‹ Actes et paroles de Pie IX, captif au VaticanChapitre 3 sur 23 · — VI · texte numérisé non relu

— VI

« cotère que contre cet homme et d'adrairlBtff^qii^

< jpeugùi.

S- a Les catholiques ont sujet de remercier et de bénir « Dieu. Dans la peraomie de Pie IX, Pontife et Roi, ils a reçoivent l'éclat souverain et inattendu de la gloire

< humaine, au milieu de ce siècle conjuré pour les avi- « lir. Oui, en vérité, sans cet ange, jamais ils ne se ( fussent vus pareillement écrasés! Comme Jacob, « Pie IX lutte contre Dieu irrité, pour sauver la dignité « du genre humain, et il ne sera pas vaincu. C'est Dieu € qui se laissera vaincre. Nous nous relevons par la « majesté de notre Chef et de notre Père; en lui, nous s remontons à notre rang d'honneur, bien au-dessus « de celte abjecte cohue des hommes qui ne veulent

< plus de Dieu. He IX nous conserve Dieu et le cona serve au genre humain dépravé. Mais sans lui, oui,

< en vérité, nous serions au-dessous de ces foules a qui se laissent conduire aux massacres et aux pil- ( lages, les unes par des soudards pleins de vin et « d'orgueil, les autres par des bandits afTamés et par

< des pleutres jaloux; les unes dociles à toute fraude, •I les autres faciles à tout affront. Pie IX est là pour a nous consoler de nous-mêmes et de ce spectacle

< ignoble du monde partout enrégimenté contre la rai-

< s&n et l'honneur, suivant partout des capitaines de c vice qui sont les expressions les plus basses et les « plus insolentes de ses corruptions.

fl Irridebit ! Comme nous voyons bien la raillerie de

< Dieu! Voilà dcmc ces habiles, ces forts, ces conquea rants ; ces vainqueurs sont devenus partout les maln très, mais ils n'ont pu, aucun, arriver au but su- € préme de leur ambition, et se voir les premiers

f < qudque part ! La première place, la grande première

I « place du temps et de la postérité, ifs ne l'auront pas.

! < Elle est prise par le Taincu. Il la garde. Leur histoire

j < ne Mra qu'un épisode et un fenillet de la sienne. Us

( sont un Erostrate, un Judas, un révolté qui s'élève

€ pour un jour, un bandit qui tente un heureux coup

c etqui se Ûvre à de misérables déhanches en attendant

« les vengeances de l'infaillible justice. L'on parle ici

« de vous, empereurs et rms, et de vous, bandits et

« princes du peuple, pour le moment gavés de lauriers

« et de butins. Malgré tout, voiis n'avez pas le premier

« rang, vous n'êtes pas les maîtres, vous ne triomphez

« pas. Le vrù maître, le triomphateur serein et perpé-

« tuel, celui à qui la conscience universelle décernera

« la statue d'or, celui qui aura la gloire permanente et

< qui déjà est «itré en possession, c'est ce captif que

< l'un de vous tient là-bas, i R<Hne, enchaîné sur le ■ Vatican. Vous avez lié son corps, il vous a laissé c ffûre ; vous n'avez pas lié sa parole et vous ne la lierez « pas, et elle vous fait vos places et vos parts; vos

< places k ses pieds, vos parts dans l'ignominie éter- € Délie, il est vaincu pour un jour, vous êtes châtiés « pour toujours.

< Quoi qn'ait sa obtenir par tant d'efforts ce mime « subalpin qui est venu là connue délégué de la famille « des rois et de la race des peuples modernes, il n'a pu « prendre à Rome qu'un poste de geôlier; et le Vatican « qu'il insulte, est devenu par ses soins un Sinal et un « Thabor. Faites i présent des kns : l'unique loi tonne « du Sînal; conquérez des provinces: Tunique gloire « rayonne du Thabor; ourdissez des entreprises ^ des « succès : vous ne serez que des traîtres applaudis par

et à l'exposé sommaire de divers incidents soulevés en France, par deux de ces discours qui ont eu le plus grand retentissement (1). Ilyajoîntune table détaillée, qui per^ met de rechercher dans les discours, et de retrouver aisément oeux auxquels la mémoire des lecteurs s'est attachée, pour quelques-uns par une date, par le nom des personnages ou la qualité des députatibus qui en ont été l'occasion ; pour d'autres, par un Irait, une anecdote, une parole de l'Ecriture, dont le Sainl-Përc faisait l'application particulière au temps présent. On voit par là que de ce livre on peut tout dire d'un mot, en disant que c'est Pie IX qui l'a fait.

AvfiDSTfe ROOSSEL.

Novembre 4873.

(I) Voir YAppendice.

ACTES

A.vaDl de consommer l'atteaUt qu'il prâparail contre Rome, Victor- Emmanael n'avait pas craint d'écnre à Pie IX une lettre toute remplie de proiesiaiions hypocrites pareilles à celles dont il avait fait également précéder l'invasion de 1 S60. Le Saiol-Pèrc lui fil répondre cooime il suit :

^u roi Victor-Emmanuel.

« Majesté, « Le comte Pooza di San-Marlino m'a remis une lettre qu'il a plu à Votre Majesté de m'adresser; mais elle n'est pas digne d'uD Bis affectueux qui se fait gloire de professer la foi catiiolique et s'honore d'une loyauté royale. Je D'entre pas dans les détails de la lettre même, pour ne pas renouveler la douleur qu'une première lecture m'a causée. Je bénis Dieu, qui a souffert que Votre Majesté comblât d'amertume la dernière période de ma vie. Au reste, je ne puis admettre les demandes exprimées dans voire lettre, iii me rallier aux principes qu'elle renferme. J'invoque de nouveau le Seigueur, et je remets entre ses mains ma propre cause, qui est entièrement la sienne. Je le prie d'accorder des grâces abondantes à Votre Majesté, de la délivrer de tout péril, et de lui faire part des miséricordes dont elle a besoin.

« DuVatican, le 11 septembre 1S70.

« Si^i : Pie IX, pape. «

Le 90 septembre 18T0, les memliTCS du corps diplomatique accrédité! auprès i9u Pape se rendirent au Vatican pendant le bombardement de Rome. Le cardinal Antonelli avait fait connaître aux minisires étranger! le désir du SaiDl-Pf rc de les voir auprès de lui dans ces douloureni mo-

Le Pape célébra la messe, selon son babiiiide, ïsepi heures et demie; lec «rps dipIora3iiqueeutl'b«nacird'y«ssiAer, et, wn oeuf bcnres, il fut râtroduit auprès du Saint-Père.

Pie IX le recul dans son grand cabinet de travail. Cette pièce, trèsvasie, dont les fenftlres ouvrent sur la place de Saint-Pierre, renferme la bibliothèque particalière du Pape.

Le Saint-Père dit un mol bienveillant à chaque personne, pnis, s'étaat assis, fit prendre place devant sa table aux membres du corps diplomatique, et leur adressa, plus sous U forme d'une conversation que d'une allocution, quelques paroles que l'on a recueillies et qui font l'objet de celte publicdiiou.

Od s'est atiaché il reproduire les expressions mêmes du Saint-Père, sans «herchcr i. râtablir quelques passages qui o'avaicnl pu être écrits COmplélcDicnt. Il a paru préférable de laisser dans ce texte plusieurs lacunes, sans imporUoce du reste, plulAt que d'aitribuer au £aiiU-Pôre des paroles qui auraient peut-être rendu sa peuièe, mais qui n'MiraittDt pas été exaciemcnl celles qu'il a prononcées. Voici ces paroles ;

Le corps diplomatique s'est une autre fois réuni autour de moi dans une circonstance pareille; c'était au Quirinal. Je me rappelle que les provisions manquant pour donner à dîner à tous, on fut cberck«r cliei tous les camé* riers secrets qui logeaient au Quiriaal, tout ce que l'on p«t trouver, et qu'on en fit une soupe, qui était xate espèce d'oUa ftdrida es]Mgiiole. Aujourd'hn, nous sommes dnre uae autre situation.

J'ai écrit ai roi ; je De sais pas s'A a reçu ma lettre ; je l'avais envoyée eependant à TadresEe de sod ministre des aETaires étrangères. Je pense qu'elle lui sera ftarvenue, mats je n'en sais rien.

BîKio, le fameux Bixio, est ta svfc l'année itsUieDm. AHJeurd'hai il est géaérai. BixM, du temps où it était répvblieaÏD, avait formé le pr^t 4e jeter au Tibre, quand il^ntrerait dans Rome, le pape «t les cardin«ux. En liiv«r, c'ent été peu agréable, en été e'eûl été peut-être autre chose . Il est là, à la porte San Pancrazio; ce côlé-là est le pîns exposé. Il y a des maifious qui souifrlront, entre autres celle de Torlonia. Les souvenirs du Tasse courent beaucoup de risques avec les libérateurs de l'Italie. Hais ces gens là s'en inquiètent peu.

Je me souviess, quand je suis lUé aa Chili; c'élail penant la guerre d'Espagne, sous la Restauratioo frauçaise, luod la France rétablit sur son Irôae Ferdinand VU. Le IlimeDt sur lequel j'étais s'arrêta à Palma, dans les iles alëaies. Les autorités espagnoles le retinrent sous présite qu'on ne pouvait aller au Chili sans la permission esCortès. On me mit tout simplement en prison; c'est lors que j'ai compris la nécessité de l'indépendance du ape. Du bateau on m'envoyait des rations de nourriture, appris alors les furberies des prisonniers pour corresondre. Nous mellioas dûs billets dans de la mie de pain l l'on m'envoyait les nouvelles par ce moyen. C'est omme cela que j'ai appris l'affaire du Trocadéro, où le éoéral espagnol fut vaincu par le duc d'Angouléme.

Après cette défaite, on ne pensa plus au pauvre cb;ioine, et oo nous laissa partir. Nous arrivâmes à Gibraltar, ù i) y avait la liberté, comme partout où régne l'Augleirre.

A Gibraltar, je me rappelle, il y avait un gouverneur, lais c'était un gouverneur in parUbus ; c'était un vieillard uî ne pouvait plus s'occuper d'affaires ; il avait, je crois. uatre-Vmgt-qnatre ans. C'était le frère de Pitl. Malgré an âge, ii était encore plein de force, il montait à cheval.

Hier, j'ai été à la maison où fut condamné Jésus-Christ, ai monté rencalier saint, et c'était avec beaucoup de peine, t j'avais un soutien ; enfin j'y suis parvenu. C'est cet esca> er qu'il a moaté pour être condamné. En le montant, je le disais : peut-être demain, moi au&si, je serai oonilarané ar les catholiques d'Italie : Filii matrù mece pugnavenuU Mi/ra m«. Il me faut beaucoup de force et Dieu me la onoe. J>eo grattas ■'

Les élèves du séminaire américain m'oet demandé de rendicles armes, mais je les ai remerciés et je leur ai dit B se joindre à ceux qui soignent les blessés.

Voici maintenant que Borne est enveloppée et que l'on MiUMiice à manquer de beuicoup de choses. Les maçons 'ont plus de pouzzolane pour travailler et ma peuvent plus

avoir de tuf pour bâtir. C'est une pierre très-molle, mais qui devteal très-dure à l'air avec le temps. Les vivres commcDcent aussi à devenir plus chers, et le peuple pourrait s'agiter.

Hier, en revenant de la Scala Sancta, j'ai vu tous les drapeaux que l'on a mis dans Rome pour se protéger. 11 f en a des An^ïlais, des Américains, des Allemands, même des Turcs. Le prïace Doria en a mis un anglais, je ne sais pas pourquoi.

Quand je suis revenu de Gaëte, j'ai vu aussi sur mon passage beaucoup de drapeaux qui alors avaient été mis en mon honneur. Aujourd'hui, c'est diiférent ; ce n'est par pour moi qu'on les a mis.

Ce n'est pas latine Qeur de la société qui accompagne les Italiens quand ils attaquent le Père des catholiques.. C'est une miniature de ce que faisaientles jeunes Romains qui se rendirent au camp de César lorsqu'il passa le Rubicon. Le Rubicûn est passé. Fiat voluntas tua m ccelo et in terra. — Poi viene il codice dei fatti compiuti.

Va officier d'dlat-major porU, de la part du général Kanzler, la nouvelle que les brèches élaienl praticables; les membres du corps diplomalique se relirèrem et laissèrent le Saint-Père délibérer avec le cardinal Aaionelli. Après quelques inâtants, le Pape les lit appeler, el, let larmes aux yeux, lear adressa ces mots :

Je viens de donner l'ordre de capituler; on ne pourrait plus se défendre sans répandre beaucoup de sang, ce que je ne veux pas. Je ne vous parle pas de moi ; ce n'est pas sur moi que je pleure, mais sur ces pauvres enfants qui sont venus me défendre comme leur père. Vous vous occuperez chacun de ceux de votre pays. Il y en a de toutes les nations, surtout des Français. Pensez aussi, je vous prie, aux Anglais et aux Canadiens, dont personne ne représente les intérêts ici. Je vous les recommande tous pour que vous les préserviez des mauvais traitements dont d'autres eurent tant à souffrir il y a quelques années.

Je délie mes soldats du serment de Bdélité qu'ils ont fait, afin de leur laisser leur liberté.

Pour les conditions de la capitulation, il faut voir le général Kanzler, c'est avec lui qu'il faut s'entendre.

A la date du 29 septembre, le Sainl-Père adressait, sous forme de bref, ïïox cardinaax^ la protestaiion suivante contre Tusurpation du 20. VUnivers Va publiée dans son édition de province et dans son numéro du 18 octobre, en constatant que Fagence Havas qui donnait la traduction de cette pièce, déclarait le document non public, attendu que le gouvernement italien avait défendu aux journaux et au télégraphe d*en souffler moi:

PIE IX, PAPE

Cher fils, salul et bénédiction apostolique. Notre-Seigneur Jésus-Christ qui humilie et élève, mortifie et vivifie (I Rois, /f, 6) flagelle et sauve (Tobie, XIII, 2), a permis récemment que cette yille de Rome, siège du pontificat suprême, tombât entre des mains hostiles, avec le reste de Tétat pontifical que les ennemis avaient jugé opportun, pendant quelque temps, de ne pas usurper. Cédant à l'impulsion de notre amour paternel pour nos chers fils les cardinaux de la sainte Eglise romaine et voyant en eux des coopérateurs de notre suprême apostolat. Nous avons résolu aujourd'hui, dans notre deuil et notre douleur, de leur léclarer, comme l'exige le devoir de notre ministère et :;omme nous y pousse la voix même de notre conscience, es sentiments intimes de notre âme qui nous font détester rt réprouver publiquement et ouvertement l'état de chose ictuel.

Nous en effet qui, quoique indigne et ne le méritant pas, exerçons le pouvoir de Vicaire de Notre -Seigneur Jésus- Christ sur la terre et qui sommes pasteur dans toute la naison d'Israël, nous nous trouvons maintenant manquer le cette liberté qui nous est absolument indispensable pour 3[0uverner l'Eglise de Dieu et maintenir ses droits, et nous tentons qu'il est de notre devoir d'émettre cette protestaion que nous avons d'ailleurs l'intention de livrer à la puilicité afin qu'elle soit connue, comme il est convenable, lu monde catholique entier.

Et quand nous attestons publiquement que cette liberté

nous a été ravie et enlevée, aos adversaires ne sauraient répondre que celle plainte et celte déclaration manqueat (le fondement. En effet, quiconque est doué de bon sens comprendra et avouera que, n'ayant plus ce pouvoir suprême et libre en vertu duquel nous jouissons du droit àt notre principal civil dans l'usage des transports publics H dans le commerce public des lettres, et ne ponvani Nom fier au Gouvernement qui s'est arrogé ce pouvoir, Nous sommes réellement privé de la voie nécessaire et prompte et de la libre faculté pour traiter les affaires que le vicaire de Jésus-Christ et le Père common des fidèles, qnï afSaentvers lui de tout l'univers, doit traiter et expédier. Getle observation a été encore confirmée ces jours derniers par. un fait récent : Des personnes sortant de notre paîaîl du Vatican ont été fouillées par des soldats du nouveA Gouvernement qui voulaient savoir si elles ne portaient rien sous leurs habits. On a réclamé contre ce procédé, «l il a été répondu que cela avait été fait par erreur et qu'oi s'en excusait.

Mais qui ignore avec quelle facilité des erreurs de ce genre peuvenlse reproduire et en amener d'autres? En on-, tre, l'éducation publique est menacée dans celte auguste ville d'un mal très-grave. Sous peu, l'année scolaire doH être ouverte à l'Université. Cet établissement, jnsqirïà d'une tranquillité et d'un ordre exemplaires qucriqne réunissant environ 1200 jeunes gens, l'unique endroit on taal de parents chrétiens et honnêtes puissent envoyer leors enfants faire leurs études sans être exposés à y puiser la eo^ mption, cet établissement, soit à cause des doctrines Tansses et erronées qui sont en vogue, sort par suite de Tespril de ceux qui ontété choisis pourles répandre, doittonAer, cela se comprend, dans un état bien différent de l'sdiciei* On a fait savoir que les lois en vigueur dans Home ileineareraient dans leur intégrité et inviolabilité après Foecupation, et pourtant, en dépit de ces déclarations, lesTegïsttts paroissiaux sont enlevés de force et consultés, et il n'M pas difficile de deviner qu'on y cberche des ioanèea qai

serviront sans doute pour établir la liste des conscrits et pour d'autres 6ns dont on n'a pas de peine à se douter.

Il faut ajouter que les attaques et les injures inspirées par le désir de la vengeance et l'esprit de parti sont laissées impunies, et que la même impunité est assurée aux auteurs des honteux et indignes oulrages dont nos fidèles corps de troupes, qui ont si bien mérité de la société et de la religion, ont été abreuvés, à la douleur des gens de biens. Enfin, les ordonnances et décrets au sujet des biens ecclésiastiques ont déjà assez montré les tendances des usurpateurs. Donc, contre toutes ces choses déjà accomplies el aussi contre celles, pires encore, qui sont imminentes, nous entendons protester en vertu de notre autorité suprême, de même que Nous protestons par les présentes au moyen desquelles Nous te faisons conaaitre, cher Fils, ainsi qu'à chacun des cardinaux de la sainte Eglise romaine, un bref exposé de ces particularités, Nous réservant, en outre, de nous étendre davantage ailleurs*

En attendant, prions fermement et sans relâche le Dieu toutrpuissant d'illunûner les intelligences de nos ennemis, afin qu'ils cessent de diarger leurs âmes du poids de plus en plus accablant des censures ecclésiastiques et d'attirer sur eux la terrible colère dn Dieu vivant et voyant, dont personne n'évite le bras. De notre côté, prions la majesté divine avec constance et humilité, en recourant ainsi à l'intercession de la Vierge Lmmaculéeet des BB. apôtres Pierre et Paul, et faisons-le avec la sainte confiance d'obtenir ce que BOUS denu^ndon», parce que le Seigneur assiste cent qui soAt danslatribulation et qui l'invoquent dans la vérité. En attendant. Nous demandons pour toi, cher Tû^ à N.-S. Jésus-Christ, la paix et la jeie, nous te donnons du fond du cœur la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près de SaintrPierre, le 29 septembre, fête de saint Ukbd» archange L'm XXV de notre ponlificat.

PlB IX, Pàpe»

Lea premières paroles publiques du Saint-Père dans sa captiviû Ont été pour la F-ance. Voici ce que dodb lisons dans une correspoàdance romiiue de l'Univers publiée dans le numéro du 27 octobre de sonédilion de province.

Il y a quelques jours, vers dix heures, le Pape étant sorti de ses appartements aRn d'aller faire une promenade, dans lesj:irdins du Vatican, a rencontré dans la salle du trône un personnage qui est venu à lui et s'est agenouillé. Il paraît que ce personnage était porteur de nouvelles importantes; Pie IX l'a relevé, et s'éloignant du groupe qui l'entourait, l'a conduit dans l'embrasure d'une fenêtre oùil a causé durantviogl minutes. Le personnage était quelque peu cassé. Je l'ai vu bientôt s'appuyer contre le mur, tandis que Pie IX, debout, droit et ferme, partait souvent, sans animation, avec un geste d'autorité et de confiance. Les vingt minutes passées, le Pape a traversé les galeries de Raphaël où étaient réunis beaucoup de femmes etd'hommes agenouillés.

Pour chacun, il avait des paroles d'édification et de consolation. Il a dit à un Français qui devait partir: «Je bénis « la pauvre France, et quelque malheureuse qu'elle soit en « ce moment, je compte sur elle. Dieu l'éprouve, mais ne « l'abandonnera pas. Dites bien cela. Et si vous voyez des

< zouaves, qu'ils sachent qu'ils ont une grande place là « (montrant son cœur) et que je les bénis ! Pauvres enfants !

< chers enfants t {PoverifigliuoU! cari figliuoli!) » Arrivé à l'extrémité de la galerie, il a vu un homme en

grand uniforme, la poitrine couverte de plaques d'ordres étrangers, lequel lui a baisé les pieds et les mains, et, la voix, étouffée par les sanglots, a dit ; « Je ne puis, je ne puis parlera » — « Comment, mon prince, vous venez ici pour « me consoler, et il faut que je vous console ! Ne craignez « rien, c'est un orage qui pa^se. Nous voyons par là que « Rome avait besoin d'une correction, et elle a sa eorrec- « tien qui sera courte. Entendez bien, c'est une correction « et non pas une punition. Dieu corrige ceux qu'il aime et « il punit ceux qui se sont éloignés de lui. On veut faire « croire au monde que Rome est une ville d'impiété ; mais

« le spectacle qu'on voit à cette heure dans ses murs est « donné par des étrangers, par des sicaires venus d'Italie « et d'ailleurs. Ne craignez rien, naon prince, ne craignez « rien. Ces hommes sont plus embarrassés que nous; ils « sont au bout de leur chemin. »

La situation de rEurope et plus encore la situation faite au Pape interdisaient, après la prise ae Rome, tout espoir de voir reprendre les tra- Tauxdu Concile. Une bulle pontificale en date du 20 octobre en prononce la suspension. Voici la traduction de cette bulle.

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