DE PRÉSKRVER DES INSECTES LES COLLECTIONS BOTANIQUES
Par M. anles POISSON,
Préparateur au lliuëam d'histoire nalorrile.
On a agité plusieurs fois au sein de la Société botanique la question de la conservation des plantes sèches d'herbiers, et je la crois assez digne d'intérêt pour porter à la connaissance du Congrès les renseignements que j'ai pu recueillir sur ce sujet.
C'est dans le vaste herbier du Muséum de Paris, ainsi que dans divers herbiers d'amateurs, que j'ai recueilli mes assertions; je ne suis d'ailleurs l'auteur d'aucun procédé nouveau qu'il me soit permis de préconiser, sachant bien que plusieurs causes concourent ensemble ou séparément à la conservation des collections d'histoire naturelle; on ne trouvera ici que le simple rapporteur de faits déjà connus.
Toutes les personnes qui possèdent des herbiers ou qui en ont à leur garde savent que lorsqu'ils ne sont pas fréquemment compulsés, les insectes, tels que les Anthrènes, Anobium, Dermestes, Ptinus, Cis, Phalènes, Psocus, etc., attaquent bientôt ces collections. On a opposé à ces ennemis du camphre, des essences volatiles, et enfin une recette découverte, paralt-il,parSir J.-E. Smith, en 1805, l'immersion ou l'imbibition des échantillons à préserver dans une solution alcoolique de sublimé corrosif (bichlorure de mercure) , qui jusqu'alors avait été considérée comme radicale. Malheureusement ce moyen n'a pas été reconnu défmitff, et, en dehors de nos propres observations, M. Cosson déclarait, dans mie séance de la Société, il y a peu de temps, qu'ayant rencontré du dégât dans son herbier, considérable on le sait, il s'était décidé à doubler la dose de poison dans l'espoir d'un meilleur résultat. C'est à ce dernier mode d'em- Ix)isonnement (1) que nous reviendrons en y proposant quelques modifications.
(1) Plusieurs bolanistes^ pour distinguer cette expression proprement dite de racte dont les plantes sont Tobjet^ disent emimsonnage; nous ne savons^ quoiqu'elles n'aient pas la même signification^ laquelle des deux expressions doit prévaloir.