lé coodamna e> est malade mémo là où il ne semblait [us qu'elle pût iamiis être attsiMe; les catholiques sont entamés, et le concile a dA appliquer tut dogme ht la plaie.

Préserrés par la foi de ce nurav^ air, qnî ne sera changé, nous le enignouBj. qtfkifcrM (r«(igWf «Dm tf o&t MiAit'far pMr Kvder IhH

lêleY^nformémeot à la raison et en dépit de la raison. Si ie combat n'a ftm^'M sans blessnret, nous y atons tonjoars gftgné de nous créer ane obligation pins pressante d'obéir, ei d*y trouver nne facilité, nne don* oenr et on boanenr qae d'autres peuvent sentir moins.

Après le discours ponlifical du 43 avril dernier, réprimandés mais non condamnés, et croyant encore obéir en continuant notre œuvre, nous aons sentîmes en face d*un .devoir délicat. Il fallait éviter de disserter sur la portée des paroles du Saint-Père, pour ne point retomber dans les discussions que sa charité proscrit, et néanmoins bien établir la situa* tion, ne laisser aucun doute sur nos sentiments, prévenir tout soupçon de vouloir faire de la soumission un voile pour la désobéissance.

11 convenait, premièrement, de prendre notre part comme elle nous était donnée; secondement, de négliger des interprétations trop promptes, qni traduisaient en condamnation de nos doctrines ce qui n'était qu'une léprimande de notre accent, ou, si Ton veut, de notre passion ; troisiènément, d'attendre que la réflexion amenât nos adversaires, comme nous, au terrain où nous pourrons ne former qu'une seule phalange contre les adversaires déclarés de la foi catholique ; quatrièmement, d'informer pourtant nos lecteurs, très-justement émus de cette affaire, et de leur justifier, non pas les torts extérieurs qui nous sont imputés, mais notre conduite présente et future.

Nous croyons avoir fait en toute bonne foi et bonne volonté ce qui était nécessaire. Si quelque chose y manque, c'est sans dessein.

Nos adversaires ayant de leur côté commenté le document pontifical, nous nous sommes trouvés en droit et en devoir de leur demander ce qu'ils comptaient contribuer en vue de l'accord. On nous permettra de reproduire l'article qui contient ces questions. Les réponses de nos ad<- Torsaires en seront plus aisément appréciées. Cesl ici un procès fort sérieux, et il importe que toutes les pièces soient exactement produites. Toici donc nos questions.

« L'avertissement du Saint-Père aux deux classes d^esayerati français 1 qa*il veut ramener à Tordre et à la concorde, date maintenant de quinze

< jours. Le^ émotions sont tombées,' chacun a eu le temps d'examiner « la situation et de méditer son devoir; le moment nous semble venu c d'en causer sérieusement avec les catholiques dont nous fûmes les € adversaires réprimandés.

« Nous devons leur dire ce que nous offrons pour parvenir à la conc corde et nous informer de ce qu*ils apportent dans le même but. Jus* « qu'A présent ils ne se sont occupés que de la partie du blâme qui pèse c sur nous, paraissant oublier que le blâme est double et qu'il y a quel*

< que chose aussi pour eux. Ils se considèrent comme irrépréhensibles, « mais c'est une illusion du premier moment. Le Saint-Père a fait aoc irement le partage. Sa censure, pins rude & ndtre égard, ne laisse pas c de les atteindre aussi. Elle frappe nos'torts enfers leurs personnes.

■ elleaucim Iran intanentn mdlMilfc-.UiMMMiMt « chn Q01U l'âbasiioa de It obvilé, 0- dfid* i « défiance de la vérïié. lli Ml donc, o « et b fournir. Non* devons abaitdoni»r4MBM>H,D«4 « desdoclrioea. --(,.'

c y«ici les iwapret paroles de Pie IX. Hau tai pwBM <■» li i»- '■

■ MOD donnée par U Voce difU» Yerità, qu bou aaniia AÎre k fki « eueta:

- It est nn parti qui redemie trop rinfloeoce du Pape. Ce parti doit petrtant reconnaître qne uns bnmiUté il d'j a point de parti jnau. — H ; ■ nn antre parti, opposé, lequel oublie totalement les lois de U cbariié; or, sans la charité, on ne peut être Téritablement caiholiqne.

Doue, à ce1ni-4k je conseille l'bamililé, et à celoi-d li cbarilé ; 4 les je recommande l'union, la concorde, la paix, afin qne, rtania es ffea- Itnges serrées et puissantes, les catboliques continaent do comlMtMM France l'iocrédulité, l'impiéiéi le désir des gains injnstet, qni lenleraîMl de faire de nouveaux ravagea, au grand dommage de la justice et da 1| vérild.

c Ainsi, dmx partis, une part de consul à chacun, un conseil eom-

■ mun à tous deux : conseil de charîié, conseil d'homilité, conseil d* « concorde pour l'eflicaciié d'un combat qn'il fant coutinaer de souieaîr

■ an profit de la josiice et de la vérité.

t En ce qni nous regarde, nons avons TOuIn accepter immédîatemeni

■ la part qui nous étaii faite, lans nons permettre le moindre essai d'ei- « plication, d'atléonation ni de récrimination. Cette résolntion da pn-

■ mier moment n'est aujonrd'lini que plus ferme. C'est, erojons-noM, t tout ce qu'il nous appartient de dire, et nous ajoutons que la pntiqae^

< quoique incommode (nos adversaires, s'ils s'y veulent mettre, s'en

■ apercevront comme uoiu), ne noua paraît pas aussi difficile que noot « l'aurions cru. Nons saurons donc veiller k ne pas enfreindre let lob ai « les formes de la charité.

« Venons à l'humilité, prise ici dans Le sens de l'obéissance aux lois d

■ décrets dogmaûques de l'Ëglise. C'est la vertu qui, dans nue eerUiaa

■ mesure an moins, a manqué au parti qui ■ craint trop l'inOBeBee *,

< c'esL-i-dire, peasona-nous, l'autorilë du Pape. On dit que nous avons t été avertis louchant la charité. Oc n'est pas la première fois non plii ( que ceparii a éiëaverti solennellemenl louchant l'humilité, c'est-t-dire « touchant la faute et le danger de se croire plus sage que les eocjcliqnei t pouiificales, les canons des conciles et les bulles qni imposent le rts-

■ pect et l'amour de l'autorité da Pontife romain, A cet ^rd, le parti I en question a fait des déclarations ploa ou moins promptes, plus oa

< moins correctes, qne n'a jamais confirmées sa conduite. Noos avons la « parole du Stint-Përe, aussi cltire nu rbnmiliU qtto wr U diaritd, et c eau douU uuai opportune.

« IVoot firioM donc les eatholicpies qai ont mabcpié d*hiimflité, c'estc l-dire le Correspondant^ le Français et la Ga%eUe de France, de nous- « (tire savoir bien nettement sMls en sont anssi repentants qne oons vonc Ions Tètre d^avoir manqué de charité, et sMls sont aussi résolus de « s*en corriger.

« Sont-ils pleinement soumis au Syllabus et à tout enseignement de € Tency clique Quanta cura? Acceptent-ils pleinement le dogme de l'in- « failUbilUé promulgué à Rome, et même à Paris sans exequaturdvL conc seii d'État ni de M. Jules Simon?

c Cela fait, sont-ils décidés à combattre avec nous, à leur manière sans « doute, mais à combattre pourtant Tincrédulité, Timpiélé, le désir des c gains injustes (notamment ceux du roi de Piémont), et enfin tout ce € que la révolution peut foire pour continuer de ravager la justice et « la vérité ?

€ Nous avons écouté avec le plus grand soin ce qu'ils ont dit à propos € du discours du 45 avril, et nous Tavons mis de côté. Ils n'ont pas manc que de confesser nos torts, mais ils ont été courts et même tout à fait c muets sur les leurs, et nous n'avons rien trouvé qui nous pût éclairer c leur action future.

m Nous les prions de nous donner ces éclaircissements, i

Le Français nous a Dût la réponse suivante, adoptée par VVnion de V Ouest:

c Nous sommes décidés à éviter désormais toute polémique avec VVni^ vers. Nous avons laissé sans réponse un article publié il y a deux jours en tête de ce journal ; dans cet article, M. («ouis Veuillot prétend faire subir à une partie des catholiques français, parmi lesquels il désigne nommément le Correspondant, leFranpaû, la Gazette de France, un interrogatoire sur leurs convictions catholiques, leur soumission à TKglise, au Saint-Père, leur résolution de défendre les causes religieuses et de combattre nmpiété. Nous ne recherchons pas quel dessein a pu pousser ce journal à poser des questions si étranges quand elles s'adressent à des catholiques; elles ne pourraient avoir pour résaltat qae de rouvrir des polémiques auxquelles nous espérions que la parole du Saint-Père avait mis un terme.

« Nous ne répondrons pas à ces questions.

c Nous ne reconnaissons au journal qui nous les adresse aucune autorité pour nous interroger comme il le fait dans cette dreonstanca.

« Nous avons, en outre, le droit de eonsidérer comme la plus grave des injures le soupçon que l'on voudrait, par ces questions et la manière dont elles sont posées, faire planer sur nos sentiments.

c D'autres pourront se demander si, en jetant le doute sur notre foi» notre soumission à l'Eglise, notre déyoOmeut dans la défense des intérêts religieux, de pareilles questions ainsi posées ne constituent pas précisément un manquement manifeste à ces devoirs de charité que le Saint-Père^ rappelttl avec tant de fore*.

* AulUI'é» Mnk ipA non lisent ne peut douter de nos sentûnenu : Mbutt DOW MTODS Um^V» cnipressi^, dans tonwi les question» qui kgftrdent aolre conicicace i>*i cailioliqucs, à faire parveoi' k l'udiev&uve, cbargéde ce diocèse, buk i^\ft|ues tldos le dîocËse desquels notre jotirul parrieoL, el, au-deanus dé ions, au «ouvcraio Ponlire, si son regard des* eeDtfBil jusqu'^ noire (ED>re, It: lémi^i^aage d'un dévoljmeni filial, d'une mpeclueose, absolue et humtiîc suu^iissioD,— aulanl nous rntendoDf ganJer noire liberté t t'égard de eeax qui, n'avani buoud lilre panicniier dans l'Eglise, n'ont, dans les matièrei de foi et de eODscience, qnÉlM 1) pour nous demander »ncoD compte, ni pMr nODS posCT tiM rèfj^ n fnr portersKrnoasaacnn jugement. C'est, ctojom-dMis, manquera r^lisa flUe-BiAme «t te tendre conpliM do phu fnvadétordre, qw d'UMpkr eo cm matières, ta quelque mesura qiw ce wil, une tntie aalorilè^e celle du SouTerain Pontife et des éiiqaea en commonsolé ntc loi. a

La GauUe de France «ipporls d'filre interrogée, reproduit iojiUBOt notre article et répoad d'iùi too moinft miUiaite : -

« Il y a U deai ordres de questions. '

t vbnàeri nous classe, on le voit, dans lei rangs des caOïblïqBit qoi

ont manqué d'hnmiliié ; il fait de t'expressioit dont s'est seirie le hpe,

le synonyme de révolté et nous demande tans hésiter si aou SDilinKS

c soumis. >

( Plus A'vaB fois, dans les polémiques de ceox qui ont manqué « toulemenl > de charité, on nous a posé des questions analogaes ; aonq kioh fait la réponse qu'on va relire, mais dont on se gardait bien de temr compte.

• Nous sommes cattiotiques ; nous sommes des fidèles dévoies A It^Sia catholique, apostolique et romaine ; mais la Eamu de Fratûa eM na «i^ gane essentiellement politiqne; jamais, depuis qne nous at avons la direction, les questions dogmatiques n'y ont été traitées par d'anlrva qM par des ecclésiastiques, et encore k de trèa-rares intemlles.

■ Lorsque le concile a été décidé, la Ga%eUe s déclaré qu'elle se boraerail à reproduire eiactement, autant que possible, les opinions des dem groupes qui se trouvaient en présence : les opponvDistes et les non-opportunistes.

■ U y avait, on s'en souvieDt, ceux qui jugewenl opportun de défini. l'infaillibilité du Pape et ceux qui croyaient cette définition ino^Mmoar

t Hais il u'y avait pas un seul catholique qni p&L croire que «qm serait défini par le codcile, après l'eiamen des évAques, plkl n'être pMftrfaitemcQt conforme 1 la iraditton de l'Ëgliae.

I Le concile terminé, la définition promulguée, il n'y eal plus qa^ue seule ei même foi. Il n'y a pas deas manières d'éire uni k TEglise, st pour notre compte nous ne voyons personne autour de nous qui ne soit abaotument uni et Mnmis k l'Église romaine- Pour nous, nous le répétons, nous n'avons jamais voulu aborder les questions agitées devant le concile. Nos chefs spirituels doos tracent des devûrs et nous les rempiisaone de notre mieux. Si c'est cela que VVnioen appelle une sounissit», elle est coD|^ie, et ella n'a jamais cessé DakhMi«<L'i4(re eontfim.

% Ge|(ll94M«rtfiQii«qM iiDiit avons eeaifbbrenaMT^éa, Q «e iMot eoât» nplleoiei^ de la réûqprinier mus cesse ; mais Ifi qoestica n'est pas là,=el nos iecteors savent qu*U n'y t pas eu, depuis longtemps^ dans oos diseas* sîoas avec VUnivers^ de qnesiioaa dogmaiiqaes en jeu. Dans la dernièrf affaire, qui a amené la parole du Saini-Père, il s'est agi UDiquement de l'aUiiode des calholiques ^ous lEmpire et k TAssemblêe.

« Mgr l'évêque d'Orléans, suivi par Timmense majorité des députés, a posé à la tribune la qae«iion sur son vrai terrain et obtenu le meilleur vote que Ton pût solliciter dans les circonsiances présentes. , m VUnivers et ceux qui le suivent ont condamné avec véhémence cette enadiiite et prouoncé les mots les pins violents. L'évéqoe STait trahi te droit et les députés étaient autant de Judas qni avaient livré le Seigneur pour plaire à M. Tbiers.

c Cest contre cette incroyable interprétation du vote du 49 mars que noos avons protesté. Nons avons eu fort à faire, car beaucoup de jour- Baux pensaient que, pour tenir ce langage, VUnivers devait y être autorisé.

• Nons qui savions le contraire, nons qid connaissions les désirs de Rome et du cardinal-ministre, nons avions essayé de faire comprendre, par le raisonnement, que le langage de Mgr d'Orléans éuit le seul qui fût eontorme aux véritables intérêts de Rome, et nous montrions combien iétait important, au lieu de critiquer ce vote, d'en faire ressortir les avani tages ; d'abord la dédaration de M. Tbiers affirmant qu'il était resté fidèle à son passé, puis Timprescriptibilité des droits du Saint-Père, affirmée pour la première fois à la tribune ; enfin le vote presque unanimci après cette déclaration»

« Noos ne pouvions pas faire plus que nons avons fait, et malgré notre conviction qu'en observant cette altitude Mgr Dupanloup, les députés et nous, nous servions la politique romaine comme Rome désirait qu'elle fût servie, nous n'avons rien dit qui pût laisser croire qu'en effet nous étions instruits des sentiments du Saint-Siège.

« Mgr Dupanloup gardait le silence le plus absolu et ne répondait pas aux attaques dont il était l'objet; nous avons cru devoir imiter cette ré< serve et nous nous serions tu encore aujourd'hui, si nons ne pensions qn*il est utile aux intérêts delà cause catholique de bien montrer quelle est la pensée du Saint-Père.

c Oo ne cherche que trop à lui attribuer une politique impitoyable el des sentiments qui ne. sont pas les siens; il faut qu'on ne doute plus que, s*îi est inébranlable sur les principes dont il a garde, s*il oppose le non pouumui à des propositions de transactions qui seraient des désertions^ Il apprécie avec une grande pénétration dans la pratique des choses bur maines la situation de chacun, tient compte de toutes les bonnes volon* tés et sait, avec une sagesse profonde, les faire tourner au profit de la cause catholique.

' « L* Assemblée a agi comme le Pape désirait qu^elle agit, avec la prudence qu*il recommandait et pour lui et pour nous. Hier encore, le cardinal Antonelli n'hésitait pas à dire que PAssemblée française» dans tne situation aussi difficile, avait montré beaucoup de tact. . , . • c 11 n'est pas jusqu'au pétitionnement, dont YUm9$ri a voulu fûre nir

•Die hostile ans ééiiaté>,.qiia& iiii iliiirt tiHlii>ÉWlN pfts qii*il ne tende pleine justice aux aeirtlMfeta iJiNia tionnaires, mais cet habile henné ^Èm {lièas^'iMIè' frande nation ne doK( pas denand^ ee «ilMle tf ait ipl d*appnyer. - '''= ^''t '■' " '"• ' '*''■•-'" ''•

c Noos eonndsdons sa manière dtir^mtmTltMU ÊÊHéà'itÊtm rien diu '• "' * '3'^»

« Nous espérions toigoars qne l'on fidraîl par eenpf nwif» ^rtâ pli* lat comme i'évéque d'Orléans et qoe des dépnlés somme eem qd aie* geni à TAssemblée avaient em de graves raisoas pour faire ee qnik ait lait; mais il a fallu le discours même dn Pape pour éelûrer een qai t'étaient engagés imprudemment dans mne potitiqne eztrèiM. Aa(ja«^ d'huif le doute n'est plas possible, la lumière est faite- . < Si nous entrons dans ces explications, e'esl que noua somnea pio- Toqués à les donner *p!ir YUfUven^ qui semble croire qve Rome avait jrôulu, ^ans c^tte circonstance, ne faire attosies qu'awL diveifeiicn « rapportant aux questions souverainement tranchée» par le eondle.

€ Mous avons jugé indispensable de ne pas laisser altéiw le peîat de départ de la situation nouvelle ûûte aux catholiques par Tappal éa Pape.

« n est constant que la poliUque suivie par Timmense majoiilé des députés et soutenue par noas a été conforme à ce que voulait Romei et qn nous avons servi Rome comme Rome voulait être servie, a

La réponse du Français est plus altière dans les formes, oelle de la G^- %stle de France plus subtile au fond ; ni Tune ni Tautre n'est telle que nous l'aurions désirée. Toutes deux, à ce qu'il nous semble, s*écanenl de nos questions, ou plutôt les esquivent. Elles nous apprennent nâmmoins ce qoe nous voulions savoir, c'est-à-dire que, de ce côté, l'hmire de h conciliation ne parait pas encore venue.

Nous ne voulons pas les discuter. A vrai dire, celle du Frofi^ats n'est pas discutable; celle de la Ga%êtte nous mènerait trop loin en arrière et trop loin en avant. La Gazette sépare la religion de û politique ; ce qui l'empêchera longtemps, sinon toujours, d'entendre notre politique, et es qui nous rend impossible d'entendre sa religion. Ce que noua pouvons faire de mieux, c'est d'éviter de nous heurter, par égaiti pour le peu que pous avons de conmiun en politique et en religion.

La situation où nous sommes a pu seule nous décider à reproduire in evtento tout ce qu'elle dit de Mgr Tévéque d'Oriéans, de S* Em«le cardinal Antonelli et deleur politique, à son avis toute semblable à la nenne. Dans le sujet qui nous occupe, lequel est le discours du SainirPère sur les torts réciproques de deux partis exagérés, il n'est pas question de ces grande personnages. La Gazette nous semble pécher par indiscrétion et par illusion lorsqu'elle se donne pour une sorte d'organe officieux da cardinal secrétaire d'Etat; mais ceci ne nous regarde pdnt, et après avoir marqué noa réserves touchant l'exactitude, nous le tenons pour superflu. • -• ' • . ' -.-.•-. -^ '• - ■

n iSmi eondore. Notre eoneliision est de fidre pour notre compte toitf ce qae le Saint-Père nous a publiquement commandé.

Louis Vboillot.

Le sarlendemain, traitant pour la dernière fois de eette affaire, et appréciant llmpression produite dans le monde catholique par le discours du Pape et les commentaires insolents de quelques journaux» M. Louis Veuillot tirait en ces termes la conclusion qu'il en faut garder :

Depuis le discoors pontifical dn 43 ayril, un très-grand nombre de nos lecteurs nons ont envoyé Tadhésion la plus honorable anx sentiments qne nons ayions nons-mémes exprimés. Nons ne pouvons nous donner la joie de répondre isolément à ces cordialités consolantes. La fttigue est venue; il faut, au moins pendant quelques jours, céder an besoin de repos. Nous prions les lecteurs» nous pouvons dire les amis qui ont bien voulu nous écrire, d^agréer le remerciement général que nous leur offrons. Il est plein d^une reconnaissance ancienne et accumulée. Si nous avons pu soutenir jnsqu*à présent un travail où les chagrins, les inquiétudes et même les angoisses n*ont pas manqué, nous en devons le bonheur à ces constantes et fortes sympathies. G*est par elles que notre insuffisance et nos faiblesses n^ont pu dégénérer en doute, que nous avons résisté à Temportement des contradictions, et que la tentation du découragement ne nous a pas même effleuré. Nous avons toujours senti que nous étions dans la voie, parce que les âmes vigoureuses et droites et les cœurs désintéressés de tout ce qui n^est pas l'honneur de la vérité ne s'éloignaient point de nous. Il y a des hommes qui ont résolu de traverser la vie et d'accomplir ses labeurs sans lui demander autre chose pour eux que ce fier sentiment de rester toujours avec le vrai, d'en garder toujours le fardeau détesté du monde. La vérité les a récompensés en leur faisant savoir qu'ils avaient pris la meilleure part, et leurs su^ frages affectueux ont commencé de nous l'apprendre. Qui ne sait pas cela ne sait pas ce que vaut la vie.

Grice à ces lettres, dont la forme mâle et la pensée supérieure, si elles étaient publiées, révéleraient un groupe d*esprits qui sont p&a\r être tout ce qui reste de Tancienne France et tout ce qui existe aujonrd'bui de la France future, nous avons pu, ces jours-ci, écrire an Saim- Père que nous formions un parti d'obéissants. G^est ce que nous dirions devant Dieu à qui nous demanderait ce que nous disons de nous-mémes. Dans cette universelle révolte, ici pleine dlnsolence, là pleine de supercherie, ailleurs ignorante, craintive et basse, nous nons honorons de vooloîr obéir. Nons obéissons à tonte autorité suivant le droit qne Dien fut à fattoriié, prtmièrenent tn Pape, secondement an roi; à Dleè

PniwiDe nom sommes nir ce ebapiln M pear ■■ tur mm to gM^ InddeDtiPlaidtiiJaécâiipés, ~ . - . ..

M pen- M «ib-MMtofNHt nous croyou Ofpwtn derenatr lt4iM); tùrn ob il DODB Itisse.

-tftliinin htriîi lifiiirifli ^ l'ii'iiii Un ilrMWtfilf^ WitffîVVnag^fljL ' MtBt, wedu diréciMR. U parois pnbUqtt bf^doiTra^ taVlMB tIBad'HnijnMiUie ptuv.dev^ nrr- ilnirn rt in<i niBrn noMtni'iMi «nÛtfii{B.j"«fiis-lï. HonanyoBS prit U;lit»i;U ^'^f-rf fil pfiwnM qîiê poDT réaoujteler le sermeaLdé notre plane et adiye wfmm^^kn.t ses déurs pe^utieh toncHlnt Veipreiaïâ'n AU nos 'pensées. Mds dSii SBlre côté l'on a remarqué , dans l'prtîcle important de la Coiiftte -dt fr-Mee, Hà ^aiértlons d'oti II ikadràit indnire que Rome exige de atm ttne mddiltctiion de doctrines en même temps qn'aoe modiBcathui de bagage. Ces! nne erreur. Rien n'a été dit, rien U'est sorrenii gm'irelMi d'sndenlns Bfiprobationi ou qili îndîqœ nne antre direction, tle, qw la CiaMe rtconie'à cet égard est poremenl îmaginaîra, os qnaat au tsil^ on qnani à l'appréciation.

La Gàtette, liogi qu'elle le confesse, est anjniirnd EpéÂaleaientpo&liqve, et elle prend le prÏTilége spécial des politiques, qni est de.BQ pM s'embarrasser d'une exaciiiuâe absolue. Elle se dit en relations avec le cardinal secrétaire d'ËLal, elle s'empare d'un antre personnage ^TP'ffpnt, et elle le pose comme un homme qui serait désormais en France, tiaaa (ont 4 fait un légat, du moins quelqae chose de pins; elle nooi demanda de l'accepter elle-mâme comme organe de celte poissance. Tool cela eat politique, et nous ne devons pas plus de crédit gratiût à la Cûxetie qn'i lont autre homme d'Ëtai.

. Elle prétend que depuis les pétillons des ëvéqnes, eeqnivéen par le patriotisme et la prudence de H. Thiers, josqa'à celles des catholifui qni en ont étéja Buile nécessaire, ei qui eurent l'abouiiasemeol que I'sb sait, elle et ses amis ont ■ servi Rome oomme Rome veet étr« servie, ■ et c'est sur quoi elle se fonde pour dire qu'elle ne doit pas changer de yole et que nous devons entrer dans sa voie. Nous acceptons laibnielei, mais non la conséquence. Mous devons simplement ne.pti)idQB|Hf s^ftt ^ 4iit. ^e nooS: maniyunBçde c)iarité, mi^ennantqiWBM^.TiMMt %rd.

- jOoii.uu doifte, il fftX • servir ftf me comme nlle v«it être fpi^.a iîfm seulement lé monde sortira àfi sea difficnltéi, puisque- jtoms, 4Mi \fi grand sens de ce grand nom, dit- le mot de Celui qni est lairiDAïae al loi Mol la lumiire de tous les problèmes et la soluUon de tontes lu difficultés. i\ faut servir Rome, la Rome des principes éiemela, comme elle veut être servie, c'est-t-dire en adiqitant. ms principes aeloa sm ^finlUb^ iolfrpcitfiifHt, Par là l'unitâde,!* t»i iHmWin im.Ia mn^ Vatin rMom^s«n:iM répubtiqut' iclwéti*MMii «lA'iifi .fomat.'^^it

rèfiB6 vfritil)le de la liberté, de régalité et de U fraternité. P«iir)lt liberté, il y aura nne tfite, un roi de miséricorde parmi les hommes» qa ^ apprendront à 8*imposer eux-mêmes les freins nécessaires; ponr Téga** Ulét il y aura le respect da droit; pour la fraternité il y aura un père» Ce sera Tœuvre de Rome, poursuivie depuis dix- neuf siècles à travers les formidables reprises de l'esprit de tyrannie qui est, avec Tesprit d^esclavage, la grande maladie du genre humain. 11 faut servir cette Rome comme elle veut être servie.

liais cette Rome publie sans cesse à haute Toix ses principes, toujoart les mêmes. Elle est au-dessus des petites choses tumultueuses qu*OQ appelle les événements. Elle est le grand navire qui se dirigé à travers - cette perpétuelle tempête, et qui ne livre rien aux sirènes nt aux flots. Elle ne chuchote pas sa parole dans un pli plus ou moins subreptice à redresse de tel ou tel journal. Au milieu d'une lumière que Torage ne pent éteindre, elle parle avec un éclat que nul tonnerre ne peut couvrir. Tout le monde voit, même ceux qui s^aveuglent ; tout le monde entend» même ceux qui veulent se rendre sourds.

Une Rome de petits calculs et de petits moyens, où Ton ne verrait plus le Pape, une Rome secrète qui n'aurait plus même la taille de ces aventuriers éphémères qu*on appelle des conquérants et des consuls, et qui s^appliqoerait à gouverner sous enveloppe le genre humaia, c'est une imagination de gens embarrassés, qui n'auront jamais la fortune de se faire croire pendant un jour. On ne peut servir cette Rome ni comme elle veut être servie ni autrement, par la raison qu'elle n'existe pas. U importe fort peu qu'un homme d'affaires en affirme l'existence, tire un papier de la ville d'Italie qu'on appelle Rome, et dise : Voilà Tordre de Rome! Quand même on y montrerait le timbre de la poste, le monde passera entre. Les vrais papiers de Rome sont signés dn Vicaire de la croix lumineuse et portent le timbre reconnaissable dn Saint-Esprit.

U OD vient tons les jours, de ces papiers véridiquea. Ils ont la majesté libre, l'accent souverain. Ils approuvent, ils blâment, ils condamnent, ils lient et délient, et personne ne les récuse. Ce sont des paroles ostensibles, qui demeurent, qui germent des actes. Voilà Rome. Depuis dixhoit siècles elle a franchi toutes les vicissitudes, elle a passé par tous les tombeaux. Elle a été servie comme elle veut l'être, et aucun naii^ frage n'a pn l'engloutir ni aucun tombeau la garder. Kons voyons nu de ees naufrages, unenoovelle tombe lui est oavene et elke y deseeéd^ Elle y descend avec des paroles de reine et d'immortelle, qu'elle répétera jusque dans le lieu de la mort. Mais la mort n'y sera pas et ne' les étouffera pas. Ses paroles traverseront la pierre scellée, elles seront entendues, elles seront obéies; et la pierre sera arrachée par les fils de ceux qui l'ont mise, et l'immortelle surgira, plus servie, plus reine, plus triomphante. Elle apparaîtra, le trirègne sur la tête, la bép^diei&Qa dans les maîDs; elle verra le monde à genoux. .> r> ^i"

' Ce ne sont imsleè eotnbindsons politiques qoi feront ce miracle; eHes seront plutôt contraires* Le miracle sera accordé aux misères de Thomanité, au sang des martyrs, aux espérances inextinguibles de la foi* C*est ce que Rome enseigne, et on la sert comme elle yeut être servie, lorsque Ton sent ses enseignemenu étemels. Louis Vbuillot.

Nous avons dit plus haul que MM. de Corcelles et de Mérode étaient allés plaider à Rome. Voici comment Y Univers^ s'emparant de leurs aveux, annonçait cette manœuvre :

Le Correspondant^ qui compte M. de Mérode parmi ses amis les plus précieux et M. de Corcelles parmi ses collaborateurs les plus autorisés, publiait dans son dernier numéro une note, que VUnivers s'est fiait un devoir de reproduire, et où se trouvait la déclaration suivante :

c Deux des représentants accusés d*avoir trebi la cause du Pape (dans TafTaire des pétitions calboliques), M. de Corcelles, Tancien ambassadeur de Gséte, et M. le comte Vemer de Mérode, s*étant rendus à Aoms, 0fii été admis à mettre sous les yeux du Saint-Père les pièces de ce triste procès. On comprend qae, du, moment où la cause devait être portée devint un si haut tribunal, il y aurait autant d'inconvenance à ne pas faire connaître le jugement intervenu^ qu'à essayer d*en faire sortir notre triompbe personnel. »

Ce langage, si affirmalif, si précis, permettait d'autant moins le doute que les rapports de MM. de Corcelles et de Mérode avec le Correspondant sont plus connus. D'autres informations très-sérieuses concordaient, d'ailleurs, avec celle-là. Cependant, voici la lettre que M. de Corcelles adresse au Correspondant^ et que celui-ci publie sans dire mot, comme s'il n'avait pas une affirmation à justifier ou une erreur à réparer :

Monsieur^

Permettez-moi de rappeler que je suis on ne peut plus étranger aux débats de la presse religieuse, et que la délicatesse de votre accueil m*a seulement réservé une place d'hôte quand vous m'avez fait l'honneur de publier quelques études pour la défense du Saint-Siège.

j'ai recours encore à ce même accueil pour affirmer que M. de Mérode et moi, nous ne nous sommes attribué aucune sorte de mission dans le voyage que nous avons fait à Rome séparément.

Pour ce qui me concerne, j'y apporiais, comme un bien tendre hommage, le dernier peul-élre, les sentiments qu'il m*a été donné de témoigner à Pie IX, dans les deux occasions où j'ai représenté la France, plus Urd en compagnie du général de Lamoricière, et toujours en de grandes épi

Ce sont des sonvenirs attxqHeU se Joint, oelni des pins douées bontés. Ma pétition ponr Tindépendiance de TËglise est ancienne; elle date d^environ un qaart de siècle, et me dispense de faire mes prenves.

N^ajant pas cru devoir répondre aux journaux qui se sont les premiers occupés de ce voyage, notre silence a paru un acquiescement à leurs conjectures.

Je suis donc obligé de déclarer que la pensée de justifier la presque unanimité de nos collègues, membres de la majorité dans TAssemblée nationale, ne pouvait se présenter à notre esprit, pas davantage Firré* Térencieux désir d'associer le Pape à Tapprôciation de nos difficultés extérieures et à nos votes publics*

La confiance de Sa Sainteté dans cette incomparable réunion, si dévouée à TÊglise et à la France, nous était connue.

Nous avons à nous acquitter d'une tâche formidable. Si nos adversaires dans le monde entier pouvaient penser que le cœur et la prudence nous y font défaut, leurs entreprises ne seraient-elles pas fort encouragées? La haute paix que nous recommande la grande âme du souverain Pontife est la condition de la vraie défense de TÊglise en même temps qup du salut des sociétés.

Agréez, monsieur le rédacteur, Texpression de ma gratitude et de mon attachement. F. de Corgblles.

Nous pourrions presser les termes de cette lettre et y joindre diverses communications d'un caractère instructif; nous préférons prendre telle quelle la parole de M* de Corcelles et en rester là*.

Bornons-nous donc à noter, pour conclure, que le Carretpandant^ s'esiimant sans doute' irréprochable, s'abstient de répondre aux questions que VUnivers avait dû lui poser. EuQÈNB YBUiLLOT.

Pour en fiûir avec cette douloureuse histoire » nous n'avons plus qu'à reproduire le bref du Saint-Père en réponse à Mgr révoque de Versailles, qui avait écrit à Romo au sujet de l'affaire des pétitions et de la lettre aux députés publiée par YUniyers :

PiB IX, Pape.

Vénérable Frère, salut et bénédiction apostolique,

Nous avons reçu la lettre que Votre fraternité, dkns un sentiment d'affection et de respect. Nous a adressée le 6 du présent mou. Vous ne pouvez douter. Vénérable Frère, que Nous tenions pour éclatants et entièrement éprouvés votre fidélité parfaite et votre dévouement envers ce Siège apostolique. Nous n'avons pas moins bien compris la aîoeérité des sentiments qui animent votre ftme, et qui montrent combien vous avez à cœur la cause de la vérité et de la reÛfion, dans ce oombal que la vérité soutient contre Terreur et la religion contre les viaximea d^

siècle. '

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Pins Noui lOQbBiLODs et Noui rùhods le rentable bien de votre pitiib plus vous devez vous assurer que nous sommes vivemenl poussé i ihtoquer la miséricordiease démence de Dieu, aCo qu'il opÈre t'unioa de tous dans le mfme esprit de saioie religion ei dans le seniimcni de U f iéié, que, par sa bien veilla d ce, il vous accorde de vous guérir de maux passes el qu'il vous épargne enli^rentcni de nouvelles calamités.

EnKo, vénérable Frère, en vous confirmant par celle ieilre noire A&lime ei noire amour, cl en implorant pour vons la plénitude de vmi secours céleste, fout donnons dans le Seigneur, du fond du cœar, la bénédiction apostolique  vous, vénérable Frère, et i tout le troupeaa qui vous est confié.

Donné 1 Rome, prés Saint-Pierre, le Si avril de l'année <S72,de bot» pontificat U vingt -sixième. PIE IX, fAf&.

Ici se lermioe le récit d'un incident que nous aurioas voulu pouvoir abréger, mais dont nous ne pouvions parler sans mellre le lecteur à même de le juger sur pièces. Ce que nous avons omis se rapporte à ce que nous pourrions appeler la partie anecdotique de cette aifaire- Nous ne re- «ODCoas pas à en parler, quand le moioeDl sera venu, matt pour te présent, ces iHformatioDs supplémenlaires poarrateot o'étre pas sans iDCOnvénient, et seraient sans utilité 'suffisante. Plus tard, nous pourrons en faire l'objet d'uoe pûblicafion spéciale.

' Nous avons publié dans le corpï de ciel ouvrage la réponse du Saint-Pére à l'Adresse des députés françùs alSrbilit leur foi en llofaillibitité et leur soumission absolue aux enseignements de Rome: Nous donnons Ici, avec 1e texte de cette Adresse, la leUre par laquelle M. de Belcastel, qui en avait pris l'ioiluttiye, pré^^qtait ce. docuoient aux ^eçtç(iFS,4p l'Ùniver$^

. HonsieiiT le rédacleiu',

- iLa 'reille de la prorogation it t'Assemble* nstioiMle^ ptmi les déj». 4ét Ulholiqses, ane adreme BU Sanrt- Père fut intprovlBée. AaïuGesder- «ilreslmireaf en l'ftfoaeneetféji de beaucoup de nos meOlenn eoll^qet, Mtw Kf« le leean-Ae K «^réMntaitta m rendant compte de Imt ^pn- Inn d'bODunes public* et résolus k lai fiùre honneor.

Ce qnS distiogae de set aloëes ràdressè aetaéllé ipl la! donne, ivee ik rnsott d^être, sa valeur, le Veiéi :

I)*nne part, elle répond pleinement anz yœnz et aux pétitions des évéques en favenr da Saint-Siège.

Diantre part, elle renferme, pour la première fois, Tadhésion sans réserve de membres d*une Assemblée souveraine française, en tant que tels, à IMntégrité de la doctrine caiboliquc romaine sur les rapports de la société civile et de la société religieuse. Entre Tesprit moderoe et Tesprit de Dieu, elle n^hésite pas à proclamer comme à faire son cboiz.

J*ai Thonnenr de vous envoyer le texte de celte grave manifestation.

Comme nous, vous croyez que le nombre n^est pas la loi, que le fait qui passe aura pour juge Tavenir, et que protester contre le fait et contre le nombre^ au jour de leur apparent triomphe, n^est ni opprobre, ni foUe«

Comme nous, vous croyez que la phalange chrétienne est Pavantgarde d^une armée, et qu'il est bon dès aujourd'hui de montrer à la foule nn drapeau social au service du Christ.

Comme nous^ vous croyez que Tbamanité moderne avec rbumanilé de tons les âges est, dans toute la rigueur dn droit, sujette de son Créateur ; qu^elle commet, par sa déclaration dMndépendance, plus qu'une erreur et une faute de conduite ; qu'elle consomme un péclié social, c*est-àdire un crime d'ordre surnaturel en même temps que d'ordre temporel, et que par suite les vertus et les actes du même ordre peuvent seuls la sauver dès catastrophes sans retour.

Peut-être alors jugerez-vous utile de publier ce témoignage de notre foi, précurseur^ nous en avons l'espoir, d'autres plus vastes et plus puissants.

Taffirme le nombre et f autorité morale des signataires actuels* Je retiens seolement leurs noms. Des noms dans vos colonnes seraient rezdoûon des absents. Or, nous estimons trop le caractère de nos collègues catholiques pour ne point garder, au milieu de nous, leur plaoe intacte; — et qoêni à ceux qui renoncent auiourd'kai à rbonnenr de la publicité, il leur suffit de savoir leur nom béni par le vicaire de Jéso»- Christ, et d'arriver, en passant sous ses yeux, à la joie de consoler son cœur. . . • i .

Veuillez agréer, monsieur le rfdacteur» Texf ression de ma haute eonsidération.

Gabriel de Bilcastsl, dépoté de la Haate-Garonoe.

P. S. — fai retardé mon envoi à votre joamal afin que le pablic na devançAi pas le Sauii-rèfe dans la connaissance de cette adresse. A l'heure qoll est, elle doit être soos ses yeox.

Jcnaflks» i$ seploibre lt71.

Trèa-8aiot Père,

Lm acBkftt aoBHîaéa de râiaffiUii — •«^^^^^^ de Ffaaea. êm. 9*»

meni de M téfMrer pour quelques samibai» M aee dftui atenir ■mommi, tiennent à bonneor de Tenir déposer iqk lÀds de Voire Seinirté, tics lliominige de lear profond respect, reipression tirenent émiia de tous sentiments de fidélitié, de déronement et de fin cttlioUqiio.

Ils protestent de tontes les forces de leor Ane, et ils tondrtient qve Is gonyemement de lear pays protestât par une démonatratkm diplomatique persévérante, contre les nsnrpttions sacrilégea de ritalîe à Tégard dn Saint-Siège. A leurs yeux, la protection de tontea les pnissances intéressées a la sûnte indépendance de l'Eglise est le commun devoir de cet paîssances, comme elle serait la garantie pacifique de leur concours.

Ils affirment, plus haut que jamais^ le droit inviolable de Votre Saioteté à la royauté pontificale, œuvre de Dieu, par la main des Francs, qui n*a point cessé d'être aujourd'hui, comme hier, le symbole de la royauté spirituelle de Jésus-Christ et le gage nécessaire de la liberté dei consciences catholiques.

Ils croient fermement au privilège d'infaillibilité qui n'a jamais cesié d'appartenir k Pierre dans la personne de ses successeurs^ et dont l'Eglise universelle, par la voix des Pères du Vatican, vient de faire la glorieuse proclamation. Ils professent, par suite, une adhésion absolue à l'autorité doctrinale des encycliques, sur les rapports essentiels de It société civile avec la société religieuse.

Us sont profondément convaincus que la révolution, sous des formes diverses, est la grande ennemie de l'Eglise et de l'humanité. Ils sont résolus à la combattre, avec l'aide de Dieu, partout et toujours, de toute Ténergie de leur intelligence et de leur volonté.

Ils espèrent, comme le seul saint de l'avenir, la reconnaissance par la société civile de la pleine liberté de l'enseignement de l'Église catholique, apostolique et romaine, mère et bienfaitrice des peuples.

Ils supplient Votre Sainteté de répandre ses bénédictions sur eux, sur leurs pensées, leurs travaux, leurs résolutions, et de continuer la charité paternelle de ses apostoliques prières poor la France, leur chère et infortunée patrie, afin qu'elle revienne à la lumière divine, à la concorde, 4 la paix.

Ils aiment à se dire, en terminant,

Très-Saint Père,

De votre Sainteté, Les fils très-humbles, très-dévoués, trèt-soumia.

{SmUf&nt 46 ngnatures. )

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