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POISSON. —PRÉSERVATION DES COLLECTIONS BOTANIQUES

Les collections du Muséum ont eu des dommages à enregistrer, quoique les plantes qui les composent soient à leur arrivée soigneusement passées au sublimé corrosif; mais le voisinage de collections d'autre nature qu'on ne peut isoler faute de place, puis enfin les locaux différents dont la température est également différente, sont des motifs qui pourraient donner raison à des accidents très- rares heureusement.

n ressortirait de nos observations que :

1° Des plantes d'herbier placées dans un local à température moyenne et sèche sont plus à l'abri des insectes que celles qui sont situées dans un milieu à température variable.

2** Nous avons remarqué qu'un local à lumière vive était moins favorable qu'un local un peu sombre ; la plupart des insectes dont il est question à l'état parfait, se dirigent de préférence vers la partie éclabrée et supérieure des appartements (1).

3** Les plantes dites cultivées pour des usages divers, les plantes de jardin, etc., sont bien plus recherchées de ces parasites que les plantes spontanées ou sauvages.

A** Les plantes de montagnes, généralement de petite taille, mais à souches, racines ou tiges volumineuses ou succulentes, sont plus promptement atteintes que les plantes des régions basses, habituellement plus développées, et qui, par la nature de leur tissu plus pénétré de ligneux, offrent moins de prise aux ravageurs.

Cette dernière observation, quelque douteuse qu'elle puisse paraître tout d'abord, n'est pas sans valeur si on ne la regarde pas comme absolue, et qu'on l'applique à la flore générale du globe. Ainsi Ton pourra avoir moins de crainte pour des plantes de la Guyane, du Brésil, des Antilles, de la Péninsule indienne, etc. , qui même sans être empoisonnées pourraient se garder longtemps, tandis que même avec les moyens de conservation employés jusqu'à ce jour, il n'est pas certain qu'on puisse maintenir intactes des plantes du Chili, de la chaîne des Andes, des plateaux de l'Abyssînie, de l'Orient, etc. C'est du moins ce que nous avons été à même de constater dans la limite de nos observations, abstraction faite toutefois de certaines espèces qui par leur contexture défient toute attaque, ou bien d'autres, comme les Chicoracées, les Ombellifères, les Euphorbes, qu'on a tant de peine à conserver en raison des sucs propres qu'elles contiennent.

(1) M. Th. Delacour a lui-même constaté ce fait plusieurs fois.

Une des causes plus fréquentes qu'on ne le pense de la destruction des plantes qui ont subi l'enapoisonnement au sublimé, est la transition de température qu'elles sont à même d'éprouver, ou le passage de la sécheresse à Thumidité et réciproquement. Or, le bichlorure de mercure, comme la plupart des composés de ce métal, est susceptible de se transformer ou de se volatiliser ; nous lisons dans le Traité de Chimie de MM. Pelouze et Fremy : « Tous les sels de mercure sont volatils ou décomposables par une chaleur modérée ; » puis ailleurs : « Le protochlorure de mercure est volatil, mais beaucoup moins que le bichlorure. »

Déjà, en 1852, M. Cloëz, chimiste dont le nom fait autorité, nous avait engagé à ajouter à la solution de sublimé une certaine quantité de sel ammoniac (chlorhydrate d'ammoniaque).

Un paquet de plantes diverses fut consacré à cette épreuve et placé ensuite dans un milieu fort compromettant avec des plantes de jardin et d'autres non empoisonnées; au bout de douze ans, les plantes d'épreuve étaient intactes quand les autres étaient presque toutes endommagées. Le sel ammoniac, d'une saveur styptique trèsprononcée, et l'âcreté horrible du sublimé seraient déjà des garanties de protection, si ces deux sels mis en contact ne formaient une combinaison, qui, en pénétrant mieux les tissus, donne de la stabilité au bichlorure de mercure. Les proportions qui paraissent le plus convenables à M. Cloëz sont les suivantes :

Bichlorure de mercure pulvérisé 72 grammes.

Chlorhydrate d'ammoniaque pulvérisé 28

Alcool ordinaire 2 litres 1/2.

Il est inutile de dire qu'on pourrait équilibrer ces chiffres en ramenant la quantité de sublimé à 70 grammes et celle de sel ammoniac à 30 grammes.

Les plantes d'épreuve dont il est parlé plus haut avaient été immergées dans une solution beaucoup moins concentrée que celle-ci, et des essais comparatifs répétés apprendraient peut-être jusqu'à quel point on peut varier les doses.

Une opinion qui ne nous paraît pas solidement fondée, est celle de l'avantage que certains botanistes reconnaîtraient d'employer de Talcool à un degré fort élevé, comme pénétrant mieux les plantes qu'on y plongerait et s'évaporant plus promptement. Personne n'ignore qu'en immergeant dans l'alcool concentré des fruits ou des

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