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SUR. LES ESPÈCES DU GENRE UGENARIA

(fécondation d'UN£ même fleur par plusieurs pollens ; HTBRIDES DE PREMIÈRE, DE DEUXIÈME ET DE TROISIÈME GÉNÉRATION),

Par H. E. CEBMAllV DE SAINiT-PlfiBBE.

Messieurs,

Dans une communication que j'ai eu l'honneur de faire, Tannée dernière, à la Société botanique de France, j'ai exposé sommairement le résultat que j'ai obtenu (dans mon jardin de Saint-Pierredes-Horts, à Hyëres, Var) de la fécondation de la fleur femelle du Lagenaria sphœrica par le pollen du Lagenaria vulgaris (var. leucaniha^longissima). Je rappellerai que le L. sphœrica^ plante d'Afrique (que M. Naudin a fait connaître il y a peu d'années), est une espèce très-éloignée du L. vulgaris^ plante commune dans les jardins de l'Europe, probablement originaire de l'Inde.

Le L. vulgaris est annuel et monoïque, le L. sphcerica est vivace et dioïque; feuilles, fleurs, fruits, graines, présentent des différences essentielles sur lesquelles j'ai déjà insisté.

Les fleurs mâles du L. sphœrica me manquaient alors; les fleurs femelles de cette belle plante se développaient, au contraire, en îJ>ondance ; après de nombreuses tentatives infructueuses pour les féconder par les fleurs mâles du L. vulgaris^ l'opération réussit pour une fleur; l'ovaire grossit, le fruit mûrit; ce fruit ne différait en rien, en apparence, des fruits normaux du L. sphœrica que j'obtins ensuite plus tard; les graines contenues dans ce fruit étaient également normales en apparence, toutes étaient parfaitement conformées, également mûres et en nombre indéfini comme à l'ordinaire.

Ces graines, semées au printemps suivant, levèrent toutes parfaitement bien, et donnèrent naissance à une plante hybride, dont les individus , assez nombreux, étaient tous identiques entre eux : feuilles, inflorescence, fleurs, fruits, tenaient exactement autant de la mère que du père. Seulement, ainsi qu'il arrive presque toujours chez les plantes hybrides, les étamines étaient stériles, les granules poUiniques nuls ou atrophiés ; la plante était donc, par conséquent.

80 C0N6RÊS INTËRNAtlONAL DE fiOTANIQUE.

incapable d'être fécondée par elle-même ; les ovaires, au contraire, et les ovules qu'ils renfermaient étaient parfaitement conformés.

A proximité de ces plantes hybrides végétaient et fleurissaient en abondance le L. sphœrica (la mère) , le L. vulgaris (le père) , et un autre Lagenaria^ récemment découvert en Afrique, et semé pour la première fois en France : le L. angoletisis Naudin. La plupart des fleurs femelles hybrides furent fécondées à la fois par du pollen provenant de ces trois espèces (les seules dont se compose le genre Lagenartaj regardé, il y a peu d'années encore, comme monotype). Un assez grand nombre des fleurs femelles de la plante hybride qui subirent cette triple fécondation artificielle, parurent avoir accepté l'imprégnation ; les ovaires grossirent, et, à mesure qu'ils grossissaient, on pouvsût remarquer qu'ils revêtaient une forme, un volume, une couleur, parfaitement intermédiaires entre la forme, le volume et la couleur des espèces maternelle et paternelle. C'est ce fruit que j'ai eu déjà l'honneur de présenter. Tannée dernière, à la Société botanique, et dont nous allons maintenant examiner la postérité.

Plusieurs de ces fruits hybrides étant ouverts, montrèrent un trèsgrand nombre de graines restées à un état incomplet de développement ; les téguments seuls avaient pris un certain accroissement, l'embryon ne s'était pas formé. Ces graines, vides, étaient petites et de couleur blanche; mais un certain nombre d'autres, une sur vingt environ, avaient évidemment subi la fécondation ; elles étaient beaucoup plus volumineuses, de couleur brune, et renfermdent un embryon apte, en apparence, à la germination.

Une partie de ces graines furent semées au printemps dernier. Une assez longue absence de ma propriété d'Hyères, où avaient lieu les expériences, ne me permit pas de suivre toutes les phases de leur développement; à mon retour, en automne, je pus m^assurer que presque toutes les graines semées avaient réussi ; quelques-unes avaient dû ne fournir que des plantes mâles ou peut-être stériles, alors desséchées, mais un certain nombre étaient chargées de trèsbeaux fruits ; deux formes nouvelles s'étaient produites : l'une dont les fruits sont parfaitement intermédiaires de forme, de volume et de couleur entre la mère (l'hybride de première année : L. vulgarispfiœrica) et l€ père probîîble {L. sphœrica type) ; l'autre dont les fruits sont également tout à fait intermédiaires entre l'hybride mère et le père probable (le L» angolensis type).

Au printemps de cette année (1867), j'ai fait de nouveaux semis

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