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GERMAIN DE SAINT-PIERRE. — HYBRIDES DE LAGENARIA

des mêmes graines de l'hybride de première année, et j'ai pu assister aux premières périodes de leur développement. La plupart de ces graines, conservées depuis deux ans, ont germé et annoncé une vigoureuse constitution ; un certain nombre des jeunes plantes ont malhem^eusement été détruites par divers accidents. Quatre d'entre elles seulement ont pu être sauvées et se sont vigoureusement développées. Il y a quinze jours environ (à mon départ) , elles présentaient les états suivants : la première était une reproduction identique du type du grand-père et en même temps père probable (le L. vulgaris var. leucantha-longissima) ; cette variété est reproduite dans toute son intégrité; il ne reste aucune trace d'hybridité. Cette plante fournit des fleurs mâles et des fleurs femelles dont plusieurs sont, actuellement, passées à l'état de fruit. La seconde plante est une reproduction du L. angolensis mâle dans toute son intégrité, seulement les étamines m'ont toutes paru dépourvues de pollen bien conformé (le L. angolensis est évidemment son grandpère, ou père de l'hybride dont elle sort, et en même temps son père) ; la troisième et la quatrième plante n'avaient pas encore fleuri lors de mon départ; mais, d'après la forme des feuilles, l'une paraissait devoir reproduire le type du L. sphcerica; l'autre, le type du L. angolensis; ou peut-être constitueront-elles des formes hybrides de deuxième génération, analogues à celles obtenues par le semis fait l'année dernière.

Occupons-nous maintenant de la postérité des hybrides de seconde génération : les fruits de l'un des deux, de celui qui est intermédiaire entre l'hybride de première année (sa mère), et le L. sphcerica type, renfermaient des graines pai'fgdtement mûres et bien conformées, dont la plupart ont levé et ont fourni, par conséquent, des plantes de troisième génération. Ces plantes montraient, il y a quelques jours, des fleurs en bouton se rapportant au type L. sphcerica; malheureusement, ces plantes, en assez grand nombre, paraissent devoir appartenir toutes au sexe mâle ; dans ce cas, les fruits de cette troisième génération nous manqueraient cette année, mais de nouveaux semis de graines que je possède en abondance pourront, plus tard, compléter le résultat, en nous fournissant le sexe femelle dans les plantes à obtenir l'année prochaine.

Des fécondations successives dont je viens d'exposer les résultats, on peut, je pense, déduire les conséquences suivantes :

!• La fécondation peut avoir lieu, sinon fréquemment, du moins

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accidentellement, entre des plantes d'espèces très-différedles, mais appartenant cependant, soit à un môme genre, soit du moins à deux genres très-voisins.

2'' Le fruit de la fleur fécondée artificiellement ne difière ordinairement en rien, en apparence, du fruit normal de la plante fécondée.

3"" Une même fleur femelle (du moins chez les Gucurbitacées à fruits renfermant des graines nombreuses, telles que les Lagenaria) peut être fécondée à la fois par les pollens de plusieurs espèces appartenant au même genre; de sorte que diverses graines, sorties d'un même fruit, peuvent produire des plantes diflférentes, soit ayant des caractères d'hybridité, soit retournant à l'un des types spécifiques normaux.

A* Les graine de la fleur femelle normale fécondée par le pollen d'une autre espèce normale peuvent toutes être fécondées et parvenir à la maturité. Le fruit fécondé d'une plante hybride ne produit généralement, au contraire, qu'un petit nombre de graines fertiles; ce qui tient à ce que, dans les fleurs hybrides, les ovules ne sont pas toujours tous régulièrement conformés.

W* Très-généralement, les étamines des fleurs des plantes hybrides sont ou dépourvues de pollen ou à pollen abortif. L^ fleurs femelles des plantes hybrides, bien que possédant des ovules bien conformés, resteraient donc stériles, si la fécondation n'était pas opérée par le pollen d'espèces normales.

6* Le sexe femelle est donc, dans ce cas, protégé et maintenu par la nature, tandis que le sexe mâle est abandonné. Cette prépondérance du sexe femelle est très-digne d'être remarquée, et aurait pu autoriser, selon moi, le système de nomenclature qui consiste, dans la fabrication du nom composé de l'hybride, à écrfre le nom de l'espèce mère avant le nom de l'espèce père. (Tout en admettant la supériorité de l'ovaire sur l'étamine, chez les hybrides, le procédé de nomenclature inverse a été maintenu, le nom de la femelle au nominatif, bien qu'inscrit le dernier, étant regardé conune demi* nant le nom modificateur du mâle inscrit le premier.)

T Une plante hybride peut présenter dans toutes ses parties, dans tous ses organes, des caractères parfaitement intei*médiaires entre les formes de la mère et les formes du père. (Système de végétation^ diinension de la plante, direction des rameaux, forme, couleur et pubescence des feuilles; forme, couleur, odeur, dimensions des diverses parties delà fleur; forme, volume, couleur et saveur du fruit, peuvent, che2 im même individu hybride, tenir exactement

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