G. PERSOMMAT.— LE VER-A-SOIE DU CHÊNE. 13S
tuca permnis^ le Veronica prostrata^ le Gentiana Cruciata RR., les Mtiscari racemosum et comosum^ le Salvia praiensis^ etc. ; les Bluets, la Vipérine et la Pervenche s'y trouvent aussi en plus grand nombre qu'à Sillé.
M. Camille Personnat, secrétaire, fait au Congrès la communication suivante :
SUR LES CHÊNES DONT SE NOURRIT LE VER-A-SOIE DU CHÊNE (Bombyx YamO'MaX)^
Par M. Camille PBBSOliniiAT.
Lore de notre dernière visite à l'Exposition universelle, les honorables membres du bureau de la Société botanique de France ont bien voulu s'arrêter avec intérêt devant les éducations que j'y ai fixités du nouveau Ver-à-soie du Chêne, et m' engager à en faire l'objet d'une communication au Congrès international. Je m'empresse de répondre à cette amicale invitation; ce sera de la botanique appliquée, puisqu'il s'agit d'utiliser industriellement la feuille d'un arbre universellement répandu.
Le Ver que j'ai l'honneur de présenter à l'assemblée est originaire du Japon, où il a fait, jusqu'à ces derniers temps, l'objet d'un monopole exclusif. On le désigne sous le nom de Bombyx Yama^ Mat.
Ce qui constitue l'importance de cette espèce, c'est qu'elle donne un magnifique cocon d'un beau jaune verdâtre, complètement fermé, qui se dévide très-facilement à la mécanique, et dont le brin est élastique et solide, malgré sa finesse; c'est que sa soie, fort abondante, possède beaucoup d'éclat, et que sa chenille peut se nourrir à l'état sauvage, en plein air, des feuilles du Chêne commun de nos bois. On aperçoit d'un coup d'œil l'immense avenir d'un si précieux insecte, l'immense richesse que sa propagation répandrait dans la France centmle et dans toute la partie de l'Europe où le Chêne abonde, et où le climat se prêterait parfaitement à sa culture.
Les échantillons de cocons, de soies grèges et de tissus que je mets sous les yeux du Congrès ne démentU'ont pas, je l'espèi^e, les favorables appréciations que je viens de formuler.
Je n'entreprendrai pas, messieurs, de vous faire connaltœ en détail les divers modes d'éducation qu'on peut mettre en pratique
pour le Ver du Chêne, ou de décrire les caractères de ce Bombyx sous les différents états qu'il traverse pendant sa vie. Ce serait abuser de vos moments, et vous pouvez, d'ailleurs, par les planches que j'ai l'honneur de vous soumettre, vous rendre compte de la grosseur de l'œuf, de la belle couleur verte de la chenille, de la dimension et de la brillante livrée des papillons. Pour ceux qui voudront entreprendre la culture de cet insecte, ils trouveront tous les renseignements nécessaires dans le livre que j'ai publié sur ce sujet (1) et dont j'offre un exemplaire au Congrès.
Je me contenterai donc ici de dire que le Ver du Chêne se conduit à peu près comme celui du Mûrier ; que c'est, comme chez ce dernier, l'œuf qui passe Thîver (grand avantage pour les soins de conservation), et que la chenille, apî-ès quatre mues ou changements de peau, file un cocon dont les deux bouts sont complètement fermés. Il n'a aussi qu'une génération par an. L'éducation de la chenille se trouve même beaucoup moins compliquée. Le Yama-Maï est, en effet, une espèce sauvage qui aime le grand air, ne craint point les variations de température, et n'a pas besoin, conséquemment, de cette atmosphère factice qu'on donne à tort au Ver-à-soie ordinaire.
On peut l'élever de trois manières principales :
Soit en plein vent, sur taillis de Chênes ou sur arbres isolés, dont on éloigne autant que possible les ennemis de la chenille ;
Soit sur des branches coupées, dont le pied trempe constamment dans des vases pleins d'eau ;
Soit eftfin sur branches coupées pendant le premier ou les deux premiers âges, et sur des arbres vivants, en pleine nature, pendant les derniers.
Le Yama-Maï mange la feuille de tous les Chênes indistinctement. On le nourrit plus généralement, au Japon, des Qttercus dentatay Q. castaneifolia et Q, serrata; en France, toutes les espèces ou variétés qui croissent dans nos bois lui conviennent également : Q. pedunculata^ sessiliflora^ pubescens^ CerriSy etc. Il mangerait même le Chêne-vert et le Chêne-lîége ; mais je crois qu'une nourriture de ce genre, pendant toute la durée de l'éducation, pourrait nuire à la qualité de la soie. Il peut s'alimenter
(1) Le Ver-à'Soie du Chêne (Bombyx Yama-Maï), son hisloire^ sa description, ses mœurSf son éducationj ses produits, 1 vo]. in-8^» avec 3 pi. col. 3 fr. A la librairie af^ricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob.