ENCYCLIQUE DE NOTRE SAINT-PÈRE LE PAPE
A tous les Patriarches^ Primats^ Archevêques, Evêques et autres Ordinaires des lieux en grâce et communion avec le Siège apostolique.
PIE IX, PAPE
Vénérables Frères, salut et bénédiction apostolique.
' En jetant un regard en arrière sur tout ce que fait le gouvernement subalpin depuis un grand nombre d'années, et par des machinations non interrompues, pour renverser le Principal civil accordé par une providence spéciale de Dieu à ce Siège apostolique, afin que les successeurs du Bienheureux Pierre jouissent d'une nécessaire et pleine liberté et sécurité dans Texercice de leur juridiction spirituelle, il est impossible qu'au milieu d'une si grande conspiration contre TËglise de Dieu et contre ce Saint-Siège, Nous ne soyons pas saisi d'une profonde douleur. Dans ce temps d*affliclion, où le même gouvernement, suivant les conseils des sectes de perdition, a consommé contre tout droit, parla violence et parles armes, l'invasion sacrilège qu'il méditait depuis longtemps de Notre Ville capitale et des autres villes qui restaient encore en Notre pouvoir après l'usurpation précédente, adorant humblement les secrets desseins de Dieu, devant qui nous sommes prosterné, Nous sommes réduit à répéter cette parole du prophète : ic Je pleure, et mes yeux versent des larmes, parce
« qnelecoDSolateur detnoDâtne3*ealétoignédenioi;mes « &\i ont été perdus, parce que l'enaeini a prévalu (1). »
L'histoire de celle guerre crimioeUe a été suffisamment exposée par Noos, Vèaérables Frères, et dévoilée depuis longtemps à l'univers cathoUqae ; Nous l'avons fait dans de nombreuses Allocutions, Encycliques et dans des Brefs à différentes époques, et Dotammentle 1°' novembre 1850, le 22 janvier et le 26 jaillet lS5t>, le 18 et le 28 juin, et le 26 septembre 1859, le 19 janvier 1860, dans Notre Lettre apostolique du 26 mars 1860, et ensuite dans les Allocutions du 28 septembre 1860, du.18 mars et du 30aeptembre 1861, enfin da20 septembre, du 27 octobre et du 14 novembre 1867.
La série de ces documents rend claires et évidentes les très-graves injures dont le gouvernement sabalpin s'est rendu coupable contre Notre autuité suprême et contre celle de ce Saint-Siège, mêmeavant l'occupalion de Notre domaine ecclésiastique, entreprise dans les dernières années, soit par des lois portées contre le droit natarel, le droit divin et le droit ecclésiastique, soit par les indignes vexations auxquelles ont été soumis les ministres sacrés, les communautés religieuses et les Evoques eux-mêmes, .soit par la violation de la foi jurée dans des conventions solennelles eoncloes avec ce même Siège apostolique et par la négation audaciease de l'invtt^abilité de leur droîl, dans le temps même où il anaonçait voaloir ouvrir de qoqreUes négtKiations avee Nous.
Ces mêmes documents mettent en pleine lamiére, VéoérablcB Frères, etla postérité tout entière le verra, les artifices, les perfides et indignes machinations par lesquelles ce gouvernement est parvenu à opprimer ta justice et la sainteté des droits du Siège «posloliqoe; et l'on apprendra eDrDénetenTpssTccqurtlesollicttudeNons avons fait tout Notre possible pour arrêter cette udace qui s'sccroissst de jour en jour, et pwr veogei la caiee de l'Église,
Vous vous rappelez que, daos Tannée 1859, le gouvcrnement piémontais excita à la rébellion les principales Tilles tie l'Emilie par des écrits clandestins, par des émissaires, par des arn>es et de l'argent ; que, peu après, le peuple ayant été convoqué dans des comices, on forma unplébiscite au moyen de suffrages captés, et que, sous ce prétexte cl sous ce nom. Ton arracha à Notre pouvoir, malgré les réclamations des gens de bien, celles de Nos provinces qui sont situées dans cette région. Vous savez aussi que, Tannée suivante, le même gouvernement, pour faire sa proie des autres provinces du Saint-Siège, situées dans le Picenum, dans FOmbrie et dans le Patrimoine, a, sous de faliarieux prétextes, entouré subitement d'une grande armée Nos soldats et celte poignée de jeunes volontaires catholiques qui, poussés par un esprit de religion et par leur pitié pour le Père commun, étaient accourus àe foutes les parties du monde à Notre défense ; vous savez que l'armée piémontaise écrasa, dans un sanglant combat, ces soldats qui ne s'attendaient pas à une irruption si subite, et qui combattirent cependant avec intrépidité pour leurrefiglon. Tout le monde connaît l'insigne impudence et Finsigne hypocrisie de ce gouvernement, qui n'a pas craint d'avancer, afin de diminuer l'odieux de son usurpation sacri<* îége, qu'il avait envahi ces provinces pour y rétablir les principes de Tordre moral, lorsque, en réalité, il n*a fait que favoriser partout la propagation et le culte ée toutes les fausses doctrines, que lâcher partout les rênes aux passions et à l'impiété, en infligeant même des peines imméritées aux évéques,.aux ecclésiastiques de tofol rang les jetant en prison et les livrant à des outrages puliKes, tandis que, dans le même temps, il laissait impunis leuns pefsécuteurs et ceux mêmes qui n'épargnaient pas, dans la personne de Notre humilité, la dignité du suprême Pontificat.
Il est constant, en outre, qu'accomplissant le àeroîr Ae notre charge, noiHseulement Nous Nous serniDet toujours opposé aux conseits réitérés et aux offres qui Hoiis èbient
faites pour nous engager à trahir hooteusement Notre devoir, soit CD livrant et en abandonnant les droits et les possessions de l'Ëglise, soit en consentant à une criminetle conciliation avec les usurpateurs: mais encore que Nous avons solennellement prolesté devantDieu eldevant les hommes, que Nous Nous sommes opposé à ces audacieuses entreprises et à ces crimes commis contre tout droit humain et divin, que Nous en avons déclaré les auteurs et les fauteurs liés par les censures ecclésiastiques, el que Nous avons renouvelé ces censures chaque fois qu'il en a été besoin.
On sait, enfin, que le susdit gouvernement a néanmoins persisté dans sa contumace et dans ses machinations, et qu'il s'est occupé sans relâche d'exciter la révolte dans Nos autres provinces et surtout dans Notre Ville capitale, au moyen d'émissaires chargés d'y porter le trouble, et par des artifices de tout genre. Et comme ces manœuvres ne réussissaient pas selon l'attente des méchants, à cause de l'inébranlable fidélité de Nos soldats, et de l'amour de Nos peuples qui se déclarait par des témoignages insignes et constants, on vit fondre sur Nous la violente tempête de l'automne 1867: des hommes pervers, dont on bon nombre s'étaient depuis longtemps rendus à Rome en cachette, tons enflammés de fureur et de passions criminelles, et aidés des subsides de ce Gouvernement, précipitèrent leurs cohortes sur nos frontières et sur cette Ville ; et tout était à craindre de leur violence, de leur cruauté pour Nous et pour nos bien-aiméssujets, comme la suite le fil voir, si le Dieu de miséricorde n'avait rendu vains leurs eiïorts par le courage de Nos troupes et le puissant secours des légions que Nous envoya l'illustre nation française.
Au milieu de tant de luttes, dans celte longue suite de périls, de sollicitudes el d'amertumes, la divine Providence Nous apportait une très-grande consolation, par tes mani • festations de votre piétéeldevolrezèle. Vénérables Frères, et de la piété et du zèle de vos fidèles pour Nous el pour ce Siège apostolique, manifestations répétées et éclatantes
qu'accompagnaient les dons de la charité catholique. Et quoique les très-graves épreuves au milieu desquelles Nous Nous trouvons» Nous laissassent à peine quelque trêve, Nous n'avons cependant jamais, avec Taide de Dieu, négligé le soin de la prospérité temporelle de Nos sujets. Notre sollicitude pour la tranquillité et la sécurité publiques, l'état florissant des sciences et des arts, la fidélité et l'amour de Nos peuples, toutes les nations ont pu facilement les constater, puisque les étrangers de tous pays sont venus dans tous les temps en grand nombre dans cette ville, surtout à l'occasion des fêtes extraordinaires que Nous avons célébrées et à chacun des retours des solennités sacrées.
Te/ie était la situation, et Nos peuples jouissaient d'une paix tranquille, lorsque, saisissant l'occasion d'une grande guerre qui métaux prises deux des plus puissantes nations de l'Europe, avec l'une desquelles ils s'étaient engagés par un traité à conserver inviolable l'État de l'Église dans son étendue actuelle et à ne pas le laisser violer par les factieux, le Roi de Piémont et son gouvernement résolurent d*envahir aussitôt et de réduire sous leur domination les provinces qui Nous restaient soumises et le Siège même de Notre pouvoir. Pourquoi cette invasion hostile ? Quels motifs metlait-on en avant? Personne n'ignore, sans doute, ce qui Nous avait été notifié dans une lettre du Roi, en date du 8 septembre dernier, qui Nous a été remise, et ce qui Nous a été dit par l'ambassadeur qu'il Nous avait envoyé. Dans celle LeHre, au milieu d'un déluge de paroles trompeuses et de pensées fausses^ où l'on faisait ostentation d'amour filial et de piété catholique, on nous demandait de ne pas prendre pour un acte hostile le renversement de Notre pouvoir temporel, d'abandonner de Nous-mêmes ce pouvoir, enNous fiant aux futiles garanties qu'on Nous offrait, garanties. Nous disait l'auteur de la Lettre, au moyen desquelles les vœux des peuples de l'Italie se concilieraient avec le droit suprême et le libre exercice de l'autorité spirituelle du Pontife Romain.
Nous n'avons pu Nous empêcher d'être fortement étonné
de voir sous quelle raison l'on s'efforçait de couvrir et de
dissitouler U violenoe qu'on aUailNouafaire> et \ousavoos profondéfflcot déploré le sort de ce Roi qui, poussé par de mauvais conseiis, inflige chaque jour de nouvelles blessures à l'Eglise, et qui, craignant plus les hommes queDien, ne songe pas qu'il y a dans le ciel un Roi des rois, unMaitre des dominateurs, qui « ne fût point acception de per- ■ sonnes, qui n'aura égard à aucune grandeur parce que « c'est lui qui a faitle petit et le grand, el que c'est pour K les plus forts qu'il réserve un plus rude diàlimenl (1). » Quant aux proptisitione qui Nous ont été faites. Nous n'avons pu penser qu'il y eûl lieu d'hésiter à obéir aux lois du devoir et de la conscience, et à suivre les exemples de Nos Prédécesseurs, et surtout de Pie VII, d'heureuse mémoire, dont Nous aimons à répéter ici, comme exprimant DOS propres sentiments, ces paroles qui attestent sa fermeté invincible dans une situation semblable à la Nôtre : u Nous « Nous souvenions avec saint Ambroise (2), que le sainl
< homme Ifaboih, possesseur de la vigne, ayant ilè ^rié ou « namdttroidtdomner $af)ignef afnquele roi, après avoir ar- « neké la vigne, ypùi semer de vils iégumet, répondit : Loin « de moi la pensée de livrer rhéritage de mes pères ! Nous « avons donc jugé qu'il Nous était bien moins permis en- « eore de livrer un héritage si antique et si sacré (c'est- K ^dire le Domaine temporel possédé, non sans on « dessein manifeste de la Providence divine, pendant une * si longne suite de siècles par les Pontifes romains Nos « Prédécesseurs), ou de paraître acceptra-, parnotre silen- « ce, un autre maître de la Ville capitale de l'univers catho- « lique, où après avoir troublé et détruit la trée-sainte for- « me du gouvernement laissée par Jésus-Chiisl à sa sainte « Ëgliseetordonnéeparlessaints canons rendus avec fas- « sistanee de Dieu, il metàla place un code non-seulement « eoDb'aire aux saints canons, mais encore aux préceptes
< énn^iques, et y introduit, comme c'est maintenant
(() Sagesse, VI, 8 et 9.
(tj I>eBuil.,inid.B. IT.
« Ttisage, un nourel ordre de cëoses qui tend très^nanifes- « tement à assoeier et à confondre toutes les sectes et ton- « tes les superstitions avec FEgiise catholique (1). i>
•« Naboih défondà sa vigne mimteau prix de son sang (9) ; «c pouTÎons-Nons, quelque chose qui pût nous arriver, ne « paa défendre les droits et les possessions de la sainte « Eglise romaine, à la conservation desquels Nous Nous « sommes oUigépar on serment solennel à consacrer toute tes nos forces ? Pouvions-^oos ne pas défendre la liberté « du Saint-Siège apostolique, si intimement liée ila liberté « et an bien de l'Eglise universelle ?
te Ett qnand même les antres raisons manqueraient, ce u qïïi arrive maintenant ne fournit que trop d'arguments « pour démontrer combien, en effet, est convenable et « nécessaire œ Principat temporel pour assurer au Chef a suprême de l'Eglise le tranquille et libre exercice du « pouvoir spirituel qui lui a été confié par Dieu dans tout « Tunivers. »
C'est pourquoi, fidèle à ees doctrines que dans plusieurs de Nos dloeutioos Noos afons constamment professées, Nous réprouvâmes dans Notre réponse au roi, ses demandes iniques, et cependant ramerturae de Notre douleur laissait voir la charité du père pleine de sollicitude poar ses fils, même loisqu'ils imitent la révolte d*Absalon. Atant même que cette leUre eut été remise au roi, son armée avait occopé les ^Ues de cette partie de Notre royaume pacifique qui juaqviBlors avait été respectée, les milices qui les protégeaient y ayant été facilement dispersées Ht où elles avaient pu tenter quelque résistance. Bientôt se leva le }our néfaste dn 20 septembre, où nous vîmes ht cité, siège éa Prince des ApAtres, centre de la religion catholique, asile de toutes les nations, entourée de milliers d'hommes armés. La brèche était faiteà ses murs, les projectiles pleuvaient dans son enceinte y portant la terreur ; elle fut prise de force par Tordre de celui qui, peu de temps auparavant»
tt) s. Ambr., trad. n, H.
0fy Lettre tpoti.<iu 10 juin -laff*
protestait si énergiquemeot de sod affection Qliale pour Nous et de sa fidélité à la religioo. Quel jour de deuil pour Nous et pour tous les hommes de biea !
Les troupes une fois dans la ville, elle se remplit d'une multitude de factieux venus de tous côtés, et Nous vîmes ' l'ordre public bouleversé, la dignité et la Saiatelé du Suprême Pontificat outragées dans la personne de Notre humi' lilé par des clameurs impies, les trés-fidèles cohortes de Nos soldats en butte à toutes les avanies et une liceuce sans frein dominer là où éclatait naguère l'affection des fils cherchant à adoucir la douleur du Père commun. Depuis ce jour, nous avons vu se dérouler, sous Nos yeux, des faits qu'on ne peut rappeler sans exciter la juste indignation de tous les honnêtes geo? ; des écrits infâmes remplis de mensongesr de turpitudes, d'impiété, offerts à bas prix et répandus partout; de nombreux journaux, consa-> crés à propager la corruption de l'esprit et la corruption des mœurs, le mépris et la calomnie contre la Religion et à enflammer l'opinion contre Nous et contre ce Siège apostolique ; des images dégoûtantes et d'autres œuvres du même genre livrant à la risée publique les choses et les personnes sacrées ; des honneurs et des monuments décrétés pour ceux qui, coupables des crimes les plus graves, ont étéjugés et punis conformément aux lois; les ministres de l'Eglise, contre lesquels on excite toutes les haines, poursuivis d'injures et quelques-uns même frappés et blessés ; plusieurs maisons religieuses soumises à d'iniques perquisitions; Notre paiaisduQuirinal violé, et l'un de ceux qui l'habitaient, cardinal de la sainte Eglise romaine, contraint violemment de s'en éloigner; d'autres ecclésiastiques, du nombre de ceux qui font partie de Notre maison, obligés également de quitter cette demeure après toutes sortes de vexations; des lois et des décrets qui violent et foulentaux pieds la liberté, l'immunité, les propriétés et les droits de ï'Ëglise de Dieu. Tous ces maux si grands, si Dieu dans sa miséricorde ne l'empêche, Nous aurons la douleur de les voir croître encore. Nous trouvant dans l'impossibilité d'y
apporter aucun remède dans Fëtat de captivité où Nous sommes, el n'ayant plus cette pleine liberté qu'en adressant au monde des paroles de mensonge, on veut faire croire nous être laissée dans Texercice de Notre ministère apostolique et que le gouvernement intrus se vante de vouloir assurer par ce qu'il appelle des garanties nécessaires.
Et ici nous ne pouvons passer sous silence le grand crime que vous connûssez tous. Vénérables Frères. Comme si les possessions et les droits du Siège apostolique» sacrés el inviolables à tant de titres, et depuis tant de siècles toujours reconnus et tenus pour inébranlables, pouvaient être mis en doute et en discussion ; comme si la rébellion et l'audace populaires pouvaient faire perdre leur force aux censures si graves, sous lesquelles tombent ipso facto^ et sans autre déclaration, les violateurs de ces droits et de ces pos> sessions, pour donner une couleur d'honnêteté à la spoliation sacrilège qu'on Nous a fait subir au mépris du droit paturel et du droit des gens, on a eu recours à. cet appareil, à ce jeu du plébiscite, déjà employé lorsqu'on nous ravit nos provinces, et ceux qui ont coutume de se glorifier de l'énormité de leurs attentats, ont impudemment saisi cette occasion de célébrer triomphalement dans ies villes italiennes cette rébellion et ce mépris des censures ecclésiastiques, contrairement aux vrais sentiments de la partie des Italiens, incomparablement la plus nombreuse, dont la religion, la dévotion et la foi envers Nous et la sainte Ëglise, comprimée de toutes manières, ne peut se manifester librement comme ils le voudraient.
Pour Nous, établi de Dieu pour régir el gouverner la maison d*Isra£l, et qu*il a constitué le vengeur suprême de la religion et de la justice , le défenseur des droits de l'Église, ne voulant pas être accusé devant Dieu et devant l'Eglise d'avoir consenti par Notre silence à une si inique perturbation, renouvelant et confirmant ce que nous avons solennellement déclaré dans les allocutions, encycliques et brefs rappelés ci-dessus et, dernièrement encore, dans la
protestation qu'en notre nota et pu- noire ordre BoIre cardînai, seeréUire d'Etat, s adressé le SO septembre aux ambassadeurs, uinislres et chargés d'affaires des nations étrangères auprès de Noos et de ce Saint-Siège (1), bous . déclarons de nouveau de la roaBière la plus sAlennellederant vous, Vénérables Frères, que Noive intention, Notre fienae propos et Noire volonté est de retenir et de transmettre à Nos successeurs tous les demainea de ee Saint-Siège et tous ses droils dans leur intégrité; que toute usurpation 4e ces droits et possessions, ancienne ou récente, est injuste, l'effet de la violence, nulle de plein droit et sans valeur, que tous les actes des envahisseurs, déjà accomplis ou qui le seraient plus tard pour confirmercelteopèralioaen quelque manière que ce puisse être, sont àprésentnuncpro (unecondamnés, annulés, cassés et abrogés par Nous.
Nous déclarons en outre, et Noos protestons devant Dteu et devant lout l'univers catholique, Nous trouver dans un tel état de captivité que nous ne pouvons pas eiercer sûrement, facilemmt, tibrement Noire suprême autorité pastorale. Enfin, Nous conformant à cet avertissement de saint Paul : H Que peut- il y avoir de CMnmun entre ta Justice et rîBiquilé? entre la lumière elles ténébresl entre le Christ et Bélial ? » Nous décrétons et déclarons hautement et nettement qu'ayant présent le devoir de Notre charge et le serment qui Nous lie. Nous ne coDsentirons jamais, Nens M donnerons jamais Notre assentiment à une conciliation qui détruirait ou diminuerait en quelque manière (fue ee Ât, Nos droils qui sont les droils de Dieu et du saint Siège. De m^me. Nous protestons que Nous sommes prêts, avec le secours de la gr&ce divine, malgré le poids de notre âge, À boire jusqu'il la lie pour l'Elglise du Christ, le calice que lui-même a daigné boire pour elle le premier, et que jamais on ne Nous verra donner Notre adhésion et Notre consentement aux propositions qui nous sont faites. Comme le disait Notre prédécesseur Pie VII : « Paire violence k ce « souverain pouvoitdu Siège apostoKque, séparer sa pDÎs- (1) Voir ce doemnent sax Piieesjvsti/ieatiTes.
K sance temporelle de sa puissance spirituelle, rompre le a lien qu' unit la charge du prince à celle du pasteur, tf c'est fouler aux pieds et détruire l'œuvre de Dieu, porter « à la religion le plus grand dommage» lui enlever sa sau- K vegarde la plus efficace et mettre le Pasteur suprême,, le « Vicaire de Dieu dans l'impossibilité de faire parvenir « âux catholî(>ues répandus par toute la terre, les secours « qu'ils réclament de son pouvoir spirituel dont personne «( n'aie droit d'entraver l'action (1). »
Et pmsque Nos avertissements et Nos protestations ne saiLl pas écoutés^ en vertu de l'autorité de Ditu toul-poissant, des saints Apôtres Pierre et Paul et de la Nôtre, Nous vous déclarons à vous, Vénérables Frères, et par voais à l'Eglise universelle, que tous ceux, quelle que soit leur dignité, fût-elle digne de mention spéciale» qui ont acconupU l'invasion, l'usurpation, Toccupation des provinces de Notre domaine et de Notre ville de Rome, ainsi que leurs mandants, fauteurs, aides, conseillers, adhérents et tous autres qui, sous quelque prétexte ou de quelque manière que ce soit, ont exécuté ou procuré l'exécution des actes susdits, ont encouru l'excommunication majeure et les autres ceasures et peines ecclésiastiques inQigées par les canonSt les constitutions apostoliques et les décrets des Coih elles généraux , particulièrement du Concile de Trente Çsess^ 22, c. / de Re(orm.)y selon la (orme et teneur exprimées dans Notre lettre apostolique du 26 mars 1860, rappelée ci-dessus.
ifais, Nous souvenant que Nous tenons sur la terre la place de Celui qui est venu chercher et sauver ce qui avait péii. Nous ne désirons rien avec plus d'ardeur que d'emiirasser dans Notre paternelle charité Nos fils égarés revenant à Nous.
C'est pourquoi, levant Nos mains vers le ciel dans l'humilité dd Notre cœur, peadaat que nous remettons et recommandons à Dieu cette très-juste cause, qui est plutôt la sienne que la Nôtre, Nous Le prions et Le supplions par les
(4) AUocuiion du 46 mars 4808.
entrailles de sa miséricorde de vouloir bleo Nous envoyer son secours, de l'envoyer à son Eglise; miséricordieux et propice, qu'il fasse que les ennemis de l'Eglise, réfléchissant à la perte éternelle qu'ils se préparent, s'efforcent d'apaiser sa redoutable justice avant le jour de la veDgeance, et que revenante de meilleures pensées, ils apaisent les gémissements de la sainte Mère Eglise et consolentNotre douleur.
Pour obtenir ces insignes bienfaits de la divine clémence, Nous vous exhortons avec instance, Vénérables frères, à joindre h nos vœux vos ferventes prières et celles des Fidèles qui sont confiés à chacun de vous. Pressons-nous tous ensemble auprès du trône de la grâce et de la miséricorde, prenons pour intercesseurs l'Immaculée ViergeHarie. Mère de Dieu, et les bienheureux Apôtres Pierre et Paul. « Depuis sa naissance jusqu'à ce temps, l'Eglise dé Dieu a été bien des fois éprouvée et bien des fois délivrée. C'est elle qui dit : Ils m'ont souvent combattue dès ma jeunesse ; mais ils n'ont pu prévaloir contre moi. Les pécheurs ont frappé sur mon dos, ils ont prolongé leur iniquité. Cette fois encore, le Seigneur ne laissera pas la verge des pécheurs sur le sort des justes. La main du Seigneur n'est pas raccourcie, elle n'est pas devenue impuissanie pour le salut. Sans aucun doute il délivrera dans ce temps encore son épouse qu'il a rachetée de son sang, qu'il a dotée de son esprit, qu'il a ornée de dons célestes, et qu'il n'a pas moins enrichie de dons terrestres. >
Cependant, Vénérables Frères, demandant à Dieu dtt fond du cœur pour vous et les fidèles clercs et laïques confiés à votre vigilance, les dons les plus abondants des gr&ces célestes, comme gage de Notre charité particulière ' pour vous, Nous vous accordons et du fond du cœur, à Vous et à ces chers fils, la Bénédiction apostolique.
Donné à Rome, prés Saint^Pierre, le i" novembre de l'année 18*70, et de notre Pontificat le vingt-cinquième. Pie IX, Pipe.
Les éréques de Belgique avaient adressé, dès le 4*' octobre, au Saint- Père, une lettre collective dans laquelle ils protestaient contre Tinvasion saôilége des États de TEglise, témoignaient de leur ferme espérance de voir bientôt cesser les nouvelles épreuves de TEglise et de Pie IX^ et moniraîent au Souverain Pontife, dans la Belgique, une terre amie où il serait accueilli avec amour et vénération.
Le 27 octobre le Saint-Père répondit :
Yéfiérables Frères, salut et bénédiction apostolique.
Nous étions si bien convaincu depuis longtemps de vos sentiments d'attachement et de vénération pour ce Saintl^ége. Nous en avons reçu tant et de si éclatantes preuves de vous, Vénérables Frères, du clergé et du peuple belges, que Nous avons pu estimer par Notre propre douleur la grandeur de votre commune affliction dans cette triste circonstance où, par l'effet d'un attentat sacrilège, Nous avons été dépouillé du reste de Notre principauté, et Noos sommes entravé par les plus graves difficultés dans l'exercice de Notre charge suprême. Vos témoignages d'affection et de dévouement, il Nous a été bien doux de les recevoir; ils Nous ont été d'autant plus agréables, qu'ils Nous ont fait voir comment les malheurs de l'Eglise et Nos afflictions stimulent plus vivement et accroissent encore votre charité, avec quel empressement vous vous efforcez d'adoucir Nos peines par tous les moyens et surtout par de ferventes prières. Ces ferventes prières ont pour but d'obtenir de Dieu qu'il Nous donne les forces dont Nfous avons besoin, qu'il mette promptement un terme à Nos épreuves, et qu'il convertisse Notre affliction en joie. Noos vous exprimons Notre bien vive reconnaissance, et, lout en admirant, au sujet de vos hommages empressés de respect et de dévouement, l'action de la divine Providence, lui a coutume de faire tourner les maux eux-mêmes à l'arantage de l'Eglise, Nous prions Dieu d'accorder à votre piété si ardente et si vraiment filiale la récompense qu'elle Hérite. C'est comme présage de cette récompense et X)inme gage de Notre bienveillance toute particulière que ^ous donnons affectueusement à chacun de vous, Véné-
rabics Frères, cl à chacun dg vos diocèses Noire bénédiclioD apostolique.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le vingt-seplièmejoar d'octobre de l'a» 1870, de Notre poDliGcal la viogl-cuquièine année.
Pie rX, Pape.
Ed memi? temps qu'il farivait sa leitre hypoeriV an PapcViclor EmmaniK'l ù' avait pas négligé de taire écrire dans le mftmesi'us .luxévéques itali(-iis par son minislrL' dos cnltes. On devine quel acrucil Ht l'épiscopat â CPiti^ rommunir^lion. 6a le compreadra mieux OEtcmie par le bref euivanl adn-sbA A revËquc de Uondovi. On peut dire <4u'cn la personne de révCijucili! Moiidovi, CCI acte s'adressait à l'épiscopat italien. En tout cas, il empruiiie à la situation nne portée considérable, ei c'est pouitinoi nflus le reproduisODS.
« PIE IX, PAPE
« Véaérabte Frère, salul et bénédiction aposloUque.
h La lellre de consolalion que vous Nous avez adressée. Nous a été J'aulant plus agréable, que Nous ayons trouva. les sentimi;ntâ qu'elle exprime parraitemeni conformes aux Noires. Si, en efiel, le crime horrible commis contre Nous par le gouvernennent subalpin nous remplit d'araiclion, c'est avant tout parce qu'il est une attaque directe contre U sainteté du droit, de l'Eglise, de la religion, et qu'il prépare le-i rnufix les plus graads à la foi, à la piété, à U sociétt domeslique et à la société civile. Nous ne sommes doBC pas surpris qu'en réfléchissant sur les suites de tels acte» vPtre douliïur dt^vienoe de ))lu3 en pins vive et vous porte à les détester de toutes ]es forées de votre âme. Maïs ayant la cerliiude que les portes de l'enrer ne peuvent prévaiMr contre la pierre posée par le Christ lui-même^ el persuadé qu'il a rail ks nations guérissables, l'énormité même in crime Nihis fait espérer qu'à la fw Weu se lèvera et jugera sa caitse ; ausM Notre espérance est-elle d'autant plus forte qve le Seigneur oous voit p^i^'é de tout secoors faunM» contre de si grands maux. Toutefois, cette confiaDoe Aoil nous rendre d'autant plus résoU à combattre ses combats, à venger son honneur, i défendre les droits saorte 4mf
il Nous a commis la garde et à préserver des loups le troupeau confié i N3S sodnc.
« Nous vous fëlicitoos donc d'avoir, avec un courage invineible, condamné la lettre adressée aux évéques par un des ministres du roi, à Toccasioû de l'occupation alors déjà imminente du reste de Notre domaine, d*avoir flétri sans ménagement l'indignité d'un semblable dessein, de lui avoir opposé sans crainte, la menace des foudres de l'Eglise^ rindigaatîoA de tous les honnêtes gens, et Tannonce des vengeances divines. Il est trop vrai qu'à ces malheureux semble s'appliquer cette parole du Prophète :
« Ferme le cœur de ce peuple^ ferme ses oreilles et ferme ses yeuXy de crainte qu^il ne voie avec ses yeuXy n entende avec ses oreilles f ne comprenne avec son cœur^ de crainte qu il ne se convertisse, et que je ne le guérisse ! »
Néanmoins, il n^est pas permis aux gardiens de la malson d'Israël de se taire et de s'endormir comme des chiens muets incapables de donner Falarme, alors qu'ils voient toutes les bêtes féroces s'approcher pour dévorer le troupeau.
Pour vous, et les autres excellents prélats, je puis le dire en toute vérité, non-seulement vous n'avez pas négligé ce devoir de votre charge, mais encore, méprisant tout'péril, vous l'avez rempli avec une telle liberté qu'en méritant Tapprobation des gens de bien, vous vous êtes certainement acquis des mérites devant Dieu.
Cette fermeté, si digne d'un évêque. Nous rend vos lettres encore plus agréables. Nous vous en témoignons Notre reconnaissance, en vous souhaitant du fond de notre cœur toute prospérité. Comme présage des faveurs célestes et spécialement comme gage de Notre bienveillance, Nous vous accordons de tout cœur, à vous, Vénérable Frère, i tout votre clergé et à tout votre peuple, la bénédiction apostolique.
Donné a Rome, près St^eire, le 11 novembre 1870, la viRgt-ciiiquîdme année de notre pontificat.
Pie IX a\-ait Lout fait snprës de l'empereur Napoléon et du n» de
du moins lettre qui
Pnsse pour empScber la guerre. N'a}-BDt pu l'arrdter, il voulut du moins U circoascrire. Dans ce bui, il écrivit au roi Guillaume
^s effel. D'autre pari, il s'efforçail de faire eniendre s^
Sauvernemeni Trançais et, dans ce dessein, il écrivait la lettre snivaale 1 gr l'archevêque de Tours, dont le palais, on se le rappelle, servait alors de siège au gouvememeoi:
PIE IX. PAPE
Vénérable Frère, salut ei bénédiction apostolique.
Malgré lasituation douloureuse, rendue chaquejour plus grave et plus dure, où la malice des hommes nous a réduit, Nous et ce Siège apostolique, il ne nous est pas possible d'oublier les malheurs et les calamités dont la France est en ce moment si cniellenent affligée. Plein du souvenir des marques éclatantes de dévouement et d'afîeclioD filiale que cette généreuse nation nous a prodiguées en toute circonstance et jusque dans nos plus grandes tribulations, Nous avons prié ardemment le Dieu des miséricordes de Nous faire connaître comment Nous pourrions nous acquitter un peu envers elle de la dette de notre reconnaissance pour ses importants services, et par quel genre de soulagement il Nous serait possible de lui venir en aide dans ses épreuves.
En agitant cette pensée dont notre cœur a été vivement préoccupé, Nous sommes demeuré convaincu qu'il n'y avait pas pour Nous de moyen plus opportun et plus efficace de témoigner notre gratitude à celte grande nalion catholique que de tenter, sous l'impulsion de noire charité paternelle, de l'amener à des conseils de paix et de la faire ainsi rentrer au sein d'une heureuse et parfaite tranquillilé.
Plaise à Dieu, Vénérable Frère, qu'il soit donné à notre humble personne de réaliser une œuvre si salutaire et si universellement désirée par les hommes sages! Nos actions de grâces envers la divine bonté n'auraient pas de bornes, si elle daignait se servir de notre ministère et de
notre coopérmtkm pour procara* à la France nn â grand bien.
Mab pour atteindre ee bot désiré el pouvoir au gré de nos vœux faire cesser de trop longues et trop cruelles calamités, il est nécessaire que les esprits s*ouvrent avec docilité aux vues de notre paternelle sollicitude, et que, mettant de côté toute animosité réciproque, on en vienne de part et d^autre aux sentiments de la concorde et d*une mutuelle conGance.
Et qui donc pourrait ôter au Vicaire de Jésus-Cbiist Tespëraoce de voir un vœu si légitime pleinement accompli, et, par suite, une partie si considérable de TEurope rendue au calme de la paix?
Voilà pourquoi Nous Nous sommes adressé à vous. Vénérable Frère, qui êtes Févéque titulaire de la ville même où réside une partie des cbe£s du Gouvernement chargé de présider aux destinées de la France. Nous vous exhortons, aussi instamment qu'il nous est possible, à vous charger auprès des chefs de ce gouvernement, avec tout le zèle pastoral qui vous distingue, d'une affaire si urgente et d'un si haut intérêt.
Nous avons aussi la confiance que vos collègues dans répiscopat uniront leurs efforts aux vôtres, et vous seconderont avec ardeur dans une cause si digne de leur caractère et de leur vertu, où il s'agit d'un éminent service à rendre aussi bien à la religion qu*à la Pairie.
Hcttez-vons donc à l'œuvre sans retard. Vénérable Frère ; employez la persuasion auprès des hommes, recourez à la prière auprès de Dieu, enflammez, en vous joignant à eux, le zèle déjà si vif et si bien connu des évoques vos frères. Nous avons, de notre côté, la ferme assurance que Dieu donnera la grâce de la force à vos paroles, et, qu'avec son secours, les cœurs reviendront à leur générosité naturelle, afin que, par amour pour le bien public, ils ne refusent pas d'entrer dans nos vues et de seconder nos désirs.
El ici, Vénérable Frère, il est une prière el une ex-
horUtion que Noos aoinincs obligé, avee tout le zèle et
toute la sollicilude d'une tendresse paternelle, de toiib. adresser devant Dieu, à vous et à tous les autres évêques de la France : c'est que voua oe manquiez pas de donner à cette noble nation dont l'advenUé n'a pu diminuer le caractère hi^roïque ai obscurcir l'éclat d'une val4-ur militaire immortalisée par taot de glorieux monuments, le prudent et sérieux conseil de ne pas prêter hircille aux pernicieuses doctrines qui tendent au renversement de l'ordre public et que ne cessent de répaadre et de propager dans son sein des hommes de désordre venus chez elle sous prétexte de lui prêter le secours de leurs artnes. La diffusion de ces doctrines ne peut avoir d'autre rë>ultat que d'accroître la discorde, de multiplier les calamités et de retarder le triomphe de la saîoe morale et de la justice, seule et unique base cependant sur laquelle puisse s'appuyer cette illustre natioa pour faire revivre l'antique honneur de ses aïeux et y ajouter tes rayons d'une gloire nouvelle.
Ce serait d'ailleurs, nous le savons, poosuivre en vaîi la grande œuvre qui nous préoccupe, si notre pacifique ministère ue trouvait pas on appui suffisant et des intentious favorables auprès de la justîee el de l'élévation d'esprit du PrJDoe qui, soua le rapport militaire, a obtenu de si grands avantages. Aussi, n'avoas-oous pas héhité. Vénérable Frère, à nous charger du soin d'écrire une lettre sur cet objet à sa Majesté le roi de Prusse et de recommander avee iastanee à son itamanilé ce mioislére de paix que BOUS voulons remplir. Nous ne pomvons sans doute rieo afiirmer de certiiin sur l'issue de notre démarche olficieufle auprès de sa Majesté. Ce qui ooiu donne néanmoins quelque raison d'en bien espérer, c'est q«e oe mon-irque, eu d'autres circoa.slaoces, a loafoun lait preuve de beaucoup de hoa vouloir à MiwéganL
C'est pourquoi, vous eoafiaot 4aits le secours d*eH baiA, Vénérable Frère, mettez tous vos soins à vousoccuper de la grave et urgente aûssiou qui voasesleonCée; et en cela.
VOUS pourrez agir avec d'autamt plus de facilité et de pramptitufc que vous exercez dans votre demeure épiaoopale les devoirs de Tbo^ilalité envers ceux même auprès desquels vous aurez à remplir en notre nom un aainistère de paix si digne de v«lre auguste caractère.
Mais parce que, selon TEcriture, ni celui qui plaifte, ni celui qm arrose ne sont rien» et que Dieu seul peut donnw un heureux accomplissement à nos désirs, il fa«l, Vénérable Frère, qu^en toute humilité et confiance, proslernés devant la face de Dieu, nous sollicitions son divin coeur, source ineffable de miséricorde et de charité, et que d'un esprit contrit et repentant, de concert avec tout le peuple fidèle, nous ne cessions pas de crier: Epargnai Seigneur^ épargnez votre peuple.
En attendant ce bienfait de la miséricorde divine ftar notre assiduité dans la prière. Nous vous donnons trèsaffectueusement et du fond de notre cœur, comme augure favorable de la mission qui vous est confiée et comme gage de notre bienveillance particulière, la bénédiction apostolique à vous, Vénérable Frère, et à tous les fidèles de ta catholique nation française.
Donné à Rome près Saint-Pierre, le 12 novembre t870,
la vingt-cinquième année de notre Pontificat.
Pie IX, Pi*E.
Nouft ouvr^QB^ à la date du 4 avril 1 871 , la série des discours de Pifi IX, en réponse aux dépnialious qui vont se presser à Rome pour y porter les proieslaiioris des cœurs caiholrques. Ce jour-là, en réponse à nne adresse préseolée par le duc de Nortolk, à la télé d'une dépulakion de trente-sept membres^ le Pape prononça le discours suivant :
C'est le cœur plein d'amour et de graV^ude que je réponds aux e&celienls senti menis que vous venei m'«Kprimer en faveur du Saint-Siège et de cet homme déèUe que Dieu a voulu placer sur la chaire de Pienie, en ces temps difficiles et l:roubl&s, en ces iemfs où beauDOup w somi levés eonlre Notre Seigneur Jésus-Christ et eomtm sen Ëglias» éonâ noua sommes obligés de 'défendre-^left driHls, quîsonteesx delà vàrité eidela
Oui, je ne puis assez vous le dire, mou cœur est pénétré de reconnaissance, et votre vue réveille en moi le souvenir d'un de mes plus illustres prédécesseurs, saint Grégoire le Grand, qui a beaucoup aimé l'Angtelerre.
Je lui ai succédé sur la chaire apostolique et je ne puis lui être comparé ni en vertus ni en science, mais je ne lui cède certainement en rien dans l'amour que je vous porte, à vous Anglais et à votre Eglise d'Angleterre- J'ai fait tout ce que j'ai pu pour l'étendre, cette Eglise, pour en multiplier les enfants dans votre patrie, celte vieille île des saints qui donne encore aujourd'hui même au monde et à la société le spectacle d'une énergique vitalité. J'ai prié saint Grégoire de me suggérer les paroles que je devais vous adresser : deux pensées se présentent à moo esprit- La première, c'est qu'il faut que vous soyez unis et que votre zèle s'accorde toujours avec le mouvement qui se manifeste dans tout l'univers catholique. Comme au berceau du christianisme, qu'on puisse dire de vous : Credentium erat cor unum et anima una.
De quelque côté que vous veniez, je vous en prie, soyez unis entre vous- Je vous charge de le dire à vos évéques:que vos évèques soient unis à vous, et vous, soyez unis à vos évéques. Si quelqu'un s'écarte du droit chemin, il faut qu'il soit connu, pour qu'il soit engagé à s'unir à ses frères et à marcher avec eux contre les ennemis communs de la Religion et de l'Eglise. Nous n'avons pas à combattre la polilique ou les gouvernements, mais & défendre les droits de la vérité, les droits de la Religion, les droits que Jésus-Christ a donnés à l'Eglise.
En outre, mes chers Bis, il faut relever vos âmes, avoir du courage, le courage de parler pour défendre les droits de l'Eglise, pour les défendre contre ses ennemis qui, en Italie comme ailleurs, lui déclarent la guerre. Cette guerre n'est plus déchaînée seulement contre la Papauté. C'est de Jésus-Christ, c'est de la Sainte-Vierge qu'on ne veut plus entendre parler. Dans une telle lutte, il convient
d'unir toutes nos forces. Jamais les portes de Tenfer ne prévaudront : Portœ inferi non prosvalebuni.
J'aurais encore bien des choses à vous dire, mes chers fils, mais je ne veux pas ahuser de votre temps. Ma bénédiction vous accompagne : je vous la donne de tout cœur. Je vous l'ai déjà dit ; j'aime l'Angleterre, et si saint Grégoire me surpasse en science et en vertu, il n'a pas aimé TÂngleterre plus que moi : je vous aime comme saint Grégoire. Que ma bénédiction vous suive pendant toute votre vie, qu'elle s'étende sur vos épouses, sur vos fils, sur vos domaines, sur vos richesses, afin que vous puissiez vivre et mourir fortifiés par elle.
Mon Dieu, faites que l'Eglise catholique fleurisse en Angleterre ; faites qu'elle y ait une vie prospère ! Bénissez tous ceux qui sont ici présents, afin que les lèvres de tous puissent s'ouvrir pour glorifier le Seigneur pendant toute l'éternité 1 Benediciioy etc.
Le 42 avril est une très-grande fête à Rome, parce qn'il ramène Tan- Biversaire du retour de Gaéte et du miraculeux événement de Sainte- Agnès. Comme les années précédentes, Pie IX a reçu ce jour-là de nombreuses députations. La comtesse de Marciano ayant lu au nom des dames romaines une adresse qu*accompagnaitun riche ornement, le Pape a répondu :
Mon cœur est profondément touché des sentiments délicats que vous venez d'exprimer et du présent que vous m'avez fait. En m'offrant ce précieux ornement, vous avez exprimé le désir qu'il puisse bientôt me servir pour donner la bénédiction solennelle du haut de la loge de la basilique du Vatican. Je ne sais pas quand cela viendra; mais entendant ce désir de vos cœurs, je me suis rappelé un passage de l'Evangile et j'ai considéré comment S. Pierre étant à la pèche avec les autres disciples avait sué et s'était fatigué toute la nuit inutilement, sans pouvoir ramener des eaux un seul poisson. Quand donc ils furent au matin, saint Pierre requis par Notre-Seigneur qui s'était réveillé, de montrer le produit de sa pèche, répondit tristement :
Noua ftvoDB IravaUlé toute la Mit et nous n'avons sien fvÎB. C'esl alors que le Seigneur liù ordonna de jeter de nottveau se» fileta et qu'il St oette pteke si mtracuJeuBC.
De lutme, ea ce« tempe de ténèbres et de iribnAatiflOM oÙDOus sonunes mua te pouvoir de aos eaDeinis, tous pouvez me dire : Nom dous sominea tant falif^ués I Tant de prièreftsODtmonbées vers le ciel, tant de larmes «irt été veEsées et pouiiaQl t«ut a été inutile. Le motnent viendra de se servir de ee préseat, mais quand? Totâ necle labotvnlsi... VraiHenl les Romains ont prié, ils ont donné nn grand témoignage de leur fidélité et de leur piété dans le (rouble et la nuil des catastrophes présentes et pourtant ils n'ont jusqu'ici rien obtenu. — Hais quoi ! a'est-ce donc poiotua triomphe ces témoignages d'affection qui arrivent ooDtÏDuellemeDt au Snut-Siége? N'estnse pas un grand triomphe, ce seutinenl de la prière répandu à Rome et par tout l'univers calholiqueî II n'y a point de plage si déserte, point de contrée si lointaine où l'on ne fasse au Seigneur dfis vueux pour noire délivrance. Vos prières, vos eommanions, ce sont autant de suppliques que vous avez déposées aux pieds des autels et qui ne peuvent avoir nanqué leur but.
Vous direz peut-être que le véritable triomphe, le triomphe fînal reste encore à venir; mais celui-là même Be peut pJus tarder. Le blâme et la réprobation qu'excite chez lottsies gens de bien et même chez ceux qui sont iMins b*ns le présent ordre de choses nous présagent; la TTirnif prMhaine de ee triomphe. Peut-être l'ilatie eût pu AtrC' faite, peul-élre e&t-il été possible de la rendre focteet comp»^, aôn que son îaQuence se it sentir k l'égal des autres puissances en Europe. Mais une halie graode, sans Dieu, sftDs foi, sans religion et avec la destruction vauc' ment tentée de la souveraineté du Pape, nou. Cela ne ae peut. L'Italie avec ses systèmes actuels, avec ses bo«mes actuels^ sera toujours un o^ti de compassion pour beaueoBp, de mépris pour les autres.
Dottc, atteDdoiks que te Seigueur, comme il a ensetgaé
à Pierre Tendroit où il devait jeter ses filets pour faire une pèche abondante, nous enseigne aussi le moyen de sortir de l'abime de maux où nos péchés peut-être nous ont plongés. Pour cela» il faut jeter les filets à droite^ nous tenir sur la voie droite de la vérité, et alors nous pourrons espérer avec coo6ance«
Si ce n*est pas moi. Vicaire de Jésus-Christ, certainement un de nies successeurs {à ces paroles du Pape^ une violente émotion s^empara de Vassisianee) verra cette ville qui est la nôtre revenue à son état premier, tranquille et florissante, comme elle Tétait il y a quelques mois, et celui-là verra le Saint-Siège restauré dans tous ses anciens droits. If pourra, lui, se servir du présent que vous me faites aujourd'hui, pour donner, de la façade de Saint- Pierre, du haut de cette fameuse loge, sa héftédiction à la ville de R(»me et à tout le monde chrétien. Celte bénédiction, je la demande à Dieu pour vous. Qu'il bénisse vos corps, vos âmes et vos familles. Qu'il vous soutienne pendant votre vie et à l'heure de votre mort, afin que vous puissiez louer Dieu durant toute l'éternité. Benedktio />ei, etc.
Une dépautloD de collèges nationaux à Rome, ayant présenté le 42 avril Bne adresse an Saim-Père, Pie IX a répondu :
Mes chers fils.
Je vous remercie de vos sentiments, de vos vcbux, de vos offrandes.
Oui» nous ne devons pas cess^ d'espérer : cette même Providence qui a veillé sur Nous d'une manière spéciale en deux mémorables circonstances, ne Nous délaissera pas; nous traversons maintenant un temps d'épreuves; nous sommes comme plongés dans un abîme : nos péchés en sont peut-être la cause. Mais le Dieu qui humilie est aussi celui qui exalte. Le triomphe viendra; les ennemis de l'Église qui nom affligent tant, seront vaincus : maïs
quand cela sera-l-ilî CommeatcelaMfera-trilî C'est le secret de Dieu ; ohl vraimeDt, je l'igoore.
En atteQdaDi, persévérez dans vos bons sentiments, redoublez vos prières, afin de hâier le triomphe de la vérité, de l'ordre, de la justice. Quant à moi, je vous bénis de tout cœur, vous Ecossais, vous Français, vous Belges, vous Polonais vous tous enfin sans exception qui êtes ici ! et en vos personnes, je bénis aussi toutes les nations que vous représentez. Benedictio Dei otnnipotentis ... »
Quelques jours avaot, une sociélë de jeanea soldats de diverses nations
?ui se soDi placés sous le patronage de taint SébtuUen^ avaient reçu dn ape une réponse qui doit £tre connue :
J'accepte vos offres de dévouement et j'apprécie votre esprit de sacrifice, mes enfants, mais le moment n'est pas venu de prendre les armes; laissez encore l'épée dans \k fourreau, et priez. Faites connaître au monde l'état dans lequel les nouveaux oarbares ont plongé la ville de Rome, et dites qu'en regard des usurpateurs et des impies, il y a eu une grande majorité d'hommes de bien. Dites qu'il y & aussi des conversions. Vous avez du voir sortir d'ici un seigneur romain. Ce seigneur, qui avait pactisé avec les barbares et les impies, s'est agenouillé là (indiquant la place), et il a reconnu ses torts. Pris d'horreur pour leur iniquité, les voyant lâches et ineptes, il rompt avec eux pour revenir h son Père. Je l'ai donc relevé et lui ai ouvert mes bras. Dites cela, mes enfants, et apprenez & respecter le repentir. Ce seigneur m'a donc donné une grande joie, — et je veux vous dire son nom, parce que désormais il le portera dignement : C'est le duc Massimo.
A la suite des dames romaines, tes daines étrangères prisenlea 6 Rome voulurent offrir an Satnt-P&re l'hommaee des naLions qu'elles représenleol, et elles se réunirent pour lui présenter, le 1ï avril, une adresse, expression des sentiments de leurs cœurs, en même temps qu'un riche baldaquin destiné a servir an Pape pour la première bénédiction solen-
nelle qu'il poorra donner au monde du haut de la loge du Vatican. Le Saint-Père a répondu par rémouvante allocution que voici :
Une construction, pour être complète, a besoin de trois choses : un fondement sur lequel on puisse fixer Tapparei), les murs qui sont indispensables pour Télévation de Tédifice, et enfin la couverture qui doit la défendre des intempéries et qu'on pourrait vraiment appeler la couronne de rédiQce. Sans ces trois éléments, il ne peut exister dans le monde aucun édifice, matériel ou moral.
Faisons maintenant Tapplication de ce principe. Nonseulement tous les esprits chrétiens, mais tous les esprits nobles et droits sont préoccupés des conditions présentes de la sodété humaine, et en la voyant pareille à un navire agité par le vent au milieu d*une mer tempétueuse, exposée à perdre le timon, ce régulateur du navire, et à périr au milieu des folies du communisme, de Tincrédulité et du socialisme, tous élèvent leur voix vers le ciel et s'écrient, pleins de crainte et d'épouvante: Aht Seigneur, sauvez-nous! Seigneur, secourez-nous, car nous sommes près de périr; secourez-nous par votre bénédiction, qui éloigne les périls et rejette au plus profond des abîmes de Tenfer tous ces professeurs de doctrines diaboliques , qui voudraient faire de la société une caverne de bétes fauves 86 combattant et se dévorant entre elles.
Mon Dieu! donnez une force nouvelle à votre Vicaire sur la terre, donnez une vigueur nouvelle à sa voix et à son bras, afin que, dans la situation présente, comme un signa de réconciliation et de paix, il lui soit donné de bénir encore une fois tout le peuple catholique du haut de la loge du Vatican, et qu'ainsi la Société revienne, par votre aide, an calme et à la pratique des vertus chrétiennes.
L'étendard désigne les murailles de l'édifice; le baldaquin que voici et que vous avez travaillé avec tant de soins et d'afrectioUf c'est sa couverture ; mais c'est la bénédiction de Dieu qui est le fondement.
Voilà, mes très chères filles, en peu de mots, l'inâpres-
sion que j'ai ressentie dans mon âme, eo reoevaDt votre gracieux présent.
Que Dieu réalise ce présage; qu'il unisse avec vous et qu'il illumine les nobles âmes ici présentes et qui ont voulu partager avec vous le travail de ce bel ornement, afin qu'elles partagent aussi les fruits de la même foi et de la mfime charité, ut una sit fides menlium et pielas adionum, dirai-je en répétant les paroles de l'Eglise, que nous lisions il y a quelques jours.
Et puisque les dames qui me font ce présent appartiennent à diverses nations et surtout à la France, je les invite à prier pour cette illustre et catholique nalion, qui se trouve aujourd'hui plongée dans la désolation et dans le deuil ; je les invite à prier spécialement pour sa capitale, qui après avoir été tant de fois le centre de beaucoup de mal est aur jourd'huirobjet des plus sévères châtiments.
Ah 1 oui, prions pour la France, mais prions aussi pour toute la famille humaine afin que Dieu touche les cœurs et qu'il ouvre les yeux de l'esprit pour faire voir au monde l'abîme qui s'ouvre sous ses pieds et qu'il donne aux malheureux égarés la force de prendre un autre chemin.
J'ai lu hier dans un journal qui parait ici et qu'on appelle modéré, j'ai lu, drs-je, avec horreur, un article où l'écrivain fait des vœux pour que la victoire reste aux communistes de Paris.
Hais laissons les aveugles et les conducteurs d'aveugles et, en hâtant par nos désirs et nos prières les moments de la miséricorde divine, recevons à présent, dans l'atleott de la bénédiction que le Vicure de Jésus-Christ donnera de la loge vaticane, recevons cette bénédiction que Dieu lui-même vous donne eu ce moment par la main de son indigne Vicaire.
Ah! puisse cette bénédiction être pour chacun devons un gage de l'amour céleste!
Henedictio Det omnipotentis, etc.
Le cardinal Patrizzi avec les autres cardinaux suburbicaires et les évéqnes de la province de Rome avaient protesté auprès du Saint- Père par une adresse collective contre Tinvasion sacrilège de la Ville Eternelle. En réponse à cette adresse, le Saint-Père d adressait le 43 avril aux éminenUssîmes signataires le Bref suivant :
A Nos vénérables frères Constantin Patrisziy évéque dTOstie et Velletrif doyen du Sacré-CoUège^ et aux autres Cardi^ nauoo-Evêques suburbicaires et aux Evêques de la province de Rome.
Vénérables Frères, salut et bénédiction apostolique,
I[ n'est personne, vénérables frères, qui ignore la plénitude du dévouement dont vous avez fait preuve envers le Saint-Siège et la respectueuse affection que vous avez pour Nous. II n'est personne non plus qui ignore avec quelle indignation vous avez subi la violence qui Nous a été faite et avec quelle fermeté vous avez condamné l'odieuse violation des droits de l'Eglise et fait tous vos efforts pour arrêter l'audace chaque jour croissante de l'impiété. Cependant, et bien que tout cela soit public, Nous ne pouvons pas ne point manifester Notre joie de ce que vous avez publié vos sentiments dans un écrit qui restera pour les figes futurs comme un document. Par là ils apprendront que nonseulement vous n'avez pas été abattus par les coups de la force et que vos âmes n'y ont point cédé, mais que vous y avez puisé une plus grande force et une plus grande énergie pour flétrir publiquement les entreprises des ennemis de l'Eglise, pour afGrmer la loi de Dieu et les droits de ce Siège Apostolique, pour démasquer les fraudes et les attentats de nos ennemis, pour combattre la malice de leurs lois infâmes, pour protéger la religion du peuple contre les embûches qui lui sont dressées, enfin pour montrer à tousque l'Eglise catholique ne se laisse troubler, ni effrayer, ni arrêter par les persécutions, mais qu'elle continue son oeuvre, sans relâche et sans peur, appuyée qu'elle est sur la Vertu du Très-Haut.
C'esl pourquoi les portes de l'enfer oe pourront prévaloir contre elle* et Dieu aidant, l'histoire qui enregistrera tant de victoires de l'Epouse du Christ, obtenues par Tmtrépidilé de ses défenseurs, racontera à la postérité le triomphe nouveau et plus éclatant peut-être que les autres, remporté en ces temps de lutte violente et universelle contre l'Eglise, grâce à la constance des évêques, au zélé du clergé et à la noble ardeur des fidèles.
Mais, parce qu'un tel résultat ne peut-être espéré et attendu que de la miséricorde divine, appuyons-nous, vénérables frères, sur cette foi que vous invoquez lorsque, prosternés entre le vestibule et l'autel, vous implorez instamment la miséricorde divine pour les fidèles par l'intercession de la Vierge immaculée, de son saint époux et des autres puissances célestes, et vous demandez h Dieu ■ d'avoir pitié de son Eglise, de lui rendre le calme et de ta ' rétablir dans la joie.
En effet, si la prière d'un seul a pu triompher des Amalécites, si elle a pu fermer le ciel pendant trois ans et ensuite faire tomber de nouveau une pluie abondante ; si elle a pu ressuciter le fils mort de la veuve de Sarephta, que ne pourra pas obtenir, que ne pourra pas hâter la prière unanime du peuple de Dieu?
Donc, c'est Dieu qu'il faut importuner, vénérables frères, vous et les fidèles confiés à votre sollicitude pastorale, c'est en lui qu'il faut avoir conûance, c'est de lui qu'il faut espérer la force et le secours, puisque nous pouvons tout en celui qui nous fortifie ; enfin c'est de lui que vous devez, avec une grande confiance attendre la victoire.
Que le Tout-Puissant féconde vos vœux, vos soins et votre zèle, et qu'il vous comble de toutes les richesses de ses dons célestes. Pour Nous, en joignant Nos prières aux vôtres, Nous vous témoignons la reconnaissance de Notre cœur pour votre amour, votre zélé et les preuves de votre dévouement, et Nous vous donnons du fond du cœur, vénérables frères, à chacun de vous et à chacun de vos diocèses notre Bénédiction Apostolique, conuue présage
de la faveur céleste et comme gage de notre bienveil lance.
Donné à Rome, près SaintrPierre, le 13 avril 1871.
Dans la vingt-cinquième année de notre Pontificat.
Pie IX, Pipe.
Le 26 avril, une dépatation styrieDDe composée de prêtres, de nobles personnages et de dames de toutes qualités a été présentée au Saint-Père par Mgr Zwerger, prince-évéque de Seckau. Mgr Zwerger a lu une adresse au nom de la députation, puis Mme la comtesse Anna d^Avernoz a la une autre adresse au nom de F Association des Dames catholiques de Gratz. Pie IX a répondu :
Notre-Seigûeur a imposé à saint Pierre une obligation, celle de paître le troupeau. Pasce agnosj pasce oves. Cette obligation, elle m'est imposée aussi à moi, successeur de Pierre et, malgré mon indignité, vicaire de Jésus-Christ. Or, pour la bien remplir, avant tout, il faut Tamour. Il faut aimer Dieu qui mérite d'être aimé par-dessus tout, et il faut l'aimer sans mesure. Il faut aimer le prochain aussi fidèlement et aussi pleinement que nous nous aimons nous* mêmes.
Ce devoir de l'amour ardent que nous recommande Notre-Seigneur, vous le remplissez présentement envers son Vicaire, et vous le faites éclater, pour le dire avec votre évéque, en participant aux maux que Nous souffrons. Sachez donc que cette compassion adoucit Nos douleurs et rend Nos souffrances moins amëres.
Si maintenant vous désirez savoir ce que je veux de vous, tout d'abord et avant tout, je désire la sanctification de vos âmes, puis je vous demande d'avoir une espérance modeste, mais ferme qui vous anime à demander et à attendre la délivrance. Nous devons l'implorer assidûment : Clama^ ne cesses. Voilà ce que je voudrais dire à toute l'Allemagne et ce que vous devriez redire par tous les moyens qui sont en votre pouvoir. Faites-le avec modération, mais avec insistance; avec prudence, mais avec une fermeté in*
domptable, jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu de rétablir la jastice dans ses droits divins et bumuos.
Puisse le Seigneur répandre ses bénédictions, d'abord sur votre évèque, puis sur tout son clergé, sur tous, sur vos familles, sur ceux dont vous êtes les députés, sur ces bonnes et chères iîlles qui ont montré tant de courage en venant prendre part à ce bel acte d'amour I Que cette bénédiction que je vous donne soit le gage de la bénédiction que le seigneur lui-même fera descendre sur vous ? Qu'il vous bénisse durant votre séjour à Rome, pcodant le voyage que vous ferei pour rejoindre votre patrie, enfin à l'heure dernière, quand il pltùra au Seigneur de vous appeler à Lui! Benedictio Dei, etc.
Après U consécration de l'autel m^eur de la chapelle restaurée, par les soins et nux frais de Pie IX, dans la basilique de Sainte-U a rie-Majeure, — chapelle qui a les dimensions d'ua temple, — le chapitre est «lié remercier Sa Sainteté. Le cardinal Amat, arcl^iprétre de ladite basilique, aynnt exprimé les sentiments de gratiiude et de dévotion Tiliale des fidèles, le pape a répondu par une de ces allocutious famtliërea où il laisse voir louic la finesse de son esprit, la fraîcheur de ses sonveoira cl la piété de son âme. Voici le sens de celle allocuiion :
Je remercie Dieu qui m'a permis d'achever la restauration de la chapelle de Sixte V et de saint Pie V et d'embellir ainsi la basilique dédiée à Marie. Celte basilique a pour moi d'ailleurs un double attrait, d'abord l'altrait de la Mère de Dieu, puis l'atlrait des souvenirs. Quand j'étais encore dans ma fraîche jeunesse {nella mia fresca gioveniù), h mon arrivée & Rome en 1809, je me rendis tout de suite à Sainte-Marie-Majeure. Il me semble voir encore dans son confessionnal le bon Père dominicain qui entendit ma première confession. Je me souviens aussi que peu de jours après il me tomba sous la main un livre édifiant où je lus avec fruit la vie d'un chanoine de voire basilique, mort en odeur de sainteté. (Ici U Pape a nommé le chanoine, eommê aussi le oonfesseur dommicain.) Que si j'ai pu faire
quelque chose pour embellir matériellement ce temple privilégié, à vous, mes enfants, qui en êtes Tâme et la voix, il appartient de Tembellir spirituellement. PToublions donc pas que nous vivons dans un temps mauvais et redoublez de ferveur et d'assiduité dans le service de Dieu^
VUnwen du 4d mai 4874 pabliail les lignes saifinles :
On noQS transmet la prière suivante, qne le Saint-Père récite tons les Jours et qQ*U a, dit-on, loi-méme composée :
0 Marie, conçue sans péché, regardez la France, priez pour la France, sauvez la France ! Plus elle est coupable, plus elle a besoin de votre intercession. Un mot à Jésus reposant dans vos bras et la France est sauvée.
0 Jésus, obéissant à Marie, sauvez la France.
Les usurpateurs de Rome salaient tout de suite appliqués à corrompre l'enseignement de la jeunesse. Le 4 5 mai, notre Samt Père adressait à ce sujet la lettre suivante au cardinal Patrizzi :
A Notre vénérable frire CoifSTANTm Patrizzi, cardinal de la sainte Eglise fomainef évêque dCOsiie et de Velletrif doyen du Sacré-Collége, Notre vicaire général pour le spirituel, dans Rome et son district.
PIE IX, PAPE
Vénérable Frère, salut et bénédiction apostolique.
II faut absolument, vénérable Frère, tant cette affaire a de gravité, que vous soyez engagé et excité par Nousméme, à déployer tous les efforts de votre action et de votre zèle pour diminuer et, si cela est possible, pour écarter tout-à-fait le péril de mort auquel notre jeunesse studieuse se trouve exposée. Plus d'une fois, par des lettres écrites de Notre main, Nous avons rappelé à divers chefs de peuples qu'en vertu de l'autorité qu'ils ont reçue d'en haut et du devoir qui leur est imposé de préserver la société civile
de l'incrédulité, de toutes les pestes la plus pernicieuse» ils devaieot éloigner des cbûrs d'enseignemeut les hommes qui, noD-seulemeot méprisent tous les devoirs de la religio», mais qui, de plus, poussés par la haine qu'elle leur inspire el par ud esprit vraiment uatanique, la ceosurent, la tournent en dérision, l'attaquent de toutes manières. Nos avertissements sont demeurés vains ; soit peur, soit mauvaise volonté, on n'a pas opposé un mur d'airain à ce progrès monstrueux; il a été permis de corrompre les jeunes âmes par des doctrines perverses, et par des inventions pleines de mensonge, d'hypocrisie et d'impudence, de les soulever contre la foi, la religion, l'Eglise, ses rites, ses ministres, et tout ce qu'il y a de saint sur la terre.
Quelques-uns de ces perdus, aveugles conducteurs d'aveugles, vouiantmeltrelccomble à nos maux, sont venus jusqu'à Rome, en ont détruit les murs et s'y sont étahlis ; et on a vu se rallier à eux un peUt nombre d'anciens professeurs de sciences diverses, hommes d'un caractère abject, changeant à tout vent, étrangers à tout sentiment de reconnaissance. Refoulant les remords de la conscience, mettant de côté toute convenance religieuse, ils se sont mis eux-mêmes el de leur plein gré en bulle à la colère de Dieu à qui ils auront à rendre un compte rigoureux de tout le mal qu'ils ont fait dans Jérusalem. On a un témoignage irrécusable de leur esprit d'impiété et de leur détestable doctrine dans la letlre qu'ils ont adressée à Doellinger, lettre d'où jaillit, à pleins bords, l'erreur, le blasphème, l'ioerédulité.
Nous savons, vénérable Frère, que l'ivraie ne pourra jamais étrecomplétementséparée dubon grain avanlle grand jour où, le temps paraissant devant lui, le Seigneur jugera les justices mêmes; mais il importe que tous sachent sans retard que les signataires de celte abominable lettre ont cessé d'élre catholiques el, par conséquent, que les catholiques doivent les fulre. Nous, de noire côté, Nous prions pour eux, afin que, rentrant en eux-mêmes, ils rejettent leur ténébreuse et infernale doctrine, et que, cond&moant
ce qu*ils ont professé, ils s'efforcent de détruire par leur parole et leur exemple la pierre de scandale mise par eux sous les pas du prochain.
Cependant, vénérable Frère, avertissez tous les curés de celte métropole de l'univers catholique que leur charge leur impose le devoir de ne négliger aucune occasion de persuader aux jeunes gens confiés à leur sollicitude qu'il n'est permis en aucune manière d'aller entendre les leçons et de recevoir renseignement de ceux qui ont signé cette détestable lettre. Les journaux ayant donné leurs noms, nous ne jugeons pas nécessaire de les reproduire ici.
Dieu veuille que notre sollicitude, secondée par votre zèle et par le zèle des pieux curés de la ville, arrête le torrent déchaîné de rincrédulité et retire un grand nombre de nos jeunes gens de Tabime d'impiété où on les pousse. C'est ce que Nous demandons à Dieu de toute Ténergie de notre âme. Comme gage de sa grâce et comme témoignage de Notre bienveillance particulière, Nous vous donnons avec amour, vénérable Frère, la bénédiction apostolique.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 15 mai 1871, de Notre pontificat Tan vingt-cinq.
Pie IX, Pape.
Les députations allemandes, comme celles de tous les autres pays, se succédaieDt au Vatican. La députalion autrichienne ayant présenté une adresse ccoverte de 947,652 signatures renfermées dans onze volumes, le Pape a répondu en latin au chanoine Bahler; voici le sens de sa réponse:
Au milieu des épreuves et des vicissitudes cruelles qui affligent TEglise du Christ, les témoignages d'affection que vous m'offrez au nom de tant de fidèles sont très-doux à mon cœur.
La guerre actuelle n'est pas seulement contre moi, mais encore contre TEglise, contre Dieu et contre son divin Fils.
Et certes les bons catholiques savent cela et partout se
lèvent aidents à combattre et à repoosser par tous les moyens le fléau des doctrines impies qui va se répandant
de tous côtés.
Puisse Dieu préserver l'empire d'Autriche de ce fléau, afin qu'il demeure digne du nom de Catholique-Apostolique 1
Je bénis l'empereur auquel je désire que le Tout-Puissant donne de bons conseillers ; je bénis la famille impériale, vos évêques, votre clergé, vous-mêmes, vos parents, tous tes membres des pieuses Unions de l'Autriche et leurs familles.
Que cette bénédiction vous accompagne dans votre voyage et vous soit présente durant la vie et à l'heure de la mort.
Une fois installé Â Rome le eoavcrnemeiiL italien avait élaboré à grands efforts la fameuse loi dite desgaraniiea par laquelle il espérait amener les paissances à recoonalire l'usurpai ion. Hélas! il n'avait pas besoin de cette nouvelle hypocrisie, mais le Pape n'en avait pas niuins le devoir de j)rotester. 11 le fit par l'admirable encvclique datée du 1 S mai et dont voici la traduction empruntée à la Correspondance de Genève,